Skip to main content

Full text of "Inforespace No 33 1977"

See other formats





Cotisations 





Belgique 

France 

Autres pays 

1977 (Inforespace n° 

Cotisation ordinaire 

31 

à 36) 

FB 

425,— 

FF 

62,— 

FB 

500,— 

étudiant 



FB 

375,— 

FF 

54,— 

FB 

450 r — 

1976 (Inforespace n° 

Cotisation ordinaire 

25 

à 30) 

FB 

425,— . 

FF 

62,— 

FB 

500,— 

étudiant 



FB 

375,— 

FF 

54,— 

FB 

450,— 

1975 (Inforespace n° 

Cotisation ordinaire 

19 

à 24) 

FB 

425,— 

FF 

62,— 

FB 

500,— 

étudiant 



FB 

375,— 

FF 

54,— 

FB 

450,— 

1974 (Inforespace n° 

Cotisation ordinaire 

13 

à 18) 

FB 

425,— 

FF 

62,— 

FB 

500,— 

étudiant 



FB 

375,— 

FF 

54,— 

FB 

450,— 

1973 (Inforespace n° 

Cotisation ordinaire 

7 

à 12) 

FB 

600,— 

FF 

85,— 

FB 

675,— 

oti irliant 



FB 

550,— 

FF 

80,_ 

FB 

625,_ 

tflUUIal II 

1972 (Inforespace n° 

1 

à 6) 



Cotisation ordinaire 



FB 

600,— 

FF 

85,— 

FB 

675,— 

étudiant 



FB 

550,— 

FF 

80,— 

FB 

625,— 

Collection complète 

d’Inforespace : 

; 1972 à 1977 (n° 1 à 36) 





Cotisation ordinaire 



FB 

2900,— 

FF 420,— 

FB 

3350,— 

étudiant 



FB 

2600,— 

FF 

380,— 

FB 

3050,— 


Cotisation de soutien par année : FB 650,— 

Il n’est fait aucun envoi contre remboursement. Tout versement est à effectuer au CCP n° 000-0316209-86 
de la SOBEPS, boulevard Aristide Briand, 26 - 1070 Bruxelles, ou au compte bancaire n° 210-0222255-80 
de la Société Générale de Banque. Pour la France et le Canada, uniquement par mandat postal inter¬ 
national ou par transfert bancaire (ne pas envoyer de chèque). 


LES ANCIENS NUMEROS D’INFORESPACE (DE 1972 A 1976) 

SONT ENCORE DISPONIBLES 

De nouveaux membres nous ont rejoints et nous rejoindrons bientôt. Sans doute beaucoup parmi eux 
désirent-ils connaître les débuts de notre revue. En prévision de cela, nous avions imprimé en nombre 
suffisant nos premiers numéros. Tous sont encore disponibles et les nouveaux affiliés peuvent donc, 
en les acquérant, se placer au nombre de ceux qui posséderont la collection complète d’INFORES- 
PACE. 

Vous trouverez dans nos cinq premières années de parution (n° 1 à 30) le début de nos grandes ru¬ 
briques : un « Historique des Objets Volants Non Identifiés » (complet et édité en numéro spécial), le 
« Dossier Photo » (dont des cas belges et des séries exceptionnelles en provenance du Brésil), « Nos 
Enquêtes » (une ou deux grandes observations belges décrites dans chaque numéro), « Etude et Re¬ 
cherche » (avec l’étude sur la fameuse explosion de 1908 dans la Taïga, des travaux sur la propulsion 
des OVNI et les voyages vers les étoiles, et une vaste étude critique sur la théorie de l’orthoténie); 
parmi les articles parus dans la rubrique « Primhistoire et Archéologie », citons : « L’étrange site de 
Nazca », «Les fresques du Tassili », «Les cartes de Piri Reis ». 

Vous y lirez aussi une étude de la SOBEPS sur les « OVNI au 19ème siècle », un inventaire d’anciens 
cas du Moyen Age, des articles approfondis sur de grands cas mondiaux, comme l’affaire Hill, Falcon 
Lake, Trancas (Argentine) ou Pirassununga et Lagoa Negra (Brésil), des articles de Michel Carrouges, 
Henry Durrant, Pierre Guérin, Ion Hobona, Allen Hynek, Jacques Jedwab, Brinsley Le Poer Trench, 
Claude Poher, et bien d’autres articles variés. 


La SOBEPS est une association sans but lucratif qui, dégagée de toute option confessionnelle, philo¬ 
sophique, ou politique, a pour dessein l’observation et l’étude rationnelle et objective des phénomènes 
spatiaux et des problèmes connexes, ainsi que la diffusion sans préjugés des informations recueillies. 
Cette diffusion s'effectue par le truchement d’une revue bimestrielle de même que par des conférences, 
débats, etc. Nous sollicitons vivement la collaboration de nos lecteurs que nous invitons à nous com¬ 
muniquer toute information relative aux sujets traités dans la revue. 

Selon l’espace disponible nous publierons les envois qui nous parviendront, leur publication n’enga¬ 
geant que la responsabilité de leur auteur. . 

Si d’aventure vous êtes amenés à observer un phénomène spatial, ou si vous avez connaissance d'une 
telle observation par autrui, nous vous serions reconnaissants de nous prévenir très rapidement. 






Organe de la SOBEPS asbl 
Société Belge d’Etude des 
Phénomènes Spatiaux 
Avenue Paul Janson, 74 
1070 Bruxelles - tél. : 02/524.28.48 
Président : 

Michel Bougard 
Secrétaire général : 

Lucien Clerebaut 
Trésorier : 

Christian Lonchay 
Comité de rédaction : 

Michel Bougard, rédacteur en chef 
Alice Ashton, Jean-Luc Vertongen 
Imprimeur : 

M. Cloet & C° à Bruxelles 
Editeur responsable : 

Lucien Clerebaut 


Sommaire 


Paralysie, l’arbre qui cachait la forêt (2) 

2 

Nos enquêtes 

5 

Dossier Ufaux 

14 

L’affaire des << boules » de l’Aveyron (2) 

17 

L'Oeuvre étrange de Cyrano de Bergerac 

27 

Nouvelles internationales 

35 

Chronique des OVNI 

39 


Les articles signés n'engagent que la responsabilité de leur auteur. 



Etude et Recherche 

Paralysie, l’arbre qui cachait la forêt (2) 


L’analyse des cas de paralysie aux points de vue 
temporel, spatial et sociologique nous donne des 
informations d’une importance assez relative mais 
qui peuvent être comparées avec celles qu’ont 
obtenues dans des travaux antérieurs d’autres 
chercheurs comme Claude Poher par exemple. 

Point de vue sociologique : 

— L’âge des témoins oscille entre 4 et 78 ans 
avec une moyenne de 32 ans. 64% des té¬ 
moins ont entre 20 et 60 ans. 

— Le sexe des témoins est masculin dans 87 % 
des cas. 

— 65 % des témoins appartiennent aux couches 
inférieures de la population : manœuvres, ou¬ 
vriers non qualifiés, petits commerçants, sol¬ 
dats, agriculteurs ... 

— 45% des observations ont au moins 2 témoins 
mais seulement 23 % des cas possèdent au 
moins 2 témoins paralysés. 

Point de vue chronologique : 

— années fastes : 1954, 29 cas dont 28 en Europe 
et 1 en Amérique du Sud; 

1968, 6 cas, tous en Amérique du Sud; 

— mois : minimum en juin (1 cas) et maximum en 
octobre (17 cas); 

— jour : minimum (0 cas) : 4, 12, 22, 23, 24, 31 
maximum (4 cas) : 5, 14, 29; 

— heure : pics aux alentours de 19 h 45 et de 
22 h 30; 

84 % des cas entre 19 h 00 et 05 h 00. 

Point de vue spatial : 

— Europe : 67% des cas; Amérique du Nord : 
11 %; Amérique du Sud : 22%. La France pos¬ 
sède à elle seule 52 % des cas. Ceci est dû 
aux disponibilités d’information. 


— Les cas se trouvent dans des régions rurales 
isolées pour 61 % de l’ensemble. 

Point de vue ufologique : 

— Les humanoïdes ont une taille allant de 0,80 
à 1,40 m dans 71 % des cas avec un équipage 
moyen de 2 êtres. 

— Ils sont au moins au nombre de 2 dans 59% 
des cas. Ceci se rapporte bien entendu aux 
seuls cas avec humanoïdes. 

— Les objets ont une forme sphérique dans 11 % 
des cas où ils sont décrits : cigaroïde dans 
17% des cas, discoïde dans 39% des cas, 
ovale dans 11 % des cas. 

Il y a aussi des tonneaux, des cônes, des 
champignons, des hémisphères ou des cloches. 

Etude théorique de la paralysie 

Introduction 

L’abord de ce qui va suivre nécessite malheureu¬ 
sement des connaissaces très spécialisées en neu¬ 
rologie et nous nous en excusons auprès du lec¬ 
teur moyen. Mais il nous semble important que 
les hommes de science qui liront ce texte sa¬ 
chent que la recherche sur les OVNI ne se borne 
pas à un travail d’archiviste ou de statisticien. 
Elle permet la mise en œuvre de connaissances 
théoriques fondamentales sur l’être humain. L’hom¬ 
me se connaît mieux lui-même par la connaissance 
des choses. C'est valable également en ufologie. 

Dressons un petit tableau clinique : 

Sont paralysés : 

membres inférieurs et supérieurs, cou, tête, or¬ 
ganes de la phonation. Ces éléments sont para- 


La nouvelle adresse de la S 0 BEP S ; 

avenue Paul Janson 74 
1070 Bruxelles 

le numéro téléphonique a également changé. Du lundi au samedi, de 11 à 
19 h, sans interruption, vous pouvez former le 02/524.28.48. 

Le secrétariat est fermé les dimanches et jours fériés. 


2 




Figure 1. 


lysés soit en partie soit tous ensemble. Cette pa¬ 
ralysie peut être totale ou partielle au point de 
vue de l'intensité. Il peut s’agir d’une paralysie 
de fait par perte de force. 

Ne sont pas paralysés : 

(toujours) cœur et respiration réflexe; 
(habituellement) vue, ouïe, équilibre, conscience, 
réflexes de peur, d’accomodation des yeux à l’ob¬ 
scurité, de la fermeture des paupières à la lumiè¬ 
re, sensations. 

Autres symptômes pouvant avoir une relation avec 
le phénomène : 

essouflement, douleurs diverses, anesthésie locale, 
troubles mentaux immédiats ou retardés, etc... 
Ces symptômes n’existent que dans certains cas 
peu fréquents. 

Localisation de la paralysie 

— cellule musculaire : non, preuves : battements 
cardiaques, respiration, réflexes 

— nerf périphérique : non, preuve : réflexes 

— neurones alpha et gamma de la moelle : non, 
preuve : réflexes 

— voies sensitives ou afférentes de la moelle : 
non, preuves : sensations, équilibre 

— voies motrices efférentes de la moelle : oui. 

Les voies motrices efférentes sont constituées des 
voies pyramidales et extra-pyramidales. Nous con¬ 
naissons des cas d’atteinte des voies pyramidales : 
elles provoquent une paralysie dite « flasque » dont 
les symptômes correspondent bien avec ceux ob¬ 
tenus lors des paralysies par perte de force. Nous 
connaissons également dans la vie courante des 
cas qui ressemblent à la paralysie totale des mem¬ 
bres : il s’agit de la cocontraction des muscles 
antagonistes lors d’un effort intense. Nous savons 
que celle-ci est sous la dépendance des voies 
motrices efférentes mais nous ignorons s’il s'agit 
vraiment de la voie pyramidale. Bien que cons¬ 
cients de cette relative faiblesse du raisonnement, 
nous concluerons ainsi : la paralysie s’explique par 
une action sur la voie pyramidale. 

La voie pyramidale prend son origine dans la 
couche corticale de la région sensori-motrice (voir 
figure 1). Elle possède deux types de cellules ori¬ 
ginelles : les cellules pyramidales normales répar¬ 
ties dans toute la région et les cellules de BETZ 
ou cellules pyramidales géantes, spécifiques de 



Face latérale du cerveau 


S Aire de distribution des cellules de Betz 
□ Aire sensori-motrice 


la scissure frontale ascendante, région principale 
de la commande de la motricité volontaire. Ces 
dernières cellules sont fort intéressantes : elles 
sont au nombre de 34000 et leur taille ainsi que le 
diamètre des axones qui les prolongent sont bien 
plus importants que chez les autres cellules pyra¬ 
midales. Elles sont en communication directe avec 
les neurones moteurs alpha de la moelle. 

Hypothèse de fonctionnement 

Supposons l’existence d’un champ de nature in¬ 
connue (électromagnétique ?) que l’on puisse 
focaliser et qui interférerait avec les concentra¬ 
tions ioniques extra- et intra-cellulaires et/ou avec 
la perméabilité membranaire. La membrane d’un 
neurone au point de vue électrique peut être com¬ 
parée à une suite de résistances et de capacités 
en parallèle (voir figure 2). Ce sont surtout les ré¬ 
sistances qui nous intéressent ici. Plus la surface 
membranaire est grande, plus il y a de résistances 
en parallèle donc plus la résistance membranaire 
totale est faible. Ce qui veut dire que le seuil 
électrique au niveau duquel une dépolarisation 
membranaire crée un influx nerveux baisse en 
fonction de l’accroissement du diamètre de la fi¬ 
bre nerveuse. 

Conclusion : On excite plus facilement 
les grosses fibres que les fines 

Reprenons notre champ et supposons qu’il crée 
des dépolarisations légères en agissant sur les 
ions ou sur les perméabilités membranaires. Ces 
dépolarisations pourraient atteindre le seuil élec¬ 
trique des cellules géantes et non celui des cel¬ 
lules normales (voir figure 3). Ceci induirait des 
trains d’influx nerveux dans chaque axone des 
cellules géantes. Ces axones se rendent directe- 

3 


Figure 2. 


Figure 3. 



ment aux motoneurones alpha et les excitent, ce 
qui entraîne la contraction de muscles antago¬ 
nistes. Normalement, pour que ce système mar¬ 
che, il faut que soit supprimé le phénomène d’in¬ 
hibition réciproque qui empêche la contraction 
d’un muscle lors de la contraction du muscle an¬ 
tagoniste. Si on considère que les interneurones 
inhibiteurs (responsables de cette inhibition réci¬ 
proque) sont eux-mêmes inhibés par une autre 
catégorie de cellules appelées cellules de REN- 
SHAW, le système peut fonctionner. Pour cela, il 
faut que les RENSHAW soient stimulées. Elles 
pourraient l’être par les axones des cellules géan¬ 
tes (mais ceci reste à vérifier). 

A première vue, il existe une faille dans ce rai¬ 
sonnement. L’excitation des cellules géantes est 
un phénomène de tout ou rien. Il ne peut en être 
ainsi au niveau des motoneurones alpha qui doi¬ 
vent rester modulables pour maintenir l’existence 
des réflexes et de l’équilibre. Or ces motoneuro¬ 
nes alpha ont la même taille que les cellules géan¬ 
tes et devraient elles aussi subir une excitation 
en tout ou rien. En fait, ce paradoxe n’existe pas 
car les motoneurones alpha se trouvent en quel¬ 
que sorte dans un «marais inhibiteur» qui a pour 
effet d’élever leur seuil électrique (ceci aussi est 
à vérifier). 

Nous possédons ainsi une mécanisme neurologi¬ 
que cohérent, quoique non entièrement prouvé, 
du fonctionnemet de la paralysie par immobilisation 
des membres. Quant au mécanisme de la perte de 
force, il doit sans doute s’expliquer par une élé¬ 
vation générale des seuils électriques de dépo¬ 
larisation. 

Les initiés savent que ce schéma qui peut pa¬ 
raître horriblement compliqué reste en fait sim¬ 
pliste au point de vue neurologique. En considé¬ 
rant les effets secondaires du tableau clinique, 
nous nous rendons compte que tout n’est pas 
expliqué sinon explicable, mais notre incompré- 
4 


hension semble plutôt dépendre de notre ignorance 
profonde des mécanismes fins du cerveau que 
d’une complexité extraordinaire de l’effet paraly¬ 
sant des OVNI. 

Autres hypothèses de fonctionnement 
minoritaires 

L’hypnose : 

elle intervient certainement dans une série de 
cas qui devront être répertoriés mais cette expli¬ 
cation ne convient en définitive qu'assez rarement. 

La peur : 

Il est indéniable que la notion de peur intervient 
dans un nombre très important de témoignages 
(au moins 30 °/o) mais suffit-elle à expliquer la 
paralysie ? 

La psychologie nous enseigne l’existence d’une 
réaction d’alerte face au danger (startle pattern). 
Celle-ci se traduit habituellement par la mise en 
tension de tout l’organisme. Pourtant, dans certains 
cas non rares, on voit se produire tout le contraire : 
le corps se détend complètement; le tonus muscu¬ 
laire diminue; les muscles ne répondent plus. On 
appelle cette réaction « cataplexie ». Il faut noter 
que le cataplectique reste parfaitement conscient. 
A mon avis, d’après l’étude des témoignages, cette 
explication de la paralysie ne convient que pour 
peu de cas qui se caractérisent par un temps de 
paralysie très bref. En aucune façon la peur ne 
peut expliquer les cas où la paralysie a duré plu¬ 
sieurs minutes, ni évidemment les cas très nom¬ 
breux où la peur ne s'est révélée qu'après le début 
de la paralysie (par exemple le cas Dewilde). 

Je remercie la SOBEPS d’avoir bien voulu ouvrir 
les colonnes d’Inforespace à ce texte qui, je 
l’espère, éclairera le lecteur sur l’éventail des pos¬ 
sibilités de la recherche ufologique. 

Jean-Luc Jorion 

(DETECTOR SIDIP) 





Nos enquêtes 

Aische-en-Refail: seconde et... dernière? 


Introduction 

L'enquête dont on va lire le compte rendu ci- 
dessous est la plus longue et la plus lente que 
j’aie réalisée jusqu’ici pour la SOBEPS. Cette 
lenteur m’est apparue à l'époque nécessaire car 
si les faits dont il est question dans ce rapport 
sont réels et authentiques, ce qu’après tous les 
contrôles directs et indirects auxquels je me 
suis astreint, je crois qu'ils sont, nous avons 
peut-être obtenu l’indication que certains lieux 
sont plus privilégiés que d’autres dans la mani¬ 
festation du phénomène OVNI en Belgique. 

Et quand il est question ici de lieux, il ne s’agit 
pas d’une région aux limites mal définies ou de 
telle ville ou village, mais très exactement d’une 
bande de terrain campagnard d’une dizaine de 
mètres de largeur sur environ cent mètres de 
long. 

Il est bien sûr toujours possible en pareil cas 
d’invoquer la coïncidence ou plutôt, comme nous 
le verrons à la comparaison des deux incidents, 
une extraordinaire accumulation de coïncidences 
concomittantes; comme nous ne disposons en la 
matière d’aucune méthode qui nous permettrait 
de décider, dans un ensemble aussi complexe de 
circonstances, où s’arrête le rôle du hasard et 
où commence celui d'une réalité fonctionnelle 
qui nous serait inconnue, le jugement final en 
l’occurrence dépendra comme toujours de la sub¬ 
jectivité de chacun. C’est pourquoi je me con¬ 
tenterai de rapporter les faits tels qu'ils me sont 
parvenus et tels que je me suis efforcé, avant 
d’écrire ce rapport, de les vérifier. 

Une conférence à Perwez 

Dans la seconde moitié de l’année 1974, l’un de 
nos membres, Monsieur Pierre Solia, décida d'or¬ 
ganiser à Perwez une conférence consacrée aux 
OVNI. Avec son ami Gérard Grède, il rassembla 
des documents, rédigea un texte, s'enquit d'une 
salle disponible. Et pour en augmenter l’impact, 
pourquoi ne pas ajouter aux grands classiques 
qui formaient le cœur de l’exposé — Kenneth 
Arnold survolant le Mont Rainier, Mantell à Fort 
Knox, les humanoïdes amateurs de lavande de 
Valensole — quelques enquêtes inédites du ter¬ 
roir ? 

Solia reconnaît aujourd’hui qu’il lui manquait à 
l’époque la perception intime de l’incroyable com- 
lexité qu'offre le sujet, ce qui représente à mon 
sens le critère qui permet de distinguer l'ufologue 
débutant de celui qui peut se prévaloir de quel- 


« Lorsqu’on a éliminé l’impossible, 
ce qui reste, quel qu’invraisembla¬ 
ble il soit, correspond à la véri¬ 
té » (Sir Arthur Conan Doyle). 

qu’expérience. Qu’importe. Muni d’un enregistreur 
portatif et d’une carte de la région, il entreprit 
de recueillir les déclarations des témoins des 
environs, sollicités par une publicité discrète. 

Ce travail, qui occupa ses loisirs pendant plu¬ 
sieurs mois, fut consigné sur une bande magné¬ 
tique de 360 pieds représentant le contenu brut 
d'une dizaine d’enquêtes. 

Solia eut le bon goût de nous remettre cette 
bande magnétique dans le courant du premier 
trimestre de l’année 1975, en remerciement de 
la documentation et de l’assistance technique 
que nous lui avions apporté. 

« Voyez si vous trouvez là-dedans des choses de 
nature à vous intéresser» fut son bref commen¬ 
taire. 

Le cas G.P. 

« Là-dedans » nous trouvâmes l'habituel tout-ve¬ 
nant d’incongruités dont foisonne la matière que 
nous nous sommes fixés pour objectif d'étudier : 
les lumières erratiques dans le ciel pouvant être 
n'importe quoi et que des témoins peut-être 
abusés estiment « mystérieuses », des « choses » 
vues à des kilomètres de distance, d’autres à 
moins de trois cent mètres, des observations à 
témoin unique, d'autres où ils étaient nombreux. 
Dès la première écoute, deux d’entre elles me 
parurent mériter une attention particulière : la 
première concernait un groupe d'enfants occu¬ 
pés à leurs jeux inexplicablement confrontés à 
la présence proche dans les bois d'un groupe de 
boules lumineuses dont l'une s’était avancée jus¬ 
qu'à une dizaine de mètres d’eux (1). 

La seconde était un cas à témoin unique. Elle 
s'accompagnait d’une panne de moteur. 

L’incident 

G.P. était à l’époque sous les drapeaux et caser- 
né à Liège d'où il revenait chez lui que le week¬ 
end. C'est par conséquent très vraisemblablement 
au cours de l’un d’eux que se produisit l'incident 
qu'il allègue. En cette fin d’année 1966, il était 
âgé de dix-neuf ans et par une froide nuit de 
novembre, il avait été saluer sa fiancée. Il pi¬ 
lotait maintenant un vélomoteur (du type deux- 
temps] de marque Flandria 49 cc et regagnait le 
toit paternel. 

Il venait de dépasser le hameau de Liernu et re¬ 
montait la route en direction de Perwez. Chau- 

1. L’enquête réalisée sur ce cas sera publiée prochainement; 
je signale seulement ici l’avis du garde-forestier du bois 
en question suivant lequel « il s’agissait tout simplement 
d'un groupe de boy-scouts occupés à un jeu de nuit ». 

5 



A basse altitude, l’objet s'approchait du témoin. 



dement vêtu, coiffé d'un casque, il suivait ma¬ 
chinalement le ronronnement régulier de la ma¬ 
chine qui n'avait jusqu'alors jamais manifesté la 
moindre défaillance. Il était un peu plus de 23 h, 
dans le ciel dégagé et sans lune brillaient quel¬ 
ques étoiles. 

Comme il venait de passer un petit chemin de 
terre en traverse de la route et abordait une 
légère côte en S, il remarqua que le ciel s'em¬ 
brasait de rouge devant lui. En même temps le 
régime du moteur ralentissait fortement malgré 
un appel immédiat de la poignée des gaz et le 
phare faiblissait, ne projetant plus sur le béton 
de la route qu'une vague tache jaunâtre. 

