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Full text of "Bazot E F - The Complete Collection"

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MORALE 

DC L\ 




IBll'HIMERIE DE E. DUVERGER, 

HUE UH VEUXEDIL, 4. 


MORALE 


ET 

ESPIUT, PENSEES ET MAX1MES 

I>ES FRANCS” MApONS LES PLUS DlSTlNGXJES ; 

AT EC 

UNE 1'REEACE, UN Ul&COURS MBJ.lMIN A1 llE, UES OUSEHV AT 1 ONS 
ET DES NOTES I115TOUJQUES, D0GMAT1QUES ET CRITIQUES, 


PAR M. BAZ0T, 


AUTEUR DU MAHUEL DU FRANU-MAPON , ClC. 



eoiste 



PARIS, 

FILS AINli, LIBRAIRE,. 


Rue de Sorbonnc , u° 12. 



' 1827 . 




PREFACE. 


• Des ouvragcs cn grand notnbre ont etc 
publics sur la Frahche-Macohnerie; les 
uns sont injurieux ct diffamatoires ; les 
autres louangeurs et passionnes; tousn ex- 
primcnt que Popinion de leurs auteurs, et 
la Franche-Maconnerie , outrageusement 
calomniee ou defcndueavec exaltation, n est 
prcsque pas plus connue de certains apo- 
logistes, de ces homines 

Qui prenneni riiorizon pour les bornes du montle, 

que des profanes detracteurs. La plus belle 
institution morale a en quelquesorte four- 
ni des armes pour et contre elle : contre 
elle, parses secrets etparl’espritultra-pro- 
selytique de quelques-uns de ses membres ; 
pour elle, par l’excellence de ses doctrines 
et lesheureuxresultats qu’elles produisent. 

Or, dans Petat actuel des choses, il est 
dlilicile de porter un jugement sain et rai- 
sonne. Les profanes, mal instruits, per- 


• ( 6 ) 

sisteront clans Ieur injustice ou dans lour 
insouciance; lcs mapons, dont (’instruc- 
tion est incompffitc, se laisseront toujours 
emporter par lcur z61o excessif, et le pro- 
cfcs sera sans tcrmo. Lesavocatsauront une 
egale ardour; Iesjages line inevitable per- 
plexite. Au civil eten maponneric , les ge- 
nerations continueront a se sucoeder sans 
perdre leurs pretentions, d’un cote a de- 
truire, de 1’autre a conserver. 

Les prolanes, depuis cent ans, out dit 
tout ce qu’ils savaient, tout ce qu’ils pou- 
vaient dire; les mapons, cn se defendant, ' 
n ont pas connu toutes leurs ressources. 

On a allegue contre 1’ordre maponnique 
ses doctrines, ses usages, ses vues, ses 
intentions, ses effets. 

On a repondu par 1’eloge des doctrines, 
par la necessite des usages, par la purete 
des vues, par la droiture des intentions, 
par I’innocence des fails. 

Lesattaquans ont conteste, les attaques 
ont confirme : denegation et affirmation 
ne sont pas des preuves. Un tribunal se 
prononce surlesrealites, etnonsurlcs dires. 


( 7 ) 

Assurement lc profane dcvrait motive? 
ses suspicions ; niais il ne s’y croit pas tou- 
jours oblige* II seprononcc cn gonei al cen- 
tre la maoonneric sur oui-dirc, par caprice, 
par esprit de contradiction , a pen pres 
co mine cet Athenian qui votait contrc Aris- 
tide parcequ'il enteiulaitdiredc tous cotes, 
Aristide te juste . C’est au maeoft a dcrnon- 
trer au profane qu’il est dans Fcrreur ; a 
l’eclaire'r, s’il se trompe de bonne foi ; a le 
convaincrede perfidie, s’il se refuse a l’evi- 
dence. 

Nous justifierons les doctrines en les 
mettant au grand jour ; mais nous nous tai- 
rons sur les usages, parce que les doctrines 
etant bonnes, les usages ne peuvent etre 
dangereux; car de bonnes doctrines et de 
mauvais usages ne sont pas plus compa- 
tibles cntre eux, que l’eau et le feu dans les 
elemens. 

Avant d’exposer les ressources dont on 
n’a point fait usage avant nous, nous de- 
manderons aux profanes detracteurs , ct 
cette question nous est bien permise : 

L injustice , a la Gn , produil l’iiidependance , 


( 8 ) 

tic quel droit ils portent contre nous tant 
d’odieuses accusations? Quels corps, cor- 
porationsou individus ont qualite pour nous 
interroger , pour nous censurer, et surtout 
pour repandre sur nos actions et nos prin- 
cipes les poisons de la calomnie; appeler 
sur les francs-inapons memc les plus dis- 
tingues, lemepris public, et contre l’ordrc 
entier, la severite des lois? Au gouverne- 
ment seul nous sommes comptables de ce 
que nous pouvons direelfaire; etsile gou- 
vernement, qui nous connait bien, nous 
laisse tranquilles, quel pouvoirest au-des^ 
sus du sien? Quels audacieux se croient 
superieurs aux niagistrats et au monarque ? 

Tousse tairont; mais, dit Basile, « ca- 
« Iomnions, calomnions, il en reslera tou- 
« jours quelque chose. » 

Quand les francs-mapons comptent dans 
leursrangs coinrne protecteurs ou coniine 
freres , des rois, des princes, lesplushauts 
lonctionnaires publics , les plus notables 
eitoyens, les plus grands homines, les plus 
beaux genies, tous les genres d’illustra- 
lion, ils peuvent etre calomnies sans en 
recevoir 1c inoindre dommage. 


( 9 ) 

dependant, pour confondre les vieilles 
calomnies et prevenir les nouvelles , il est 
tie leur devoir, peut-etre plus encore que de 
leur interet, d’employer enfm ces ressour- 
ces trop long-temps negligees et qu’ils ont 
toujours eues : ellcs consistent dans Fex- 
position des doctrines maconniques, ex- 
traites de nos rituels , des slatuts de l’ordre, 
de nos r&glemens generaux ou particuliers; 
dans des citations de la morale de nos chets, 
de nos oratcurs, de nos ecrivains , de nos 
FF./. distinguesdansnotre ordre ou dans le 
monde profane, etdesprofaneseux-memes 
des qu’ils font profession de loyaute. 

Le cadre de petite proportion que nous 
avonsadopte pour le rendrepluspopulaire, 
nous a mis dans la necessite de ne puiser 
nos citations que dans des ecrits imprimes, 
et de ne donner que des fragmens. Mais 
nous nous sommes efforce de bien choi- 
sir. Si la citation, en prose ou en vers, est 
generalement de peu d’etendue, elle est tou- 
jours claire et precise, toujours concluante. 
Les auteurs que nous citons deviendront 
pour nos FF. \ des autorites qu’ils pour- 


ro.ii t consulter avec fruit et rappeler avec 
confiance. Ce recueil a le merne objet que 
les. collections celebres et utiles surtout, 
publiees A difTerentes epoques pour P in- 
struction ou le souvenir des person nes qui 
airnent ou cultivent la literature, collec- 
tions connues sous les titres de Moralistes 
anciens , de Morale des poetes, Esprit des 
philoso phes , etc. , etc. 

Sous le seul rapport litterairc, Pordre 
des francs-mapons meritait bien cette dis- 
tinction classique. 


( ■' ) 



DISCOURS PRfiLIMINAIRE. 


Aspiciunl ocnlis st tpitri mortaha jnsUs. 

Ovid. fab. 1 , Hv. xjn. 


L’instituiion de la FkAnciie-Maconnerie es i 
H op ancicnne , trop repandue et trop gene- 
ral emeu t estimee , pour que , dans 1 esprit des 
homines judicieux, elle ail besoin d’apologis- 
les; elle parle par ses oeuvres ; mais si a leurs 
vcux il suflit dc son nom pour exciter Finte- 
ret, et de rappeler ses tiLres pour conquenr 
une pa line facile, il est des esprits qu il n’est 
pas aise d’eclairer; des entelemcns qui resis- 
tcntavec aprele, unemauvaise foiquilfaut si- 
gnaler pour en paralyser les efFets. Tel est no- 
ire but: nous Fatteindrons de toute maniere. 

La franclie-maconnerie regne aujourd hui 
sur le monde entier, mais non egalement, 
dans ses di verses contuses. Sous le bicnfail 
sacre de la tolerance, elle habile glorieuse- 
mentpanni nous. Honneur a la France ! 

(1) Les tlieux voienl nos aclions cl lesjugenl aiec equite 


louLcfoiS' nous ne nous dissimulerons pas 
qu u /hllut, ily a quelque cent ans, lui pretcr 
un appui que rdclamait son arrivdc sur notre 
so , ou peut-elre ellen attendait pas une si vivo 
et si longue hospitality Des qu’dle parut, 
e o oblint de defies adrnirateurs, et surtout 
r e zelds oourtisans. Jeune, belle, intdressanto, 
e ,e Ca P tlva les coeurs gdnereux, et ses nom- 


(0 L ordre maconnique n'esi ni Frnncais , ni Anglais , 
i esi universcl. 11 a vingl origincs pour une. Les Anglais 
ne J om point invcnie, mais Us Pont introduil en 1725 en 
France , ou cependam on pretend qu’il avail ddja paru. 
Les premieres loges semi-legales furenl tenues a Paris 
pai des Anglais. De la France , il passa dans le nord ; de- 
puis il a fail le lour du globe. 

L origine de la franche-maconneric se perd dans la 
mm des temps. Des Porganisation des hommes en socidle , 
il a ex isle des ecoles parlieulieres dc sciences el de sagesse! 
Linde, PEgyple, l a Grece , PItalio , la Gaule, PAn- 
g elerre , la France , le.resle de PEurope etsucccssivemem 
les Amenq ues , voiTA la hierarchie de ces ecoles ou inslilu- 
Uons my s ter ie uses : initiation ou mysthres chez les anciens , 
et simplementymncAe-maconnerie chez les modernes. 

Qu’esl-ce que initiation ? Qu’esl-ce que la franche-ma- 
connene ? La morale universelle, ou, comme nous Pavons 
dit dans notre Manuel du Franc Macon, une Relic. on om- 

QDE, UNIVERSELLE ET IMUUABLE. 

Si telle esl en effel , et nous en sommes eonvaincus 
cette admirable institution , les anciens seuls om SLnie ; 

« modernes n’onl que comintte' et peut-etre perfectionne. 


( *3 ) 

brcux soupirnns porlerent dans toutes lcs 
classes de la socieLe le culte qu’ils lui rcn- 
daiQiit. A peine connue, elle avait eld aimee ; 
plus repanduc, el le eut dcs milliers d'adora- 
teursqui louerental’envi sesrares perfections. 

Veritable divinite, la franclie-maconnerie 
ne vieillit point. Elle captive tous les ages et 
continue a meriter les plus purs liommages, a 
entretenir d’invinciblcs passions. Voyez en- 
core , ct ces liouorables vieillards, et ces 
hommes d’un age mur, et ces jeunes gens, ega- 
lement empresses a apporter dans ses temples 
le tribut journalier de leur admiration! Ri- 
vaux amis, qui ne se disputent que l’lionneur 
de la servir avec plus de devouement, etde re- 
pandre au loin sa reuommee. 

La franclie-maconnerie a eprouve et elle 
eprouve encore de secretes persecutions. Eh! 
pourquoi? A-t-elle des rivales? non. Veut-elle 
dominer sur les institutions qui existaient 
avant elle ou qui ont paru depuis? non. Veut- 

Contentons-nous , macons de tous les pays, du beau 
r 61 e de continuateur's, et sans preLendre, par esprit natio- 
nal, a une creation a laquelle nous n’avons aucun droiL, 
jouissons de lare'colte presente de ceL arbre de vie , dont 
les rameaux omhrageronL la derniere poste'rile , en donnant 
jusque-la, et a Lous , les fruits les plus exquis. 


2 


( >4 ) 

elle captiver tons lcs hommages ? non. Elio 
dit : 

GencreuxFrancais, vous m’avcz admisc par- 
mi vous ; vous m’avez assure un asile sur votrc 
territoire; vous jugez que je nc suis ni hostile 
ni lurbulente; vous vous plaisez avecmoi, je 
suis lieureuse avec vous : ah! laissez-moi jouir 
e tern ell ement de ce bonlieur. Vos mceurs 
douces, votre esprit aimable, votre caractcre 
facile , vos vertus publiques et privees, tout 
m’altache a votre sol et a vos personnes. Par- 
tout j’ai dcs autels ; paftout des amis , des 
protecteurs, des courlisans assidus; partout 
je suis bien , mais clicz vous je suis mieux... 

Ce lou cliant langage est entendu de tous 
les fra ncs-ma cons de notre chere patrie ; tous 
repondent aux heureuses inspirations de la 
divinite que leur amour a naturalisee fran- 
oaise ; tous veulent vivre avec elle et pour elle, 
tous enfin veulent lui assurer une succession 
entiere de serviteurs et de disciples dans leurs 
fils, dans leurs femmes, dans leurs filles: legs 
volontaire, faitenpleine raison, etquinesera 
ni attaque ni repudie. 

Les francs-macons de France n auront ja- 
mais le desir insense d'attacher au char de 
leur deesse tous leurs compalriotes.Ils veulent 
que l’hommage soit libre, instantane. Aimez- 


( >5 ) 

la, disent-ils, si votre cceur bat a son doux 
noin; I a ].ersecut 02 pas s ; e Ile lPa p;ls #u 
vous plan e. Faut-d vouloir Ia perte de ce nui 
napas nos affections? Le monde entier ccs- 
seraU bientdt d’existcr si Ies hommes, si ] es 
corps ou corporations qui ne peuvent se souf- 
Inr, a vaient Ie droit de s’egorger ou de se 
proscnre. 