Surpris, le conducteur rétrograda instinctivement 
de vitesse, passant de troisième en seconde, puis 
en première, sans parvenir à relancer l’engin. Le 
ciel s'embrasait de plus en plus et quelque chose 
s’approchait de la route à basse altitude. Il leva 
la tête : 

« Je vis survenir sur ma gauche un objet circulaire 
d’où provenait la lueur. Il n'était pas très grand, 
je dirais 3 à 4 m de haut pour 4 à 5 m de base. 
Sa torme était celle d'un disque plat surmonté 
d’une coupole allongée qui faisait penser à une 
ruche d’abeilles. Cette coupole était sombre, la 
base illuminée d’un mélange de rouge, de jaune 
et de blanc qui formait un halo à dominance rou¬ 
geâtre dans lequel se découpait sa silhouette. Il 
venait dans ma direction en émettant un bruit 
sourd ». 

L'objet était très bas, si bas que G.P. cru qu'il 
allait entrer en collision avec lui, ce qui lui fit 
6 


baisser instinctivement la tête. Mais il passa cer¬ 
tainement à 10 ou 15 m du sol, sans dévier de 
sa trajectoire ni ralentir et continua vers la droite 
en direction des champs qu'il éclaira au passage. 
« Lorsqu'il passa au plus près de moi, je pus dis¬ 
tinguer un fond plat de couleur sombre qui était 
cerclé de lumières rouge-jaune qui semblaient 
provenir de « hublots » disposés sur le pourtour. 
Il n'y avait ni flammes ni traînée; le bruit en pro¬ 
venance de l’engin, que je pus percevoir malgré 
le casque qui me couvrait et le fait que le moteur 
du Flandria continuait à tourner au ralenti, n’était 
pas un sifflement, mais un bruit sourd et régulier 
qui me fit penser à celui d'un moteur. Je ne perçus 
aucun autre détail. » 

Le tout s’était passé très vite, en 15 secondes 
environ. 

Lorsque l'objet se fut éloigné d'une cinquantaine 
de mètres, le vélomoteur repartit d’un seul coup 
tandis que le phare se rallumait complètement. 
« Il y eut comme un choc, une secousse, la ma¬ 
chine fit un bond et j’eus du mal à la maîtriser. 
Je filai en direction de Perwez sans demander 
mon reste. » 

Extraits de l’enquête de Pierre Solia 

Novembre 1974, au domicile du témoin. 

P.S. : Quelle impression avez-vous eue quand l'ob¬ 
jet est passé près de vous ? 

G.P. : Ma première réaction a tout d'abord été 
la peur, quoi, du fait que ma moto s'est arrêtée. 
Et alors le phare a baissé, le bruit sourd de l’objet 
qui passait au-dessus de moi m’a donné la peur... 





















Croquis de l'objet réalisé d’après les indications du 
témoin. 


Je n'entendais déjà pas bien, j’avais un casque 
sur la tête et en voyant cet objet se diriger vers 
moi je croyais entrer en collision avec. J'ai baissé 
instinctivement la tête, mais l’objet est quand 
même passé entre 10 et 15 m au-dessus de moi, 
la hauteur d'une maison et j’ai eu une peur, une 
frousse énorme. Je l'ai regardé disparaître dans 
les champs et je n’ai pas demandé mon reste... 
je suis revenu sur Perwez. 

P.S. : Qu’avez-vous fait en rentrant ? 

G.P. : Ah, évidemment, la première réaction de 
ma mère, elle m'a dit : « Tu es tout pâle, qu’est-ce 
qu’il t’est arrivé?» Alors je lui ai répondu: «Je 
ne sais pas ce que j'ai vu » et je lui ai raconté, 
mais j'ai eu du mal à me ravoir, j'ai dû prendre 
une petite tasse de café pour me remettre, je 
n'en ai pas dormi la nuit... et le lendemain, je 
suis quand même retourné sur les lieux et je n’ai 
rien vu... en passant sur... et ça a été oublié. 
P.S. : Avant cette observation, vous n'aviez jamais 
rien vu de semblable ? 

G.P. : Non... Jusqu’alors je n’avais rien vu. 

P.S. : Et depuis ? 

G.P. : Non plus. Je n'ai plus jamais rien vu depuis 
lors. 

P.S. : A votre avis, cet objet, qu’est-ce que c'était? 
Ça ressemblait à quelque chose de connu sur 
terre (2). 

G.P. : Non, tout à fait inconnu. Je ne crois pas 
que ce pouvait être un ballon sonde ou ... ni 
météore, ni hélicoptère, ni avion... ni ballon. Non, 
je ne vois pas, je ne vois vraiment pas ce que ça 
pouvait être. Sans certifier que c'était un objet 
volant non identifié, en tous cas, c’était mysté¬ 
rieux ! 

P.S. : A l’époque, vous croyiez aux soucoupes 
volantes ? Vous aviez lu quelque chose à ce 
sujet ? 

G.P. : Non, pas tellement. Pas personnellement. 
J’étais plutôt jeune, j'avais 19 ans, je n'en par¬ 
lais pas tellement. Comme tout le monde, quoi, 
on entendait parler des Martiens (3), mais ça ne 
me disait... ça ne me faisait ni chaud ni froid, 
tandis qu’à l’heure actuelle, on est un plus... on 
y croirait un peu plus facilement ! 

L’enquête de la Sobeps 

Le travail de Solia était fort bien fait mais il y 
manquait le rapport type que nous adoptons à 
la SOBEPS pour cataloguer nos enquêtes. Plus 
précisément, l’indispensable plan des lieux était 



absent et je pense que la technique que nous 
suivons est fructueuse car si Solia l'avait suivie, 
il n'aurait pas pu manquer d'être frappé, sachant 
ce qu’il savait déjà à l'époque, par ce qui m'intri¬ 
gua dès la première audition de la bande magné¬ 
tique — et que le lecteur qui nous suit depuis 
nos débuts n'aura peut-être pas manqué de perce¬ 
voir lui-même à la lecture de ce qui précède. Ce 
serait incroyable me disais-je si... N’était-il pas 
surprenant que Solia n’ait pas fait le rapproche¬ 
ment lui-même ? 

Avec tous ces points d'interrogation présents à 
l’esprit, je pris contact avec le témoin et me 
rendis chez lui à la fin du mois de septembre 
1975. J'étais accompagné d’une collaboratrice de 
la SOBEPS qui a préféré depuis faire cavalier seul. 
M. G.P. nous reçut très gentiment, répéta dans 
les moindres détails ce qu’il avait déjà confié à 
Solia un an auparavant sans que ce nouveau récit 
ne présente des altérations vis-à-vis de ses dé¬ 
clarations initiales, réalisa des croquis de ce qu’il 
se souvenait avoir vu, ajouta quelques précisions 
comme le fait que le vélomoteur avait continué à 
se comporter comme un honnête vélomoteur 
dans les mois qui avaient suivi jusqu'à mourir de 
vieillesse comme n’importe quel vélomoteur et 
que lui, G.P., n’avait pas éprouvé de troubles anor¬ 
maux dans les jours qui avaient suivi l'observation. 
Je lui demandai alors de nous conduire sur les 
lieux, de refaire le même trajet que celui qu’il 
avait suivi en cette soirée de novembre 1966. 
Nous partîmes donc en direction de Liernu où 
nous fîmes demi-tour pour revenir vers Perwez. 

2. Un bon exemple — et Solia, s’il lit ces lignes, voudra 
bien me pardonner cette remarque — de la façon dont un 
enquêteur peut involontairement « téléguider » les réponses 
d’un témoin dans le sens de telle ou telle hypothèse de 
travail implicite. 

3. Cette réflexion que j'ai entendue exprimée par des dizai¬ 
nes de témoins montre combien est erronée la conviction 
de certains ufologues selon laquelle « de nombreux chefs 
de gouvernements sont convaincus de l’origine extra¬ 
terrestre des OVNI, obtenue notamment par les ordina¬ 
teurs (?), mais il n’en disent rien pour éviter la panique ». 
Quelle panique ? 


7 



Tableau 1 : Caractéristiques des deux observations 


Données brutes 

cas G. P. 

cas N. D. 

Date 

??.117.1966 

24.01.1974 

Nombre de témoins 

un 

un 

Confirm. indirecte 

quatre 

trois 

Activité 

vélomoteur 

voiture 

Motif 

rentrait chez lui 

rentrait chez elle 

Heure locale 

23 h - 23 h 15 

16 h - 16 h 05 

Cond. atmosph. 

temp. fraîche, ciel dégagé 

idem 

Durée de l’observ. 

env. 15 sec 

env. 1 min 

Situation de l'OVNI 

à basse altitude 

au sol, puis à basse altitude 

Forme 

ruche d'abeille sur disque 

coupole aplatie avec trois sections 

Couleurs 

sombre et lumières jaune-rouge 

une section rouge, une section 
jaune, une section noire 

Détails 

« hublots » en pourtour 

« pastilles noires » en pourtour 
de la section blanche 


0 4 à 5 m sur 3 à 4 m de haut 

0 1 m sur 0.5 m de haut (*) 

Fin de l’observât. 

disparaît derrière rangée d'arbres 

idem 

Effets 

arrêt du moteur puis remise en 
route sans intervention du conduc¬ 
teur lors de l’éloignement 

idem 

Effets secondaires 

anxiété, angoisse 

anxiété, cauchemars 

Coordonnées du lieu 

lat. N 50°36’30” ± 0.3” 

lat. N 50°36’30 


long. E 4°49'23” 

idem 

Trajectoire 

E - 0 

E.S.E. - U.N.O. (**) 


: Au cours de l'entretien que j'ai eu avec elle le 30 octobre 1976, Mme N.D. m’a déclaré que le 26 janvier 1974 elle 
avait sans doute, sous le coup de l’émotion sous-estimé les dimensions réelles de l'OVNI qu'elle avait vu. 

: Cette trajectoire est approximative dans le cas G.P., eu égard à l’ancienneté de l'observation. Elle est tout à 
fait précise pour l'autre. 


Je roulais lentement, attentif aux injonctions de 
mon passager. 

A un moment donné G.P. me fit signe du bras : 

« Arrêtez, c’était ici ». « Vous en êtes sûr ? ». « Oui, 
c’était en début de virage, sur une légère pente. 
C’était bien ici ». 

Ma stupéfaction, mon incrédulité étaient à leur 
comble : nous étions exactement à l'endroit où 
le 24 janvier 1974, Mme N.D. disait avoir subi un 
arrêt de moteur de par la présence d'un OVNI de 
petite taille posé au sol (4). 

Revenu de ma surprise, je suspectai aussitôt quel¬ 
que sombre machination qu’il allait falloir à pré¬ 
sent démonter. 


Doutes et confirmations 

Car enfin, parmi tous ies cas d’OVNI possibles 
et tous les lieux possibles parmi ces cas, comment 


4. Voir Inforespace n° 16, pp. 12 à 15. S'y reporter pour le 
plan des lieux. 

5. Pour être tout à fait précis, G.P. nous fit arrêter 10 m 
exactement en deçà de l’endroit où Mme N.D. déclara 
avoir vu l'OVNI posé. Il est important de noter qu'au 
cours de l’observation de G.P. le vélomoteur continua 
à rouler sur sa lancée et que très probablement l'endroit 
où G.P. nous fit arrêter était celui où il avait commencé 
à apercevoir l’OVNI. 

S. Rappelons que dans l’article cité ci-dessus l'identité de 
Mme N.D. n'était pas communiquée. 


admettre que deux engins présentant des simi¬ 
litudes indiscutables (taille, allure générale, cou¬ 
leur) aient pu se manifester à sept ans d'inter¬ 
valle dans des circonstances semblables (arrêt 
de moteur, puis redémarrage sans intervention du 
conducteur) et de plus au même endroit? (5) 

Je commençais à regarder avec circonspection 
ce petit tronçon de route, comme s’il était hanté. 
Les doutes vinrent les premiers, comme il est de 
saine logique chez tout enquêteur quelque peu 
entraîné. La jeune femme qui m'accompagnait me 
faisait remarquer que G P. s’était quelque peu 
troublé lorsque je lui avais demandé s’il avait 
connaissance de I incident du 24 janvier 1974, 
avant que de reconnaître en avoir entendu parler, 
mais tout ignorer de l’identité du témoin et de 
ses circonstances exactes (G). 

Mais G.P. n'avait-il pas assisté à la conférence de 
Solia et ce dernier n'y avait-il pas rappelé dans 
ses grandes lignes le cas N.D. - ? Comment 
dès lors G.P. ne s'en souvenait-il pas ? 

Je le réinterrogeai à ce sujet le 11 novembre 1976 : 
« Je ne m'intéresse pas de très près à ces ques¬ 
tions comme vous le faites. Mon hobby à moi c’est 
le sport. » fut sa simple réponse. Or ne voilà-t-il 


8 








Tableau 2 : Chronologie des événements 


Date 

Evénement 

fin nov. 1966 

incident G.P. qui en parle à sa famille et à quelques amis 

24.01.1974 

incident N.D. qui tient à le garder secret 

26.01.1974 

enquête Sobeps de l’incident N.D. 

début août 1974 

Inforespace n° 16 relate l’incident N.D. 

novembre 1974 

Solia interroge G.P. 

1er trim. 1975 

Solia remet à la Sobeps la bande magnétique contenant l’enq. G.P. 

30.09.1975 

enquête Sobeps de l’incident G.P. 

30.10.1976 

contre-enquête Sobeps de l’incident N.D. qui persiste 

06.11.1976 

confirmations indirectes du cas G.P. 

11.11.1976 

contre enquête Sobeps de l’incident G.P. qui persiste 


pps qu’au cours de notre premier entretien, ma 
compagne d'enquête avait justement remarqué 
dans la bibliothèque à laquelle je tournais le dos 
quelques ouvrages de la collection « Jai Lu - Aven¬ 
ture Mystérieuse » et autres « Laffont - Livre Noir »? 
Et parmi ces livres le — trop — célèbre « Les 
soucoupes volantes ont atterri » de Leslie et 
Adamski ? « C’esf mon beau-frère qui me les a of¬ 
ferts après que je lui aie parlé de l’incident » dé¬ 
clare G.P. Leurs dates d'édition sont d’ailleurs 
postérieures à 1966. 

Comme toujours de ce genre d'enquête les points 
d'interrogation et les doutes ressurgissaient plus 
nombreux à mesure que l'on croyait les avoir 
résolus. Je pris des notes, préparai l'habituel 
rapport pour la SOBEPS... et décidai de mettre 
toute l'affaire au frigo pour un an. 

A la fin du mois d’octobre 1976, les choses étaient 
restées au même point. Je n'avais reçu ni coups 
de téléphone mystérieux, ni mises en garde 
sybillines, et du côté de G.P. comme de celui de 
Mme N.D., pas plus que de celui de Soiia, rien 
de neuf n'avait transpiré. Je résolus alors de 
m’attaquer aux protagonistes secondaires en sui¬ 
vant la chaîne des événements. 

L’épouse de G.P. était hors jeu dès le départ : 
elle avait assisté à notre interview de septembre 
1975 et confirmait sans réserves les déclarations 
de celui qui, à l'époque, était son fiancé : 

« Dans les jours qui ont suivi, il m’a raconté ce 
qui était arrivé. Puis il n'en n’a plus parlé qu’à 
quelques rares personnes car tout le monde se 
moquait de lui ». 

Je commençai par Gérard Grède. Faisait-il partie 
de la machination ? 

« Je ne connaissais pas du tout G.P. à l’époque 
de l’incident, contrairement à ce que vous pensez. 
En fait, lorsque Pierre et moi avons décidé de 


faire cette conférence, nous avons apposé des 
affiches pour en faire la publicité. G.P. s’est un 
jour présenté au magasin et m’a déclaré qu’il avait 
quelque chose à raconter. Je l'ai alors aiguillé 
vers Solia qui est allé l’interroger. A ce moment 
notre conférence était pratiquement prête et nous 
ne voulions plus en changer le texte, déjà passa¬ 
blement chargé (7). Oui, nous avons eu l'impres¬ 
sion Pierre et moi qu’il racontait la vérité ». 

Un ami à qui G.P. nous avait dit avoir raconté 
son aventure à l'époque fut également assez faci¬ 
lement retrouvé, quoique G.P. nous ait confié ne 
plus l'avoir rencontré depuis des années (8). 
J'appelai ce Monsieur par téléphone. Il s'agit d’un 
instituteur de la région. 

Après être revenu de sa surprise, il me dit ceci : 
« Oui, j’ai entendu parler de la SOBEPS. Je me 
rappelle très bien que G.P. a raconté en 1966 avoir 
vu une « soucoupe volante » sur la route d’Aische- 
en-Refail. Cela a même fait l’objet de nos fréquen¬ 
tes conversations dans les semaines qui ont suivi ». 
Chez les parents de G.P. même scénario. Je 
parlai à son père tout à fait par hasard, alors que 
je cherchais à atteindre G.P. 

« Oui, je me souviens très bien. Quand il est ren¬ 
tré il était visiblement en état de choc. Je ne l'ai 
jamais vu comme ça. Il n’arrivait pas à se re¬ 
mettre. Il était vert » (sic). 

Il restait alors l’autre côté de la barrière : Mme 
N.D. Si quelqu’un avait inventé dans cette affaire 
ce serait donc elle. Dans cette petite ville qui s’en¬ 
nuie, n'aurait-elle pas pu avoir vent du « cas 
G.P. » de longue date, et l’avoir repris à son 
compte propre en l'embellisant pour on ne sait 
quelle obscure motivation ? 

7. De fait l’enquête de Solia sur le cas G.P. est la dernière 
sur la bande magnétique (début de la face 2). 

8. De fait l’ami avait entretemps déménagé et l’adresse 
donnée par G.P. n’était plus la bonne. 


9 










20 septembre 1975 : 

Phénomènes insolites dans le cief 
de la capitale 


Je retournai la voir, lui fit part de mes doutes, 
de mes soupçons. Je ne réussis qua la blesser 
et à la fâcher. Furieuse, elle déclara que je pou¬ 
vais penser ce que je voudrais, quelle n’avait 
jamais échangé avec G.P. la moindre parole, quelle 
savait que son observation était réelle. D'ailleurs 
n'avait-elle finalement pas dû changer de voi¬ 
ture peu de temps après l’incident suite à des 
ennuis mécaniques répétés [9] ? Ne pensais-je 
pas que c'était là pousser un peu loin le goût 
de la mystification ? Elle était prête à jurer sur 
une Bible s'il le fallait. 

Elle fit mieux : elle me conduisit chez ses pa¬ 
rents qui avaient été les premiers à constater 
l’état dans lequel s’était trouvée leur fille quel¬ 
ques minutes seulement après sa rencontre avec 
l’OVNI le 24 janvier 1974 et qu'à la suite de cir¬ 
constances familiales qui n’ont pas leur place ici 
nous avions omis à l’époque de commun accord 
d'interroger. 

Et là, même scénario que chez les parents de 
G.P. : oui, ces deux braves vieux plutôt éberlués 
par mon irruption soudaine dans leur intérieur se 
souvenaient très bien de cette fin d’après-midi 
d’hiver où leur fille leur avait raconté une histoi¬ 
re invraisemblable de soucoupe volante qui mon¬ 
tait et redescendait sur la route, d'un moteur qui 
s’arrêtait, d’une radio morte. Elle en était encore 
toute pâle et tremblante en le leur racontant. 

Il m’offrirent une tasse de café. 

Une ligne directe Aische-en-Refail - 
Zêta du Réticule ? 

Que se passe-t-il sur ce petit tronçon de route 
Wallonne ? Combien de fois des OVNI furtifs et 
improbables ont-ils suivi le même trajet à cet 
endroit ? Combien sont-ils les automobilistes qui 
ont entrevu leur présence équivoque et qui se 
sont empressés de rentrer chez eux, de penser 
à autre chose pour ne pas passer pour des 
déséquilibrés ? 

Combien d’autres « cas N.D. » ou « cas G.P. » 
faudra-t-il encore avant que nous ne commen¬ 
cions à comprendre réellement que des objets 
non identifiés hantent notre ciel et qu'il serait 
peut-être temps de s’en occuper avec tous les 
moyens nécessaires ? 

Y aura-t-il jamais une troisième « affaire Aische- 
en RefaiI » ? 

Franck Boitte. 

9. Nous avons fait allusion à certains de ces ennuis dans 
Inforespace n° 17. p. 34. 


Le ciel de la région bruxelloise fut, à la date du 
20 septembre 75, le théâtre de mystérieux phéno¬ 
mènes qui s'échelonnèrent tout au long de cette 
journée. 

Assez curieusement, plusieurs témoignages d’ob¬ 
servations réalisées en divers endroits de la capi¬ 
tale, à savoir St-Josse-Ten-Noode, Woluwe-St- 
Etienne, La Hulpe et Etterbeek, parvinrent à la 
SOBEPS, mentionnant chacun un épisode particu¬ 
lier du phénomène qui s’était produit ce jour-là. 
Mais s’agit-il bien d'un même phénomène ? 
Voyons les faits . 

St-Josse-ten-Noode : 
intrigante boule de lumière 
Il est 0h39 et une légère brume ceinture la ville 
au niveau de l’horizon. Le ciel est cependant dé¬ 
gagé et dévoile un champ d'étoiles. La nuit est 
douce malgré un léger vent de secteur S.O. La 
pleine lune au SSO éclaire fortement le ciel tout 
en se trouvant en dehors du champ de vision du 
témoin. Celui-ci, M. E. Van Hertum, 29 ans, ouvrier 
de presse, se trouve à son domicile et, suivant 
son habiture — voire son hobby — il scrute infa¬ 
tigablement le ciel dans l’espoir de débusquer le 
passage ... d’avions. Au travers de sa fenêtre, 
orientée à l’ouest, en direction du centre ville, 
on distingue successivement la partie gauche du 
Centre Rogier, deux rangées de toitures distantes 
d’une centaine de mètres, deux antennes TV puis 
le building de la Prévoyance Sociale dont l’éclai¬ 
rage s’est éteint à minuit. Brusquement, à une 
distance d’environ deux cents mètres, entre les 
deux antennes TV, apparaît à la hauteur du som¬ 
met de la plus petite, un objet circulaire ou sphé¬ 
rique, de dimension légèrement inférieure à celle 
de la pleine lune. Sa couleur blanc cru est sem¬ 
blable à un reflet de soleil dans un miroir mais 
sans être aussi éblouissant. D’après le témoin, les 
bords sont liserés d’un anneau jaune-orange et 
l’ensemble tremble légèrement comme « une image 
vue au travers d’un voile de chaleur». Cette im¬ 
pression va durer tout au long de l’observation 
L’objet monte très lentement à la verticale. Il 
semble épouser la direction de l’axe des antennes 
TV et, au cours de cette ascension, sa luminosité 
faiblit légèrement. Il décrit ensuite une petite 
courbe incurvée vers le bas, toujours à la même 
vitesse, comme s’il voulait éviter le dessus de la 
plus haute des deux antennes. A ce moment, sa 
luminosité augmente légèrement puis il part en 


10 



oblique sous une inclinaison de 45° en direction 
du sud. Sa luminosité rediminue. 

Parvenu au-dessus du building de la Prévoyance 
Sociale, par 50° d’élévation, il s'éteint brusquement. 
L’observation totale a duré environ 3 minutes. Au¬ 
cun bruit n’a été perçu. M. E. Van Hertum était 
seul au moment de l’observation. Il a continué à 
observer le ciel jusqu'à 2 h 30 sans plus rien re¬ 
marquer d’anormal (1). 

Complément d’information Cette observation 
pourrait sembler compatible avec celle d'un bal¬ 
lon-sonde. Un lâcher a eu lieu à Uccle à minuit : 
ballon brun muni d’une radio-sonde et d’une cible 
rgdar. Ce ballon est également pourvu d’une lampe 
de 4 volts, il a atteint une altitude de 20.870 mé¬ 
trés. La direction prise par « l’objet » est néan¬ 
moins incompatible avec la direction du vent et 
l’extinction subite ne s'explique toujours pas. 

Woluwe-St-Etienne : pris sur le vif 
Quittons le centre ville vers des lieux plus paisibles 
et campagnards bordés de deux grands axes 
routiers : le boulevard de la Woluwe croisant à 
proximité l’autoroute E 5 - Bruxelles-Liège, à 4 km 
au sud de l’aéroport de Zaventem-Melsbroek. 

Le domicile du témoin, M. I. Y. (2) est en léger 
surplomb de ces deux axes routiers et il fournit un 
excellent point de vue sur la partie N et NE de la 
commune de Woluwe-St-Etienne, soit sur le terri¬ 
toire de Sterrebeek, Zaventem et Melsbroek. Il est 
environ 17 h 30 et le témoin qui se promène dans 
son jardin est rapidement intrigué par une très 
forte étoile brillante qui se déplace très lentement, 
de manière rectiligne, du SO vers le NE. M. I. Y. 
est seul à ce moment et il a l’habitude d'observer 
aux jumelles (Halena 10x50) le trafic aérien de 
l'aéroport. Cette étoile l’intrigue d’autant plus 
qu’elle semble vouloir se diriger lentement vers 
l’aéroport de Zaventem en survolant sa maison. 
Le témoin réalise qu’il est en présence d’un phé¬ 
nomène qu’il ne connaît pas et qu’il ne comprend 
pas. Décidant d’en avoir le cœur net, il quitte pré- 
cipitament son jardin, traverse en courant sa mai¬ 
son et monte à l'étage armé de ses jumelles, afin 
de joindre son poste d’observation favori : la fe¬ 
nêtre de la chambre orientée plein N. Environ 4 
minutes plus tard, l’étoile apparaît à la verticale 
de sa fenêtre. Elle poursuit son lent mouvement 
de translation rectiligne et quelques minutes après 
elle arrête sa course en dessous de quelques 
nuages, sous une inclinaison de 75° par rapport 
à la ligne d’horizon. La position de l’étoile fut 


stationnaire pendant plus d’une heure. Le témoin 
la situe au mieux à la verticale de l’aéroport de 
Melsbroek-Zaventem. Pendant tout ce temps, M. 
I.Y. eut tout le loisir de la détailler aux jumelles, 
accoudé inconfortablement à sa fenêtre ouverte 
et il resta dans cette position jusqu’à la fin de 
l’observation. 

Laissons le soin au témoin de nous relater sa vi¬ 
sion et de s’étonner devant le spectacle singulier 
s’offrant à lui : 

« Tout d’abord, je vis une forme ronde, aplatie, de 
couleur grisâtre, légèrement verte, comme un très 
épais brouillard mais aux contours assez bien 
définis. Je pensais à un œuf de poule. Aux jumel¬ 
les, cela me semblait être un œuf de poule vu de 
profil, mais de forme plutôt ovale, deux fois plus 
large que haut. 

Après avoir mieux réglé mes jumelles, l'objet 
restant immobile, je vis de la lumière en dessous 
de l'objet : une boule de lumière jaune très bril¬ 
lante apparaissait subitement toutes les trois se¬ 
condes environ sur le côté inférieur droit de « l'ob¬ 
jet », non pas contre lui mais légèrement en 
dessous, à une distance approximativement égale 
à sa hauteur. Au même instant, un fin rayon de 
lumière jaune également semblait relier la boule 
de lumière à « l’œuf de brouillard ». Cette boule 
de lumière se déplaçait latéralement, vers le des¬ 
sous inférieur gauche de « l’objet », par saccades, 
comme si la boule disparaissait puis apparaissait 
successivement sur sa trajectoire curviligne. A 
chaque fois que la boule apparaissait, je vis un 
mince rayon de lumière jaune qui suivait la boute 
dans son mouvement et qui semblait relier la 
boule de lumière au centre de l’œuf de brouillard. 
Au bout de trois secondes, la boule jaune arrivée 
en fin de course éclatait en un flash éblouissant, 
de lumière vive, ce qui me faisait cligner les yeux. 
A l'instant où le flash de lumière se produisait, 
une autre boule jaune reprenait la place de départ 
de la première et le phénomène se reproduisait 
inlassablement. 

J’ai regardé cela pendant plus d’une heure et il 
n’y eut aucun changement dans mon observation. 
Sur le temps que la boule jaune effectuait son 
trajet, j’ai réussi à compter environ une dizaine 
de petits rayons minces qui l’accompagnaient à 
chaque saut jusqu’au flash final. 

Finalement, T« œuf de brouillard » est alors monté 
lentement et sans bruit à la verticale dans le ciel 

1. Propos recueillis par Franck Boitte. 

2. Identité connue de la SOBEPS. 


11 



et je n'ai plus pu le distinguer aux jumelles. 

Il devait être passé 18 h 30. J’ai encore scruté le 
ciel un long moment et finalement j’ai attendu le 
retour de mon fils pour lui raconter mon histoire. 
Je ne croyais pas ces histoires de soucoupes vo¬ 
lantes, mais cela alors, qu’est-ce que c’est ? ». 
Complément d’information : Bien que M. I.Y. soit 
le seul et unique témoin de ce phénomène mys¬ 
térieux, sa bonne foi ne peut être mise en doute. 

11 ne s’est jamais intéressé au phénomène OVNI 
et sa vision l'a ébranlé à tel point qu’il préfère 
garder l'anonymat et qu’il n'a osé, par peur du 
ridicule, raconter son histoire qu’à son épouse et 
à son fils qui contacta la SOBEPS. 

te témoin a vu un OVNI, de forme ovale, émettant 
des rayons lumineux par saccades, de couleur 
jaune, auxquels semblait s’accrocher une boule 
de lumière jaune puisante. Une indétermination 
subsiste cependant dans la description du phéno¬ 
mène : le témoin peut décrire avec précision le 
trajet droite-gauche, soit l’« aller» de la boule de 
lumière, mais il reste indécis quant au «retour» 
de la boule de lumière, qui se produisait instan- 
tannément sans qu’il puisse distinguer de rayons 
associés. Plusieurs hypothèses seraient plausibles 
pour pouvoir expliquer cette lacune et, par exem¬ 
ple, celle où l'engin serait en rotation perpétuelle 
autour de son centre et puiserait continuellement 
une même boule de lumière suspendue par un 
rayon. Le flash final semblerait plus intense vu 
que la boule serait plus proche du témoin. 

En ce qui concerne les conditions météorologiques 
et optiques, elles étaient excellentes en cet après- 
midi du 20 septembre : ciel quasiment dégagé, 
vent faible de secteur S à SO, température com¬ 
prise entre 19° et 24°. 

La Hulpe : une étoile errante 

La troisième observation de la journée, à laquelle 
cinq témoins participèrent eut lieu à 19 h 50 dans 
le ciel de La Hulpe. M. et Mme Raymond Van- 
haelen accompagnés de leur petite fille Cécile 
ainsi que du ménage Janus, leurs voisins de quar¬ 
tier, venaient de descendre de l’autobus à l’arrêt 
proche de leur habitation, dans la nouvelle cité 
créée au domaine du « Bois de Notre Dame ». 

Ce fut la petite Cécile (11 ans) qui eut la première 
son attention attirée par le manège insolite d’une 
«étoile», de magnitude semblable à celles de la 
Grande Ourse, zigzagant dans le ciel. Elle alerta 
aussitôt ses parents. Les cinq témoins observèrent 

12 


d'abord, pendant environ cinq minutes, le lent 
déplacement rectiligne de l’« étoile», orienté du 
NNE vers le SSO. 

Les dires de la petite Cécile se sont ensuite vus 
vérifiés par les témoins qui observèrent l’« étoile » 
effectuer un rapide zigzag de quelques secondes 
vers la gauche puis vers la droite, dessinant ainsi 
une sorte de « Z » dans le ciel. Cette évolution 
artistique terminée, le point lumineux reprit sa 
lente progression rectiligne dans la même direc¬ 
tion qu’au drbut de l’observation. Sa luminosité 
diminua petit à petit et se perdit parmi les étoiles. 
L’observation totale dura une douzaine de minu¬ 
tes. Il sembla également aux témoins que, par 
moments, cette « étoile » au reflet légèrement jau¬ 
nâtre restait immobile et se déplaçait légèrement 
par saccades, mais sans aucune certitude. Sa vi¬ 
tesse fut estimée à celle d'un avion croisant à très 
haute altitude. 

Complément d’information : Le satellite artificiel 
SALYUT, heure de passage 19 h 58, direction O 
vers E, n'a pas été repéré par les témoins. 

La confusion est cependant peu probable, les 
orientations étant nettement différentes et le dé¬ 
placement latéral lors du zigzag, estimé à 10 cen¬ 
timètres à bout de bras, exclut cette hypothèse. 

Etterbeek : le ballet des OVNI 

Le décor : un jardin de la rue des Trévires, bordé 
d’un pâté de maisons longeant, d’une part l’avenue 
de Tervueren et d’autre part la rue des Trévires, 
à quelques centaines de mètres au NE de la gare 
de marchandises d’Etterbeek, à proximité du 
square Montgomery. 

Le témoin principal, M. R. V. (2) ainsi que son ami, 
tous deux passionnés d’astronomie, profitèrent des 
conditions météorologiques clémentes de cette 
nuit pour observer à l’aide de jumelles la lune et 
les étoiles. Etaient également présents deux en¬ 
fants et deux chiens jouant dans le jardin. 

Il était environ 21 h 30. M. R. V. admirait le ciel à 
l’œil nu quand subitement il aperçu une formation 
triangulaire de trois boules lumineuses identiques, 
voyageant à très grande vitesse et lui offrant, 
durant quelques 5 à 6 secondes un spectacle 
étonnant. Décomposons les différentes phases de 
l’évolution de ces trois boules : 

Phase 1 : Apparition des trois boules. 

La formation triangulaire semble tomber en chute 
libre du ciel en formant un angle de 5° à 10° par 



rapport à la verticale. Les trajectoires sont recti¬ 
lignes et parallèles pour chaque boule. Il sembla 
au témoin que la boule centrale oscillait légère¬ 
ment lors de sa descente. 

Durée : 2 secondes 

A ce moment, M. R. V. crut qu’un « objet » allait 
s’écraser au sol et comme un arbre du jardin 
allait lui cacher la vue, il se déplaça rapidement 
de quelques pas vers la gauche. 

Phase 2 : Changement de cap de la formation 
Au même instant, les trois boules cachées par 
l’arbre réapparaissent dans la même formation et, 
comme si elles avaient obliqué à angle droit, elles 
prolongent leur mouvement, toujours animées de 
la même vitesse, et filent vers la gauche en re¬ 
montant d'une trajectoire rectiligne la ligne des 
toits de l’avenue de Tervueren. 

Durée : 1 seconde 

Phase 3 : Eclatement brusque de la formation 
D’un mouvement d'ensemble semblant synchronisé, 
la boule 2 centrale grimpe à la verticale après avoir 
pris un virage à angle droit sans arrondi. La boule 
1 suit le même mouvement brusque mais après 
avoir effectué un virage à 120° sans arrondi. Elle 
monte et file en direction du S ou SSE. 

La boule 3 continue sa trajectoire sans change¬ 
ment de cap. 

Durée : une fraction de seconde 

Phase 4 : Nouveau changement de trajectoire 
La boule 2 après son ascension verticale à grande 
vitesse, oblique à nouveau à 90° vers la droite 
cette fois et, d’un vol horizontal très rapide, se 
lance à la poursuite de la boule 1 en direction du S. 
Au même instant, la boule 3 réalise un virage sans 
arrondi à nouveau, à plus de 120°, monte légère¬ 
ment et, d’une trajectoire rectiligne, elle se lance 
aussi à la poursuite des deux autres boules. 
Durée : une seconde 

Phase 5 : Reproupement des trois boules 
Parties toutes trois en direction du S ou SSE, elles 
se rejoignent dans le ciel et semblent se confon¬ 
dre en un seul gros point lumineux qui disparaît 
rapidement dans le lointain. 

D’après M. R. V., la rencontre des trois boules a 
dû se produire au niveau du croisement du bou¬ 
levard Général Jacques et de la chaussée de 
Wavre. L’ami du témoin, alerté à ce moment, eut 
le temps de distinguer la fuite des trois boules 
se confondant en un point mais n’a pas pu suivre 


l'ensemble du mouvement. Les enfants n’ont rien 
aperçu et les chiens n'ont pas manifesté un com¬ 
portement anormal. 

Le témoin principal, M. R. V. décrit ces boules 
comme ayant l’aspect de trois sphères aux con¬ 
tours assez nets, dont la dimension apparente est 
légèrement inférieure à celle de la pleine lune. 
Il les compare au mieux à des ampoules électri¬ 
ques mates et rondes qui seraient faiblement 
éclairées : couleur uniforme, blanchâtre, avec un 
léger reflet grisâtre ou peut-être « coquille d’œuf ». 
il peut être bon de noter qu’aucun changement de 
forme ou de coloration n'a eu lieu. De même, au¬ 
cun bruit ne fut perçu. N’oublions cependant pas 
que cette manifestation n'a duré que quelques 
secondes et que la distance témoin-phénomène 
est estimée au mieux à quelques centaines de 
mètres. 

Les deux témoins observèrent encore le ciel jus¬ 
qu’aux environs de 23 h 00 mais plus rien ne se 
produisit. 

Conclusion 

Le ciel de la région bruxelloise fut, le 20 septem¬ 
bre 75, la toile de fond sur laquelle vint s'inscrire 
le phénomène OVNI. Cette série d’événements 
n’ayant apparemment en commun que la date, la 
chronologie de ceux-ci se succédant en moins de 
24 heures, illustre à nouveau ce que l’on peut 
recueillir comme témoignages d’observations in¬ 
solites pendant une même journée : quatre ob¬ 
servations, quatre facettes différentes du phéno¬ 
mène défiant à nouveau l’interprétation classique 
d’une cause naturelle mal connue. 

Existe-t-il un fil conducteur entre ces observations ? 
Hormis la bonne foi des témoins, il peut être utile 
de remarquer quelques éléments communs sem¬ 
blant probants : l'absence totale de bruit et l’as¬ 
pect général du phénomène qui est, à l’œil nu, 
toujours décrit sous la forme d'une étoile brillante 
ou de boules lumineuses de couleur uniforme 
blanchâtre, animées de trajectoires anormales. 

Y voit-on là matière à prouver la manifestation 
d’un seul et unique OVNI se métamorphosant au 
gré des témoins ou bien faut-il considérer qu’il 
s’est produit quatre phénomènes indépendants ? 
A ce niveau-ci de l'enquête, le dossier ne permet 
pas de prendre position — la question reste posée. 
Attendons les prochains témoignages ou peut-être 
l'aimable perspicacité de nos lecteurs. 

Emile Têcheur. 


13 



Dossier Ufaux 


Dans la revue précédente, l’étude menée par 
Claude Poher sur les photographies de San José 
de Valderas démontrait, sans conteste, le peu de 
crédit qu’il fallait accorder à cette série de clichés. 
Sans toujours atteindre le même degré d’élabora¬ 
tion que celui de la mise en scène espagnole, de 
telles supercheries sont, hélas, trop fréquentes. 
Comme on l’a déjà souligné maintes fois, la réa¬ 
lité de ce phénomène ne peut être prouvée en 
exhibant l’une ou l’autre photographie, quand bien 
même elles seraient validées par l’estampille d’un 
expert. Regrettons toutefois que les très nom¬ 
breuses, voires trop nombreuses publications qui 
fleurissent aujourd’hui diffusent, parfois sans dis¬ 
cernement, des documents qui, la chose est no¬ 
toire, sont l'œuvre de faussaires. 

Nous emboîterons donc sur cette voie le pas à 
Claude Poher et tenterons dans cette nouvelle 
rubrique de démasquer de temps à autre les mys¬ 
tificateurs et d’éventer, si possible, toutes infor¬ 
mations controuvées. Sans vouloir jouer les don 
Quichottes et entreprendre une croisade contre 
les fumistes de tout poil, il n’est donc pas inutile 
de désencombrer l’étude du phénomène OVNI de 
ces chausse-trappes et embûches qu'imaginent 
avec zèle d'astucieux plaisantins. 

Les photos de Châtelineau 

Tout récemment, un quotidien de Charleroi étalait 
en première page de son édition du 22 février 
trois photographies d'un OVNI qui aurait survolé 
Châtelineau à basse altitude le 1 er février de cette 
année. Un long article apprenait aux lecteurs que 
l'objet volant avait été photographié par M. Michel 
Gelep (21 ans) en début d’après-midi avec un ap¬ 
pareil Polaroid 2000. 

Immédiatement une enquête fut menée et l'auteur 
des trois clichés longuement interrogé sur les 
lieux mêmes de l’observation (1). Cet entretien 
confirmait dans les grandes lignes les propos 
recueillis et publiés par le journal carolorégien. 
Toutefois un doute subsistait et moins de quinze 
jours après la première entrevue il devait être 
confirmé lorsque le témoin dévoila qu'en fait il 
n’avait pas pris trois photos mais bien neuf ! 
Cette révélation tardive était pour le moins sur¬ 
prenante. Sans très clairement justifier ce « coup 


1. Enquête réalisée par Mme M. Nardi et MM. M. Abras- 
sart et Y. Toussaint. 

2. Si l’information est correcte, ils auraient été envoyés 
à la NASA pour analyse ! 


Rien n'est plus difficile à réfuter 
que ce qui est entièrement faux. 

André Maurois 

de théâtre» inattendu, il expliqua qu’il avait caché 
jusqu’alors l'existence des clichés supplémen¬ 
taires et n’avait confié au journaliste que la deu¬ 
xième, la cinquième et la septième photo. La pre¬ 
mière et la sixième furent ratées puis détruites. 

En examinant cette fois la série complète, soit 
six photos couleur montrant un objet dont la taille 
apparente variait d’une épreuve à l'autre (sur la 
neuvième photo l’objet est imperceptible), il de¬ 
venait évident qu’il s’agissait d'un canular, mais 
il fallait encore le prouver ! 

Ne voulant plus se dessaisir des épreuves qu’il 
détenait, l’examen des photos supplémentaires pri¬ 
ses par Michel Gelep dut s’opérer sur place, 
tandis que celui des clichés publiés dans la presse 
(II, V et Vil) était réalisé d’après des copies four¬ 
nies par le photographe du journal qui maintenant 
détient les trois Polaroid originaux (2). Cette ex¬ 
pertise photographique a été menée par Patrick 
Ferryn qui commente ci-après les clichés : 

Examen des photographies 
Les dénominations Ph II, III, IV, V, Vil et VIII cor¬ 
respondent à l'ordre de prise de vue des clichés. 
(La photo I et VI ayant été «ratées» selon les 
témoins, et la photo IX ne montrant rien de plus 
qu’un paysage, elles n'ont pas été reprises ici). 
La première série qui me fut remise pour examen 
ne comportait que les clichés II, V et VII. 

Les anomalies photographiques relevées sur ces 
trois documents sont les suivantes : 

— s’il est concevable que l'objet apparaissant sur 
la Ph VII soit uniformément noir et sans aucun 
relief, puisqu’il aurait été photographié à con¬ 
tre-jour, il est curieux qu’il le soit également 
sur la Ph II (aucune nuance visible), alors que 
les sujets de l’arrière-plan en comportent ainsi 
que, par exemple, le tronc de l’arbre visible 
devant le pylône, dans le jardin, étant donné 
que cette zone n'est pas à contre-jour. Un ob¬ 
jet réel, de grande dimension (a fortiori s’il me¬ 
sure une vingtaine de mètres ainsi que l'affir¬ 
mait le journaliste), même s’il était de teinte 
sombre, est cependant éclairé par le soleil, au 
même titre que les autres sujets apparaissants 
sur la Ph II. 

— ceci est également valable pour la Ph V : l'ob¬ 
jet est uniformément noir, sans aucun « relief » 
visible, alors que la cheminée que l’on voit à 
gauche en bas (et par conséquent en principe 
moins éclairée, puisque le soleil est caché par 


14 




Les trois photos qui ont été publiées dans la presse caro- 
lorégienne le 22 féyrier 77. 

(photo II, photo V et photo VII) 


la maison !) laisse apparaître du détail dans sa 
partie supérieure. 

— renseignements pris auprès de la firme Pola¬ 
roid, l’appareil utilisé par le témoin permet une 
mise au point de 90 cm à l'infini. Tout sujet qui 
ne se trouve donc pas à 90 cm ou plus sera 
donc flou. Alors que sur la Ph II, ce qui se 
trouve à l'avant-plan (arbres du jardin, murs, 
etc...) et tout ce qui se trouve à l'arrière-plan 
(maisons à l’horizon), ainsi que ce qui est au 
milieu (le pylône), est relativement net, l'OVNI 
lui, est par contre flou. Or, selon les témoins, 
il se trouvait alors « dans les parages » du py¬ 
lône. Ce flou de l’OVNI est donc difficilement 
explicable. (Je sais que l’OVNI était sensé se 
déplacer, mais ce manque de netteté est plus 
caractéristique dans ce cas présent d’un flou 
de mise au point, que d’un flou de bougé). 
Curieusement, le seul sujet qui présente le mê¬ 
me défaut de netteté est le châssis supérieur 
de la fenêtre (en haut sur la photo). J'ai pu 
constater sur les lieux que cette fenêtre est 
réellement de dimension très petite; pour n'en 
laisser apparaître que la partie supérieure sur 
le cliché, le témoin a donc dû se placer très 
près de celle-ci, et certainement à moins de 
90 cm puisque le châssis est flou. L'OVNI sem¬ 
ble donc être situé dans le même plan que ce 
châssis. 

— ceci est également le cas pour la Ph V; mais 
le flou de l’OVNI est plus accusé encore. Or, 
il en est de même (et dans la même mesure) 
pour le châssis que l'on voit aussi ! Là égale¬ 
ment, le montant gauche cette fois, est cer¬ 
tainement à moins de 90 cm. Le bas de la che¬ 
minée ne doit pas être bien plus éloigné, par 
contre, le haut l’est à coup sûr puisqu’il ap¬ 
paraît net sur le cliché. 


— sur la Ph II l’OVNI vu sous la loupe présents 
un léger halo bleuté. Un halo identique souli¬ 
gne le haut du châssis visible. Cette zone bleue 
est caractéristique du flou de mise au point en 
photographie couleur : les objets faiblement 
éclairés peuvent être auréolés d’un halo bleu¬ 
té; ce halo s’accentuera a fortiori si la netteté 
n’est pas parfaite. Ceci est encore plus évident 
sur la Ph V : un halo bleuté, plus important 
encore, entoure l’OVNI et, dans les mêmes 
proportions, le châssis de la fenêtre visible à 
gauche, ainsi que le bas de la cheminée. Par 
contre, le haut (plus éloigné, donc plus net) 
en est dépourvu. Quant à la photo VII, visible¬ 
ment plus nette, sans être toutefois « piquée », 
elle ne présente plus ce halo. L’OVNI serait 
donc au-delà de 90 cm... tout comme la partie 
du mur de la façade, à droite ! ... 

Ces trois clichés me firent immédiatement songer 
à un trucage réalisé au moyen de plusieurs sil¬ 
houettes d’OVNI découpées dans du carton noir, 
collées sur les vitres des fenêtres. Des « anoma¬ 
lies » absolument semblables (halo, flou, teinte uni¬ 
formément noire de l’objet etc...) s’obtiendraient 
dans pareil cas. Mais ceci ne constitue bien en¬ 
tendu pas la preuve formelle qu’il y a eu trucage. 
Lors de notre visite chez les témoins, le 24 avril, 
je pus voir les autres clichés de la même série; les 
mêmes constatations énoncées ci-dessus s’appli¬ 
quent sans exception aux clichés III, IV et VIII, à 
savoir que, très étrangement, le point commun des 
6 photographies est le suivant : la mise au point 
(floue ou nette) de l’OVNI est chaque fois identi¬ 
que pour chaque cliché, à celle du sujet apparais¬ 
sant à l’avant-plan (mur ou châssis de fenêtre) ! 
L'OVNI semble donc dans chaque cas être dans le 
même plan que ces sujets rapprochés. Et pour cau¬ 
se, s’il s’agit d'une silhouette collée sur la vitre ! 