Institution morale la plus ancienne etla plus 

remarqua.b e , soit sous son nom actuel, soil 
sous celu, de 1 'initiation che Z ies anciens peu- 
ples, Ja franche-maconnerie est un culte , un 
l.en d am.tie, nne loi de bienfaisance, un gage 
debonheur, unegarantie de paix universelle 
tile adoucit ies moeurs, elle dpure Ies ames 
elle porlea 1 etude et a ia meditation, elle 
egahse les rangs par Ie niveau de Ia vertu 
j?° l ^ s ne lalre des hommes qu’un peuple de 

Ce nest point une exageration de dire 
qu un franc-macon veritable serait non-seule- 
ment Ie meilleur ciloyen,. Ie meilleur epoux 
e meilleur pere, Ie meilleur ami , mais en- 
core Ihomme Ie plus parfait. Un tel franc- 
macon nexiste pas dans toutecelte admirable 
acceplion , parle seul fait del'imperfection hu- 
maine. M als on rencon irefacilement et on foulc 
de tres honorables et de tres excellens FF.-. 


( »6 ) 

La franche-maconnerie doiL done etre con- 
siddree comme une institution morale indis- 
pensable a Tnindlioration des societds policecs 
ct a la haute Education des peuples nouveaux, 
comme le plus precieux auxiliaire de la reli- 
gion et du gouvernement. Ses maximes sc gia- 
ventaisement dans les cceurs. Ses formes em- 
blematiques, ses ceremonies imposantes , 1 ad- 
mirable ensemble de ses doctrines, cette amitie 
attractive, cette fraternite inspiratricc, ce 
charm e indefinis sable qui se rep and dans 
toutes les reunions maconniques et sur tous les 
macons, deviennent pour ses sectateurs un 
obj et constant d’etudes etle plus noble deba- 
sement. Elle donne de louables habitudes , 
elle impose une sorte de caractere sacre ; et 
si malheureusement il est des, macons peu 
dignes de la haute mission qu’ils ont reclier- 
chee, et que leur a fait confier la plus hono- 
rable sollicitude, il ne faut pas juger de l J in- 
stitution par ses plus faibles propagateurs : 
on ne mesure pas un geant sur un pygmee. 

En faisant aux ennemis de l’ordre macon- 
nique cette concession , qu’il y a de peu di- 
gnes FF.'., nous pensons qu’il est encore in- 
teressant pour les gouvernemens et pour la 
societe elle-meme, que Tagregation a noire 
ordre soil accordee aux hommes qui n’en re- 


( ' 7 ) 

lirent pas tous les bien fails qu’il proinefc et 
dont il s’efforce de fa ire jouir les adeptes. Si 
les bons preceptes, si les bons exemples ne 
peuvent les changer, ils exercent toutefois 
sur eux une veritable inlluence magnetique : 
queseraient-ils, grand Dieu! s’ils n’dtaicntpas 
irancs-macons ? 

Les bons macons, hommes nes vertueux, 
se sont fortifies dans nos enseignemens ; ceux 
qui n’avaient encoi’e aucun principe bon ou 
mauvais, se sont laisses aller a fimpression 
qu ils ont recue. Ils pouvaient elre vicieux ; 
ils sont devenus estiinables. Rien n’agit sur 
1’ espHt el le coeur comme le precepte et 
lexemple; rien u 'attache l’homme a ses de- 
voirs comme son agregalion a une societe 
d’amis et de FF.\ 


Et ces regies de conduite generale ; et ces 
conseils fraternels dans les positions delicates 
etdifficiles; et ces appuis d’une masse de FF.* . 
ou meme d’un seul F.*., quand le besoin d’etre 
aide les fait reclamer; et ces fondations pu- 
bliques de bienfaisance ; et ces dons journa- 
liers aux malheureux que la misere conduirait 
au vice ou au crime : ne sont-ce pas la d’im- 
menses services rendus a 1’Etat, aux citoyens, 
a 1’espece humaine entiere? 

Quel gouyerncmeut eclaire, quelle religion 


, (i8) 

charitable , pourraient repousser line institu- 
tion qui, sans pretentions, sans envalnsse- 
mens, est elle-meme politique ct religieuse ? 
Politique, puisqu'clle comniande , moins im- 
perieusement que par la persuasion, le main- 
tien des droits naturels, l’obeissance aux lois, 
le devouement a la patrie, le respect ct l’a- 
mour pour le prince, la fraternile univer- 
selle 1 ... Religieuse, puisqu’elle dit : Ilonorez 

(l) La franche-maconnerie , en France , esl esscnlielle- 
menl amie du gouvernement $ ne le jugcant jamais , le res- 
peclant toujours, Taimant avec une sorte d’idoliitrie, lors- 
qu’il fail le bonheur public. Avant la revolution , les 
franc.s-macons e'taient royalties , car ils e'taienl ne's sujets 
des rois. La royaute disparail ! comme elle , ils disparaissent 
aussi. Le gouvernement consulaire demi-republicain, demi- 
monarchique eit e'tabli : les francs-macons renaissent,. 
simple societe' morale , et problem de. la tolerance sans 
soumettre a leur jugement le pouvoir qui leur rend la vie. 
L’aigle impe’riale est substitue'e aux faisceaux consulates : 
c’est la monarchic sous Tembleme de Taigle. Ils saluent 
avec la nation enliere le nouvel ordre de choses qui repare 
bien des maux, qui encourage etprole'ge les Mac. 1 .. Ils de- 
viennent fideles sujets de Tempereur comme ils ont e'te’ 
fideles sujets du roi. A son tour le lis reprend son antique 
puissance i replaces sous le pouvoir royal, les macons 
rendent a cet ancien pouvoir Thommage de leur fidelite', 
de leur reconnaissance, de leur amour. La f’ranche-macon- 
ncrie esl done politique eu ce sens qu’elle est royalistc sous 


( '9 ) 

In religion et ses niiiiislres ; sans religion, 
point de bonheur public, point de paix de 
conscience, point d’avenir consolntcur. Reli- 
gion naturcllc sans ininistres et sans dogmes, 
mais non sans principes et sans scctateurs, 
elle en tret ient dans Je coeur de J’hommc lu 
conscience d’un Dieu creatcur, non moiris bon 
que misericordicux. , et extirpe ainsi du coeur 
cettc racine d atbeisrne que les passions ac- 
croissent, et que ne detruit pas ton jours la 
religion qu’on a recue de ses peres \ 

Won ! jamais un gouvernement sage, jamais 
une religion qui voudra parler au cocur , ne 
proscriront l’institution maconnique ! 

Le melange dans les loges dcs difFercns 
ages de la vie ppres radolcsccncc cst du plus 
bant interet sous le double rapport de la po- 
litique et de la morale, que Ton desunit trop 

tes gouvernemens monarchiques , ei rcpuhlicaine sous les 
gouvernemens deniocraliques. Mais ceile couleur politique 
estune couleUr lerriloriale, el non une couleur dogmalique. 
Ciloyens d’une republique ou sujels d’un prince, les ma- 
cons de lous les points de Tunivers sc regardant comnic 
freres; ils oni enlre eux une sainie alliance morale qui 
depend d une volonie bien au-dessus de celle des hommes. 

(l) Disciples de Motsc, du Christ, de Mahomet, mate- 
rialistes , soyez marons, el vous serez religieux sans quitter 
Vos dogmes, sans en adopter de nouveaux. 


souvenl,etquisontsinecessaires Pun 6 a Patttrc. 
Les vieillards n’y donnent que de bons avis, 
de bons exemples ; les hommcs d’un age mur 
s’y maintiennent avec dignite ; les jeunes gens 
s’y ferment an bien. Pendant que tons sont 
reunis en loges , les jeunes gens surlout <$vi- 
tent les maisons de jeu et tous les genres de 
corruption. Les vieillards, par une douce com- 
munication d’entretiens et de sentimens, per- 
dent de vue leur age, leurs infirmites, l’isole- 
ment ou ils seraient dans le monde profane ; 
leurs jours s’ecoulent en paix; leur passage 
futur d’une vie si courte et si agitee a une vie 
eternelle et de paix, ne sera point affreux. 
Pres d’etre frappes par l’inevitable ndcessite 
de la destruction, ils auront les consolations 
de Sftcrate sacrifie juridiquemenl aux prejuges 
de ses compatriotes, et leur lit de mort sera , 
comme celui du sage Athenien, entoure de 
leurs disciples, de leurs amis, tous dissertant 
en philosopbes religieux sur l’immortalite de 
Pbomme de bien que chacun d’eux a pris pour 
modele. 

Hors des LL.*., ces sages et leurs dociles 
auditeurs porteront dans leurs families et dans 
la societe ces principes d’ordre eL de bien, 
public qu’ils ont puises dans leurs mutucls- 
entretiens ; ces affections domestiques qut 


( 21 ) 

•etablisscnt, soutienncnt ou ranirnent le bon- 
lieur commun ; ce courage personnel qui fait 
supporter nob lenient les re vers et to us les 
genres d’alfliction ; celte sujieriorite d’amc qui 
eleve au-dessus de tout ce qui n’est pas raison 
€t sagesse ; cette philanthropic de cceur qui 
fait aimer meme les ingrats, et secourir raeme 
ceux qui ne sont pas dignes de la pitie. 

Voila quelques-uns des bienfaits que pro- 
cure au genre liumain Tinstilution de la fran- 
clie-maconnerie dans les contrees ou on la 
protege 1 ; et dans celles oil on la proscrit, 

(1) En 1551 , Elisabeth , reine d’Angleterre , ne pou- 
vant, a cause de son sexc , elrc admise a la connaissance 
des mysteres de la maconneriej ordonne la fermeture 
des Loges dans ses e'lats , el la re'voque sur les. instances 
des plus ze'le's macons, Des rintroduction semi-legale de la 
-franche-maconneric ea France, en 1725 , les reunions de 
ses mcmties sont de'fendues , sous peine d’amende et de 
prison. Les loges coniinuent ; il y a des poursuites; elles 
continuent encore, et on les laisse en paix. En 1737, les 
etats de Hollande proscrivent les macons 5 bienidt rassures 
ils les lolerent $ en 1743 , en Suede, Fre‘de'ric Ier porte 
peine de mort conlre eux ; Tanne'e meme il rapporle son 
de'eret ■ en 1745 les magistrals de Berne dependent les as- 
semblies maconniques : les francs-macons impriment une 
reponse respectueuse , mais energique, et les magistrals 
laissent ^omber en desuetude leur defense 5 en 1762 Cathe- 
-rine 31, miperaLrice de Russic , repousse les associations. 


elle fait un plus grand bien pcut-etre par les 
anoyens qu 1 elle cree pour cmpccher ou morte- 
rer le mal. Elle donne la force dc supporter 
la tyrannie, de combattre ayec plus ou nioins 
de bonheur le fanatisme, de rdsister au nou- 
veau chaos des tenebres, de Tignorance et de 
la perversite ; elle conserve merae sous le 
boisseau la lumiere , nieme la vertu au sein 
de la demoralisation. Dans ces horribles con- 
trdes, les francs-macons sont persecutes, inis 

desFF.-. j mais presque aussilot elle les autorise et se de- 
clare tutrice de la loge de Clio, a Moskow ; en 1764 Fim- 
pe'ratrice Marie-The'rese se’vit contre les macons; des 1785 
Pempereur Joseph II les encourage ; en 1 77 5 le roi de 
Naples rend un edit de mort contre tout membre de Pordre 
maconnique ; deux anne'es apres , sur les instances de la 
reine Caroline, il fait cesser les procedures et rend la liberte 
aux macons detenus. Quelques anne'es avant, Guillaume Ier 
avait defendu les loges en Prusse ; le prince Frederic se 
fait inilier, et il devient (17 77) le plus zele propagateur de 
Fordre. 

Celle illuslre sociele, d’abord proscrile , puis protegee 
ou lolere'e, est en pleine vigueur en Suede, en Angleterre, 
en Prusse, dans les Pays-Bas, en Suisse, en France, etc. 

Mais PAutriche , mais la Russie , mais 1’ltalie , mais I’Es- 
pagne, ont repris ou conserve leur animosite sanguinaire. 
Comme, ayec le temps, l’eau qui tombe goutte a goutte par- 
vient a creuser le roc le plus dur, ayec le temps la macon* 
nerje triomphera de ses plus terribles ennemis.. 


( 5.3 ) 

;i mort. Qu’aivive-t-il conlre Pordre? II a des 
victimes , il a de plus ardens sectateurs. Moins 
de liberie, plus d’adressc; moins de candi- 
dats, de nieilleurs clioix; moins d’esperances, 
des resullats plus certains. La delation peut 
signaler les lieux ou Ton so reunit, mais une 
contre-survcillance paralyse la perfidie, et la 
loge n’existc plus a Parrivee des satellites. Y 
a-L-il des victimes ? elles sont fideles a la foi 
juree; on detruit Pinstrument , on ne detruit 
pas la cause. Esl-ce le nombre qui fait les 
macons? non assurement. Cent macons peu- 
plent line loge; un seul macon conserve Por- 
dre. La maconnerie est partout : les bourreaux 
ne suffiraient pas aux victimes. La maconne- 
rie est un culte de la conscience : on est ma- 
con detention. Sous les dehors profanes 
brule un coeur fraternel : et tel agent de pro- 
scription a sauve la victime qu’il devait livrer. 
Les proscripteurs des macons ne sont jamais 
certains del’execution des crimes qu’ils com- 
mandent. 

^ GouvernemensarmescontrenosFF.*., vous 
n avez rien a craindre de leur part. Ils instrui- 
sent, ils eclairent; ilsne conspirent pas. Lais- 
sez done la les crimes, nous ne disons pas 
supplement les crimes inutiles, mais lous les 
crimes qui vous font tant d ennemis, non des 


( H ) 

macons, mais tics peuples opprimes. R<5gnez 
par les lois; laisseza la justice son action na- 
turelle ; respcctcz les droits ties citoyens ; pro- 
tegez la liberte legale. Dans le bonheur public 
voustrouverezle votre, et cnmeme temps une 
gloire immortelle. 

Cette politique-la sera dela vertu. La vertu 
conserve et recompense. 

Nous avons dit cn substance ce qu’est la 
franche-maconnerie. Resumons aussi les ac- 
cusations portees contl'e elle. Les unes sont 
graves, les autres frivoles : graves ou frivoles, 
elles sont ridicules. 

<c Les franc s-m a cons, disent leu rs a ecu sa- 
te teurs, sont les ennemis du trone et del’autel: 
tf ils outragent la morale; ils se livrenl a des 
« amusemens niais. » Yoila, ensomme, notre 
acte d’accusation : e’est 1’esprit de quelques 
centaines d’ouvrages et de diatribes, et par 
consequent d’autant d’opinions manifestoes ou 
reproduces depuis plus d’unsiecle. Tous nos 
ennemis se trainent a la suite les uns des au- 
tres. Ils se ressassent et se citent, steriles en 
i dees, mais forts en calomnies, en outrages, et, 
malheureusement pour eux, en absurdites 
palpilantes L 

(l) o Avec les mots philosophes , irancs-macons et illtj- 


Sur le fnitde notre inimitie «pour le trone 
« el l’autel, de nos outrages a la morale, et 
« de la niaiscrie de nos arnusemens, » nous 
dirons : 

11 est d’abord difficile de conspircr et de 
s’amuser nim'sement. Les conspiralcurs ne 
sont pas des liommes de plaisir. On ne va 
point au bal cn sortant de manier une torclie 
incendiaire ou un fer homicide. On ne con- 
spire pas dans les qua t re parties du monde 
en societe avec un million d’individus ; on ne 
conspire pas en France avec cent rail le con- 
jures ; on ne conspire pas dans quatre cents 
atel.-., sous les yeux d’au nioins autant d’au- 
torites locales ■ il n y a pas soixante-dix antres 
de conspiration dans la capitale du royaume ; 
on ne prend pas pour conjure le premier ci- 
toyen qui ofFre des garanties morales et qui 
sollicite lui-meme son agregation a Fordre 
maconnique. 

Quand on veut outrager les moeurs, deux ou 
trois cents personnes ne se reunissent pas en 

mines, on accuse, on condamne , on rend compie de lous 
les e've'nemens. . 

J. J. Mounieh. (De 1 influence allribue’e aux philosonhes, 
aux francs-macons et anx illumines sur la revolution 
francaise. Un vol. in-8°, Tubingen, 1801, p. 7.) 


( 26 ) 

loge d’adoption * ; on n’y invite pas les ci- 
toyens les plus notables et les plus connus, 
leurs femmes, leurs filles, leurs soeurs, leurs 
meres. 

Cent mille personnes, liommes ou femmes, 
ne s amuscnt pas niaisemcnt, eif Fi'ance sur- 
tout, ou le bon sens est la premiere qualitd 

CO * ®e tcllcs reunions no sont pasj il cst vrai, con- 

■ formes aux regies de la deccnce ; ir.ais il y a loin de pen- 
1 aer qu’un tel rassemblemenl peut favoriscr des intrigues 
1 criminelles , a croire qu’on y renance a tout sentiment de 

pudeur. Il est des accusations tellemcnt airoces, qu’un 

■ homme juste a bcsoin pour les adopter des temoignages 
“ l es plus authentiqucs ; et celui qui ne crainl pas de les 

publier, et n’est point cn e'at d’en donner des preuves 

certaines, doit en etre puni severement par les lois, et,a 
« leur defaut , par Tindignalion des gens de bien. 

J. J. Mounier (De V influence, etc., p, 154). 

* Je declare solennellement que je n’ai jamais ete' franc- 
• maeon. ■ 

Le meme (meme ouvrage , p. 178). 

Une assez singuliere lactiqne de nos ennemis , tactique 
dont les hommes de bon sens , macons ou profanes , de- 
vinent facilement le but , mais dont sont toujours dupes 
les hommes a prejuge’s et ceux qui croient sur parole , 
est de se dire macons : ils ont surpris nos secrets ou ils 
ont ete' admis aux mysterea malgre eux ; d’of; il s’ensui- 
vrait qu’ils parlent perlinemment de ce qui se passe cn 


( ' X 1 ) 

exigee de quiconque ne veut pas £tre archi- 
sillle. 

Nous voudrions en vain poursuivre celte 
sortc tie defense. La plume s’echappe de la 
main. Les plus intrepides dissertateurs ne 
peuvent pas parler sur rieii. Au heros de la 
lUanche et a ses pareils ou a nos absurdes 


loge. ^e lcs croycz pas : to sent des dupes qui en vculcnt 
laire d antres , on des gens de mairvaise foi qui emploicnt 
le mensonge tomme argument incontestable. Ils ajouicnt 
a ce moyen de'loyal celui plus impudent peut-etre de 
douner ia qualite de macons aux personnes qu’ils nous 
opposenl ou qu’ils veulenl accabler de leur haine. C’est 
ce qu’a fai L , sous ce dernier rappon , M. Robison ( voy, 
ce nom), en declarant que Mounier appartenait anotre 
ordre. (Voy. le l er vol. de 1’ouvrage de M. Robison, p. 66.) 
Lequel croirez-vous , lecteurs impartiaux , de l’anglais 
Robison entassant contre nous mensonges snr menson. 
ges , calomnies sur calomnies , ou de Mounier manda- 
taire de la nation, homme emiuemment loyal , qui affirme 
qu’il n a jamais appartenu a noire socie'te ? Voire, re'ponse 
n’est p^s douteuse. 

L’abbe Barruel, auteur des Me mo ires pour servir a Vhis - 
loirs du jacobinisms ,■ l’abbe' Proyart, auteur de 1’ouvrage 
intitule Louis XVI detrone civant d’etre roi } et tant d J autres 
ennemis de l'ordre maconnique, n’e'taient pas plus francs- 
macons que l’illustre membre de l’assemblee eonstituante. 
Celui-ci nous defend, ei les autres nous calomnienl ] Vruis 
macons , nous sommes reconnaissans. . . et charitables. 


( ’8 ) 

antagonistesappartientla rare fuddle de pren- 
dre des moulins a rent pour des gdans a cent 
bras, une association honorable pour un foyer 
de crimes et de debauches, ct les plus illus- 
Lres ou recommandahles citoyens , pour des 
monstres, des fous ou des imbeciles. 

Cette esquisse rapide de ce que nous som- 
mes et de ce qu’on veut que nous soyons, est 
ce qu’il y a de moins important dans la tache 
que nous nous sommes imposee. Un discours, 
une dissertation, des reflexions, annoncent le 
travail de 1’esprit et d’un seul esprit. Notre 
pi'ojet est plus grand et d’un interet plus ge- 
neral. 

La morale de la Jr anche-maco finer ie , que 
nous avons voulu rendre publique et univer- 
selle, faitconnaitre les principes qui nous re- 
gissent. A la suite, et comme fruit ou confir- 
mation de cette morale, nous donnonsl’e^/vY, 
les pensees et les maximes des ecrwains ma- 
cons les plus distingues T . Les prosateurs ne 
sont pas les seuls que nous ayons mis a con- 

(l) Parmi les FF.*. donl nous rappelons les noms, it en 
est qui ont peu de celebrite dans le monde profane, mais 
qui onl acquis une cerlaine illustration en maconnerie; 
d’aulres , egalemenl peu connus au civil , ne le sont parmi 
nous que pour avoir pris des chemins deLournes , afm sons 
doute d’arriver plus heureusemem et plus vile au but : ilsL 


( 2 9 ) 

tribution ; les poetes nous devaient aussi le 
tribut de lcurs muses, Le Parnasse francais 
a donne a l’ordre des poemes, des liyinnes, 
des chansons 1 . 

Notre travail est pen de chose assttremcnt; 
pour le faire, il n’a iallu que de Pcxperience, 
des reclierches, une lecture attentive, ct un 
pen de gout. Mais quelque peu important qu’il 
soil pour notre amour-propre, nous cn som- 
mes fier cependant. Ge travail manquait; cL, 
en le concevantj en 1’execuLant avec soin, 

so soni egare's ; leur esprit seul a tort. Cel esprit j faulif 
dans cerlaines inspirations, merilo souvcnt des eloges , el 
nous les leur accordons d’autanl plus volonliers quo nous 
prouvons, en cilant ce qu’il a de louable , une grande 
impartiable el un criiier devouemeni a fordre. 

(l) Nous ferons observer, pour les poetes com me pour 
les prosateurs, que nous n'avons pas exige, modestcs ex- 
traycurs , pour leur empruiiler un couplet, une pe'riode poe'- 
lique ou un fragment en prose , qu’ils fussent auteurs de 
profession el qu’ils eussenl compose des volumes, tin ma- 
gistral, un fouclionnaire public } un honorable ciloyen , 
n’ont pas loujours voulu , loujours e'te' dans la position de 
prononcer des discours ou des vers, el de les faire impri- 
mer. Les poetes el les prosateurs de fail nous ont fourni 
par leurs ouvrages les ressources que nous desirions ; 
mais les Mac.-, donl on n’a publie qu’un discours ou une 
piece de poesie, du moment quails sonl hommes publics ou 
cpjmus , ont etc mis par nous a contribution , parce quo 

3- 


( 3o ) 

nous avous senti que nous en recueillerions 
le fruit dans l’estime geiuSrale. Nos ennemis 
ne pourront plus nous attaquer sans aflicher 
la calomnie voloutaire ; les profanes debonne 
ioi nous sauront gre de nous dcfendrc d'unc 
inaruere si noble, et nos FF.-., qui nous out 
deja donne lain de marques d affection nous 
aimeront peut-etre davantage. 

dans ce discours ou dans cclle piece dc poe’siocsl leur doc- 
trine maconnique lout emiere . c'esl une sorle do devise 
qu ils onl a clop lee et qu’ils mainliennent avec fidelile parmi 
nous coniine dans le nionde profane. 

(1) L’auteur esl S.-. P.-. R.-. C.-. , grand inspecleur- 
general, 33e el dernier degie du rile ecossais ancien el 
accepie , Off.*, du G.*. 0.*. de France, Ven.\ de f;.\ , T * 
s.-. de Chap.-., Chev.-. d’Kloq.-. de Cons.-. , fondat’eur ! 
conseil a vie el president de societies de prevoyance. 


OBSERVATIONS 


sun la distribution des matieres de ce 

RECUEIL. 


La Morale de la Franche-Maconnerie res- 
s ort nalurellementdes principes exposes dans 
les rituels des grades, dans les statuts gene- 
raux de 1’ordreetdans les diflerens reglemens 
des societes maconniques. En citant ces ri- 
tuels, ces statuts, ces reglemens , nous avons 
smvi vine marche simple naturelle , la seule 
que Ton dut adopter. 

Mais notre embarras a ete grand lorsque 
nous avons voulu classer les auteurs francs- 
macons , prosateurs ou poetes , qui , par leurs 
principes se veres ou leurs lecons aimables „ 
ajoutent la force de leur autorite, ou simple- 
ment de leur talent, aux dogmes etablis par les 
londateurs de 1’ordre. 

En mettant eu evidence , ce qui nous pa- 
raissait d’abord tres convenable , les macons 
a tant de litres celebrcs , Frederic-le-Grand. 
fielvetms, Franklin, Washington , Court- 


( 52 ) 

de-Gebclin , Lalande , Voltaire, etc. , nous 
nous troii vions fixer presque exclusive™ cut 
sur eux Pat ten lion des lecterns , et dc celte 
maniere nous desheritions nos autresFF.*. 
de la juste portion d’interel a laquelle ils out 
droit. Car, par comparaison, dans une galerio 
de tableaux on court aux plus celebres , et on 
passe sans les apercevoir, ou , plus facheuse- 
ment, on passe avec dedain devant ceux qui 
ne semblent places que pour les accompagncr 
et les faire valoir. 

Pour egaliser fraternellement les rangs 
maconniques , et abandonnant notre premiere 
idee , nous avons ado pie Tordre alphabetique 
des noms ; les illustres morts , Court-de- 
Gebelin , Frederic-le-Grand , Joseph II , 
Voltaire, Washington, se trouveront con- 
fondus avec d’autres morts ou vivans, au com- 
mencement, au milieu, ou a la fin de notre ga- 
lerie maconnique, et peut-etre mieux encore, 
de cette phalange sacree de francs-macons. 

Cette difELculte detruite , il s’en presentait 
une autre. Devions-nous distribuer par ordre 
de matieres les sentimens , opinions ou pen- 
sees des personnes diverses qui figurent dans 
cerecueil? Par ordre de matieres, tellessonv 
mites maconniques ou civiles pouvaient sc 
irouver immediaternent placees par Tarbi- 


( 53 ) 

Iraire de la classification au-dessous dc tels 
FF.S qui li’ont, par rapport aux premiers, 
qu’une tres minime reputation ou le rang le 
plus inodeste. 

L’ordre alphabetique , espece de loi de la 
necessite, arnisfin a cet cmbarras.En evitant 
lc classement par rnatieres , nous ne faisons la 
partde gloire a qui que ce soit, assures, comme 
chacun, que parmi une foule dc pierres pre- 
cieuses, le diamanl, le rubis et l’emeraude sa- 
vent bien sc fa ire rcmnrquer. 

Une derniere dilHculte nous arrelait. Etait- 
il convenable de ineler aux pensees de la haute 
morale et aux sentences de la plus severe rai- 
son , lc trait spirituel, gracieux ou leger du 
couplet, meme la noble periode poetique ? 
Les poeles ne le cedant point en noinbreaux 
prosateurs, cetle miscellanee de morale et de 
litteralure maconnique nous forcait de marier 
presque alternalivement une pensee en prose 
avec une'pensee rimee : uni form ite qui , re- 
petee de page en page, aurait bientot fatigue. 