15 





Tableau I 


Photo II 

i = 7 mm 

a = 3,53° 

d — 200 m (distance estimée) 

0 = 12,33 m 

Photo III 


a = 10° 

d = 70 m 

0 = 12,33 m 

Photo IV 

i = 10 mm 

a = 5° 

d = 140 m 

0 = 12,33 m 

Photo V 

i = 19,5 mm 

a = 9,8° 

d = 71 m 

0 = 12,33 m 

Photo VII 

i — 27 mm 

a = 13,56° 

d = 51 m 

0 = 12,33 m 

Photo VIII 

i = 7 mm 

a = 3,53° 

d = 200 m 

0 = 12,33 m 


La Ph VIII est certainement la plus révélatrice : en 
effet, contrairement à toutes les autres, elle est 
cette fois parfaitement nette. Tous les détails vi¬ 
sibles sont « piqués » (châssis de fenêtre, mur, 
paysage, etc...) et comme par hasard... l’OVNI 
l’est également ! Il En outre, bien que la photo 
ait été faite à contre-jour, il y a beaucoup de détail 
dans le paysage, mais l'OVNI lui, reste désespé¬ 
rément noir et sans aucun relief, il reste une der¬ 
nière chose à dire à propos de cette photo VIII, 
mais elle est d’importance : le témoin a affirmé 
que ce cliché fut réalisé alors que la fenêtre était 
ouverte. Nous lui avons clairement reposé la ques¬ 
tion et il fut à nouveau affirmatif. Or, ceci est im¬ 
possible ! Nous avons en effet vérifié cette chose 
en ouvrant la fenêtre en question : seule la partie 
droite peut s’ouvrir; le montant central a une lar¬ 
geur d’environ 12 centimètres; en ouvrant la fe¬ 
nêtre, la dimension de ce montant est réduite 
alors de moitié... et ce n'est pas ce qui apparaît 
sur la Ph VIII ! 

Une dernière anomalie enfin, l’OVNI des Ph II et 
IV est apparemment « dans » les câbles du pylône. 
Selon les témoins, il était au-delà des câbles dans 
le cas de la Ph II et en deçà dans le cas de la 
Ph IV. Or, dans les deux cas, si les câbles sont 
plus ou moins nets, l’OVNI ne l’est jamais ! 
Tandis que d’une part Patrick Ferryn procédait à 
une expertise photographique qui mettait en évi¬ 
dence l’inauthenticité des clichés, une autre véri¬ 
fications — mathématique cette fois — était en¬ 
treprise par Emile Têcheur. Les conclusions né¬ 
gatives de ce contrôle confirment, comme nous le 
verrons plus loin, les résultats de l’analyse pré¬ 
cédante. 

Examen métrique. 

Parmi les rares données relativement précises 
fournies par le témoignage, on retiendra les points 
suivants : 

1° D’après le témoin l’objet se déplaçait à une 
altitude constante. 

2° La taille réelle de l’objet n’a pas varié. 

La démonstration sera établie en prenant la photo 
16 


Il comme référence principale. Sur celle-ci l’objet 
est en apparence situé au-delà des câbles de la 
ligne H.T., soit approximativement à une distance 
de 200 m du photographe. Le diamètre réel dans 
ce cas serait de 12,33 m. 

Les formules des lentilles convergentes étant 
applicables, une mesure sur l’épreuve originale 
de la grandeur de l’image « i » et de l’angle de 
vision de l’objet « « » permet de définir pour 
chaque cliché la distance OVNI/objectif « d » (la 
distance focale «f» vaut 113,5 mm d'après le 
constructeur). 

Les formules suivantes sont applicables : 

I I I 

a) — + — = — avec f — d’ car d » f 

d d’ f 

ai i d’ f 

b) tg — = — c) — = — = — 

2 2f o d d 

Nota : d’ = distance objectif/pellicule. 

Le tableau I donne les valeurs de « d » pour les 
différents clichés et il nous révèle que l'ordre des 
photos indiqué par le témoin est incompatible avec 
la trajectoire rectiligne décrite dans son témoi¬ 
gnage. 

D’autre part, le calcul de l’altitude « h » à laquelle 
devrait se trouver l’OVNI (altitude constante d'a¬ 
près le témoin) se détermine aisément par trian¬ 
gulation. 

Sur la photo II, h = d.sin p (/3 = 23,39°) soit 
h = 79,39 m. En se référant toujours au tableau I, 
on constatera que pour les photos III, V et VII 
l'altitude « h » est supérieure à la distance témoin/ 
OVNI « d » ce qui prouve une fois encore l’inau- 
thenticité des photographies. 

En supposant l'altitude constante, on peut égale¬ 
ment démontrer par le calcul que le diamètre réel 
n’est pas le même sur les différentes prises de 
vues. Entre les photos II et VII, par exemple, la 
taille de l’objet dépasse le triple du diamètre ini¬ 
tial. Faute de place, cette démonstration ne sera 
pas développée ici, mais le lecteur qui souhaite¬ 
rait en prendre connaissance, pourra toujours con¬ 
sulter le dossier complet qui a permis de contester 
la validité des photos de Châtelineau. 

Jean-Luc Vertongen. 








Les grands cas mondiaux 

L’affaire des ”boules” de l’Aveyron (2) 


La soirée du vendredi 6 janvier 1967. que nous 
avons décrite et commentée précédemment a été 
le prélude à une série d’observations dont le point 
culminant se situera le mercredi 11 janvier 1967. 
Nous avons pu établir que le samedi 7, le lundi 9, 
le mardi 10 janvier « l’obus >■ et les « boules » ont 
été revus assez loin à l’ouest sans incidents nota¬ 
bles, c’est peut-être le dimanche 8 que se situe 
l’incident des deux chiennes, mais ce n’est pas 
assuré. 

Nous entamons la conversation avec le fils sur 
cette soirée du mercredi et incidemment nous 
apprenons un fait nouveau, à savoir que «l’obus» 
ce soir-là s’est déplacé, ou qu’il y en avait deux. 

Le fils : 

«— Le mercredi j’ai vu «l’obus» alors depuis la 
maison... je ne sais pas si c’était le même, car 
avant de prendre la voiture, j’ai vu qu’il était là-bas 
(à l'ouest) et quand j’ai pris la voiture, il était ici 
(au nord)... je ne sais pas si c’était le même. 

— Alors expliquez-nous cela en détail. Le mercre¬ 
di vous avez vu l’objet à l’emplacement approxi¬ 
matif où vous aviez vu les autres ? 

— Oui, de toute façon je sortais chaque soir et 
je les voyais à l’époque tout le temps. 

— C’est ça, oui, vous le voyiez sensiblement tou¬ 
jours au même endroit ? 

— Oui. 

— Sauf le mercredi ? 

— Si, le mercredi aussi, je l'ai vu... Là je suis sorti, 
et il y avait une boule qui montait le long du petit 
chemin là-bas..., et elle s’est arrêtée sur la route, 
au milieu de la route. Là je suis revenu à la 
mâison, je suis monté à la chambre là-haut, et j’ai 
vu la boule... Elle était toujours au milieu de la 
route. Là j’ai eu l’idée de prendre la voiture pour...» 

Avant de passer au récit des péripéties de cette 
soirée notons qu’au cours de différentes conver¬ 
sations le fils nous a fait part d’un fait d’observa¬ 
tion. Dans cette campagne, la nuit, à cette époque, 
les gens se couchent tôt et l’on apercevait çà et là 
des lumières trouant l’obscurité qui, les unes après 
les autres, s’éteignaient. Les boules, au dire du 
témoin, ne commençaient à apparaître que lorsque 
les lumières proches avaient disparu. 

N^us montons dans la voiture de M. Chasseigne 
pour parcourir le trajet du fils avec sa voiture qui 
se développe sur 3 km de route environ. 


« — Racontez-nous ce qui s’est passé exactement 
ce soir-là ? 

— Alors j’ai pris la voiture, et j’ai vu la boule, qui 
sortait du petit chemin, elle était au milieu de la 
route... et la boule elle s’est mise en marche. Elle 
suivait la voiture à la même vitesse que moi. 

— Elle suivait ou elle précédait ? 

— Elle était devant. 

— Elle vous précédait ? 

— Elle me précédait oui. 

— ...la voiture roule. 

— Et alors c’est en face de ce piquet là-haut que 
vous voyez que j'ai aperçu « l’obus ». Là, je m’étais 
arrêté exactement à cet endroit. J’ai arrêté le 
moteur... et je regardais «l’obus»... Je le voyais 
là... tout à fait à ma gauche. Là... Il était... il 
m'apparut très grand. 

— Avant l’étang ? 

— Non juste là ! Non à 10 mètres disons de là. 

— De quoi ? 

— A 10 mètres du... de ce piquet-là... A 10 mètres 
à peu près un peu plus bas là-bas. 

— Mais alors il était plus grand que l’arbre ? 

— Oh ! il était... il était très grand... et la boule 
que je suivais elle s’était arrêtée là-haut... presque 
au bout de la route. 

— Cet arbre là-bas à côté de l’étang vous le 
voyez... et les trois autres là en face de l’étang 
vous les voyez ? 

— Les trois arbres oui... et j’ai aperçu la boule 
là-bas... il y avait une boule... une boule blanche... 
la même (semblable) que je suivais... elle était 
au-dessus de l’étang là-bas. Et au bout de quel¬ 
ques instants là, elle est arrivée, et ça m’a fait 
l’impression qu’elle rentrait dans l’obus. 

— Où situez-vous l’obus par rapport aux trois 
arbres et à l’autre isolé là ? 

— Il était... heu... de là où je suis en face de 
l’arbre seul, voyez. 

— A côté de l’arbre seul ? 

— En face. 

(Ces hésitations dans les réponses proviennent du 
fait que nous ne savions pas encore que « l’obus » 
se situait très près, comme nous allons nous en 
apercevoir, et que les questions posées avaient 
trait à des repères lointains.) 


17 



(Doc. L.D.L.N.) 



— Celui qui est en face entre la mare et ici ? 

— Oui. Oui. 

— Il était aussi haut que l’arbre ? 

— Ah !... il était beaucoup plus haut... beaucoup 
plus haut oui ! 

— Il ne touchait pas terre ? 

— Et j’ai l’impression qu’il ne touchait pas terre... 
et c’est au moment où... où j’ai déclenché la por¬ 
tière qu’il est devenu très lumineux... il s’est mis 
à siffler et il a « foutu » le camp. 

(Nous étions toujours en bordure de route, nous 
plaçant dans la situation du témoin, pour nous 
rendre compte de ce qu’il pouvait voir, puis nous 
pénétrons dans le pré, et le témoin nous arrête 
sur les lieux supposés du stationnement de l’obus) 

— Entre le sol et « l’obus » il y avait 2 ou 3 mè¬ 
tres ? 

— Oh non !... attendez... il y avait 2 mètres 
disons... 

— La hauteur d’un homme ? 

— Oui. 

— Mais alors, il était à 30 mètres de la voiture ! 
Si près que ça ! 

— Ah oui ! 

— Cela fait 25-35 mètres à tout casser ! 

18 


— C’est là oui!... il est parti dans cette direction 
là-bas vous voyez. 

— Ah bon ! mais alors il dépassait toutes les 
crêtes qui sont au fond là-bas ? 

— Oh oui !... oh oui... oh là là. 

(Nous procédons à diverses mesures d’évaluation 
et par approximation nous en concluons : 
Distance de la voiture : 35 mètres environ. 

Largeur de l’engin : 2 à 2,50 mètres environ. 
Hauteur au-dessus du sol : 2 mètres environ.) 

— Mais si près que ça tout de même vous deviez 
pouvoir évaluer sa hauteur ? 

— Il m’a paru immense. 

(Nous revenons en bordure de route. Un arbre est 
situé en bordure à 35 mètres environ. Le témoin 
évalue la hauteur de l’objet par rapport à cet 
arbre, et par des mesures stadimétriques nous 
concluons, d'après les souvenirs visuels du témoin 
que «l’obus» devait avoir une hauteur de 13,60 m 
environ ±. Mieux informés nous reprenons notre 
interrogatoire.) 

— Alors décrivez-nous cet « obus » que vous avez 
vu à ce moment-là ? « L’obus » qui était à 35 mè¬ 
tres de vous. Avant d’ouvrir la portière, précise 
M. Chasseigne. 

— L’obus était très lumineux, pointu au bout ... et 
il y avait un halo marron... ou un phare marron... 
tout autour. 

— Au sommet ? 

— Au sommet, oui. 

— Il y avait des boules autour ? 

— Heu... y avait pas... y avait pas les bras non là 
autour... et il y avait la boule qui était sur la mare 
que j’ai vu arriver très vite et j’ai l’impression... 
elle m'a fait l’impression qu’elle rentrait dans 
« l’obus »... ça je peux pas le certifier. 

(Le témoin oublie une autre boule qu’il a décrite 
dans deux dépositions antérieures et qui, comme 
celle-ci, a paru se « fondre » dans l’obus. Nous 
oublions nous aussi de le lui rappeler, le temps 
était abominable et il aurait été imprudent de 
sortir nos papiers. Hors texte de cet interrogatoire 
il nous dira que l’obus ne présentait qu’une face 
lisse sans aucune ouverture visible.) 

— Le halo marron que vous signalez, il y était au 
début quand vous êtes arrivé ou s’est-il allumé 
après ? 




(Doc. L.D.L.N.) 


— Ah ! non non ! il y était là. Quand je l’ai regardé 
il y était le halo marron il était au bout, oui. 

— La couleur de l’obus était blanche ? 

— Blanche oui. 

— Comme les boules ? 

— Oui... mais beoucoup plus brillant... il était 
beaucoup plus brillant. 

— Et à la base est-ce que vous avez remarqué 
quelque chose à la base ? 

— Quand il est parti oui. 

— Et avant rien ? 

— Avant rien. Quand il est parti il m’a paru comme 
une buée... une buée verdâtre ou bleue. 

— Il partait... debout, verticalement ? 

— Une légère buée... alors ça c’est juste au mo¬ 
ment du déclic de la portière... exactement... il est 
devenu très lumineux et il s'est mis à siffler comme 
une voiture quand elle fait grincer les pneus. C’est 
un bruit pareil... et en même temps il est devenu 
très très lumineux, et il est parti à une vitesse 
incroyable. 

— Et il est parti comment alors là ? 

— Et il s'est incliné. 

— Il s’est incliné ? Il est parti d’abord verticale¬ 
ment et il s’est incliné ? 

— Non, non, il n’est pas parti verticalement non. 
Il s'est incliné et il est parti comme ceci, en mon¬ 
tant comme cela. 

— Selon une trajectoire rectiligne ? 

— Oui. 

— Vous avez pu le voir s’incliner ? 

— Oui, oui. Il s'est penché avant. Je l'ai vu quand 
il s’est penché. 

— Il a basculé ? 

— Oui, basculé ! Ça je l’ai remarqué il a fait un 
tout sur lui-même (un pivotement sur la base). Il 

a... il a basculé sur un côté. Je l’ai vu il est parti, 
voyez, comme ceci... comme ceci. 

— Il était immobile comme ça, au sol, incliné 
à 45° ? 

— Oui. Il était comme cela, il a fait comme ceci... 
pas comme ceci. 

— Autrement dit, il n’était pas axé sur sa trajec¬ 
toire. 

(Le croquis joint fera la synthèse de ces explica¬ 
tions de départ. 



Dans une de ses lettres M. Chasseigne analysant 
une particularité de cette phase d’envol nous fai¬ 
sait remarquer l’intérêt de ce récit, car « il n’y a 
aucune possibilité de référence par rapport à d’au¬ 
tres témoignages antérieurs ». Il ajoutait : « Chacun 
sait à notre époque qu’une fusée s’envole vertica¬ 
lement et, à l’altitude prévue, bascule pour se 
placer sur sa trajectoire ». De plus l'axe de la 
fusée se confond avec sa trajectoire. Or le témoin 
ne se référé pas à ces clichés mais semble bien 
décrire ce qu’il a vu réellement.) 

— Donc l’obus s’est incliné, il est parti, et puis 
vous aviez toujours la boule qui vous attendait 
devant. 

— Eh oui ! la boule elle était... 

— A combien de distance ? 

— Oh ! elle était voyez... à peu près vous voyez 
la borne là-haut... elle était à peu près là-haut en 
face de la borne... à côté de la borne... vous voyez. 


19 




Et j'ai redémarré... parce que là, je ne me rappelle 
plus si j’avais arrêté le moteur ou pas... enfin je suis 
reparti... et la boule là... j'ai fait une dizaine de 
mètres et la boule a avancé de nouveau. 

(M. Chasseigne met sa voiture en route, note le 
compteur, et nous arrivons à la borne, il annonce 
150 mètres.) 

La boule était donc au départ à 150 mètres environ 
de la voiture du témoin. 

Celui-ci continue : 

— Je continuais à rouler, et sur ce morceau-là je 
roulais à 70 km à l’heure... c’était la nuit. 

— Cette boule mesurait 1,20 m de diamètre ? 

— Oui, 1,20 m maximum. 

— Elle n’avait pas changé de couleur ? 

— Non, non. 

(Nous roulons). 

— Et à quel endroit vous avez fait la pointe de 
100 km-heure ? 

— Plus haut... Je vous montrerai... j'étais entre 100 
et 105 au compteur... et elle gardait toujours la 
même distance, la boule. 

— Ça c’était le mercredi 11, alors? 

— Le mercredi oui... Alors là c’est à partir de là 
que j’ai piqué une pointe avec la voiture... et la 
boule gardait toujours la même distance. Là je 
roulais bien à 100... avec ma voiture. 

— On avait accéléré. Vous n’avez pas dû y rouler 
longtemps ? 

— Oh non ! quelques secondes... et quand je ra¬ 
lentissais la boule ralentissait également. 

— Et la boule était toujours devant, à la même 
distance ? 

— Toujours à la même distance. 

— Toujours 150 m ? 

— A 150 m. 

(On arrive à la R.N... maintenant...) 

— Alors là, c’est alors que je suis arrivé là que 
le moteur s’est arrêté... et j'ai vu arriver la sou¬ 
coupe là-bas... qui arrivait là-bas. 

— Alors vous vous êtes arrêté où ? sur le bas- 
côté ? 

— Oui je me suis arrêté là. 

— On est à 25 m de l’intersection avec la R.N. 

— Alors le moteur de la voiture, il s’était arrêté 
là-haut, et je suis descendu jusqu’ici au point mort. 
20 


— Phares éteints ? 

— Phares éteints, oui... alors tout s'est éteint d’un 
coup, le moteur, les phares... j’ai tiré sur le dé¬ 
marreur, il n’y avait rien. 

(Dans un récit antérieur il nous dira qu’il a voulu 
allumer le plafonnier, pas de lumière non plus). 

— Et la boule était toujours devant ? 

— Et la boule elle s’est plantée là au milieu de 
la R.N., vous voyez là-bas, à peu près au milieu... 
(Tiré du récit précédent, la boule a ensuite sauté 
le fossé et s’est arrêtée dans le champ, à droite 
de sa voiture, et à environ 4 mètres, c’est alors 
qu'il a été pris de panique car...). 

... Et j’ai aperçu la soucoupe elle descendait, elle 
descendait, elle descendait... elle s’est enfoncée là. 
(Nous pensons qu'elle venait du N.O. pour se di¬ 
riger vers le S.E. Dans le récit précédent le témoin 
écrit en effet qu’il avait ouvert le carreau de gau¬ 
che et qu’il aperçu un objet dont la forme lui 
était inconnue et qu’il décrit comme un plat ovale. 
Il serait passé à sa droite et parti vers le S.E. Si 
le fond du récit est semblable, les détails eux 
varient çà et là. Nous en reparlerons. Il en avait 
alors des sueurs froides dans le dos et transpirait 
à grosses gouttes). 

— Elle était où cette soucoupe ? 

— Disons à 20 mètres sur la droite... sur le pré... 
elle est resté à 3 ou 4 mètres du sol... elle avait la 
taille d’une 404... Peut-être un peu plus grande. 
Et puis il y avait un phare... en arrière. 

— Il y avait un phare en arrière ? Dans le sens 
de la marche ? 

— Oui. 

— Autrement dit quand vous l’avez vu arriver le 
phare était de l’autre côté ? 

— De l'autre côté oui. 

— De quelle couleur ? 

— Rouge. 

— Alors et sur le dessus face à vous... 

— Alors sur le dessus il y avait deux dômes. 

— Face à vous, ils étaient côte à côte dans le 
sens de la marche ou bien à la queue leu leu ?... 
en tandem ? ou bien ... 

— Les deux dômes... heu... il y avait alors si vous 
voulez... celui qui était devant: à droite, et il y 
avait un autre dôme alors derrière : à gauche. 




— En diagonale alors ? 

— Oui, c’est ça oui. 

— Ils marchaient en diagonale par rapport à l’ova¬ 
le de l'engin ? 

— Oui. 

— Par rapport aux dômes si vous voulez le phare 
arrière était entre les deux ? 

— Oui, si on veut oui. 

— Et ces dômes vous les avez figurés pointus sur 
vos dessins : ils étaient pointus, ou bien... 

— Ils n’étaient pas pointus non. 

— Arrondis ? 

— Ils faisaient... heu... comme ceci là; ils mon¬ 
taient et redescendaient un peu. 

(Le lecteur se reportera au dessin de J.-L. Bon- 
cœur qui indique leur forme d’après les indications 
du témoin). 

— Et à l’intérieur vous avez vu quelque chose ? 


— Alors à l’intérieur... ça m'a paru être éclairé en 
vert à l'intérieur... i'intérieur des deux dômes., et 
j’ai aperçu... mais enfin là je n'en suis pas sûr... 
c'était très sombre, on aurait dit qu'il y avait une 
sorte de brouillard, ou à l’intérieur ou à l’extérieur, 
je ne sais pas... à l'intérieur ou à l'extérieur des 
deux dômes. Et il m'a paru voir deux... enfin. 

J'ai vu comme deux personnages quoi... des êtres 
humains quoi... des cosmonautes. Ils avaient des 
combinaisons comme des aviateurs. Alors blanc 
sur vert. 

— Deux silhouettes ? 

— Oui... Deux silhouettes oui... mais je voyais... 
c'était très flou. 

— Ça ne remuait pas ? 

— Non, non. 

— Il y avait une forme de tête peut-être aussi ? 

— Oui... ils avaient certainement un casque. 

— Il y avait une forme de tête qui était visible ? 

— Oui. 






— On ne voyait pas les yeux, on ne voyait rien ? 

— Non. 

— Et vous avez vu leurs combinaison ? 

— C’était flou... Ah oui ! oui oui. C’était blanc 
sur le vert et l’intérieur c’était... il m’a paru éclairé 
en vert l’intérieur. 

— Et la soucoupe est restée immobile ? 

— Elle balançait. Comme cici : de droite à gauche. 

— En tangage ? 

— Quand elle arrivait... qu’elle descendait... elle 
descendait comme ceci là. 

— Mouvement de roulis ? 

— Oui, et en avant et en arrière aussi, comme 
ceci... 

— Mouvement de roulis et de tangage. Les deux ? 

— Oui... et elle est restée là quelques... je sais 
pas... quelques secondes peut-être. 

— Vous aviez les portières fermées pendant ce 
temps-là ? 

— Oui, oui... j'avais dû ouvrir la vitre je crois... Ou 
alors c’est après coup quand elle a été partie que 
j’ai ouvert la vitre... et alors là j’ai senti une vague 
de chaleur et je me suis senti presque... je ne pou¬ 
vais pas remuer ni un bras, ni un rien pendant que 
ça m’a duré là, quelques secondes. 

— Une paralysie ? 

— Une sorte de paralysie... oh je ne sais pas si 
c’était la frousse ou quoi, parce que là j’ai eu peur. 

— Et cette chaleur là, c’était un rayonnement ? 

— ... Il y a cette plaque là-bas que vous voyez, 
je l’ai entendue... elle... je la voyais remuer cette 
plaque là-bas. 

— La plaque d’indication ? 

— Oui. 

— Elle vibrait ? 

— Elle vibrait oui, c’est ça ! 

— Et celle-ci (il y en a deux une en face sur le 
même côté, l’autre à gauche de l’autre côté de 
la route. C’est celle à gauche qui vibrait). 

— Je ne sais pas... je la voyais l’autre... il m'a 
semblé la voir remuer la plaque là-bas. 