Tout le monde , et en matiere de morale 
surlout, n aimant pas ou, aimant mediocre- 
ment le langage des dxeux, si divers dans la 
bouche des poetes , nous avons cru devoir ce- 
der au gout le plus general : en consequence 
les vers ontete separes de la prose. Une seule 


( 54 ) 

table alpliab clique pour les FF.*. prosaleurs 
et poetes, et pour les profanes, amis on enne- 
mis , fait connaitre la page de la citation ; la 
citation ou la note qui Faccompagne indique 
les pcrsonnes qui n’apparticnncnt pas a For- 
drc inaconnique. Les anonymes eux-memesy 
prennent rang au mot anonjme . Si le temps 
ou les avis dcs FF.*. judicieux nous fontsen- 
tir la ntScessite de toute autre methode, nous 
suivrons volonticrs, en cela comme en autre 
chose, de meilleures inspirations. Nous avons 
d’abord fait de notre mieux : e’est tout ce qu’on 
devait raisonnablement attendre d’une seule 
et premiere idee, 


MORALE 


ns LA. 

FRAN CHE - MAgONNERlE. 

***• ♦WO**** . Wa ; Sfe , 8 

RITUEL FRANgAIS. 

SYMB.*. — ■ PREALABLES. 

L oidre des Francs-Macons est une associa- 
tion d’hommes sages et vertueux , dont l’objet 
est de vivre dans une parfaite egalite, d’etre 
intimement unis par les liens de l’es time , de 
la confiance et de lamitie, sous la denomi- 
nation de Freres et de s’exciter les uns les 
autres a la pratique des vertus. 

Amsi , lorsqu il s agit de 1 admission d’un 
profane 1 la Loge a laquelle il est presente 
doit considerer qu’elle va donner un membrc 
a ^association generale eL un frere a chaque 

(1) Profane par opposition a initi6. Chez les anciens 
comme chez les modernes Profanum extra templum , signifie 
non admis au temple , aux mj sleres. * 


( 56 ) 

snembre ; qne ce profane, une fois adrnis , Ics 
Macons de tout l’univcrs, de quelque dtat ct 
condition qu’ils soicnt, seront tenus de le rc- 
connaitre pour (el : la Loge se rend done 
moraleinent garante envers tons les Macons 
des qualites que doit reunir le nouvel adrnis. 

Nul profane ne peut etre adrnis s’il 11c pro- 
fesse un etat independant , et s’il n’est libre 
de sa personne. 

Jamais on n'admettra les ouvriers dits com- 
pagnons dans les arts. 

SENTENCES MORALES. 

Si la curiosite t’a conduit ici, va-t’en; 

Si tu crains d’etre eclaire sur tes defauts , 
tu seras mal panni nous ; 

Si tu es capable de dissimula tion, tremble, 
on te penetrera ; 

Si tutiens aux distinctions humaines, sors , 
nous n’en connaissons point ici ; 

Si ton ame a senti l’effroi , ne va pas plus 
loin; 

Situ perseveres, tu seras purifiepar les ele- 
mens ; tu sortiras des tenebres et tu verras la 
lumiere. 

DOCTRINE. 

La charite doit presider aux actions et aux 


( 3 ? ) 

paroles de toutFrano-Macon; il nedoit jamais 
Oitblierce precepte d’une morale sublime : ne 
fais pas a autrui ce quo tu ne voudrais pas 
qu on te f it a toi-meme . 

L’une des vertus dont la pratique est la 
plus chere aux Macons, cost la bienjaisance. 

L’engagcmenl que contracte Paspirant en 
entrant dans POrdre, ne blesse en rien le res- 
pect qu il doit aux lo is et aux bonnes moenrs ; 
ni a la fidelite due au gouvernement, 

L’homme etant condamne au travail , le 
macon doit menev une vie active et laborieuse. 

Ses mains , comme son coeur, doivent tou- 
jo urs etre purs. 

IJn macon est un homme libre, ami du riche 
et du pauvrc s’ils sont vertueux. 

( Manuscrit et imprime , 1801. ) 
RITUEL ECOSSAIS : Gr.*. SYMB.*. 

Le premier devoir est un silence absolu sur 
les mysteres de l-’ordre; le second, qui fait 
que la maconnerie serait le plus sacre des liens, 
quand elle ne serait pas la plus noble, la plus 
imposante et la plus respectable des institu- 
tions : ce devoir qui tient a l’essence de notre 
etre, c'est de combattre les passions qui des- 

4 


bonorent Thom meet le rend cut si mnlheiimix 
tie pratiquer les vcrlus les plus donees et les 
plus bieni'aisnntes ; de secourir son f'rcre, pre- 
venir ses besoins, soula^orson iniortune, en- 
fj ii Fassisterde ses lunn fires. Chaque occasion 
d’etre utile dont un mac.*, ne profile pas, esl 
une infidel i te ; cliaque sccours qu'il refuse a 
son F.*., est nn parjure ; et si la tendre et con ■ 
solante amble a aussi son culte dans nos tem- 
ples, cestmoins parce qu’elle estun sentiment, 
que parce qu’etant un devoir, elle pent y de- 
venir une vertu 1 . 

( Mannscril el imprime , in-4. , 58**. ) 
RITUEI DE LA MACONNERIE DES DAMES. 

La maconnerie des dames, appelee macon- 
nerie cV adoption, recoit son nom de ce que 
les mneons adoptenl des dairies auxquelles ils 
donnent conuaissance d’une maconnerie qui 
leiir est paiiiculicre et dont le but moral ne 

(l) Les grands principes de la franche-maconnerie sonl 
exposes dans les cilalionsque nous avons extraiies du Rituel 
Jrancais , qui , le premier , a regi la maconnerie en France^ 
le Rituel ecossais, eomme on vieni dele voir , les comprend 
egalemenl dans leur ensemble. On sail que le Grand-Orient 
de France professe lous les riles du moment qu’il en a re- 
connu le merile el J’auilienlicile. 


sen- 


( 3 9 ) 

tend qu’a l’epuremcnt des moeurs et du 
tinient. 

Les dames recues a ceLte maconncrie s’ap- 
P e 1 1 e n 1; s czurs . XJji e honorable union, le plaisir 
de la Iratcrnite , une Lendre ami tie. les prin- 
cipes de la plus parfaiLe cliari to pour les mal- 
lieureux, voila ce que se proposent les freres 
et leurs soeurs dans leurs assemblies. 

loutes les loges d’adopLion regulieres re- 
connaissent pour Grand maitre de la macon- 
nerie en France, le chef de l’ordre mac.*., 
le G.-. Y.-. ou G.*. M.-. du G.-.O.-.. 

( Manuscril el imprime in-4, 5S0 7.) 
rituel DES IIH.\ GG. \ Franc.-.. 

Aspirant aux grades superieurs, avez-vous 
scrupuleusement observe les obligations ma- 
conniques que vous avez contractees? 

Si vous etes assez a plaindre pour renfer- 
mer dans votre coeur quelque sentiment d 7 i- 
nimitie contre vos FF.*., consentez-vous a le 
deposer ici? 

Consentez-vous a immoler toute affection 
indigne d’un homme vertueux?... 

Nous sommes satisfaits de vos reponses; du 
courage, de la perseverance, et vous parvien- 
drez a nos subl.*. gr.*.. 

(Manuscril et imprime, in-4:) 


( 4o ) 


R1TUEL DES HH.’. GG, *. Ecos.'. 

La maeonnerie et la philosophic, sun's ctre 
la meine chose, ont le meine but et sc pro- 
posent une meme fin , lc cultc du G.*. A.*, de 
l’univcrs, la connaissance des mcrvcilles dela 
nature et le bonheur de l’huinanite. Pur la 
pratique constante de toutes les vertus , un 
1’ranc-niacon est un philosophe pratique qui , 
sous des eniblemes religieux adoptes de tous 
les temps par la sagesse , construit sur des 
plans traces par la nature et par la raison , 
P edifice moral de ses connaissauces.Le Mac.', 
doit trouverdans le rapport symetrique de tou- 
tes les parties de cet edifice rationnel, enineine 
temps le principe et la regie de tous ses de- 
voirs, et la source de tous ses plaisirs dans 
l’exercice de ces meines devoirs. 

(Grade deGr.*. Ch.\ El.*. K.*. D.\ S.\) 


STATUTS GENERAUX DE l’aNCIENNE GRAND-LOGE 
DE FRANCE. 

Les experts-hospitaliers, sur l’avis qu’ils en 
recevront du secretaire general, sont tenusde 
visiter les venerables inaitres qui se trouve- 


(40 

raienl malades. Le soin de distribuer lcs au- 
inonesordonnees par la Grand-Loge en faveur 
desFF-*, indigens, soit voyageurs, soitresi- 
dens, les regardera particuliercment. Ils se- 
ront aussi charges du detail des offices divins, 
soit pour la fete de sainl Jean, patron de 
Tordre, soit pour les FF.*. decedes. 

(Sialuis de laT,‘. R.\ Grand-Loge de France, imprimcs 
in-8 de 56 p., 1771 , arl. des experls-Iiospilaliers. ) 


AUTRES STATUTS DE LA MEME G 71 AND -LOG E. 


Le jour de saint Jean-Bap tiste etantle plus 
beau jour des macons , aucun V.-. M. 1 . ne 
pourra tenir L.'. ce jour-la. II sera oblige 
d’assister a la messe solennelle celebreeledit 
jour, de se rendre ensuiteau banquet general, 
et de se trouver le lendemain a la messe qui 
sera dite pour lous nos FF.*. defunts. ( Art. 
xxvn des statuts et reglemens particuliers de 
la T.*. R.*. Grand-Loge de France.) 

Aucun F.-. ne pourra presenter un candidal 
s’il n’est pas tres sur de la bonte de ses moeurs 
et de sa conduite , donl il sera responsable a 
la societe. (Art. xvn, des reglemens qui doi- 
vent etre observes dans toutes les loges.) 

Aucunprofanenesera admis a voir la lum.', 

4 * 


( 4 * ) 

mac.*. , s j! n’esl pas librc de sa pcrsonno, si 
son ela L civil n’est pas decent, et s’il nVpas 
vingt ans acconiplis. Les fils de Mac,*, auront 
une dispense de deux ans sculcment (meincs 
rdglcmens , art. xix ). 

11 est tres parLicuIierement defendu a tous 
Ics macons sans exception, sous peine d’a- 
mende, et de plus grande peine en cas de 
1 ecidive , d’agiler en loge dcs matieres Lheo- 
logiques on politiqnes; de proftrcrdcs blas- 
phemes, equivoques et satires; de se donuer 
d’aulrcs noms que celui do F.*.; de se tutoyer, 
de parlor des idiomes elrangers, etc. 

( Staiuis cl reglemens generaux cl parUculiers tie la T.\ 
It.*. Grand-Loge , ancicn cl unique Grand-Orient de 
France, iinpriines in-4, 4 7 pag., i>77 8. ) 

STA.TUTS ET IlEGLEMEHS UES ClIA.r.*. DE It . C.\. 

Le Chap.*, sera tres circonspect a lie don- 
neraquique cesoit le Sub.-. Gr.*.’ de Chev.* . 
R.*. C.*. qu'apres un examen severe des vie 
et moeurs du candidat, qui doit etre age au 
moins de trente-trois ans. (tit. 2 , art. vn.) 

Un Chev.*. doit, par devoir et par honneur, 
defendre sa religion , son prince et sa palrie , 
j usqu'a la derniere goutte de son sang, et ne 
pent, sous aucun pretextc, passer au service 


(4S) . . 

tic l’etrangei* sans la permission de son prince 
( til . 3, art. viii ). 

II lie doit jamais etre question d'affaires 
etrnngeres cn Chap.-.; les matieres de reli- 
gion o t d’etat n’y doivent point etre discutees ; 
lc medisant etle caloinniateur doivent etre pu- 
nis severcmenl (meme tit., art. ix.). 

Lorsqu’un Chev. ■. dans Pindigence reclame 
les secours du Chap.*., si la deniande estbien 
fondee, Phospitalier sera autorise a donner 
au F.*. Cliev.*. requerant les secours dontle 
Chap.-, pourra disposer ( meme titre, art. x). 

(Siaiuis ct reglcmens da S.\ Ch.*. de R.\ C.\ regu- 
liorcmenl constitue' a Paris , paries VV.\ MM.*, des 
LL.-. regul.*. de France , in-8 de 1 6 pages, 57 85) 1 

ST A TUTS GENERAUX DE FoRDRE , DE 5800. 

L’ordre mac.*, ne reconnait en France 
pour mac.*, que ceux qu’il a juges dignes de 
Petre ( sect, i, art. i). 

Le G.-. O.*. de France reunit tous les pou- 
voirs mac.*.; il est le legislateur de l’ord]*e 
(meme sect., art, ix). 

II remplace Pancienne Grande Loge de 
France (meme sect., art. x). 

A la fete annuel le de l’ordre, le G.*. O.'. 

(l) Ces slatuls el reglemens sont renouveles des ancient 


( 44 ) 

prendra dans sa caisse uric somme qui sera 
consacree a des acles tie bienfaisance (sect. 
*2 , art. 1 ). 

Tout in fortune aura droit aux bien fails du 
G.*. 0.*., mais lcs mac.*, scront pre birds 
f mcjne sect., art. vn ). 

L’lIosp.-.-Aum.*. fera part all G.*. O.'.dcs 
moyens de multiplier ses bienfaits, el d’en 
laire une juste application ( memo sect. , 
art. xn ). 

Le G.’. IIosp.*.-Aum.*. sera toujours, mu- 
tant qu’il sera possible, d’une profession qui 
lui donne les connaissances necessaires pour 
soulager les malades et pour veiller a ce que 
les secours de l’art leur soient sagementad- 
ministres (meme sect., art. xvi). 

( Slaluls de l’ordre de la franche-maconnerie en France, 
1 vol. in-8 , 5800. ) 

STATUTS GENERAUX DE L’ORDRE, DE 58o6. 

L’ordre maconnique en France n’est com- 
pose que de macons reconnus pour tels, reunis 
en ateliers regulierement constitues a quelque 
rite que ce sort (sect. i re , art. i). 

Le G.*. O.*. est le legislateur de l’ordre; 
il cn est aussi le gouvernement ; il reunit tous 


( 45 ) 

les pouvoirs : il est invariablement fixe a TO. * . 
de Paris (meme sect., art. in). 

Acliaquc fete de saint Jean , le G.-. O.-. de- 
terminers une somme a prendre dans sa caisse 
gendrale, laquclle sera specialement consa- 
cree aux actes de bienfaisance (sect. i3, 
art. 1 . Le reste de la section, pages 3y-4o, 
determine la maniere de distribuer les se- 
conrs ) . 

( Siaiuts de I’ordrc jnaconnique en France, 1 vol, in-8 , 
5806 ). 

STATUTS GENERAUX DE i/ORDRE , DE 5820. 

L’ordre des francs-macons a pour objet 
l’exercice de la bienfaisance, Tetude de la 
morale universelle , des sciences et des arts, 
et la pratique de toutes les vertus (sect, r, 
art. 1 ). 

II est compose d’hommeslibres, qui, soumis 
aux lois , se reunissent en societe constituee 
d’apres les statuts generaux ( meme sect. , 
art. 2 ). 

Nul ne peut devenir mac.-, s’il n’a le degre 
destruction necessaire pour cultiver sa rai- 
son (meme sect., art. 3). 

Les droits des mac.-, seperdent: i° par une 
action deshonorante prouvee maconnique- 


( 4fi ) 

meat ou civilemeut; 2° par l’cxercicc d’un 
olat servile, ou notoirement deconsidth'd dans 
l’ordre social. 

Le G. ■ . llosp.*. pent, en cns d’urgencc, 
dciivrer des secours pecuniaires , etc. (sect, 
iv, art. 729 ). 

II doit visiter les FF.*. qui sont dans le 
malheur ou en etat de nialadic, leur ofl’rirles 
soins d’uneaniilie compatissantc, et, au besoin, 
provoquer en leur faveur les secours du G.*. 
O.'. (nienie sect., art. 73 1 ) . 

(Slnluis genera ux de l'ordrc maeonnique cn Vrancc, 
1 vol. in-&, 582fi. ) 

REGX-EMENS DE LOGE. 

Les lois sont le lien de toute societe poli- 
tique ; la regie est celui de toute association 
particuliere : qu'il se relaclie, elle tend bien- 
tot a se dissoudre; elle ne peut subsister que 
par lui etavec lui. Rendons graces a ux dignes 
instituteurs de la maconnerie : ils ont etabli 
pour base de leur ordre la douce egalite qui 
rapproche tout, la teridre fraternite qui unit 
tout; ils ont banni du sanctuaire maconnique 
ces sordides passions , qui ailleurs divisenl 
leshonimes, troublent les nations et couvrent 
si sou vent I 1 uni vers de ses propres debris. 


( 4 ? ) 

Lien jic scmble done restcr a i'aire apres 
ce qii’ils out fait. Le niacon vraiment ins- 
(ruit, vraiment penelre do scs devoirs, esL 
riiomnie exempt de reproclies cl deremords. 
11 possede, sans recourir a la pliilosophie, les 
plus sublimes preceptcs de la morale. II sera 
juste puisqu’il esL bienfaisant et desinLeresse. 
Nulle contree ne lui sera etrangere, et il ne 
sera lui-meme ni etranger, ni dangereux; tous 
les homines seront ses Irenes , quelles que 
soient leurs opinions, quelle que soil leurpa- 
trie ; enlin il sera dans la sienne, sujet fiddle, 
ciloyen zele , souniis aux lois par devoue- 
ment, soumis aux devoirs de la societe par 
principe. 

Il ne sagit done point de re tracer ici des 
regies de morale : un mac.*. , pour so les rap- 
peler toutes, n’a besoin que de se rappeler ce 
qu’il est, ce qu il a prom is d’etre. Mais cliaquc 
societe a son regime, sa conduite interieure , 
son genie meme. La L.*. des IVeuf-Sceurs, en 
fa'isantdes verlus niaconniques la base etl’ap- 
pui de son institution, a eru devoir y joindre 
la culture des sciences, des letlres et des arts; 
c est les ramener a leur veritable origine. Les 
arts onl eu, conime la maconnerie , l’avantage 
inappreciable de rapprocher les homines. 

Travaillons done avec zele, avec perseve- 


( 48 ) 

vance, a remplir le double objetde noire ins* 
titulion. Que la base soutienne conslainnient 
I’ edifice : decorons-lc, mais que les nouveaux 
ornenxens ne masquent point la dignite de son 
antique architecture. 

C’est dans lc m6me esprit , e'est pour assu- 
rer dans son scin le repos qui nail de Fordre; 
e’est pour assigner a sa conduite cette sage 
uni form ite, qui previent tout debat inutile, 
toute contradiction choquante, en un mot e’est 
pour que ebaque membrede lat.*. connaisse, 
outre ses devoirs generaux , ses engagemens 
particulars, que la loge des Neuf-Soeurs a ge- 
neralement arrSte et approuve les reglemens 
suivans 1 . 

(Reglement de la L.*. des Neuf-Soeurs, a TO.*, de Paris 

In-12, 5806.) 

(1) Parmi un assez grand nombre de reglemens de 
Loges tani anciens que nouveaux , nous avons choisi de 
preference celui de la Loge des Neuf-Sceurs , de 5806 , 
parce qu'il ofTre, dans TexcellenL preambule que nous re- 
produisons presque en totalite, les vrais et invariables prin* 
cipes qui dirigent les At.*. Mac.*, dans la confection deleurs 
lois particulieres. En doctrine, comme a peu pres en admi- 
nistration ,, on peut dire de ces reglemens : Un pour tous. 


( 49 ) 


AUTEURS 

MASONS ET PROFANES. 

PROSATEURS. 


De toutes les associations particulieres qui 
se sont formees parmi les difFerens peuples 
du monde connu, il n’y cn a aucune qui ne 
doive ceder la preeminence a la societe des 
francs -macons. Elle a sur les autres un but 
d’utilite reelle; voila son premier avantage. 
Ses assemblies, consacrees surtouta la bien- 
faisance, ont etabli entre les difFerens peu- 
ples des liens de fraternite infiniment esti- 
mable s : aussi a-t-on vu les horames les plus 
vertueux et les plus eclaires rechercher avec 
empressement de pareilles societes. Les gou- 
vernemens raisonnables ont tolere et meme 
protege cette -institution respectable par son 
antiquite et par ses deux bases premieres, l’e- 
galite et la charile : nous citerons en preuve 


( 5o ) 

le Grand Frederic , ct particuliorcment 1 'em- 
pereur Joseph , qui , par un rcglemcnt do po- 
lice speciale, avait accordc aux francs -mn- 
cons deux on trois loges dans cliacune dcs 
grande s villes de sa domination, et il enpio- 
nonca le motif en declarant que cette societe 
etait specialemfent humaine , douce et compa- 
tissante , quelle soulageait les pauvres ct cul- 
tivait les sciences et les arts, aiusi que les 
belles-lettves. 

ABRAIIAM. {Miivir dc la veritc } 3 vol. in-8 , 5800 , 
p. 5-6 du l cr vol.) 

Ouel motif plus interessant peut former unc 
reunion fraternelle autour de 1 autel de 1 ami- 
tic? Et sous quels auspices plus favorables les 
amis de la propagation de la vraie Litm.\ 
peuvent-ils rouvrir les portes d’un temple 
eleve a lagloire du Gr.‘. A.*, de 1 Univ.*., et 
reprendre des Trav.-. que les temps d’igno- 
rance pouvaient seuls interrompre? En genie 
tutelaire etend ses ailes sur la France, et deja 
le bonheur luit aux yeux dam grand peuple; 
bieiitot , semblable a l’astrequi feconde 1 uni- 
vers . la maconnerie sort plus l-adieuse des 
nuages qui ternissaient son eclat. Partout les 
Trav.*. sonKdistribues;1a surveillance estates 


inaitres, Factivite aux compagnons , et Ic zele 
auxapprentis. La Concorde unit tousles coeurs, 
ct les temples sonL rcleves. 

ACUIN. {Annates Iilaconniques , 5800.) 


Invariablement attache au rite que profcsse 
votre R.-.M.-.L.*. Eg,-., j’ai scrupulcuse- 
ment suivi dans le silence ses Trav.*., ses 
principes, et j’ai trouve avec le plaisir le plus 
vif dans tous les xnembres de son At.-, et de 
son Gliap.*. Met.*, les regies et maximes in- 
variables dq l’ord re. 

D’AIGUEFEUTLLE. (Extrait du livre d’arch.-. de la U.'. 
M.\ L.\ Ec.\ de Saint-Alextyadre d’Ecosse , iu-4 , Pa- 
ris, 18 o 5, 4 pag.) 


II faut aux triompbateurs vulgaires des lau- 
riers et des palmes ; mais de vrais ni aeons , 
apres les plus brillantes conquetes faites a la 
vertu, n’ambitionnent jamais de recompense ; 
le seul plaisir d’avoir fait le bien sufiit a leur 
coeur. Ils savent que le souvenir d une bonne 
action rejouit toujours Fame, et les plaisirs de 
Fame sontpour un maconle premier des biens. 

D’ALES-D'ANDUZ-E. (Plancho des lravaux de la M.\ 
L.\ Ec.*. de Saint-Alexandre d’Ecosse pour la lele. 
d'ordre, Paris, in-4, 1805, p. 13.) 


( 52 ) 


II Taut penetrer dans la pro fond eur des 
siecles pour trouver les racines de la macon- 
nerie. Cc n’cst ni dans les champs de la Pa- 
lestine, ni dans les cavernes des premiers clire- 
licns, ni dans la persecution des Templiers, 
ni raeme dans les souterrains de Pfigypte, qu il 
faut bonier ses recherclies. Si son origine 
etait aussi recente que quelques-uns Pont dit, 
on en fixerait l’epoque, comme celle de quel- 
ques sciences modernes, lelles que l’imprime- 
rie , l’optique, Pelectricile , l’imitation de la 
foudre. Mais on ignore celle des langues, de 
Pastronomie, de 1’arcbiLecture, de la fusion et 
du travail des metaux. ]N T ous trouvons dans 
les premieres annales du monde des langues 
riches et sonores, la march e determinee des 
astres, des annees et des saisons, la mesure 
vraie de la terre ; nous y trouvons des metaux 
travailles d’une maniere superieure, des tem- 
ples, des palais construits avec art, gout et ma- 
gnificence. Les noras de ces ouvriers , de ces 
savans fameux, sont ensevelis sous les decom- 
bres des siecles. Des fouilles modernes ecar-f 
tent ces decombres aussi anciens que le temps. 
O merveilles! 6 prodiges ! les enlrailles de 


la lerrc nous veslituenl cc qu’elles avaient de- 
vore, dcs monmnens des ai ts qui atlcstenl la 
vieillcsse do globe, l’existence dc peoples m- 
connus, et que nous, lours arnere - ueveux , 
nous n’avons fail, pour ainsi one, que leno 
veler ce que d’autres peut-elre, anteneuis . 
eux,leor avaient enseigne.Si vous reflednsscz, 
mes FF.-., sur les institutions, les prmcipes, 
et tout ce qui compose l’ensemble de voire ar , 
vous verrez qu'il lient a toutes les sciences, et 


qu’il embrasse Tunivers enlier. 

ANGliBAULT. (lion du G.-. O.-. do France , l8o4 , 
prem. part., p. 45-46.) 


Leurs articles les plus obligatoires sont : 
10 la pratique des devoirs envers Dieu, cbacun 
selon ce que lui present la religion chretienne 
en general, et en particulier celle des commu- 
nions cliriHiennes dans laquelle ila ete nourn , 
2 . une inviolable fidelile envers le souverain , 
soitcomme son sujet ne, soit comme son su- 
iet acquis, soit enfin comme demeurant dans 
ses etats, et jouissant de la surete publique, a 
l'ombre de sa protection; 5 " l’amour et le soin 
de sa propre famille, et 4 ° une chante bien- 
faisante toujours portee a se deplojer en a- 
veur duprochain, sous lequel nom sont com- 


( 54 ) 

pris, selon les pi incipes de la loi chretiennc, 
tons les homines, sans excepler memo ses en- 
nemis. 

ANONYME. ( Apologic pour I'ordre des francs-matjons , 
1 vo 1 . in-12, 1 745, p. 80-90.) 


Yous allez elre admisc dans un ordre tres 
respectable ; il ne s’y passe rien conlre la re- 
ligion , PeLat etla vertu. 

ANONYME. ( l’Adoplion ou la maconnerie des femmes, 
in-12 de 64 png., 1775.) 


L’hisLorien inquisiteur suscite dans un 
grand nombre d’elats de PEurope une perse- 
cution violente, et nieme une proscription 
sanguinaire contre les macons. Gonime les as- 
semblies de maconnerie sont fondees sur le 
secret , il est arrive quelquefois que des conju- 
res se sont reunis sous pritexte de tenir loge : 
j’en sais un exemple, mais ce n’itait point en 
qualite de Mac.*, qu’ils etaient conjures , et ce 
n’etaient point des assemblies de maconne- 
rie qu’ils tenaient, mais des conciliabules re- 
latifs a leur objet. Geux qui connaissent la 
maconnerie peuvent en trouver les ceremonies 
ridicules, corame le sont la plupart des cere-' 


( 55 ) 

monies ' ; mais il faul elrc inquisiLcur pour j 
tronypr quelque chose dccrimincl. Si laloi qui 
oblige les Mao.-, a sc secourir les uns les au- 
Ires eta it loujours religieusemenl obscrvec , 
lien nc serait plus auguste que leur associa- 
lion 2 . 