— Avez-vous entendu du bruit ? 

22 


— Un sifflement au départ. 

— Un sifflement du même ordre... de la même fré¬ 
quence que l’obus ? 

— Moins aigu. 

— Moins aigu ? 

— Alors avant quand elle est partie, elle est mon¬ 
tée peut-être à 40 ou 50 mètres elle est redescen¬ 
due d’un seul coup ... 

— Est-ce que c’était modulé comme sifflement... 
c’était toujours la même fréquence. Ou bien ? 

— Non ça a commencé lentement, et ça s’est 
amplifié ! 

— Et quand elle est redescendue est-ce qu’il y 
avait une amplitude dans le bruit ? 

— ... Ça je peux pas le dire... mais enfin... avant 
de partir je l’ai vue... elle est montée à 50 mètres 
peut-être et alors elle est descendue d’un seul 
coup, comme si elle tombait... et elle s’est arrêtée 
là d’un seul coup à 2 ou 3 mètres du sol... et alors 
elle est repartie vers l’est toujours à une allure 
formidable. 

— Et quand elle est partie est-ce que la colora¬ 
tion a changé ? 

— Elle est devenue... c’est devenu très lumineux 
tout autour... comme du feu. 

— C’est devenu très lumineux au moment du dé¬ 
part et de quelle couleur ? 

— Blanc... blanc jaune... blanc jaune... blanc tirant 
sur le jaune. 

— Dessous ? 

— Tout le tour... toute la soucoupe... 

— Un halo qui emprisonnait la soucoupe si vous 
voulez ? 

— Oui. 

— Et les phares ? vous aviez laissé le contact ? 
Ils se sont allumés tout seuls ? 

— Oui, et le démarreur a marché et la voiture a 
remarché normalement. 

— Quand vous avez remis en route le démarreur 
a bien fonctionné ? 

— Oui, tout a bien marché. 

— Vous avez dû avoir une frousse terrible ? 

— Oui. 

— Et votre montre après ? 

(Ne répond pas ici mais a répondu à une précé¬ 
dente enquête qu’elle a fonctionné normalement. 








Nous avons remarqué que souvent il est pris par 
ses propres souvenirs, qu'il essaye de se rappeler, 
de ne rien oublier et il revient sur un autre sujet 
de peur qu’on n’y revienne pas peut-être). 

— Et j’ai senti une vague de chaleur aussi... com¬ 
me s’il avait fait chaud (nous sommes en janvier, 
le soir). 

— Justement ce rayonnement comparé par exem¬ 
ple à une exposition au soleil en plein midi. Est-ce 
du même ordre ou plus ? 

— Oh ! c'est très intense une vague de chaleur 
très intense. 

— Vous sentiez que ça vous pénètre ? De l’inté¬ 
rieur ou bien c’était l’air ambiant qui vous parais¬ 
sait chaud ? 


— ...La peau... La peau du visage là, il m’a sem¬ 
blé que j’avais le visage en feu. 

— Ce n’était pas l’air c’était donc quelque chose 
d’interne. Ce n’était pas l’air ? vous ne sentiez 
pas de bouffée d’air ? C’était la peau ? 

— La peau oui. 

— C’est donc un rayonnement ? ...un rayonnement 
calorifique ?... Peut-être électro-magnétique. C’était 
interne, mais sur une surface externe. Comme l’ef¬ 
fet d’ondes à certaine fréquence. 

— Là quand elle est remontée à 50 mètres, qu'elle 
est redescendue j'ai cru qu’elle allait se... casser 
la figure là... J'ai dit ça y est elle y va... et elle 
s’est toujours arrêtée à 3 mètres du sol et elle 
est repartie. 


23 




— Brutalement ? ou alors avec un petit amortis¬ 
sement ? 

— Non, non ! elle s’est arrêtée brutalement, d’un 
seul coup : toc ! 

— Il n’y a pas d’inertie à ces engins. C’est extra¬ 
ordinaire ! 

— Oui et alors moi j'ai cru qu’elle allait tomber 
et j’ai dit cette fois elle y va. 

— Et à partir de quel moment vos phares se sont 
allumés ? Elle était partie, vous ne la voyiez plus ? 

— Oh ! non, elle était très loin... elle était repar¬ 
tie, je l’ai vue partir vers là-bas à une allure... et 
elle est montée. 

— Alors elle est venue si l’on veut en direction 
de ... (N.N.O.). 

— Elle est partie voyez elle était comme ça voyez 
elle s’est inclinée un peu comme ça, elle est par¬ 
tie comme ceci.„ comme si elle glissait en travers. 

— En travers, les dômes en travers ? 

— En travers oui... explication... etc... 

Quand elle est montée à 50 mètres il n’y a pas eu 
de point mort au bout de sa montée, elle est re¬ 
descendue sans arrêt. 

Elle a redémarré en tournant... en tournant sur sa 
gauche. Elle est partie vers l’est là à une allure 
fantastique. 

— Et dès qu’elle est partie, la bouffée de chaleur 
a disparu ? 

— Oui. Tout est rentré dans l’ordre alors à ce 
moment-là. 

— Dans quel état vous sentiez-vous à ce moment- 
là ? soulagé ? 

— Soulagé oui... et les phares se sont allumés de 
nouveau... j'ai tiré sur le démarreur et elle est 
partie du premier coup la voiture. 

— Vous avez essayé de voir où elle était partie 
ou bien vous vous êtes débiné ? 

— Ah ! non je suis rentré moi. 

— Cette plaque faisait un bruit métallique vous 
disiez ? 

— Ah ! elle vibrait... j’en suis sûr... elle vibrait 
cette plaque... ». 

Nous allons examiner ces plaques de près. 

Nous sommes sur l’emplacement où le témoin était 
arrêté, sur la droite de la route. Devant à une 
24 


vingtaine de mètres passe la route nationale qui 
monte un peu de droite à gauche. La route où 
nous sommes est signalée comme il se doit avec 
des panneaux de tôle émaillée, à 1 m de haut en¬ 
viron (des rectangles avec un côté en flèche 
tourné dans notre direction). Ces panneaux ne 
sont pas particulièrement visibles de notre em¬ 
placement. Celui qui concerne notre côté est en 
partie caché par un talus herbeux, celui qui vibrait 
est placé au fond d’un fossé contre le talus d’un 
pré. En l’examinant nous constatons qu’il est sup¬ 
porté par un seul piquet en fer galvanisé. Les deux 
attaches qui sont des boulons munis de rondelles, 
laissent un certain jeu à la plaque et à la main il 
est possible de lui imprimer un léger mouvement 
de va et vient. L’hypothèse d’une vibration est donc 
parfaitement acceptable. 

Celle qui est de notre côté, par contre, et plus 
près du témoin moins visible aussi nous l’avons 
vu (et son dos est noir), est fixée au sol par deux 
piquets métalliques au lieu d’un seul et il n’a pas 
été possible d'enregistrer de mouvement latéral. 
L’étude d’une magnétisation, aléatoire en temps 
normal, ne s'imposait pas ici après trois ans, mais 
nous avons demandé au témoin resté dans la 
voiture. 

« — Ce sont les mêmes plaques qui étaient là à 
cette époque ? Elles n’ont pas été changées de¬ 
puis ? 

— Je ne crois pas non (il y passe très fréquem¬ 
ment). » 

— Nous repartons. En cours de route nous es¬ 
sayons d’éclaircir la présence de « l’obus » en 
deux endroits différents et arrivons à l’emplace¬ 
ment de « l'obus » de ce récit. 

« — De votre fenêtre s’il y avait eu deux obus 
vous auriez pu voir les deux ? 

— Oh ! oui peut-être, mais je n’en ai vu qu’un. 

— Quand vous êtes parti avec la voiture il n’était 
pas placé à cet endroit l’obus ? ou si ? 

— ...Heum... 

— Quand vous êtes parti chasser la « boule » vous 
aviez vu l’objet avant oui ? 

— Oui, oui, oui. 

— A cet emplacement ? 

— Il était placé là. 



— Donc il n’était pas au même emplacement que 
les jours précédents ? 

— Oh non ! 

— Mais le mercredi vous ne l’avez pas vu non 
plus au début au même emplacement que d’ha¬ 
bitude ? 

— Ah ! non. Je l’ai vu arriver même ce jour-là. 

— Vous l’avez vu arriver ? 

— Je l'ai vu arriver oui ! 

— Vous l’avez vu arriver et était-ii incliné aussi 
de la même façon ? 

— Incliné oui. 

— Incliné par rapport à la verticale ? 

— Oui. Je l'ai vu arriver oui... et très lentement. 

— Et pour se poser, comment il a fait ? 

— Je l'ai vu arriver, il arrivait du nord, du nord- 
ouest peut-être et il zigzagait à droite et à gauche. 

— Il zigzagait ? 

— Il zigzagait comme... je sais pas moi... comme 
une mouche. 

— A ce point-là ? 

— Non quand même... on aurait dit... je sais pas 
mois... des fois il faisait des écarts à droite ou à 
gauche. 

(Nous ne saurons si l’obus s'est déplacé en bor¬ 
dure de route sans que le témoin aperçoive le 
mouvement, ou s’il y en avait eu deux ce soir-là. 
Par contre le souvenir de cette arrivée lui est re¬ 
venu, il a pu nous décrire sa trajectoire lente et 
comme hésitante avant de se poser. La phase 
précise de la pose n'a pas été décrite). 

— Maintenant nous allons parler de ce qui s’est 
passé après ces observations. Vous m’aviez dit 
que sitôt après vous aviez eu une crise de som¬ 
meil ? 

— Enfin quelques jours après. 

— Quelques jours après ? L’observation a eu lieu 
début janvier et vous avez eu la crise de sommeil 
à quel moment ? 

— Disons... je sais pas... une semaine après en¬ 
viron. Cela m’a pris le mardi suivant peut-être. Je 
ne me rappelle plus exactement le jour. 

— Que vous est-il arrivé ? 

— Et puis cela ne m'est pas arrivé d'un seul coup 
non plus, c’est venu progressivement ça aussi... 
je crois. 


(Dessin de F. Lagarde, doc. L.D.L.N.). 



— Ah ! bon. 


— Et c'est reparti progressivement également, à 
la mi-mars c’est reparti... mais alors là... je vous 
dis... j’aurais dormi au moins je sais pas... peut- 
être vingt heures sur vingt-quatre. De toute façon 
je dormais au moins dixhuit heures sur vingt- 
quatre. 

— Et vous n’avez pas consulté un docteur ? 

— Oh ! mes parents me le disaient... je n'ai ja¬ 
mais voulu le faire. 

— Ils ont dû s’inquiéter vos parents ? 

— Ils s’en inquiétaient oui... à la fin ils s’en inquié¬ 
taient, oui... Mais ça il fallait que je dorme, il n'y 
avait pas à tortiller... et quand ça me prenait il 
fallait que... je ne pouvais plus tenir debout. 

— Et lorsque vous étiez éveillé vous vous sentiez 
comment ? 

— Normal, oui. 

— Normal ? pas affaibli ? 

— Non, non, pas affaibli. 

— Normalement quoi. La seule différence était 
que vous dormiez davantage ? 

— Normalement oui. Je dormais oui. Je dormais... 
énormément oui... Ça ne m'était d’ailleurs jamais 
arrivé ce coup-là. 

— En somme cela vous a pris du 15 janvier au 
15 mars, cela fait deux mois. Deux mois com¬ 
plets ? C’est énorme ! 

— Ce que je sais, c'est qu’il fallait que je dorme, 
il fallait que je dorme. 

— Est-ce que vous avez essayé un jour de ré¬ 
sister au sommeil ? 


25 












— Le dimanche oui... je résistais jusqu’à 7 ou 8 
heures. Le soir pas plus... je me serais endormi 
au volant. Ah ! oui ! oh ! là là... et en prenant du 
café. 

(Nous signalons que la ferme est assez éloignée 
des grandes villes et que le fils avait l’habitude 
le dimanche de sortir et de rentrer très tard dans 
la nuit. Cette rentrée à 20 heures était absolument 
contraire à ses habitudes). 

— Il continue : 

— Il y a autre chose qui... mais ça je ne sais pas 
comment je peux expliquer ce truc-là... Il me sem¬ 
blait... je sais pas comment vous dire ça... je con¬ 
servais ma conscience mais je ne pouvais ni bou¬ 
ger un bras, ni un doigt, ni une jambe, ni rien... 
pendant quelques secondes quand ça me prenait. 

— Pendant le sommeil ? 

— Surtout le matin à 4 heures ou 5 heures du 
matin. 

— Quand vous dormiez où que vous étiez éveillé ? 

— Quand j’étais éveillé... Tout à coup je parlais 
comme... je sais pas moi... je me laissais aller... 
je parlais, mais au bout de quelques instants je 
ne pouvais plus remuer, ça ne remuait pas... je 
conservais la conscience, je conservais l’esprit. 

— Ah bon ! 

— Ça m’est arrivé je crois deux ou trois fois ce 
truc... je ne voyais absolument rien... si je con¬ 
servais la conscience l'esprit... et il me semblait, 
je sais pas, il me semblait que je flottais à... je 
ne sais pas moi... c’est difficile à dire... 

— Vous voguiez ? 

— Non, il me semblait que l’esprit était hors de 
mon corps... je ne sais pas comment vous expli¬ 
quer ça... c’est difficile à expliquer... et j’essayais 
enfin de commander mais je pouvais pas, j’étais 
comme mort quoi. Pourtant j’avais la conscience. 

— Vos membres n’obéissaient plus ? 

— C’est ça oui... et la deuxième fois j’ai eu peur 
quand j’ai eu ça... j’ai dit cette fois tu es paralysé ! 

— Vous avez essayé d’appeler ? 

— Mais je pouvais pas, même pas parler, je pou¬ 
vais pas remuer rien. Je conservais l’esprit, la 
conscience, c’est tout. 

26 


— Le corps ? ... 

— Il me semblait que je flottais au-dessus de mon 
corps. C’est difficile à expliquer ça. 

— Vous n’aviez pas l’impression de vous voir... 
étendu ? 

— Ah non ! 

— Ça n’a pas été un dédoublement hein ? 

— C'est difficile à expliquer ça... Je l’ai vécu... 
mais pour l’expliquer c’est très difficile... Je ne 
sais pas comment vous dire ». 

Ce récit brut reproduit fidèlement le déroulement 
de la troisième séquence de l’enquête. Le témoin 
a fait trois le récit. Une première fois par lettre, 
une deuxième fois à M. Dupin de la Guérivière 
et enfin à nous-mêmes. 

Si les faits essentiels et le fond du récit sont iden¬ 
tiques dans les trois versions nous n’étonnerons 
personne en indiquant qu’il y a parfois des diffé¬ 
rences dans les détails. Elles n’ont aucune inci¬ 
dence pour la compréhension des faits ni sur leur 
déroulement. Prenant en considération que les 
faits dataient de trois ans, que le témoin n’avait 
pris aucune note, qu’il avait assisté à de nom¬ 
breuses manifestations, que personnellement, dans 
les mêmes conditions, nous aurions aussi fait des 
oublis, nous n’en ferons pas l’inventaire. Elles por¬ 
tent essentiellement sur la chronologie, l’orienta¬ 
tion une fois, et surtout des oublis. 

Nous avons toujours eu l’impression que le témoin 
« revivait » ses observations, et que les événe¬ 
ments « remontaient » dans sa mémoire : souvent 
le témoin repris par ses souvenirs n'entendait pas 
nos questions. Nous n’avons jamais eu le senti¬ 
ment qu’il en «rajoutait» mais qu’au contraire il 
en oubliait. L’arrivée de «l’obus», la vibration de 
la plaque... et la crise de sommeil, fait important 
confirmé par ses parents, ont fait leur apparition. 
Il était honnête de le signaler. Cette enquête, me¬ 
née avec beaucoup de soins et en possession des 
éléments antérieurs, est la plus complète et la plus 
détaillée. 

Il nous reste beaucoup de choses à approfondir, 
des témoignages extérieurs à rechercher, nous 
nous y employons avec nos amis. 

(à suivre) 

NOTA — En aucun cas ce texte ou une partie de ce texte 
ne peut être publié sans autorisation spéciale de LDLN. 



L’Œuvre étrange de Cyrano de Bergerac 


Nous avons déjà évoqué Cyrano de Bergerac à 
propos du problème des représentations de fu¬ 
sées à étages au 17me siècle (1) et nous avions 
pu conclure dans ce cas précis que le mystère 
apparent n’en était pas réellement un. L’œuvre 
de Cyrano recèle cependant d’autres énigmes en¬ 
core, sur certaines desquelles l’attention des 
ufologues a déjà été attirée par Aimé Michel (2) 
et par Paul Misraki (3), c’est pourquoi nous nous 
permettons d’y revenir aujourd’hui. Si l’on veut 
comprendre le sens réel des passages litigieux, 
il est indispensable de bien les situer dans leur 
contexte. Aussi avons-nous lu entièrement l’« His¬ 
toire comique des Etats et Empires de la Lune et 
du Soleil », ouvrage dont le titre varie d’ailleurs 
d'une édition à l’autre, puisqu’on trouve aussi les 
versions : « L’Autre Monde ou les Etats et Empi¬ 
res de la Lune et du Soleil » ou « Voyage dans 
la Lune et aux Etats du Soleil » et d’autres encore. 
Mais avant tout, qui est exactement Hector-Savi- 
nien Cyrano de Bergerac ? Né à Paris (et non en 
Gascogne !) en 1619, il entre à 18 ans dans l’ar¬ 
mée et s'y fait rapidement connaître par ses 
nombreux duels. Il doit cependant renoncer bien¬ 
tôt à une carrière militaire par suite d’une grave 
blessure reçue au siège d’Arras (1640). Il se jette 
alors dans l’étude et fréquente les milieux litté¬ 
raires et scientifiques de la capitale. Il est notam¬ 
ment l’élève du philosophe et astronome Pierre 
Gassendi. Il écrit beaucoup : poèmes, pièces de 
théâtre, lettres, pamphlets, mais en 1655 une 
poutre détachée d’un toit lui tombe sur la tête et 
met prématurément fin à sa vie. Revenons-en 
maintenant à son œuvre principale. 

Dès les premières pages, l’attention de celui qui 
s'intéresse au problème de la pluralité des mon¬ 
des habités est mise en éveil. Cyrano nous ex¬ 
plique en effet que l’idée de tenter un voyage 
vers la Lune lui est venue alors qu’il discutait 
joyeusement de la nature de cet astre avec quel¬ 
ques amis, au retour d’un dîner que l’on peut 
supposer bien arrosé. Sous les éclats de rire de 
ses compagnons, il proclama que « la Lune est un 
monde comme celui-ci à qui le nôtre sert de lune 
(...) Ainsi peut-être se moque-t-on maintenant, 
dans la Lune, de quelque autre qui soutient que 
ce globe-ci est un monde ». A défaut d’être exac¬ 
te, une telle opinion témoigne d’un sens de la 
relativité des choses remarquable pour l'époque. 
Rentrant chez lui, Cyrano trouva ouvert sur la 
table de son cabinet de travail un livre qui ne 


s’y trouvait pas auparavant : « C'était celui de 
Cardan; et quoique je n’eusse pas dessein d’y lire, 
je tombai de la vue, comme par force, justement 
sur une histoire de ce philosophe qui dit qu’étu¬ 
diant un soir à la chandelle, il aperçut entrer, au 
travers des portes fermées, deux grands vieillards, 
lesquels, après beaucoup d’interrogations qu’il 
leur fit, répondirent qu’ils étaient habitant de la 
Lune, et en même temps disparurent ». Comment 
ne pas songer, à la lecture de ce passage, aux 
« Visiteurs du Moyen Age » évoqués par Jacques 
Bergier (4) ? S’agit-il du même fait rapporté dif¬ 
féremment ? Selon Bergier en effet les visiteurs 
étaient sept et ne paraissaient pas âgés de plus 
de 40 ans. Quoi qu’il en soit, ces êtres qui tra¬ 
versent des portes fermées et disparaissent sou¬ 
dainement rappellent à l’ufologue le comportement 
d’entités en relation avec des cas modernes 
d’OVNI (5). Il serait donc intéressant de pouvoir 
consulter l’œuvre de Cardan elle-même. 

Cyrano conclut quant à lui que les vieillards qui 
apparurent à Cardan avaient dû tirer le livre de 
sa bibliothèque et l’ouvrir à la bonne page « pour 
s’épargner la peine de lui faire la harangue qu’ils 
firent à Cardan». Son désir de monter à la Lune 
n’en fit que se renforcer et il tenta un premier 
essai en s’attachant des fioles remplies de rosée, 
laquelle était censée à l'époque être attirée par 
le soleil. Mais comme son élévation le portait dès 
lors vers l’astre du jour et non vers la lune (il 
aurait pu s’en douter avant son départ...), il cassa 
une partie des fioles afin de redescendre en dou¬ 
ceur vers la Terre, sa pesanteur surmontant lé¬ 
gèrement l'attraction du soleil. La planète ayant 
tourné entretemps, il se retrouva, bien qu’étant 
monté et descendu à la verticale, au Canada ... 

Il s’y lie d’amitié avec le Vice-Roi et débat avec 
lui de questions philosophiques en vogue à l’épo¬ 
que, comme de savoir si l’on pouvait admettre 
que Copernic avait raison contre l’enseignement 
traditionnel. Cyrano entreprend de démontrer au 
Vice-Roi que c’est bien, contrairement aux appa- 


1. Christiane Piens et Jacques Scornaux, Fusées gigognes 
au XVIIe siècle: est-ce un mystère?, Inforespace n° 32. 

2. Aimé Michel, Avec trois siècles d’avance, Cyrano décri¬ 
vait votre poste de radio, Science et Vie n c 526, juillet 
1961, pp. 90-94. 

3. Paul Misraki, Des Signes dans le Ciel, éd. Labergerie, 
1968, pp. 224-226. 

4. Jacques Bergier, Les Extraterrestres dans l’Histoire, éd. 
J'ai Lu, 1970, chapitre 6, pp. 98-115. 

5. Jacques Scornaux, Réflexions sur la nature des huma¬ 
noïdes, Lumières dans la Nuit n° 159, novembre 1976, 

pp. 6-12. 


27 



rences, la Terre qui tourne autour du Soleil, et 
il va même beaucoup plus loin dans son raison¬ 
nement. Jugez-en : « les hommes, tournant avec 
la Terre autour du Ciel, ont cru que c’était le 
Ciel lui-même qui tournait autour d’eux. Ajoutez 
à cela l’orgueil insupportable des humains, qui 
se persuadent que la nature n’a été faite que 
pour eux, comme s'il était vraisemblable que le 
Soleil, un grand corps quatre cent trente-quatre 
fois plus vaste que la Terre, n’eût été allumé que 
pour mûrir ses nèfles et pommer ses choux. Quant 
à moi, bien loin de consentir à leur insolence, je 
crois que les planètes sont des mondes autour 
du Soleil, et que les étoiles fixes sont aussi des 
soleils qui ont des planètes autour d’eux, c’est- 
à-dire des mondes que nous ne voyons pas d'ici 
à cause de leur petitesse, et parce que leur lu¬ 
mière empruntée ne saurait venir jusqu'à nous. 
Car comment, en bonne foi, s’imaginer que ces 
globes si spacieux ne soient que de grandes 
campagnes désertes, et que le nôtre, à cause 
que nous y campons, ait été bâti pour une dou¬ 
zaine de petits superbes ? >>. Ces propos sont 
remarquablement en avance sur leur époque : 
quand on songe qu’aujourd’hui encore l’égocen¬ 
trisme humain freine la reconnaissance unanime 
de ce qui est pour nous pur bon sens, que devait- 
il en être au temps de Cyrano ? 

C’est au Canada que se place l’incident déjà 
évoqué des fusées attachées à la machine volante 
que Cyrano avait conçu, incident qui allait, sans 
qu’il l’eût prémédité cette fois, amener notre héros 
jusqu’à la Lune. Celle-ci, étant en son dernier 
quartier, attirait en effet la moelle de bœuf dont 
Il était enduit, de telle sorte qu’il poursuivit son 
voyage quand la machine retomba vers la Terre. 
Curieusement, à cette explication du plus haut 
farfelu succède immédiatement dans le texte une 
constatation qui témoigne d'un bel esprit scienti¬ 
fique — tout le livre est d'ailleurs empli de telles 
surprenantes alternances : « Quand j’eus percé 
beaucoup plus des trois quarts du chemin qui 
sépare la Terre d’avec la Lune, je me vis tout 
d’un coup choir les pieds en haut, sans avoir 
culbuté en aucune façon; encore ne m'en fussé-je 
pas aperçu, si je n’eusse senti ma tête chargée 
du poids de mon corps ». Cyrano explique fort 
judicieusement que l'attraction de la lune ne se 
soit pas fait sentir plus tôt : « Cette masse étant 
mointdre que la nôtre, il faut que la spère de 
son activité ait aussi moins d’étendue, et que 
28 


par conséquent, j’ai senti plus tard la force de 
son centre ». 

Voilà donc Cyrano sur notre satellite. Il va y vivre 
de multiples aventures, dont la plupart sortent bien 
sûr de notre présent propos. Notons avant tout 
que les habitants de la Lune, qui nous ressem¬ 
blent fortement, bien que plus grands, eurent bien 
du mal à admettre que Cyrano était un homme... 
parce qu’il marchait debout ! Les « Lunaires » 
marchant sur les quatre membres, un être se 
tenant debout ne pouvait être — cela va de soi — 
qu'un animal : le corps de l’homme est une chose 
trop précieuse pour le laisser porter par deux 
membres seulement, au risque de tomber ! Ce 
«monstre» devait donc être une sorte d'oiseau 
sans plumes, apparenté aux perroquets puisqu’il 
parlait, et notre héros se retrouva promptement 
mis en cage ! C’est encore une excellente leçon 
de relativité des choses que nous donne là Cyrano. 

Heureusement, un habitant du Soleil résidant sur 
la Lune mais ayant autrefois visité la Terre, où 
il fut notamment connu sous le nom de Démon 
de Socrate, reconnaît Cyrano pour ce qu’il est 
et lui vient en aide. Ce serviable « Démon » lui 
apprend que les « Solaires » vivent trois à quatre 
mille ans et peuvent prendre diverses apparences 
corporelles. Lui-même a, outre Socrate et d’autres 
hauts personnages de l’Antiquité grecque et ro¬ 
maine, rencontré sur Terre notamment Cardan 
(« Un jour, j’apparus à Cardan comme il étudiait; 
je l’instruisis de quantité de choses et, en récom¬ 
pense, il me promit qu’il témoignerait, à la posté¬ 
rité, de qui il tenait les miracles qu’il s’attendait 
d'écrire ») et aussi « une certaine cabale de jeunes 
gens que le vulgaire a connus sous le nom de 
Chevaliers de la Rose-Croix, à qui j’ai enseigné 
quantité de souplesses et de secrets naturels, qui 
sans doute les auront fait passer pour de grands 
magiciens ». 

Autrefois en effet, les Solaires venaient en aide 
aux hommes, mais, dit encore le Démon, «le peu¬ 
ple de votre Terre devint si stupide et grossier 
que mes compagnons et moi perdîmes tout le 
plaisir que nous avions autrefois pris à l’instruire. 
Il n’est pas que vous n’ayez entendu parler de 
nous, car on nous appelait Oracles, Nymphes, Gé¬ 
nies, Fées, Dieux Foyers, Lémures, Larves, La- 
miers, Farfadets, Naïades, Incubes, Ombres, M⬠
nes, Spectres et Fantômes ». Comment ne pas 



songer, devant une telle énumération, à une thèse 
chère à Jacques Vallée : l'identification aux mo¬ 
dernes « ufonautes » de certains personnages du 
folklore, des légendes ou de la démonologie (6) ? 
D’après la liste de Cyrano, les extraterrestres au¬ 
raient parfois été pris aussi pour des manifesta¬ 
tions de Terriens défunts. Cette idée a également 
été suggérée de nos jours, par John Keel cette 
fois (7). 

Les quelques passages que nous venons de citer 
ont une résonance résolument moderne : ne re¬ 
viennent-ils pas à dire que les Terriens ont reçu 
autrefois des enseignements d’origine extrater¬ 
restre ? C’est là un thème développé, avec un 
bonheur très inégal, par beaucoup d’ouvrages 
contemporains. Ce qui nous paraît surtout impor¬ 
tant, c'est qu'il est bien précisé que les secrets 
révélés sont naturels, même si l’incompréhension 
des hommes risque de les faire passer pour 
magiques. Le « Démon » revient d’ailleurs plus 
loin sur ce point à propos des conclusions hâtives 
que l’homme s’estime en droit de tirer des ensei¬ 
gnements de ses sens imparfaits, Cyrano l’ayant 
questionné sur l’explication de divers mystères : 
« Vous vous imaginez, vous autres, que ce que 
vous ne sauriez comprendre est spirituel, ou qu'il 
n’est point; mais cette conséquence est très faus¬ 
se, et c'est un témoignage qu’il y a dans l’univers 
un million de choses peut-être qui, pour vous être 
connues, demanderaient en vous un million d’or¬ 
ganes tous différents ». En d’autres termes, des 
êtres plus évolués ayant accès à des réalités qui 
nous dépassent pourraient néanmoins être tout à 
fait naturels et matériels ... Bien que ces lucides 
propos aient été écrits il y a plus de trois siècles, 
nos contemporains ne semblent pas encore prêts 
à les admettre unanimement. 

Plus tard, ayant enfin été reconnu tel un homme, 
Cyrano est emmené par son ami Solaire chez les 
Lunaires où ce dernier loge. C'est l’occasion pour 
lui d’entreprendre de longues discussions philo¬ 
sophiques, embrassant notamment des sujets que 
nous appellerions aujourd’hui scientifiques, avec le 
fils de leur hôte, très doué pour ce genre d’exer¬ 
cices. L’érudit Lunaire énonce notamment des 
rudiments de théorie atomique, ce qui n’est pas 
en soi étonnant pour l’époque, mais il va beaucoup 
plus loin ; « Comment le hasard peut-il avoir ra¬ 
massé en un lieu toutes les choses nécessaires à 
produire ce chêne ? Je vous réponds que ce n’est 
pas merveille que la matière, ainsi disposée, ait 


formé un chêne; mais que la merveille eût été 
plus grande si, la matière ainsi disposée, le chêne 
n’eût pas été produit; un peu moins de certaines 
figures, c’eût été un orme, un peuplier, un saule; 
un peu plus de certaines figures, c’eût été la plan¬ 
te sensitive, une huître à l’écaille, un ver, une 
mouche, une grenouille, un moineau, un singe, 
un homme. Ayant jeté trois dés sur une table, 
direz-vous : «O le grand miracle ! A chaque dé, 
il est arrivé le même point, tant d’autres points 
pouvaient arriver !» (. ..) Je suis assuré qu’étant 
homme d’esprit, vous ne ferez jamais ces excla¬ 
mations, car, puisqu'il n’y a sur les dés qu’une 
certaine quantité de nombres, il est impossible 
qu’il n’en arrive quelqu’un. Et après cela vous 
vous étonnez comment cette matière, brouillée 
pêle-mêle au gré du hasard, peut avoir constitué 
un homme, vu qu’il y avait tant de choses néces¬ 
saires à la construction de son être. Vous ne savez 
donc pas qu’un million de fois cette matière, 
s’acheminant au dessein d'un homme, s’est arrêtée 
à former tantôt une pierre, tantôt du plomb, tantôt 
du corail, tantôt une fleur, tantôt une comète, et 
tout cela à cause du plus ou du moins de certai¬ 
nes figures qu’il fallait, ou qu’il ne fallait pas, à 
dessiner un homme ? Si bien que ce n’est pas 
merveille qu'entre une infinité de matières qui 
changent et se remuent incessamment, elles aient 
rencontré à faire le peu d’animaux, de végétaux, 
de minéraux que nous voyons; non plus que ce 
n’est pas merveille qu’en cent coups de dés il 
arrive une rafle: aussi bien est-il impossible que 
de ce remuement il ne se fasse quelque chose, 
et cette chose sera toujours admirée d’un étourdi 
qui ne saura pas combien peu s’en est fallu 
qu’elle n’ait pas été faite. » 

C'est une véritble théorie matérialiste de la forma¬ 
tion des êtres vivants, l’homme y compris, qui nous 
est proposée là, faisant appel au hasard et même 
à la statistique, comme le montre la comparaison 
avec le jeu de dés. On peut comprendre que 
Cyrano ait jugé plus prudent de la mettre dans la 
bouche d’un Lunaire ! Au cours d'une discussion 
ultérieure, cet effronté jeune homme tient d’ail¬ 
leurs des propos encore plus coupables. Il va 
jusqu’à mettre en doute le caractère spirituel et 
immortel de l’âme humaine : « Si cette âme était 
spirituelle, et par soi-même si raisonnable, qu’elle 
fût aussi capable d’intelligence quand elle est sé- 

6. Jacques Vallée, Chroniques des Apparitions Extrater¬ 
restres, éd. Denoël, 1972 et J'ai Lu, 1974. 

7. John Keel, Operation Trojan Horse, éd. Abacus, 1973. 

29 



parée de notre masse que quand elle en est revê¬ 
tue, pourquoi les aveugles-nés, avec tous les beaux 
avantages de cette âme intellectuelle, ne sauraient- 
ils s’imaginer ce que c’est que de voir ? Est-ce à 
cause qu’ils ne sont pas encore privés, par le tré¬ 
pas, de tous leurs sens ? Quoi ! Je ne pourrai donc 
me servir de ma main droite, à cause que j’en ai 
une gauche ? (...) Un peintre ne peut travailler 
sans pinceau, et l'âme est tout de même, quand 
elle n’a pas l’usage des sens. Cependant ils veu¬ 
lent que cette âme, qui ne peut agir qu’imparfai- 
tement à cause de la vie, puisse alors travailler 
avec perfection, quand après notre mort elle les 
aura tous perdus. » Aux temps joyeux de l’Inquisi¬ 
tion, on a brûlé des gens pour moins que cela... 

Ces coquins de Lunaires sont d’ailleurs subversifs 
à bien d’autres égards encore. Ainsi le respect dû 
aux personnes âgées est-il sur notre satellite une 
notion inconnue. Pourquoi, se disent les Lunaires, 
accorder honneurs et pouvoirs à des personnes 
qui ne sont plus en pleine possession de leurs 
moyens physiques ni intellectuels ? Aussi, sur la 
Lune, les vieillards obéissent-ils aux jeunes, et 
notamment les parents à leurs enfants ! Et cela, 
300 ans avant notre époque de contestation juvé¬ 
nile... 

Il faut maintenant évoquer l'incident qui, avec celui 
des fusées, a fait couler le plus d’encre en ufo- 
logie : le Solaire fait don à Cyrano de deux livres 
provenant de son pays natal. Citons à nouveau le 
texte littéral : « il fut à peine sorti que je me mis 
à considérer attentivement mes livres et leurs 
boîtes, c’est-à-dire leurs couvertures, qui me sem¬ 
blaient admirables pour leurs richesses; l’une était 
taillée d’un seul diamant, sans comparaison plus 
brillant que les nôtres; la seconde ne paraissait 
qu'une monstrueuse perle fendue en deux. Mon 
Démon avait traduit ces livres en langage de ce 
monde; mais, parce que je n’en ai point de leur 
imprimerie, je m’en vais vous expliquer la façon 
de ces deux volumes. A l’ouverture de la boîte, 
je trouvai, dans un je ne sais quoi de métal pres¬ 
que semblable à nos horloges, plein de je ne sais 
quels petits ressorts et de machines impercepti¬ 
bles. C'est un livre à la vérité, mais c’est un livre 
miraculeux, qui n’a ni feuillets ni caractères; enfin, 
c’est un livre où, pour apprendre, les yeux sont 
inutiles : on n'a besoin que des oreilles. Quand 
donc quelqu’un souhaite lire, il bande, avec grande 
quantité de toutes sortes de petits nerfs, cette 
machine; puis il tourne l'aiguille sur le chapitre 
30 


qu’il désire écouter, et au même temps il en sort, 
comme de la bouche d'un homme ou d’un instru¬ 
ment de musique, tous les sons distincts et diffé¬ 
rents qui servent, entre les grands Lunaires, à 
l’expression du langage... » 

Cette fois, nous nous trouvons inéluctablement 
face à l’étrange, et le contexte ne permet aucune 
échappatoire : les paragraphes qui précèdent et 
qui suivent parlent de tout autre chose, Cyrano 
enchaînant abruptement sur le récit... d'un enterre¬ 
ment sur la Lune ! Plusieurs éléments de la des¬ 
cription des « livres » sont troublants : la « couver¬ 
ture » qui est en fait une boîte, la nature métalli¬ 
que de l'ensemble, les «machines imperceptibles», 
mais il y a surtout un détail particulièrement extra¬ 
ordinaire : l’aiguille que l’on tourne pour choisir 
un «chapitre». Ceci ne laisse plus aucune place 
au doute : c’est bien un récepteur de radio qui 
nous est présenté. Comme le fait judicieusement 
remarquer Aimé Michel, on pourrait encore admet¬ 
tre qu’un esprit imaginatif ait conçu au 17me siècle 
l'idée qu'un jour la voix et la musique pourraient 
être conservées et reproduites artificiellement, 
mais, ce que Cyrano nous livre, ce n’est pas le 
principe de la radio, c'est bel et bien une descrip¬ 
tion d’un appareil en état de marche, comme s’il 
l’avait eu sous les yeux. Il avoue d’ailleurs ne pas 
en comprendre le fonctionnement (« je n’en ai 
point de leur imprimerie ») et la seule grave discor¬ 
dance avec la réalité a justement trait à la source 
d’énergie : celle-ci apparaît être non l’électrivité 
mais un processus de détente mécanique (« je ne 
sais quels petits ressorts... il bande, avec une 
grande quantité de petits nerfs, cette machine »). 
Sans doute Cyrano s'est-il là laissé entraîner par 
sa comparaison avec une horloge 

Toujours est-il que le problème est posé : person¬ 
ne, pas même un génie, ne pouvait prévoir il y a 
300 ans l'apparence matérielle que présenterait 
un poste de radio... Comme l’écrit encore Aimé 
Michel, pour les lecteurs du 17me siècle et même 
encore du début du 20me, ce passage ne pouvait 
rien évoquer et devait apparaître comme une pure 
fantaisie imaginative. Et puis, soudain, le texte 
prend un sens précis. Cela pourrait-il être un 
hasard ? Nous laisserons pour l’instant la question 
en suspens. Notons encore que Cyrano ne donne 
aucun détail sur le second livre, celui qui ressem¬ 
ble à « une monstrueuse perle fendue en deux » : 
aurait-il pu s’agir là, comme le suggère Paul 
Misraki, d’un écran de télévision ? 



Peu après, Cyrano, qui commençait à éprouver le 
mal du pays, émit le désir de revenir sur Terre, 
plus, le Solaire qui se faisait appeler « Démon de 
Socrate » lui vint en aide : il s’éleva « comme un 
tourbillon », tenant notre héros entre ses bras, et 
après un jour et demi de voyage, le déposa sur 
notre planète. Cyrano raconte alors les més¬ 
aventures que lui vaut la publication du récit de 
ses aventures lunaires : pris tantôt pour un fou, 
tantôt pour un sorcier, il finit, après bien des 
péripéties, par se retrouver en prison : un homme 
qui prétend être allé dans la Lune n'a-t-il pas 
nécessairement dû avoir recours aux services du 
Diable pour accomplir un tel prodige ? 

Aussitôt incarcéré, Cyrano imagine un moyen 
d’évasion. Disposant, grâce à l’intervention d'amis 
influents, d'une chambre avec terrasse et de tout 
le matériel nécessaire, il se construit un engin 
volant de sa conceptiton, dont le principe nous 
entraîne à nouveau dans le domaine du farfelu : 
une capsule de bois, trouée dans le bas, est 
coiffée d’un cristal creux, taillé en icosaèdre et 
troué vers le haut. La forme géométrique du 
cristal produit une concentration des rayons du 
soleil, laquelle échauffe l’air contenu à l'intérieur 
et le chasse vers le haut : un vide se crée donc, 
et la Nature en a horreur... c’est du moins ce que 
l’on pensait encore au début du 17me siècle avant 
les expériences classiques de Torricelli et de 
Pascal démontrant la pesanteur de l’air (expérien¬ 
ces dont Cyrano devait d'ailleurs avoir eu connais¬ 
sance au moment où il écrivit son « Histoire comi¬ 
que »). Or donc, pour combler cet inadmissible 
vide, l’air s’engouffre par l’orifice inférieur, pous¬ 
sant au passage l’engin vers le haut... et c’est ainsi 
que Cyrano, voulant simplement s’échapper de 
prison, fut entraîné jusqu’au Soleil... 

Inutile de dire que la réalité physique est plutôt 
malmenée par de tels propos, et particulièrement 
le principe de l’égalité de l’action et de la réac¬ 
tion : si Cyrano avait eu raison, un avion à réaction 
serait par exemple repoussé en arrière par l’air 
qu'aspirent ses réacteurs, au lieu d’être propulsé 
vers l’avant par les gaz de combustion éjectés par 
les tuyères. L'auteur se sent tout de même obligé 
d’expliquer pourquoi l'approche du soleil ne le 
brûle pas: c'est que, écrit-il, «ce qui brûle n’est 
pas le feu, mais la matière où il est attaché, et 
le feu du Soleil ne peut être mêlé d’aucune matiè¬ 
re ». Et voilà, ce n’est pas plus difficile que cela... 
Si on ajoute que Cyrano, durant son voyage inter¬ 


planétaire (long de 22 mois !), ne souffrit ni du 
manque d’air, ni de froid, ni de faim (étant nourri 
par les rayons du soleil !), on peut en conclure que 
la conquête de l’espace semblait décidément bien 
facile à une époque où la connaissance de l’uni¬ 
vers était encore embryonnaire... 

Voilà donc Cyrano sur le Soleil. Il nous assure 
que la pesanteur y est nulle, cet astre n’ayant pas 
de centre (sic !), et que la surface se présente 
comme des flocons de neige lumineux. Il y a toute¬ 
fois des zones plus sombres (veut-il parler des 
taches solaires ?) et c'est là que Cyrano rencontre 
un peuple d'hommes pas plus hauts que le pouce 
mais doués du surprenant pouvoir de se méta¬ 
morphoser en tout objet, animé ou inanimé, dont 
il leur plaît de prendre la forme : oiseau, arbre, 
rivière, navire, plusieurs individus se fondant en 
un seul pour obtenir des objets de grande taille. 
Le roi de ce peuple tient à Cyrano des propos qui 
ont de quoi retenir notre attention. Il déclare 
notamment : «C’est nous qu’au monde de la Terre 
vous appelez des Esprits, et votre présomptueuse 
stupidité nous a donné ce nom à cause que, 
n’imaginant point d’animaux plus parfaits que 
l'homme, et voyant faire à de certaines créatures 
des choses au-dessus du pouvoir humain, vous 
avez cru ces animaux-là des Esprits. Vous vous 
trompez toutefois; nous sommes des animaux 
comme vous; car encore que, quand il nous plaît, 
nous donnions à notre matière la figure et la 
forme essentielle des choses auxquelles nous vou¬ 
lons nous métamorphoser, cela ne conclut pas 
que nous soyons des Esprits. Mais écoute, et je te 
découvrirai comment toutes ces métamorphoses, 
qui te semblent autant de miracles, ne sont rien 
que de purs effets naturels. » On retrouve cette 
insistance, que ne désavoueraient pas les ufolo¬ 
gues, sur le caractère naturel des « prodiges » 
accomplis par des êtres surpassant l’homme. 

Cyrano rencontre ensuite un peuple d’oiseaux 
intelligents, qui ont peine à croire qu’un être aussi 
dissemblable d’eux et aussi affreux puisse être 
doué de raison : « Eh quoi, il n’a ni bec, ni plumes, 
ni griffes, et son âme serait spirituelle ! O Dieux ! 
Quelle impertinence ! » Sa seule qualité d’homme 
suffit à faire condamner Cyrano à mort, pour les 
crimes commis par son espèce contre la gent 
ailée. Il est grâcié in extremis à l’intervention d’un 
perroquet qu'il avait autrefois libéré de sa cage 
(car les oiseaux de la Terre font fréquemment le 
voyage jusqu'au Soleil !). 


31 



Les pas de Cyrano le portent alors vers une 
forêt, où il a la surprise d’entendre les arbres 
s’entretenir entre eux... en grec ! Ces arbres par¬ 
lants, venus de la Terre sous forme de graines 
transportées par les oiseaux, lui racontent force 
légendes de l’Antiquité, quand soudain un cri 
d’alarme retentit dans la forêt : une <> bête à feu », 
ou Salamandre, a provoqué un début d’incendie. 
Pour en venir à bout, les arbres font appel à l’aide 
de l’« animal Glaçon », aussi appelé Remore. 
Cyrano va assister au combat des deux monstres, 
en compagnie d’un vieillard qui se présente à lui 
comme le philosophe calabrais Campanella, dont 
l’âme est venue habiter le Soleil après sa mort. 

« Au commencement du combat, la Salamandre, 
à cause de la vigoureuse contention de sa pre¬ 
mière ardeur, avait fait suer la Remore; mais à 
la longue cette sueur, s’étant refroidie, émailla 
toute la plaine d’un verglas si glissant que la 
Salamandre ne pouvait joindre la Remore sans 
tomber. Nous connûmes bien, le Philosophe et moi, 
qu’à force de choir et de se relever tant de fois, 
elle s’était fatiguée; car ces éclats de tonnerre 
auparavant si effroyables, qu’enfantait le choc 
dont elle heurtait son ennemie, n’étaient plus que 
le bruit sourd de ces petits coups qui marquent 
la fin d’une tempête, et ce bruit sourd, amorti peu 
à peu, dégénéra en un frémissement semblable à 
celui d’un fer rouge plongé dans de l’eau froide. 
« Quand la Remore connut que le combat tirait 
aux abois par l'affaiblissement du choc dont elle 
se sentait à peine ébranlée, elle se dressa sur 
un angle de son cube et se laissa tomber de toute 
sa pesanteur sur l’estomac de la Salamandre avec 
un tel succès que le cœur de la pauvre Salaman¬ 
dre, où tout le reste de son ardeur s’était concen¬ 
tré, en se crevant, fit un éclat si épouvantable, 
que je ne sais rien dans la Nature pour le compa¬ 
rer. Ainsi mourut la Bête à feu sous la paresseuse 
résistance de l’animal Glaçon. 