A.NONYME. (Vic de Joseph Balsamo , comte de Caglios- 
tro, Paris, 1 vol. in-8, 1791, note dc la page 83.) 

(1) Oui suns doute , nous pensons, commel’auteur de la 
uoie , que la plupavt des ceremonies sont ridicules, ct nous 
croyons mime que , sans une sorte de respect humain , d 
aurait dit toutes les ceremonies, au lieu de la plupavt ,• mats 
puisqu’aucune des actions des hommes n csl cxempte 
ces travers, dus aPorgueil el a la basscssc , a la force ct a 
la tiraidile , a la cruaule el a la peur , a l’ignorance et a 
l’habitude, souffrons done chez les mac. 1 , ce que nous 
trouYons si simple, si naturel, dans les autres societes. 1 le 
chir le genou devant Timage du'Tres-Iiaut , rendre hono 
rablement des hommages au chef de la Loge, reconnaitre 
une hierarchie de pouvoirs, obeir et commander tour a 
tour , maintenir les usages etablis par les createurs d une 
institution qui fait le bonlieurel la gloire de ses adeples , 
dans tout-cela , il n’y a , ce semble , rien de plus ridicule 
que ce qu'on fait partout, a Paris comme a Rome, a 
Constantinople comme a Madrid. A.u Vatican ou dans les 
anlres de requisition, on peul exclusivement punir le ridi- 
cule par les tortures et la mort . 

(2) L’auteur de cette note n 2 cst pas bien informe. Les 
mac.', suivent religieusemenl la loi , non qu on leur a im- 
posee , mais qu’ils se sont faite. 11s se secourent mutuel- 


Troisi&me paragraphe. — Je n 1 ignore pas, 
Monsieur, qu’une foulcde personnes honuetcs 
et me me sincercment chrotienncs, parmi les- 
quelles je n’hesite pas a vous placer, sont ini- 
tiees aux grades symboliques eL quclquefois 
aux grades eleves ; niais qua conclurc de ce 
fait, sinonque lliypocrisic etla cupidite ina- 
conniques ne se lasscnt point de faire des 
dupes? Ne savez-vous pas qu’un grand nombre 
d’affilies aux myst&res Font avoue en termes 
expres , comme j’ai pris soin de lc remarquer? 

ANONYME. ( Denonciation aux cours royales des clubs 
menacans de la franche-maconnerie , et Revelation au 
roi d*un affreux complot tramc dans les repaircs de la 
franche-maconnerie, 2 brochures , i/t-8, 18 27 ) 

lement , et les profanes eux-memes ont part a leurs Iibe'- 
ralites ; ils font constamment Ie bien 5 il est vrai qu’avanl 
de donner , instruits par des abus innombrables , ils exa- 
minent si la paresse on la mauvaise conduite ne vient pas 
ra"vir la substance qu j ils ne doivent qu J a l’honorable pau- 
"vrete 1 raisonner Ie bienfait n’est pas le restreindre. 
Mounier avail dit avant nous : = On doit regretter ce que 
« les francs-macons donnent a tant de vagabonds , qui se 
4 font de la franche-maconnerie un litre pour mendier avec 
audace et pour vivre dans l’oisivete. j (Yoyezson ouvrage 
de l influence attribuee aux Pkilosophes , aux Francs- Ma- 
cons , etc. , p. 15 7. ) 

(l) M. Bazbtj sans se nommer publiqucmenl , re'pondit 


( 5 ? ) 


Nous desirous, ct ce ddsir est dans lc cceur 
dc tous les bons el verilables FF.*., ainsi quo 
dans le coeur de tous les homines vertueux eL 
eclaires, la paix universelle, la liberte legale 
pour tous les citoyens, mac.*, ou prof.*. ; les 
lumieres de la vraie philosophic ; la bienfai- 
sance pour tous les malheureux, nos amis et 
nos freres, selon l’evangile, s’ils sont pro- 
fanes, et deux fois nos freres, s’ils sontmacons. 

ANONYME *. (Le nouveau Miroir de la Verite , elc., 
In-8, de 32 p. , 5827. ) 

a ces deux brochures par une Profession de principes 
francs-maconniques i elc. ( Paris, 30 p. d’imp., in-8°, 1827),, 
et insera , a la suite de la Profession de principes , la re- 
plique de l’auteur des deux brochures avec une refutation 
ou se trouve , pour reponse au troisieme paragraphe- ci- 
dessus, ces mots : • Tous les vrais francs-macous , el non 
a une foule des grades symboliques et des hauts grades , sont 
n francs , loyaux , de'sinteresses. Its parcoureni la carriere 
b maconnique paisiblemenl, en silence , ou s’ils e'ci ivenl , 
b 11s avouenl ou nous avouons pour eux leurs livres. Vous 
a ne cilez pas un ouvrage que nous ne rayons blame 3 que 
■ nous ne l’ayons repousse' dans nos loges ou par un des- 
“ aveu public. Bendez-nous done complices en signalanl 
« un ouvrage de ce genre qui ait recu noire alLache. s 

(l) Nous pourrions nommer Tauleur , mais il veul res- 
jer anonyme... 


( 58 ) 


Lc ciel a bien pu m’accorder quelquc gloire, 
«t m’enorgueillir d’unc illustrc origine ; mais, 
loin de me laisser dblouir par l’eclat d’une 
grandeur ephemei’c, qui doit passer un jour 
avcc moi dans le tombeau , je desire acquerir 
une gloire plus solide ct plus vraie , celle de 
vivre dans l’eslime des gens de bien, et de 
partager avec vous Ja reconnaissance des 
homines nialheureux. On m’a dit beaucoup de 
bien des fra ncs-ma cons ; je desire appartenir 
& leur societe puisqu’ils se reunissent pour 
pratiquer les vertus et secourir Tindigent... 
(Apres sa reception. ) Je vous promets amitie, 
lideli te , estime: on m’adit, je n’en puis dou- 
ter, que les francs-macons ctaientbons, cha- 
ritables, pleins d’amour et d’attachement pour 
leur empereur; souffrez que je vous fasse un 
present digne de verilables Francais. Recevez 
ce sabre qui nfaservidans vingt-septbatailles; 
puisse cet liommage vous convaincre des sen- 
limens que vous m’avez inspires et du plaisir 
que j’ai d’appartenir & votre ordre. 

ASKERI-KHAN. (Tableau des FF. ■. composant la R.\ 
M. Ecoss. *. de France, el verbal de la re'ceplion, dans 
Pordre du F. \ Askeri-Kban , oncle de l’empereur re’- 
gnant en Perse et son ambassadeur en France, lvol. 
in-18 , Paris , 1809. ) 


L’initiaLion , MM.*. CC.*. FF.’., fut pour 
vous la fin dc la vie profane. A peine la iumiere 
eut-elle frapp e vos regards , que vous apprites 
aconnaltre le buttle ^association maconnique. 
Vous seutez que la raison sert dc guide a nos 
demarches, la sagesse a nos discours, enfin 
que la bienfaisance envers les malheureux , 
Findulgence pour les defauts d’autrui, le res- 
pect pour la divinite , l’altachement et la fi- 
delite pour le gouvernement sous lequel nous 
vivons, sont les bases sacrees de la conduite 
d’un macon. 

Le prince de la. tour d'AUYERGNE. ( Planche des 
Iravaux de la M.\ L. \ Ec.". de Sainl-Alexandre d'E- 
cosse, pourla tele d’ordre , Paris , in-4 , p. 5.) 


Une seule des institutions humaines a resisle 
a la faux du temps et aux ravages des revo- 
lutions , c’est la maconnerie. Les sages et les 
philosopbes dont se sont honoris les divers 
ages du monde ont passe , eux et leurs ecoles, 
tandis que les mysteres de l’initiation sont 
parvenus d’age en age jusqu’a nous , sans 
force physique, sans armee, et sans couter une 
seule goutte de sang 1 ; ils ont triomphe de 

(l) II y a de Pexagcraiion dans celle idee. Les sages e l 


( (5o ) 

tous lcurs ennemis quclles quc fusscnt leur 
force et leur puissance; ils se sonl repaudus 
successi verncnt chez les divers peuples de la 
Lcrre , eL forment celte chain e sacrec qui cm- 
brasse les deux hemispheres, et fait quc des 
homines, separes par des espaces immcnscs , 
ne composent qu’une seule et meine fain i lie 
de FF.*. unis pour la pratique des vcrtiis et 
pour la recherche de la science ct de la vtfrite. 

AVIOLAT. (Discours prononce dans la L.\ du Phdnix, 
in-8. 1823, p. 4.) 


Eh ! combien nos detracteurs n’auraient-ils 
pas a rougir, si, connaissant nos principcs et 
nos moeurs, ils savaient quc le bonheur d’un 
inacon nail du bonheur de tous les homines. 

BACON DE LA CHEVALERIE. (Elat du G.-. O.-. de 
France, 5804 , prem. partie, p. 148 ). 

les philosophes e'tant moriels ont passe comme passent les 
inacons^ mais la philosophic sortie de leurs e'coles n’est 
point du tout passe'e, et si la franche-maconnerie n’est pas 
cetle philosophie elle-meme , loujours est-il certain quelle 
lui doit beaucoup. Jamais la philosophie J pas plus que la 
franche-maconnerie, n’a coute une seule goutle de sang, 
parce que toules deux sont moralement des armes de'- 
fensives et non des armes offensives. 


Jo me rappcllc toujours avec une nouvelle 
^motion le jour oil je vis pour la premiere 
Ibis la vraie Lum.*., la Lum.*, vivifianlc, par 
laquellc un homme vulgaire et circonsciit 
dans la routine be l’existence sociale se sent 
tout a coup pemHre d’uu rayon celeste, qui lui 
presente dans une seduisanie perspective l’e- 
tendue, la dignite, le but de son etre , et lui 
fait apercevoir la route qu’il a a parcourir, 
surmontee d'un dome forme par les vertus et 
parseme de fleurs. J’avais d6ja passb la pre- 
miere jeunesse ct acquis quclque experience 
de la vie, lorsque je recus cet ineffable bien- 
fait. L’impression n’en fuL que plus forte et 
plus durable. 

Ant. BAILLEUL. (Discours prononce ala I..’, dcs Tri- 
nosophes , lors de la lele de Sainl-Jean d’hiver, 58l7, 
ill* 8. de 14 pages. ) 


On ne sau ra it trop parmi nous exhorter a 
1’union, qui est la base de bien des vertus, a 
la discretion, qui est le cachet du sage, et a 
la philanthropic, qui procure la benediction de 
l’inlbrlune. Si le G.*. A.*, de TUniv.*. veut 
nous eprouver en nous livraut quelquefois au 

G 


( 69. ) 

sourire envieux du profane vulgaire, odorous 
ses volontes dlcrnelles, et comptons sur sa 
justice, qui atteindra tot on tard Ic mediant 
qui nous calomnie ou l’ignorantqui nous per- 
sifle , ou lc fanatique qui nous plongc sans 
pitie, dans lcs gouflres eternels. 

BAILLY. (1\.\ L.'. do la Trinitc , fete dc 1’ordre, in-8 
dc 28 pages, 5 8 1 7- ) 

Le projet sublime des iondateurs de notie 
ordrc fut de ne plus voir un jour, dans lcs 
liabitans des deux hemispheres, que les mem- 
bres separes d’un meme corps, les descen- 
dans d’unc meme famille ; de les rapproclier 
et de les unir par les liens de la fra term te et 
de la charite la plus tendre et la plus intime, 
de les porter a s’aider mutuellement , et a re- 
garder leurs biens, leurs connaissances, leuis 
lumieres, comme des fonds publics ou chacun 
a le droit de puiser... Si ces principes natu- 
rels eussent ete graves dans tous les coeurs , 
on n’eut pas vu quinze millions d’hommes 
nouveaux disparaitre de dessus le sol aroeri- 
cain, peu apres la decouverte de ce nouveau 
monde ; la France n’eut pas vu pendant qua- 
rante ans de guerre civile , ses propres en- 
trailles dechirees par la main de ses enfans; 


( 65 ) 

lcs ports tie la Clime cL du Japon n eussent 
pas ete fermes aux Iiuropeens. Le zele ma- 
eormique n’admeL pas d’excepLions de naLions; 
il nous uniL a ces peuples, enLre lesquels eL 
nous les jinonts el les mcrs semblaienL avoir 
mis des barrieres eternellcs. Le malheureux 
eloigne de sa palrie, du secours de ses amis, 
des consolations de sa famille eL de ses parens, 
jete au sein d’une Lerre eLrangere oii il esLmc- 
connu de Lous les habitans, reLrouve parmi 
nous une patrie , des parens , des amis, des 
freres... 

1 Ladde BA.RON. (Planclie a tracer de la ceremonie. 
de Pinauguralion de la loge de la Reunion des ctran- 
gers , in-8 de 86 pages, 5785, p. 74-75. ) 

La franche-maconnerie en Angleterre est 
imc societe composec en general de tres bons 

(l) Outre l J abbe Baron , cette, loge. complait un grand 
nombre d’eccle'siasliques distingue^: Leclair , pretre haclie- 
licr de Sorbonne ; Denis , abbe , prieur de Talizicux ; 
1’abbe' Barse ; de Gevignjr , docleur en llie'ologie ; Armand, 
aumdnier de l’ambassade de Hollander Duperron , \i- 
caire-ge'ne'ral de Monlauban , annien el grand’croix de Por- 
dre royal de Sainl- Louis; Guy de Champeaux , vicaire- 
ge'neral de Nimes et clianoine de Saint-Honore ; Denis . 
clianoine de Semur cn Brionois , elc. 


( 6.1 ) 

ciloyens, dont l’ohjet principal csL dc s’aider 
niulucl lenient par lcs principcs crime egalitc 
quin’esL pour eux autre chose que la Iratcrnile 
generale. 

En France, la maeonneric sc rccluit a ccs 
mots : Guerre au Christ et a son culte ; guerre 
aux rois ct a tous les trdnes... Tel est le re- 
sultat des grands mysleres de la ft anche-ma- 
connerie 1 . 

L'abbe BARRUEL. (Memoires pour servir a Phis I oi re du 
jacobinisme en Trance, Hambourg, 1803, 5 vol, in-8.) 

(i) La franche-maconnerie esl une en Trance, en An- 
gleterre , el partouU Pourquoi Pabbe Rarruel la juge-l-il 
si benigne en Angleterre , si rcvolutionna’ire en Trance? 
e’est qu'il s’elail refugie a Londrcs ; c J est qu’il fuy ail Paris. 
Ce peu de mols suflisent pour expliquer sa conduile el la 
manifestation de ses differenles opinions. 

L’abbe Barruel pretend avoir eld recu , et malgre lui , 
aux trois premiers grades , en une seule seance : mensonge. 11 
pretend que lorsqu’on lui confera le trqisieme grade, 
impatiente de Uopiniatrcte que le venerable mettait a exiger 
qu’il s*engageat a une soumission aveugle aux volontes du. 
grand-maitrc , ilse debanda tout a coup la vue , et qu’aussi- 
tot de tous lcs points il partit une exclamation generale . .. 
mensonge. II dit qu J assislant a la re'ception d un profane , 
le ve'ne’rable annonca au recipiendaire quivenait de preter 
son obligation , que le secret de la macoonerie consisiail 
dans cesmots : egalite, liherte , tous les hommes sont egaux 
et libres ; mensonge , trois fois monsonge 1 L’abbd Batrucl 

t 


( G5 ) 


La maconncrie, cn reLablissant parmi les 
homines ia plus parfaite egaliLe, cn les rappe- 
lunL Hiix prccepLcs de la loi nalurelle graves 
dans lous les coeurs , les renict sur la voie du 
bonheur, donL Palms des insLilnlioiis eiviles 
les avail ecarLes. 11 ifeslpas de spectacle plus 
enchauteur que celui d une socicLe d’homincs 
reunis par les liens de la plus douce fraLernile, 
eL rappcles. a. PegaliLe nalurellc par la force 
imperieuse du scnLimcnl, qui ful loujours la 
source la plus pure eL la plus.feconde de nos 
plaisirs... Non, jc lc repele, il ivesL lien de 
si beau sous le ciel que cetle reunion d homines 
si paisibles et si verlueux, dont les coeurs sc 
toucheiiL par lous les points de la sensibilite; 
oules distinctions de la naissance, de la forLune 
et des digniles cessent et disparaissenL ; ou 

n’a point ete rccu macon par des FF.‘. re'guliers ; el si 
celle reception a eu lieu, c’esl une mystification qu’on lui 
a faile. Le ce'lebre myslilie Poinsinet, qui du reste ne 
manquail pas d^spril , elatl Phomme du monde qui four- 
nissaillc plus d'e'loffe aux myslificatcurs, el quis'en doulait 
le moins. Esprit el moderation a part , Pabbc Barruel, 
avaipil continue Poinsinet? 


( fifi ) 

Ton n’est vraimenl grand que par la vertu et 
le bon usage tie la science et dcs talens. 

BASSET. (Planclic a tracer tic la ceremonic tie Pinaugu- 
ration tic la logc tic la Reunion dcs el rangers , in-8 tic 
8G pages, 5785, p. 52-53.) 

Yoyez-vous cel ocean immense sur lequel, 
malgre la violence ties vagucs, s’avancent ma- 
jestucusement et dans line mdme direction , 
line foule de batimens de toutes dimensions et 
pavoisesde mille couleurs difFerentes? Yoyez- 
vous encore dans line evidence remarquable 
ce vaisseau d’une belle proporlion , d’une 
construction solide , bien monte et voguant a 
pleines voiles? Eh bien ! cet oedan est Pem- 
bleme de l’ordre maconnique; ces batimens 
representent les loges , et le vaisseau que je 
vous ai plus particulierement signale , ofFre a 
nos yeux satisfaits Fimage de notre R.- . At.*. . 

Paisibles et infatigables navigateurs dans 
la grande mer de l’ordre social epure , nous 
aimons a explorer les contrees qui peuvent 
rend re notre course -utile a la science des sa-^ 
ges, au bonheur des hommes en general, a la 
gloire et a la prosperity de nos FF.*.. Les 
obstacles, les ecueils, les combats, ne peuvent 
hi timid er notre courage ni altiedir notre zele. 


( G 7 ) ' 

llabiles dans la navigation morale, eprouves 
aux temp£tcs, a la bonace, au calmc plat, aux 
fortunes et accidens divers, blancliis dans la 
manoeuvre, intrepidcs et resign^s , nous vo- 
guons jusqu’aux! licux oil il y a un noble profit 
a faire , une uLile victoire a remporter, des 
homines a secourirou a instruire. Parvenus a 
cliacun des points que nous avions en vue , 
dc nouveau nous nous confions aux hasards 
d’un element Lou jours agile, parce que nous 
n’oublions jamais que la vie doit £tre inces- 
samment ethonorablement occupee. 

1 I3AZOT. ( Debut du discours en forme de compte ren- 
du des Trav. ■. de la L.\ Chap. - , de la Bonne Union , 
O. ■. de Paris.) 

L’amitie , cette ame de la vie, est a la fois 
la cause du bonheur et la source des consola- 
tibns. C’es t elle qui m’a rappele au travail ma- 

(i) Celle R. - . L.\ , qui m’a confie pendant irois ans la 
presidence , lanl de ses trav.*. que de ceux de son souv.‘. 
chap. - , el de sa caisse de pre'voyance , daigna a la moilie 
de celle pe'riode me de'cernerune medaille du me'lal le plus 
pur , dont Pexe'culion fut confiee a Pun de ses membres , 
le F. Salmson , graveur en medailles, pensionnaire du 
roi de Suede en France , membre de FAcade'mie royale de 
Stockholm , de PAlhene'c des Arts el de la Socie'te' Royale 
Acade'mique des Sciences de Paris. 


( 68 - ) 

conuique quc j’avais inomenlanemcuL abmi-* 
donne;. cY'st elle qui m’n conserve punni vous, 
ma iait honorerde voire conliance en qiialile 
dOr.*, et inslituer voire organe aupres du 
br.'. O.*. cie France; c’esl ellc enlin qui m’a 
iaiL dccerncr Ja premiere grande medailie quo 
la loge ait votee. .. 

1 Le smiE. (Debut du discours prononcc dans lit 
H.*. L. *. de Henri IV., au mois deijanvicr 1827.) 

IFart royal propage pen a pen sa lumicre ; 
il est seinblable an soleil, qui se leve pour 
lous les homines ensemble, eL ne ino/.le que 
graduellement sur Thorizon: la sublime verite 
parvient a pas lents aux coeurs des humains; 
elle s’cnvcloppe et se cache sous divers em- 
blenies ; mais son eclat perce les plis les plus 

obscurs : on la reconnait, elle attache , ellc 

•> 

(l) On pardonnera a. Pauleur cello, seconde citation 
qui a pour objel de rappeler la recompense dont il a ete 
honore par la R.\ L. ■. d’Henri IV , O.-. de Paris. Il est 
des cas ou le silence pourrail passer pour de l’inconve- 
nance , el la modestie pour de Pingratitude. 

IPauteur s’absliendra de ciler un i’ragment quelconque 
de ses chansons maconniques imprimees ou inediles. Elies 
soul en grande parlie dans son Manuel du franc-macon , 
dans la Lyre maconnique , dans les Annales maconniques e» 
dans dificrens recueils de loses. 


(.69 ) 

persuade, die console, et dans la joie de nos. 
caws, nous la reclicrclions pour lui mulre ut» 
culLe parliculier : nous la venous bienLdt 
eclaircr les deux mondes. 

Godfi-'Hoy db BKAUMON T-BOUILLON. ( G. 0.‘. tie 
France, Sainl-Jcan d’hiver, 58oD.) 

Voire grande loged’admiuislratioii s'occupe 
des moyens qu J clle doit vous proposer inces- 
samment pour ameliorer vos finances, afin de 
mcltre le G.*. O.*. dans la possibility, apres 
avoir acquitte ses ddpenses , de continuer, 
d’augmenter meme les acles de bienfaisance 
qu’il exerce journellement, etde satis faire ainsi 
au premier but de son institution, par sa mu- 
nificence ordinaire envers les infortunes. C’est 
par ces principes , dont le G.-. O.-. donne 
l’exemple et le precepte, qu’il conserve Feclat 
et la dignite du senat maconuique. 

Dk BEAUREFAIRE. (G.-. 0.\ de France, Saint-Jean 
d’ele* , 5812.) 

Adeptes eclaires etinstruits, du moins avez- 
vous bien saisi l’esprit de la maconnerie. Ap- 
pelee a reformer les erreurs et les prejuges 
vulgaires, cette grande institution uc rend pas. 


( 7 ° ) 

honunage a Fhomnie revetude halites dignites 
dans la sociele civile, mais a celni qui consacre 
sa vie a la pratique des vertus, ala recherche 
constante de la veritc, au bien-etre du genre 
linmain. 

F. T. BEGUE-CLAVEL. (Brock in-12, de 24 p., 182G.) 

Des elrangers qui ue se connaissaient pas 
il y a quelques mois, se trouvent aujourd hui 
rassembles dans le local de l’amitie pour y 
voir consacrer l’atelier ou ils veulent pro- 
fesser l’art royal dans sa plus stride obser- 
vance. Par quelle magie, par quel secret pou- 
voir-, des hommes de toutes nations , d’etats 
difFerens, d’age, de moeurs et de conditions si 
diverses; des hommes qui se seraient a peine 
accueillis desapparencesd’unefroidepolitesse 
si le hasardles eut reunis dans les coinpagnies 
et lecercle ordinaire des profanes ; par quelle 
magie, dis-je, ont-ilsdonc pu oublier les pre- 
rogatives de leurnoblesse , la vanite des rangs, 
le prestige des fortunes, Forgaeil qu’inspire 
la superiority de Fesprit, des connaissances 
et des talens, pourne former a l’avenirqu’une 
societe de freres et d’amis? Par quels cliarmcs 
inconnus ces illustres- etrangers ont-ils pu se 
rapprocher, renoncer entre eux a toutes ces 


( 7 1 ) 

pretentions fri voles et mondaines, a toutes 
ces distinctions deconvcnanccsi flatleusespour 
Tamour-propre , a Lous ces prejuges d’educa- 
tion et dc nation a nation, suces pour ainsi 
dire avec lc lait, ct par la mcme si difliciles a 
deraciuer; comment ont-ils pu so reunir d’un 
commitn accord, dans le noble d esse in de 
contracter I’engagement d’une union solide , 
dont Tegalitc et la concordo doivent qtre le 
lien et le ciment durable? Le probleme que 
je viens d’exposer serait inexplicable pour 
tout autre que pour des macons... Laf'orme et 
le sens de tous nos symboles nous rappellent 
sans cesse a l’egalite , parce qu’etant tous en- 
fans d’une mere commune, tous marques du 
merae sceau , tous serres du meme lien, nous 
soimnes tous freres , et nous ne comp os on s 
qu’une seule etmeme famille. Le nom de frere 
estle seul dont nous puissions user entre nous. 
Tout autre titl e est meconnu , toute autre qua 
lification est interdite et meme punie. 

BEGUILLET. ( Planche a tracer de la ceremonie de Tinau^ 
guralion de la loge de la Reunion des Elrangers , in-S dtf 
S6 pages, 5 7 S 5 , p. 6l -63. ) 


( 7 » 1 

Daignc le U.*. ().% tie l’univ.*. re pa ml re 
stir notre auguste confederation sa divine in- 
lluencc; quo par lui ce souv.*. chap.*, pros- 
perc; que ses digues clicv.*. soient heureux ; 
qu’ils soient sans cesse ntiimcs dh desir de 
propager ct d’etendrc sa gloire ; que surtout 
ils soient tons constainrnent unis, commc doi- 
vent Fetre les n^mbres d’un meme corps, les 
enfans de la meme famille; en un mot commc 
doivent l’etre des FF.*. 

BEUGEYRON * MADIER. (Chev.\ du Pelican el do 
l’Aigle, etc. 1807, in*8. de58 pages.) 


J’ai recu avcc plaisir, MM.*. TT. 1 . CC.'. 
FF.'., votre lettre en date du 27 octobre de 
l’annee dcrniere (i8i5). Je sais apprecier sin- 
cerement l 1 expression des sefUimens que vous 
poi'lez pour ma personne et de votre zele ar- 
dent pour cet ordre illustre, dont je me fais 
lionneur d’etre en Suede et le protecteur et le 
premier membre... 

BERNADOTTE, roi de Suede, sous le nonrdc CllARLES- 
JEAN. (G.*. 0.'. de France, saint dean d'hiver 
in-8.) 

Comme macon, je concois que le temple 
edifie par des mains stussi pures 7 doit etre un 



( ) 

lies monumcns lcs pins parfaits de la sagessd 
fnimainc. La bieniaisancc en a jcte lcs baser 
la justice cl Ja vdrite en scront ies colomies 1 
ctles talens des FF.-.autantde genies conser- 
vateurs qui doivent lui garantir uric (Sternelle 
durce. 