<< Quelque temps après que la Remore se fut 
retirée, nous nous approchâmes du champ de 
bataille et le vieillard, s’étant enduit les mains de 
la terre sur laquelle elle avait marché comme d’un 
préservatif contre la brûlure, empoigna le cadavre 
de la Salamandre. » Avec le corps de cet animal, 
me dit-il, je n’ai que faire du feu dans ma cuisine; 
car, pourvu qu’il soit pendu à ma crémaillère, il 
fera bouillir et rôtir tout ce que j'aurai mis à l'âtre. 
Quant aux yeux, je les garde soigneusement; s'ils 
étaient nettoyés des ombres de la mort, vous les 
32 


prendriez pour deux petits soleils. Les Anciens de 
notre Monde les savaient bien mettre en œuvre; 
c'est ce qu’ils nommaient des lampes ardentes, et 
on ne les appendait qu’aux sépultures pompeuses 
des personnes illustres. Nos Modernes en ont ren¬ 
contré en fouillant quelques-uns de ces fameux 
tombeaux; mais leur ignorante curiosité les a 
crevés, en pensant trouver derrière les membranes 
rompues ce feu qu’ils y voyaient reluire. » 

Ce récit a été abondamment commenté par Aimé 
Michel, qui nous semble parfois y voir des choses, 
qui n’y sont pas : Cyrano nous apprend notam¬ 
ment, écrit-il, que c’est la lutte du chaud et du 
froid qui engendre l’électricité; c’est non seule¬ 
ment interpréter très librement le fait que les chocs 
entre les deux bêtes provoquaient des coups de 
tonnerre, mais ce n’est même pas exact scientifi¬ 
quement. La victoire que l’« animal Glaçon» nous 
apprendrait aussi que dans la lutte du chaud et 
du froid, le froid finit toujours par avoir le dessus. 
Aimé Michel voit là une symbolisation du fameux 
deuxième principe de la thermodynamique, deux 
siècles avant que Carnot ne le formule. Person¬ 
nellement, cette interprétation nous semble un peu 
simpliste. De tous les principes de la physique, 
celui de Carnot est peut-être celui auquel on a 
voulu voir le plus d’implications philosophiques 
abusives. Parler de «victoire du froid sur le chaud» 
est une manière de l’énoncer qui le fait mal com¬ 
prendre. Une expression simplifiée plus exacte du 
principe de Carnot consiste à dire que, si l'on 
place au contact l’un de l’autre un corps chaud 
et un corps froid, le corps chaud va se refroidir 
et le corps froid se réchauffer, jusqu’à l’égalisation 
de leurs températures. Il n’y a donc aucun «triom¬ 
phe » du froid. Comme l’animal Glaçon ne se 
réchauffe nullement à mesure que se refroidit la 
Bête à feu, nous ne pensons pas qu’on puisse 
voir dans leur combat une véritable préfiguration 
du deuxième principe de la thermodynamique. Il 
est plutôt une expression de la vieille conception 
animiste de la nature, qui fait du chaud et du 
froid, tout comme de la lumière et des ténèbres, 
deux entités antagonistes. Cette vision primitive du 
monde est en fait vide de sens, puisque ni le 
froid, ni l’obscurité n’ont d’existence propre; ils 
ne sont pas les contraires de la chaleur et de la 
lumière, ni ne luttent contre elles : ils en repré¬ 
sentent simplement l’absence. 

Il est tout de même un passage du récit du combat 
qui nous paraît receler un réel mystère : c’est celui 



ayant trait aux « lampes ardentes », et plus parti¬ 
culièrement ce détail extraordinaire : l’extinction 
des lampes si l’on crevait la membrane qui les 
recouvre. Comment ne pas songer à nos lampes 
électriques, qu’elles soient à incandescence ou au 
néon ? Comme le fait remarquer Aimé Michel, nous 
avons ici, de même que dans le cas de l’aiguille 
du livre parlant, non pas la prescience d’un princi¬ 
pe de fonctionnement, ce qu’un esprit génial 
pouvait concevoir, mais la description d'un détail 
technique précis. Nous ne suivrons en revanche 
pas Michel quand il attribue aux lampes évoquées 
par Cyrano une origine extraterrestre. Quand le 
philosophe Campanella parle des Anciens de notre 
Monde, et de nos Modernes, il nous paraît incon¬ 
testable que c’est l’humanité qu’il désigne ainsi, 
et non le monde solaire où il réside depuis peu 
(il est mort dans son lit en 1639, et non brûlé 
comme hérétique en 1600, ainsi que l'écrit Michel). 

Peu après la bataille entre les deux grosses 
bébêtes, le livre se termine abruptement, alors 
que les philosophes réincarnés sur le Soleil s'ap¬ 
prêtent à accueillir un nouveau-venu de grande 
renommée : Descartes soi-même. Cyrano mourut-il 
avant d’avoir terminé le manuscrit ou celui-ci fut-il 
mutilé ? L’ouvrage ne parut en effet que six ans 
après la disparition de l'auteur, le manuscrit ayant 
été volé ... Il n'est bien sûr pas interdit de rêver 
et d’imaginer que quelqu’un a estimé bon de 
pratiquer des coupures. Mais sans doute n’en 
saurons-nous jamais plus à ce propos. 

Il est temps maintenant de donner une apprécia¬ 
tion d’ensemble de l'ouvrage, à la fois d’une 
manière générale et du point de vue plus particu¬ 
lier de l’ufologue. Comme les extraits que nous 
avons cités ou résumés vous l’auront montré, 
pensons-nous, à suffisance, l’ouvrage entier alter¬ 
ne, comme par un mouvement de pendule, l'exposé 
de notions philosophiques ou scientifiques d’allure 
très moderne et l’énoncé de principes vides de 
sens ou même résolument farfelus, mais en accord 
avec les idées du temps. Ce contraste est l’une 
des caractéristiques les plus frappantes du livre 
et l’on peut se demander dans quelle mesure il est 
délibéré : Cyrano aurait-il inséré dans son texte 
des propos « conformistes » par mesure de pru¬ 
dence ? Cette prudence est certes nécessaire, si 
on considère l'audace de certaines propositions, 
mais l’auteur n’en « remet »-il pas un peu trop ? 
Nous aurions tendance à penser que la prudence 
n’est pas la seule explication. Il est en effet inévi¬ 


table que Cyrano, si génial soit-il, demeure en 
partie prisonnier des idées de son époque. Or la 
science au 17me siècle nous paraît aujourd’hui fort 
verbeuse dans ses explications : les raisonnements 
sont analogiques plutôt que mathématiques et le 
souci du quantitatif est rarement présent. 

Pourquoi faudrait-il d’ailleurs chercher une « clé » 
hypothétique derrière chaque propos quelque peu 
bizarre que nous tient Cyrano ? C’est à un «voyage 
philosophique» qu’il nous convie, présenté de plus 
sous une forme humoristique. Les invraisemblan¬ 
ces, qu’elles soient matérielles ou théoriques, n’ont 
dès lors guère d’importance. Le but principal de 
l’auteur n’était pas d'écrire un ouvrage de vulgari¬ 
sation scientifique — genre littéraire qui demeurait 
à inventer — mais de diffuser certaines idées qui 
lui étaient chères, tant concernant la philosophie 
que l’ordre social. Le recours à des extra-terrestres 

— qu’ils soient Lunaires ou Solaires important 
peu — est à cet égard très pratique, et peut-être 
n'ont-ils même pas d’autre raison d'être : on 
n’imagine pas, au 17me siècle, un écrivain présen¬ 
tant une mise en question de l'immortalité de 
l’âme comme une opinion personnelle. L’attribution 
du pouvoir aux jeunes sur la Lune et la conception 
mécaniste et statistique de la formation des êtres 
vivants sont des idées à peine moins subversives. 

Et n’oublions tout de même pas que l’intention 
de Cyrano était sans doute aussi, pour une bonne 
part, de divertir tout simplement ses lecteurs. 

Du point de vue plus particulier de l’ufologue, et 
de tous ceux que préoccupe le problème de la 
vie extraterrestre, le principal intérêt de l’ouvrage 
réside dans le remarquable sens de la relativité de 
nos connaissances et de nos mœurs dont témoigne 
Cyrano — nous en avons donné maints exemples 

— et bien sûr dans sa conviction de la pluralité 
des mondes habités. Relevons aussi la claire indi¬ 
cation que de êtres venus d’ailleurs sont intervenus 
dans l’histoire des hommes et que les pouvoirs 
que ces êtres détiennent, même s’ils nous parais¬ 
sent «magiques» ou «surnaturels», sont en fait 
tout à fait naturels. Cette dernière affirmation 
rejoint par delà les siècles la conviction des 
ufologues vis-à-vis des comportements parfois ap¬ 
paremment « impossibles » ou « miraculeux » des 
OVNI (8). 


8. Pierre Guérin, Sciences et Avenir n° 307, septembre 1972, 
pp. 700-701; Jacques Scornaux et Christiane Piens, A la 
recherche des OVNI, éd. Marabout, 1976, pp. 116-120. 

33 



Nous avons gardé pour la fin la discussion des 
deux seuls éléments du livre qui recèlent selon 
nous un réel mystère : la description du poste de 
radio et celle de la lampe électrique. La provenan¬ 
ce extraterrestre du récepteur de radio est claire¬ 
ment indiquée par Cyrano, puisque c’est un cadeau 
reçu d’un habitant du Soleil. Une origine terrestre 
est en revanche accordée aux « lampes ardentes ». 
Mais cela, c'est ce que l’auteur veut bien nous 
dire. Ce que nous voudrions bien sûr savoir, c’est 
comment il a réellement eu connaissance de ces 
détails techniques. Nous ne voyons que quatre 
hypothèses possibles, mais peut-être vous, lec¬ 
teurs, en trouverez-vous d’autres. 

1. Les sociétés secrètes: il est fort probable que 
Cyrano ait eu des contacts avec les Rose-Croix, 
auxquels il fait d'ailleurs explicitement allusion 
dans son œuvre. Mais cette hypothèse pose le 
problème de l’acquisition par une société secrète 
de ses connaissances supérieures. Comment un 
groupe d’hommes très limité en nombre aurait-il 
pu progresser beaucoup plus vite que le reste de 
l'humanité ? Et comment se ferait-il qu’aucun de 
leurs secrets n'ait jamais été percé, c'est-à-dire 
qu’aucune trahison, par intérêt ou par idéal, ne se 
soit jamais produite et que l’on n’ait rien décou¬ 
vert de leur appareillage technique ? Selon de 
nombreux auteurs, des sociétés secrètes pourraient 
être les dépositaires des vestiges de la science 
d’une civilisation disparue. Mais cette hypothèse 
est pour nous à rejeter, car l'absence de traces 
d’exploitation antérieure des richesses minérales 
et énergétiques de la Terre exclut l'existence pas¬ 
sée d’une autre civilisation technologique que la 
nôtre (9). Une autre supposition qui a été souvent 
faite est que les connaissances des sociétés secrè¬ 
tes seraient d’origine extraterrestre. Ceci nous 
amène à l’hypothèse suivante. 

2. De réels contacts extraterrestres : Cyrano lui- 
même, ou des membres de la Rose-Croix, auraient 
été ce que l’on appellerait aujourd’hui des « contac¬ 
tés ». Dans ce cas, il se pourrait que, parmi les 
allégations qui nous paraissent tout à fait fantaisis¬ 
tes des contactés actuels, certaines — mais pas 
toutes, très loin de là ! — prennent un jour futur 
un sens précis comme l'ont pris les propos de 
Cyrano... Dans son article de « Science et Vie », 
Aimé Michel penchait vers l’hypothèse extraterres¬ 
tre, mais nous serons plus réservé. Une constata- 


9. Jacques Scornaux et Christiane Piens, A la recherche 
des OVNI, pp. 190-195. 

34 


tion précise nous fait en effet considérer cette 
hypothèse avec suspicion, et nous conduit à la 
troisième possibilité : les objets décrits ont une 
allure résolument terrestre et même, plus précisé¬ 
ment, un aspect typique de notre 20me siècle. 
C’est là un indice qui nous paraît important dans 
la recherche d’une solution. 

3. Vision à travers le temps : il est tout de même 
curieux que les deux passages les plus énigmati¬ 
ques de l'œuvre de Cyrano aient acquis une signi¬ 
fication technique presque à la même époque : la 
fin du 19me siècle pour la lampe électrique et le 
début du 20me pour le récepteur de radio. Pour¬ 
quoi une société secrète aurait-elle précisément 
atteint ce niveau-là au 17me siècle, ou bien pour¬ 
quoi des extraterrestres auraient-ils montré aux 
Terriens de cette époque des objets qui seraient 
typiques de la Terre trois siècles plus tard ? Autre 
objection : quel programme de radio, parlé ou 
musical, une société secrète ou des extraterrestres 
auraient-ils pu capter sur la Terre au 17me siècle? 
C'est pourquoi nous nous risquons à poser la ques¬ 
tion : Cyrano de Bergerac aurait-il eu une vision 
à travers le temps d’une scène de notre époque ? 
Aurait-il, en termes de parapsychologie, été sujet 
à un phénomène de précognition ? Il n'est évidem¬ 
ment pas possible d’avancer une réponse ferme, 
d’autant moins que la concrétisation en notre 
siècle des objets décrits par Cyrano pourrait s’in¬ 
terpréter autrement, dans le cadre de la quatrième 
hypothèse. 

4. Le hasard: peut-être les descriptions de Cyrano 
nous font-elles songer, par certains de leurs mots, 
à une lampe et à un poste de radio parce que 
ces objets nous sont familiers et que nous sommes 
fatalement tentés de visualiser le texte en fonction 
de notre expérience quotidienne d'hommes du 
20me siècle. En d’autres termes, les similitudes 
relevées entre notre technologie contemporaine et 
les créations de l’imagination fertile de Cyrano 
pourraient n'être que coïncidences. En toute 
rigueur logique, le hasard ne peut en effet jamais 
être exclu quand il s'agit d’expliquer des événe¬ 
ments extrêmement rares. Nous doutons toutefois 
que cette interprétation prosaïque satisfasse grand 
monde... 

De toute manière, il nous paraît évident que nous 
avons affaire ici à des faits trop isolés pour per¬ 
mettre une conclusion assurée. Si de nombreux 
auteurs antérieurs à notre époque avaient décrit 



Nouvelles internationales 


Espagne — Mini - vague OVNI 

Les observations décrites ci-après ont été effec¬ 
tuées dans une zone constituée par la ville de 
Huesca (capitale de la province du même nom, 
dans le nord-est de l'Espagne) et sa région, soit 
un cercle ayant en gros 20 km de rayon. Ces 
observations s’étalent sur une période-pivot de 
48 heures (du 1" au 2 avril 1976) à laquelle nous 
ajouterons des observations enregistrées dans le 
même laps de temps mais n’excédant pas une 
semaine par rapport aux dates précitées. 

Trois observations dans les environs 
de la ville de Huesca 

Premier voyage des témoins 

Le 1er avril 1976, vers 22h30, trois amis (Antonio 
Perello, électricien, José Alastruei, maçon et An¬ 
gel Llorente, électricien) venant de Almudebar, se 
rendaient en voiture à Huesca par la nationale 
N125. A 5 ou 6 km de la capitale, ils aperçurent 
sur leur droite une étrange lumière paraissant 
évoluer à une altitude régulière au-dessus des 
champs bordant la route et à environ 1 km des 
trois témoins. Cette masse ou ce corps lumineux 
semblait escorter leur voiture : tantôt il s'appro¬ 
chait, tantôt il s’éloignait, prenant de l’avance sur 
le véhicule ou restant à la traîne. Intrigués et 
surpris par cette lumière insolite, ils décidèrent 
de traverser Huesca en vue de tenter de suivre 
l’évolution de l’OVNI. Après 11 km, à la sortie du 
village d’Apies, ils arrêtèrent la voiture pour ob- 


(suite de la page 34) 

divers appareils produits par la technologie moder¬ 
ne, la situation serait évidemment toute différente. 
Mais à notre connaissance, un cas aussi flagrant 
que celui de Cyrano demeure unique. 

Bien que nous n’allions pas jusqu’à dire, avec 
Aimé Michel, que l’œuvre de Cyrano «est peut-être 
enfin parvenue, au 20me siècle, à ses véritables 
lecteurs », nous ne pouvons pour conclure que 
vous inciter vivement à lire, si vous en avez l’occa¬ 
sion, cet ouvrage si original. Même s’il n’a été ni 
un contacté, ni un voyant, Cyrano de Bergerac 
fut incontestablement un esprit à la fois brillant et 
pénétrant, très en avance à bien des égards sur 
les idées de son temps. Au surplus, quel magnifi¬ 
que précurseur il constitue pour la science-fiction ! 

Jacques Scornaux 


Figure 1. 



server la masse lumineuse qu'ils étaient en train 
de suivre afin d’en connaître un peu mieux la 
nature. Tout au long du chemin, ils ne perdirent 
pas l’objet de vue, si ce n’est à de rares instants 
où l’OVNI disparaissait pour réapparaître aussitôt, 
comme pour leur montrer le chemin à suivre. Les 
témoins purent observer l’OVNI d'assez près (une 
distance inférieure à 1 km), tantôt se déplaçant, 
tantôt stationnaire. Quand l’objet était à l’arrêt, 
à une altitude n’excédant pas 200 ou 300 m, ils 
purent constater qu’il était animé d’un léger 
mouvement d’oscillation ou de va-et-vient, parfois 
horizontalement et parfois verticalement. L’objet 
avait l'aspect d’une énorme pointe de flèche, 
c’est-à-dire, avait un corps en forme de fuseau. 
L’OVNI était uniformément lumineux, d'une cou¬ 
leur rougeâtre-orangée. Des points plus lumineux 
garnissaient le bord de cette masse, comme si 
des sources de lumière étaient réparties sur le 
périmètre de l’OVNI, (voir croquis). Les témoins 
s'accordent à souligner la taille «énorme» de 
l'objet, les estimations variant entre 20 et 50 m 
de longueur et 10 à 20 m de largeur en fonction 
de la distance à laquelle se trouvait l’OVNI. L’ob¬ 
jet avait une position oblique, c.à.d. que la partie 
étroite (l’avant ?) se trouvait plus haut par rapport 
à la partie la plus large (la base ?). Le voyage 
reprend et nos trois amis retraversèrent Huesca 
et arrivèrent au lieu dit Estrecho 5°. 

Second voyage des témoins 

Deux autres personnes se joignirent à eux (José 
Vivian, professeur et A. Cipres). Tous les cinq 
partirent dans la même voiture. En arrivant dans 

35 




Figure 2. 



la banlieue de Huesca, ils repérèrent facilement 
l'OVNI toujours du côté du château. La «chasse» 
reprit et ils empruntèrent la route menant à Sta 
Eulalia la Mayor, localité déserte. Arrivant à un 
point situé entre le village de Loporzano et le croi¬ 
sement avec la route de Bandalies, ils décidèrent 
de stopper pour observer l’OVNI arrêté à environ 
200 m de la voiture. Ils en voyaient en effet l’éclat 
rougeâtre-orangé dans une plantation d’amandier 
bordant la route. Ils purent, une nouvelle fois, se 
rendre compte de la taille énorme de la masse 
lumineuse. Deux des témoins tentèrent de s’ap¬ 
procher de l’objet. José Alastruei, plus décidé prit 
la tête suivi, à une vingtaine de mètres, de Angel 
Llorente envahi d’une peur-panique mais ne vou¬ 
lant pas laisser seul son compagnon. Ils parcou¬ 
rurent une quarantaine de mètres en direction 
de l'OVNI, mais la peur fut la plus forte chez 
Angel qui se mit à appeler son compagnon et lui 
enjoignant de faire demi-tour. Ce dernier obtem¬ 
péra finalement. José affirme avoir vu une énorme 
masse lumineuse, impressionnante dans un silence 
total, et se balançant doucement. Il eut l’impres¬ 
sion de voir la partie supérieure de l’OVNI, com¬ 


me une espèce de corps pyramidal ou conique 
vu du dessus et en oblique. L’OVNI avait toujours 
la même teinte rougeâtre-orangée, pourvu des 
points lumineux sur les bords. Les autres témoins 
virent une énorme masse lumineuse, se rétrécis¬ 
sant légèrement au sommet (fig. 2). Ils virent 
également les points plus brillants, sorte de foyers 
lumineux répartis sur les bords de l’OVNI qui 
semblait flotter à quelques 50 ou 100 m d’altitude, 
la base était masquée par les arbres et les irré¬ 
gularités du terrain. Comme lors du premier 
voyage ils ne purent distinguer un contour nette¬ 
ment délimité ayant pu correspondre à un corps 
solide car la lumière était aveuglante. Ils furent 
également impressionnés par la facilité manœu- 
vrière de cette énorme masse lumineuse. «Elle 
semblait s’éteindre à un endroit pour se rallumer 
immédiatement à un autre » sans qu’ils aient pu 
voir un quelconque déplacement de l’objet. 

Troisième voyage 

Ils repartirent chercher d’autres amis puis revin¬ 
rent sur les lieux avec une sixième personne. 

Ils retrouvèrent l’OVNI à l’endroit où ils l’avaient 
laissé précédemment. Toujours suivant l’OVNI, ils 
arrivèrent à Sta Eulalia où ils décidèrent de faire 
demi-tour sur les injonctions de Angel très im¬ 
pressionné de voir, à peu de distace de la voiture, 
l’énorme objet ou appareil. Ce fut l'unique occa¬ 
sion où ils purent voir nettement à quoi ressemblait 
l’objet (fig. 3) ; un corps allongé (30 ou 40 m), 
d’aspect métallique, gris sombre. L'OVNI était en¬ 
touré d’un halo lumineux, d’où se détachaient 
nettement plusieurs fortes lumières rougeâtres 
situées à l’une des extrémités de l’objet et d’au¬ 
tres, similaires mais moins intenses situées sous 
l’engin inconnu. Cette observation fut effectuée 
par Angel et elle ne dura que quelques secondes. 
Les deux autres occupants ne virent pas ces dé¬ 
tails (l’un absorbé par la conduite, l’autre à l’ar¬ 
rière) et les passagers de la seconde ne sont pas 
aussi formels. 

Observation dans les environs de 
Angues (Province de Huesca) 

La scène eut lieu le 1er avril 1976 vers 22 h 20. Le 
témoin, le docteur Alberto Ballarin accompagné 
de son épouse revenait de Huesca pour rentrer 
à Monzon. A une centaine de mètres de la sta¬ 
tion-service, en direction de Monzon, une gran¬ 
de croix métallique se dresse au bord de la 


36 


Figure 3. 


route et on l’aperçoit après avoir passé un dos 
d'âne, la route formant alors une longue ligne 
droite en pente douce sur environ 3 km. La route, 
à cet endroit, a environ 12 m de large. 

Après avoir franchi le dos d’âne en question, et 
roulant à environ 50 km/h, M. Ballarin fit remar¬ 
quer à son épouse la présence au loin d’une 
lumière jaunâtre se déplaçant sur la route et ve¬ 
nant dans leur direction. Le docteur ralentit à 
mesure que le « véhicule » arborant la dite lumière 
s’approchait d'eux. Ils purent alors se rendre 
compte de l’aspect insolite de l’engin qui en fait 
n’avait ni feux de route ni feux de position. Ils 
remarquèrent également que l’objet, tout en s'ap¬ 
prochant, était animé de mouvements ondulatoires 
comme s’il se dodelinait tout en étant suspendu 
dans les airs. Au moment de croiser l’objet, ils 
virent que la partie inférieure projetait de grandes 
étincelles blanc-jaunes d’une taille oscillant entre 
0,50 m et 1 m de long. Ces étincelles étaient sem¬ 
blables à celles produites par « la roue » d’un feu 
d’artifices. L'engin avait une taille considérable : 
« plus haut qu’un autobus et presque aussi long, 
soit environ 3,5 m de haut sur 8 à 9 m de long ». 
D'après les témoins, l'engin avait un aspect mé¬ 
tallique : «comme du fer, d’une teinte bleue très 
foncée ». L’appareil n'avait aucune lumière, sauf 
une luminosité jaunâtre diffuse sur la partie su¬ 
périeure (en forme de dôme). Les témoins eurent 
l’impression que cette lumière sourdait au travers 
d’un cristal ou d’une quelconque matière opaque. 
L’objet semblait flotter sur la route, à 0,50 m du 
sol. La structure extérieure de l’objet présentait 
des protubérances de taille identique (« comme 
les 2 poings d’un adulte réunis ») et situées à 
50/60 cm les unes des autres. L’engin ne présen¬ 
tait pas de marques distinctives. 

Au moment de la rencontre avec l’objet, les té¬ 
moins entendirent clairement une sorte de «Clic» 
dont ils ignorent toujours l’origine. Le son perçu 
ressemblait à celui produit par un petit morceau 
de métal tombant sur le sol. C’est à partir de cet 
instant qu’ils perdirent la notion de la réalité 
pendant une dizaine de km. Ils se retrouvèrent 
en effet à un endroit qu’ils connaissent bien cer¬ 
tes mais sans se souvenir comment ils ont par¬ 
couru la distance qui les en séparait. Durant les 
trois jours qui suivirent l’incident, les témoins 
vécurent une sorte de paix, de tranquillité et de 
bien-être extraordinaire. Parfois leur sommeil était 



comme « hanté » par la présence d’une tierce 
personne à qui ils désiraient s’adresser. 

Observation OVNI dans la nuit du 1 au 
2 avril 1976 dans la région de 
Sotomontano (Huesca) 

Les témoins : M Santiago Marraco Solano, Avocat 
M Aurelio Biarge, Ingénieur. 

Il était environ 1 h du matin et nos deux témoins 
revenaient de Sarinena et se dirigeaient vers 
Huesca. Il existe à Novales un endroit de la route 
qui domine toute la région du Stomontano. C’est 
de là qu’ils virent «quelque chose» de très bi¬ 
zarre. 

« Regarde, ce truc bizarre là-bas » s’exclama l’un 
des témoins. Dans la direction mentionnée (N.NE) 
et dans une zone correspondant à un triangle 
formé par les villages de Sietamo-Angues-Jun- 
zano, nos deux témoins aperçurent distinctement 
une lumière très intense dont la couleur se rap¬ 
prochait de la teinture utilisée par les spéléolo¬ 
gues pour déterminer le sens des courants sou¬ 
terrains, soit une couleur orangée, brillante et 
phosphorescente. L'objet, immobile, avait la forme 
d’une poire. 

Observation à Sietamo (Huesca), 
le 8 avril 1976 

Plusieurs personnes assises à la terrasse du café 
du village de Sietamo aperçurent le 8 avril, vers 
21 h 30 « une chose » énorme très lumineuse de 
couleur rouge-orangée, comme suspendue dans 
le ciel. L’observation dura plusieurs minutes. La 
masse lumineuse semblait tourner sur elle-même. 

Observation à Puibolea, le 5 avril 1976 
Un cultivateur de Puibolea (environ 20 km au N.O. 
de Huesca) aurait vu dans la soirée du 5 avril 
1976 un OVNI situé à une altitude de 80 m envi- 


37 


ron, de forme circulaire et arborant sur la partie 
inférieure la lettre « H ». 

(Source : STENDEK Septembre 1976). 

Traduit et rédigé par 

Alain Stercq. 

Donald H. Menzel n’est plus ... 

C'est le 14 décembre 1976 que s’est éteint, à l'âge 
de 75 ans, Donald H. Menzel, astronome réputé, 
anti-soucoupiste convaincu et auteur de science- 
fiction par surcroit. 

Les travaux de l’astronome portèrent d’abord sur 
le spectre de l’hydrogène pour lequel il précisa 
d’importantes mesures indispensables en astro¬ 
physique. Menzel s’est particulièrement intéressé 
à la physique du soleil et aux nébuleuses plané¬ 
taires. Il étudia la couronne et la chronosphère 
solaires, et il organisa à de multiples reprises des 
expéditions lors d’éclipses. Ses articles sur la 
question se comptent par centaines et il fut un 
des premiers à envisager des notions de physi¬ 
que hors équilibre thermodynamique pour les phé¬ 
nomènes des atmosphères d’étoiles. Il se préoc¬ 
cupa également de recherches planétaires et 
imagina une théorie sur la courbe de croissance. 
De 1954 à 1966, il fut le directeur de l’observa¬ 
toire de Harvard. 

Mais pour nous, il fut surtout un anti-soucoupiste 
de la première heure. En 1953, il publiait son cé¬ 
lèbre « Flying Saucers » où il entreprenait de « dé¬ 
molir» scientifiquement l'ensemble des observa¬ 


tions d’OVNI. En invoquant essentiellement des 
arguments liés à la propagation de la lumière dans 
l’atmosphère terrestre, il passa une bonne partie 
des dernières années de sa vie à tenter de dé¬ 
montrer que ces OVNI n’étaient que mirages ou 
autres illusions d’optique. Si les hypothèses avan¬ 
cées par Menzel sont souvent qualitativement ac¬ 
ceptables, elles sont par contre la plupart du temps 
incompatibles avec les phénomènes observés dès 
que l’aspect quantitatif est abordé. 

En fait, la carrière de Donald H. Menzel fut parti¬ 
culièrement éblouissante et disparate. Il joua un 
rôle international de premier ordre en présidant 
la Commission de Nomenclature Lunaire et en par¬ 
venant à trouver une solution de bon sens aux 
nombreux et épineux problèmes diplomatiques 
soulevés par la découverte de nouvelles forma¬ 
tions lunaires lors des recherches spatiales par 
satellites. Sous des pseudonymes divers, il publia 
de très bons romans de science-fiction et ses qua¬ 
lités de poète étaient reconnues de tous. Et Men¬ 
zel fut même un peintre doué d’un certain talent : 
son sujet de prédilection étant le « martien ». Il en 
fit de plusieurs types, souvent très amusants, et 
cela amena certains critiques à étudier très sérieu¬ 
sement le « martien menzelien ». 

En 1976, la Société Astronomique de France lui 
décernait la médaille Janssen, récompensant ainsi 
un homme que nous avons souvent beaucoup cri¬ 
tiqué pour ses idées dans le domaine de l’ufolo- 
gie, mais que nous admirions par ailleurs beaucoup 
pour ses compétences en astronomie et son hu¬ 
manisme. 


Réservez un samedi par mois à l’ufologie ! 

La Société Varoise d’Etude des Phénomènes Spatiaux (SVEPS) organise cette année plusieurs soirées 
d'observation en collaboration avec différents groupements répartis en divers coins de France. Souhai¬ 
tant étendre son action au-delà des frontières, la SVEPS propose de surveiller le ciel belge aux mêmes 
dates et d’établir des rapports qui seront collationnés avec ceux recueillis par nos amis français. 

Les dates proposées sont les suivantes : le 11 juin, le 9 juillet, le 6 août, le 3 septembre et le 1er oc¬ 
tobre. 

Choisissez un lieu suffisamment dégagé et veillez à ne pas être gêné par un éclairage public ou des 
phares de voitures. 

Vous établirez une fiche de surveillance sur laquelle vous noterez vos nom et adresse et le lieu précis 
d’observation. Signalez également l’heure à laquelle a débuté votre surveillance et celle à laquelle elle 


38 





Chronique des OVNI 

Les OVNI de la Belle Epoque (2) 


Quelques mois plus tard (13 février 1905), le 
« Daily Mail » publiait l’observation suivante : un 
témoin avait vu dans le ciel une sorte de boule 
de feu qui était restée un moment immobile avant 
de disparaître; peu après, le même témoin vit 
quelque chose près du sol, à moins de 150 m 
de lui; il s’en approcha mais la «chose» disparut 
bien vite. Le témoin en question était un reporter 
que le journaliste avait envoyé sur place qui con¬ 
clut finalement à une mystification. Pour lui, il ne 
sagissait que de feux follets. Cette explication 
péremptoire allait revenir maintes fois par la suite 
et l’U.S. Air Force en fit, on le sait, un usage 
excessif. Ces événements se déroulèrent à Eguyn 
(Pays de Galles) au moment où une certaine Mary 
Jones avait toute une série de visions religieuses. 

Cette année 1905 commençait bien en fait, car 
dans nos archives, elle s'avère être la plus fertile 
en incidents de type OVNI depuis le début de 
notre siècle. Quelques semaines après l'affaire 
des « feux follets » gallois, le 29 mars, vers 22 h 00, 
de nombreuses personnes purent observer comme 
une sorte de «projecteur» qui s’alluma dans le 
ciel de Cardiff (Pays de Galles). Ce phénomène 
est rapporté dans la revue « English Mechanic » 
(vol. 81, p. 220) par un certain Arthur Mee, mais 
une autre publication britannique, le « Cambrian 
Natural Observer» (1905-32) précisait à l’époque 
qu’on avait vu comme un objet pareil « à une barre 
métallique chauffée, avec une auréole orange, et 
suspendue verticalement». Le dernier bulletin cité 
était l’organe de la Société Astronomique du Pays 
de Galles, une région qui allait encore faire beau¬ 
coup parler d’elle dans les mois et les années 


qui vont venir. Très exactement trois jours plus 
tard, c’est-à-dire le 1er avril 1905, un objet étran¬ 
ge, ne ressemblant en rien à un poisson, apparut 
dans le ciel de Cherbourg. Bien que le quotidien 
normand « L'Astre » décrit le phénomène comme 
une grosse étoile rougeâtre en mouvement, Ca¬ 
mille Flammarion, l’astronome bien connu, expli¬ 
qua cette observation par la planète Vénus dans 
un des bulletins de la Société Astronomique de 
France (vol. 19, p. 243). Mais qu'en était-il exac¬ 
tement ? Le « Journal des Débats » du 4 avril 
signalait qu’en fait l’objet était apparu à plusieurs 
reprises, entre 20 h 00 et 22 h 00, au-dessus de la 
ville de Cherbourg. Dans une autre édition du 
«Journal des Débats» (12 avril), on précise que 
la dimension apparente était de 15 cm et que 
l’objet était ovale. Dans « Le Figaro » du 13 avril, 
le commandant de Kerillis du « Chasseloup-Lau- 
but » estimait que la position du corps ne corres¬ 
pondait nullement à celle de Vénus. Le journal 
«Le Temps» qui reprenait également l’observa¬ 
tion, signalait en outre qu’un objet semblable fut 
observé à Tunis, dans la nuit du 9 au 10 avril, 
pendant quelques minutes. Le « Figaro » du 15 avril 
signalait aussi que la nuit du 11 avril, les gardiens 
du phare « La Blanche » observèrent comme un 
ballon éclairé dans le ciel, ils lui firent des si¬ 
gnaux et celui-ci disparut. Privé de nouvelles, les 
gardiens de ce phare ne connaissaient bien évi¬ 
demment pas l’affaire de Cherbourg. Dans les 
«Annales» du 23 avril 1905 (p. 271), un certain 
Henri de Parville signait un bien beau morceau 
d’anthologie de littérature prétendumment scien¬ 
tifique ; « Comment, pas un mot sur les lueurs de 
Cherbourg ? Eh non ! pas un seul mot. D'ailleurs 


s’est terminée. Donnez une description sommaire des conditions météorologiques et précisez la direc¬ 
tion du vent. Notez tous les phénomènes aériens que vous observerez (avions, satellites, météores et 
OVNI of course !) en précisant l’heure, l’orientation de la trajectoire et l’élévation en degrés. 

Matériel indispensable : une montre, une boussole, un bloc-notes. 

Matériel souhaitable : un appareil photographique, des jumelles, un détecteur magnétique, un téles¬ 
cope. 

Vous pouvez prendre des photos du ciel en pose pour autant que l'appareil soit fixé sur un pied très 
stable. N’oubliez pas de noter l’heure ou vous aurez ouvert puis fermé l’obturateur à chaque prise 
de vue. 

Dès le lendemain, envoyez votre fiche de surveillance à la SOBEPS (nouvelle adresse : avenue Paul 
Janson, 74 1070 Bruxelles) qui la transmettra ensuite à la SVEPS. 

Si aux dates proposées vous vous trouvez en vacances à l’étranger, vous pouvez également participer 
à ces soirées d’observation. 


39 





c'est bien fini aujourd’hui. On en parle plus guère; 
on aurait dû commencer par là. Ce n'est pas le 
phénomène aperçu, au fond, qui présente quelque 
intérêt; c'est cette hallucination d’une foule con¬ 
sidérable qui, une semaine durant, a tout vu, sauf 
la réalité. Quelle singulière mentalité ! Toutes les 
hypothèses ont été émises, sauf la bonne : si¬ 
gnaux, ballons, cerfs-volants avec foyer d'acé¬ 
tylène, nouvel astre, comète, planète, astre rouge 
ou vert, projections lumineuses, etc. Le phéno¬ 
mène n'a pas été spécial à Cherbourg, on l’a vu 
ailleurs et on a même fait des observations du 
côté de la Méditerrannée. M. le docteur Farel nous 
écrit de Calvisson-les-Moulins (Gard) : «... la 
lueur étrange de Cherbourg ne pourrait-elle pas 
s'expliquer par la « brouillée lumineuse » que doit 
produire sur un ciel estompé de vapeurs, la con¬ 
jonction Vénus-Jupiter-Lune à son premier quar¬ 
tier ? Je l’ai consigné sur notre livre d’or du Roc- 
de-Gachone au 10 mars dernier. Le 12 avril encore 
je voyais Vénus au-dessus du Roc plus haut que 
tous les feux nocturnes qui émaillent l’immense 
panorama ». J’ai d'ailleurs reçu beaucoup de do¬ 
cuments, mais à quoi bon s’en occuper. Cette illu¬ 
sion qui a étonné tant de personnes s’est déjà 
présentée plusieurs fois dans le passé. Nous l’en¬ 
registrons dans l’espoir que lorsqu'elle se pro¬ 
duira encore, on saura à quoi s'en tenir sur ce 
phénomène parfaitement simple et naturel ». 

Alors, que faut-il en penser ? Ma conviction per¬ 
sonnelle est que la planète Vénus a commencé, 
en avril 1905, une belle carrière « d'agent de con¬ 
fusion », et que d'autres astronomes ou scientifi¬ 
ques n’allaient pas manquer de l’utiliser à nou¬ 
veau quelques décennies plus tard pour expliquer 
bon nombre d’observations d'OVNI. 

En plein été de cette année 1905, à Horodnicul de 
Sus, dans les environs de Radauti (Bucovina-Rou- 
manie), le Dr I. P. de Craiova put observer les 
évolutions d’un objet plat en forme de disque, 
plus grand que la pleine lune, et qui était forte¬ 
ment éclairé par une source lumineuse fixée sur 
lui. Cet objet se déplaça rapidement de l’est vers 
l’ouest, en se balançant. Bien que très âgé, le 
témoin se souvient qu'à l'époque il fut très marqué 
par cette «vision» et qu'il se sentit inquiet et 
même anxieux quelque temps après. 

Dans « English Mechanic » (vol. 86, p. 100), le 
Colonel Markwick, déjà cité plus haut, signale que 

40 


le « Cambrian Natural Observer» (1905, 30-35) 
mentionne une observation étrange faite le 2 sep¬ 
tembre 1905, à Llangollen, Pays de Galles (une 
fois de plus). On aurait vu à cette date un objet 
très sombre se déplacer à une vitesse estimée à 
30 km/heure, à une altitude d’environ 3000 mètres. 
L’objet, d'une longueur de 3 m, semblait avoir 
de courtes ailes et se déplaçait en s’inclinant 
légèrement. On pouvait aussi y distinguer comme 
«quatre pieds». Cinq jours plus tard, une sub¬ 
stance rougeâtre tomba du ciel à Llanellez, non 
loin du lieu de l’observation précédente. 

En décembre 1905, dans le Massachussetts (Bo¬ 
ston, Worcester et d'autres villes), on observait 
un objet volant muni d’un phare, de forme allon¬ 
gée, qui se déplaçait à des vitesses variables. 
Ultime vestige de la vague de 1896-97 ou préfi¬ 
guration de ce qui allait se produire en 1909-10. 
Mais n’anticipons pas. 

Il m’est cependant impossible de passer sous si¬ 
lence le témoignage de M. J. A. Jackson, de Sil- 
shee (Californie). Le 2 août 1905, très tôt dans la 
matinée (vers 01 h 30), il apercevait à son tour — 
témoin unique après huit années de calme — un 
« vaisseau aérien ». Le « Brawley News » du 4 
août 1905 ajoutait : « M. Jackson, un citoyen bien 
connu de Silshee, aperçut une lumière brillante 
dans le ciel juste au-dessus de lui. La lueur, en 
se rapprochant, se révéla être un navire aérien 
d’environ 20 m de long, avec un projecteur à 
l’avant et plusieurs autres lumières à bord. La 
machine mystérieuse semblait être seulement mue 
par des ailes qui battaient comme celles d’un 
gigantesque oiseau. Apparemment il n’y avait pas 
de ballon comme c'est habituellement le cas 
pour les dirigeables. 

M. Jackson, se trouvant près de la maison de 
W. F. Wilsie, alla le réveiller et ce dernier put 
encore voir les lueurs juste avant qu'elles ne dis¬ 
paraissent. (...) La même nuit, H. E. Abbott, di¬ 
recteur du bureau de poste d’Imperial, fut bruta¬ 
lement sorti de son sommeil par l’apparition d’une 
brillante lumière. On aurait dit un feu dans le ciel. 
Il était alors 01 h 30 et on peut penser que cette 
lueur aveuglante était sans doute le faisceau du 
projecteur du navire aérien ». 

Tout cela est bien curieux. 

Michel Bougard. 



SERVICE LIBRAIRIE DE LA SOBEPS 


Nous vous rappelons que les ouvrages suivants sont en vente à la SOBEPS où vous pouvez les obtenir 
en versant le montant de la commande au C.C.P. n° 000-316209-86 de la SOBEPS, boulevard A. Briand, 
26 - 1070 Bruxelles, ou au compte bancaire n” 210-0222255-80 de la Société Générale de Banque. Pour 
laf France et le Canada, uniquement par mandat postal international ou par transfert bancaire (ne pas 
envoyer de chèque). 

— DES SOUCOUPES VOLANTES AUX OVNI, de Michel Bougard (éd. SOBEPS); une œuvre collective 
écrite sous la direction de notre rédacteur en chef et qui tente de faire le point de la recherche ufo- 
logique — 325 FB. 

— A IDENTIFIER ET LE CAS ADAMSKI, de Jean-Gérard Dohmen (éd. Travox); premier ouvrage belge 
d’expression française traitant du phénomène OVNI, avec récit d’observations en Belgique — 490 FB. 

— LA NOUVELLE VAGUE DES SOUCOUPES VOLANTES, de Jean-Claude Bourret (éd. France-Empire); 
ouvrage où ont été réunis les ryieilleurs extraits de l’émission du même nom diffusée sur France-Inter, 
ainsi que de nombreux entretiens ou cas que la station n’avait pas eu la possibilité de diffuser — 320 FB. 

— LE NOUVEAU DEFI DES OVNI, de Jean-Claude Bourret (éd. France-Empire); les dossiers de la Gen¬ 
darmerie Française, des enquêtes inédites, et les avis récents des principaux chercheurs français : en 
particulier les travaux de Jean-Pierre Petit sur la propulsion magnétohydrodynamique des OVNI — 

365 FB. 

— MYSTERIEUSES SOUCOUPES VOLANTES, de Fernand Lagarde et le groupement « Lumières dans 
la Nuit» (éd. Albatros); œuvre collective nous présentant les réflexions sur le sujet de chercheurs 
comme Aimé Michel et Jacques Vallée et décrivant des voies de recherches possibles pour une étude 
approfondie du phénomène — 350 FB. 

— LES SOUCOUPES VOLANTES VIENNENT D’UN AUTRE MONDE et BLACK-OUT SUR LES SOUCOU¬ 
PES VOLANTES, de Jimmy Guieu (éd. Omnium'Littéraire); deux «classiques» de l’ufologie française, 
récemment réédités — 265 FB le volume. 

— LE LIVRE NOIR DES SOUCOUPES VOLANTES, d’Henry Durrant (éd. Laffont); «histoire des réac¬ 
tions des hommes face au phénomène OVNI », se distingue par son ordonnance et sa chronologie ri¬ 
goureuse — 250 FB. 

— LES DOSSIERS DES OVNI, d’Henry Durrant (éd. Laffont); une analyse méthodique et très documen¬ 
tée des invariants qui se dégagent des observations et des preuves matérielles qui se sont accumulées 

— 285 FB. 

— SOUCOUPES VOLANTES, 20 ANS D’ENQUETES, de Charles Garreau (éd. Marne); ce pionnier de la 
recherche sérieuse sur les OVNI en France, fait le point de sa longue expérience — 250 FB. 

— FACE AUX EXTRATERRESTRES, de Charles Garreau et Raymond Lavier (éd. J-P. Delarge); avec 
un dossier de 200 témoignages <f’atterrissages en France — 395 FB. 

— DES SIGNES DANS LE CIEL, de Paul Misraki (éd. Marne); ouvrage de réflexion, abordant sous un 
angle original la question des relations entre OVNI et phénomènes religieux — 320 FB. 

— CHRONIQUES DES APPARITIONS EXTRATERRESTRES, de Jacques Vallée (éd. Denoël); expose 
les vues très personnelles de l’auteur sur l’ufologie; comprend un catalogue de 900 cas d’atterrissage 

— 345 FB. 

— LE COLLEGE INVISIBLE, de Jacques Vallée (éd. Albin Michel); dans lequel l’auteur tente de relier 
les OVNI aux phénomènes para-psychologiques — 310 FB. 

— DISPARITIONS MYSTERIEUSES, de Patrice Gaston (éd. Laffont); à l’aide de-documents et de nom¬ 
breux témoignages authentiques, l'auteur nous entraîne dans un monde étrange et inconnu, celui des 
disparitions de milliers de personnes sans qu’aucune trace ne soit laissée — 295 FB. 

— LE DOSSIER DES SOUCOUPES VOLANTES, CEUX VENUS D’AILLEURS et OVNI DIMENSION AU¬ 
TRE, de Jacques Lob et Robert Gigi (éd. Dargaud); trois tomes d’une étude fort complète et objective 
présentée sous forme d’excellentes bandes dessinées — 235 FB chaque volume. 

— LIS OBJETS VOLANTS NON IDENTIFIES : MYTHE OU REALITE ?, du Dr J. Allen Hynek (éd. Bel- 
fond); un ouvrage dans lequel le Dr Hynek explique pourquoi il faut tenter l’aventure de l’étude sé¬ 
rieuse du phénomène OVNI en dévoilant des documents inédits et sa conception des études à mener 

— 340 FB. 

— SOUCOUPES VOLANTES, AFFAIRE SERIEUSE, de Frank Edwards (éd. Laffont); un des meilleurs 
ouvrages américains, s’attaquant avec esprit aux attitudes officielles et décrivant de nombreuses ob¬ 
servations — 265 FB. 

— LES ETRANGERS DE L’ESPACE, du Major Donald E. Keyhoe (éd. France-Empire); la traduction 
française de « Aliens From Space», un ouvrage où l'ancien directeur du NICAP expose les démêlés 
qu’a suscité le phénomène OVNI dans les milieux officiels aux Etats-Unis — 320 FB. 

— LES OVNI EN U.R.S.S. ET DANS LES PAYS DE L’EST, de Julien Weverbergh et Ion Hobana (éd. 
Robert Laffont); pour la première fois en langue française, un dossier sur les nombreuses observa¬ 
tions d’OVNI d’au-delà le «Rideau de fer» — 440 FB. 

— LE LIVRE DES DAMNES, de Charles Fort (éd. Losfeld); premier recenseur de phénomènes curieux 
de l'espace, Fort a réuni dans cet ouvrage une incroyable collection de faits la plupart encore inex¬ 
pliqués de nos jours — 300 FB. 




JUMELLES, SPOTTING-SCOPES, TELE¬ 
SCOPES, LUNETTES ASTRONOMIQUES, 
MICROSCOPES, REPARATIONS, ETC. 


IG 


ATELIER ET MAGASIN D'INSTRUMENTS OPTIQUES 
PIERRE SLOTTE, Chaussée d'Alsemberg, 59 
1060 BRUXELLES. Téléphone 02-537.63.20 


Le guide de l'enquêteur : un ouvrage que vous devez posséder. 

Cet aide-mémoire présente près de 200 questions à poser aux témoins d'observations d'OVNI, cou¬ 
vrant toutes les situations possibles. Vous y apprendrez comment estimer une altitude ou des 
dimensions par la technique de la triangulation, comment décrire une trajectoire, comment analyser 
et étudier les traces au sol ou les autres phénomènes physiques signalés, comment rédiger un bon 
rapport, comment affecter un cas d'un indice de crédibilité et d'étrangeté, etc... 

Outre les rubriques mentionnées ci-dessus, vous y trouverez quelques données astronomiques 
concernant l'observation des étoiles et des planètes, la visibilité du Soleil et de la Lune, ainsi qu'un 
calendrier perpétuel. 

Si l'ufologie vous passionne, cet ouvrage vous sera toujours d'un précieux secours. 

En vente à la S0BEPS au prix de 95 FB. Le montant de la commande est à verser au C.C.P. 000-0316209-86 de 
la SOBEPS, boulevard A. Briand, 26 - 1070 Bruxelles, ou au compte bancaire n° 210-0222255-80 de la Société 
Générale de Banque. Pour la France et le Canada, uniquement par mandat postal international (ne pas envoyer de 
chèque).