BEIUIJN. ( lilat duG.\ 0.\ de France, 58o4, U r vol. de 
la reprise , 4« partie, p. 25)0. ) 


Adims ala favour de partager vos Iravaux, 
jen’ai pas tardea reconnoitre que l'humaniti 
on elait le principe, que la bienfaisance eu 
etait le but; jaloux de concourir avec vous a 
cc but honorable, empresse de payer i l’ or - 
dre lllustre qui daignait ra’accueillir , le tri- 
butde mes faibles efforts, j'ai du c’hercher 
en raoi-raemc, parmi les moyens d'etre utile 
A nos scmblables , quel est celui qui semble 
appeler de preference la sollicitude d’un ami 
e 1 humanite. J’ai cru m’apercevoir que le 
premier besoin de rhomme, le present le plus 
desirable qu’on puisse lui offrir, e’est la verite. 

BERVILLE. (Discours prononce dans la L.-. des Trinoso- 
phes le jour de la fete d’ordre d’e'le, 5822, in-8 de 18 p, ) 

Le G.-. 0.‘. s'est montre, comme toujours, 


( 74 ) 

digne <le sa noble institution; dc grand es iri- 
i'ortunes ont eld soulagdes ; biendeslarnics out 
eteessuyces, des orphelius ont dtd secourus, 
alimentds; enfin tout le mondn a fnitsnndcvoir. 

BFSUCHKT. ( Hap port sur lcs finances du G.\ 0. \, 
in-3 1 l82li.) 

Le premier besoin de mon cceur, avant dc 
sieger a la place distiuguee quo je dois a vos 
suffrages 1 , est de yous temoigner toute mix 
gratitude. S urs de mon devouementau prince 
et a la patrie, vous m’aviez deja comble de fa- 
veurs , lorsqffune grande catastrophe sembla 
nous separer et disperser nos outils ; cost 
alors que donnant a toils les mac.'. l’exemple 
de la fermete et de la resignation aux decrels 
de la Providence, le G. *. O-*, gemissant des 
tribulations generates, s’est borne au silence 
et ala retraite. Ses voeux fervens pour le re- 
tour de Tordre et de la paix n’out point ele 
steriles;leG.*-A.*.de PUniv.*. les aentendus, 
il les a exauces , et le monarque devenu plus 
ddsire et plus cher a tons les Frnnonis. a porle 

(1) Graud-maiire adjoinl. Cei III.-. F.\ disail, dans sa 
sollicilude pour la gloire do l 1 An loyal : a ISe recevez 
.jamais dans l’ordre que des liommes qui peirveni yous 
t donner la main el non vous la tendre. » 


( 7 5 ) 

le online a voscoiiu s eL rendu son antique splen- 
dour a ce temple qui va brill ei' d T un nouvel 
^clat par la reunion de tons les rites sous sa 
voiite sacree. Je me felieite aussi d’y avoir 
coopere... 

Maheciial BEllRNONVILLE. (G.\ 0.\ tie France , Sainl- 
Jcan tThivcr , 5815 , in-4 , p. 5 — 6. ) 


11 existe une sociele dont les-vues embras- 
sent tout Funi vers, Les meinbres de cette so- 
cietc , lidelcs a leur patrie , aux lois de laquelle 
ils obtemperent, n’oublient pas que, descen- 
dant d’une soiicbe commune, ils sont tous 
parens ; et s’ils respectent les distinctions in- 
troduites par le calcul politique , ils savent 
se rappeler que tous les homines sont egaux 
par la nature. Cette societe , repandue dans 
tous les etats, se repose sur la base la plus 
solide , la vertu; l’individu quihabite le nord, 
celui qui vit sous le cercle antarctique , par- 
tantdes memes principes , ont le meme but, 
se rcconnaissent sans se connaitre, s’aiment 
sans s’etre vus : on voit que e’est de Ford re 
franc-maconnique que je veux pari eh 

BEYERLE. (Essai sur la Franche'Maconncrie , etc. 2 vol, 
in-8. , a Latomopolis , 5784 , vol. 1 , pag. 54. ) 


( 7 6 ) 


La m a conn eric ost le complement dc la 
perfection clc 1’homme ; pile lait ic bonheur 
du juste , ramene a ses devoirs celui qui s’en 
est ecarte , et porte dans le sein du nialheur 
des consolations eflicaces ; elle nous sert dc 
regulateur dans les diverses periodes de la 
vie : elle protege la veuve et Porphelin. 

De J5lLI,Y.(Elai duG.\D.\ dc France, 5804 , lc r vnl. 
de la reprise , 4e panic , p. 246.) 

Persecutee des son berceau par les enne- 
mis de la V-*. Lum.*., la franche-maconncrie 
ne due sa longue et penible existence qu’au 
courage opiniatre de ses sectaleurs. Souvent 
agilee, quelquefois ebranlee jusque dans ses 
fondemens , on la vit toujours sortir glorieuse 
et triomphante des assauts redoubles que Ini 
livrerent les apotres du mensonge. II appar- 
tenait peut-etre raeme ala longue histoire des 
erreurs humaines de la voir victime du sys- 
teme qu’elleavait ose long-temps seule adop- 
ter , relegueede nouveau dans ses catacombes, 
au moment oil l’on appliquait a Tordre social 
les principes dont elle avait eu le courage dc 
donner les premieres lecons, principes d’une 


ill) 

morale dpuree, dictcs par Petcrnclle sagessc. 
Mais que fut pour elle cettc recente persecu- 
tion 1 ? unenouvelle source de succes. Son cou- 
rage brava tous lcs dangers , sa ferine te lutta 
contre tous les obstacles, sa Constance triom- 
pha, et I’on vitbienLot renaitre lafranclie-ma- 
connerie plus brillantc que jamais. 

Augustin I1LAD. ( Kxirail du proces-vorbal de l’installa- 
lion de la L.\ de l’Occan-Francais , in-8 , 1798). 

O Ramsay ! si , comme j’aime a le penser , 
vos vues etaient droites et vos intentions pures, 
combien vous gemiriez en voyant les maux 
que vous avez faits a l’ordre respectable qui 
vous compta jadis au nombre de ses enfans ! 
Ramsay , vous seul avez introduit le desordre; 
vous seul avez delruit son principe funda- 
mental , Theureuse egalite. Avant vous le 
macon parvenu au troisieme grade ne voyait 
autour de lui que des egaux. Aujourd’hui, 
celui qui porte le titre honorable de mailre 
compte vingt classes de superieurs. Que si- 
gnilient ces titres orgueilleux de princes, de 
souverains ? Quels sonl ces cordons de tous 
grades et de tcutes couleurs ? L’antique initie 

(l) Allusion ii la fermeturc dcs LL. ■. pendanL le regne 
dc la lerreur de 1 7 93 - 1794. 


( 7 8 ) 

transporte dans nos enceintes se croiraitau 
milieu de la com* des rois , el non dans 1c 
simple asile de la sagesse. 

A. BOIf.EAU. (Annales inaoonniques , 5807, in-18 , 
vol. in, p. 18-49. ) 

Prenant Pliomme dans Petal social, la ma- 
connerie Pa depouille de cette brillante enve- 
loppe qui le couvre pour n’npprecier que son 
esprit. C’est la surtout que brille la sagesse 
de ses principes ; ccs sentimens pbilantropi- 
ques ont cle partout generalemenL sentis; et 
nous pouvons le dire a la louangc de la va- 
nite meme, les grands et les rois se sont em- 
presses d ; y applaudir, et partout oil la tige 
sombre de Pavilissant despotisme ny a pas 
pousse des racines profondes, 1’arbrc salu- 
taire et liospitalier de la inaconnerie a etendu 
ses rameaux bienfaisans. Son lieureuse in- 
fluence sur la societe est aussi incontestable 
que ses effets sont sensibles et consolans. 

BORIE. (G.\ O.*. de France, Saint-Jean d'hiver, 5819. 
p. 15.) 

IN’est-ce pas dans vos temples que.. Pinlor- 
tune est toujours fiere de trouver des coeurs 


( 79 ) 

diverts a la sensibilite ? Notre imagination 
l’amiliarisee avec le noin tie IVcre ne nous re- 
presente-t-elle commeFF.*. tons ceuxqui nous 
approchont ? Oui, parloul oil it y a oil ties 
coeiiis sensibles, 11 y a eu des macons; par- 
tout oil il y aura tie belles aines, la maconueric 
aura des sectateurs. 

IJOUBEE. (Anpales maconniques, 58o8, tom. v, p. 14 1.) 

Les reunions maconniques n’ontpour but tie 
donner que des pi incipes de vertu ; elles con- 
sistent principalement dans la bienfaisance et 
la sensibilite, eclaiiees du llambeau de la rai- 
son. 

DtBOtJFFLERS.(Miroir deiaverite, 5802, vol. 3, p. 17 .) 

On definissait V Ini tie, un honime libre, sou- 
nds aux lois, le frere et l’ami des rois e| des 
bergers, pourvu qu’ils soient vertueux ; ainsi 
par TaLtitude qu’on lui faisait prendre au mo- 
ment de sa reception, il comprenait que le 
.uxe est un vice qui n’en impose qu’au vul- 
gaire, et que, pour etre vertueux, il faut se 
mettre au-dessus des prejuges ; que Vinitie 
doit pratiquer Fbumilite, que son coeur doit 


( So ) 

etrc juste et toujours a decouverl, qu’ilne doit 
jamais tremper scs mains dans 1’iniquite. 

BOULAGE. (Des myslcres d^sis, 1 vol. in-8. Paris, 1820, 
chap, x.) 


Eli ! quelle plus noble, quelle plus douce, 
quelle plus interessante occupation des Mac.', 
pourraient-ils se former, que d’etre humains, 
cliaritables , bienfaisans ! Et quelle epoque 
plus memorable pour une fete maconnique, 
que celle ou Ton presente a tons les Francais 
l 1 image d’un bon pere, a tous les guerriers le 
modele des preux ! a tous les souverains 
l'exemple d’un roi cheri de ses cnfans, de ses 
sujets, de ses coinpagnons d’annes; a de pa- 
reils traits je crois reconnaltre un macon, 

BOULLE. (G. .0. de France, fete de famille a l’occasion 
de Finauguration de la statue d’Henri IV, 5 820, in-4, 
P- 8.) 

Quel avantage immense n’a pas la macon- 
nerie sur toutes les institutions connues ! Dis- 
tinctions de rangs, de fortune, de couleur, 
de patric, de langage, d’opinions religieuses, 
tout disparait dans son sein; devant elle , 
coniine devant Dieu , tons les homines sont 
egaux, tous les homines sont freres. 


( «■ ) 

Exempts du vice general des congregations 
religieuses, do bespril de secte ct dc prosely- 
tisme , leur cederions-nous en force morale 
pour la propagation des vertus que notre in- 
stitut nous commande ? 

Loin de nous a jamais bambition d’cxercer 
sur nos semblables, bespece de magislrature 
saccrdotale dont les passions liumaines ont 
loujoursabusdb.Gardons de circonscrire dans 
nos temples la fraternite qui nous lie ; minis- 
Ires d’union etdepaix, nesoyonspasbienveil- 
lans seulement les uns envers les autres ; 
rentres dans nos families , an sein de la so- 
ciete, portons-y le langage et besprit de la 
conciliation: pratiquons surtout et prechons 
par bexemple, boubli des injures... 

BRUNET. ( Etat du G.\ 0.\ de France, 5804, l cr vol. 
de la reprise, 2 e part., pag. 284-285.) 

Tous les homines qui se sont occupes de la 
franche-maconnerie, et qui n’y ontvu que des 
societes ou les rois et les pretres paraissaient 
respectes ; des societes dont le but etait bu- 
nion des homines honnetes, la bienfaisance, 
la perfection des arts ou bactivite du com- 
merce, auront de la peine a croire a ce sys- 
teme politique (la destruction des trones), 


( 82 ) 

parce qu’ils ne connaissent tics mystcres nia- 
conniques que les Ibnnulcs prepara toires... 
(p- 74 )- 

11 y a en Europe une Ibule tie loges macon- 
niques ; mais dies ne signifient l ien sous le 
rapport politique ( p. 1 19 ). 

Da us Follicle que Ton pent laire des clifle- 
rcntes sectes, il Taut toujours' clistinguel• les 
inities cles ; francs-macons, (note cle la p. 1 19). 

1 CADET-GASSICOLRT. ( Tombeau dc Jacques Molai, 
Paris , in- 18 , an V dc l'ere ivancafse, 2 R edit.) 

(l) M. Cadel-Gassicouri clail-il franc-macon a Pepoque 
ou »1 e'crivail le Tombeau de Jacques Molai? Co qu’il dit 
p. 112-117 pourrail le faire penser ; ce qu'il y a dc cer- 
tain, e’est qu’il a lenu L.\ depuis. Mais ce qui noussemble 
singulierement remarquable, c’est ce passage de son livre, 
p. 182 — 183 : il ecrivail en Pan 5 de la republique ; 
Ceux que l’e'lude a convaincus de la puissance el de la 
perfidie des je'suiles applaudissenl a leur destruction ; ils 

* ignorent que la bulle de Ganganelli n’a supprime que 
leur habit , leur grand chapeau ; mais leur doctrine , 

0 leurs liaisons subsislenl ; il y a des je'suiles parioul, dans 

• les conseils el pres du direcloire , dans les tribunaux , 

• dans les administrations , a la lete des arme'es ; il y en a 
< dans le parlemenl d'Anglelerre, au Vatican, dans PEscu- 

rial.... Les gouvernemens le reconnallronl un jour 

* peui-etre irop lard...l i Le Tombeau de Jacques Molai se- 
rait un ouvrage bien remarquable, s’d ne rcnfermail uno 
foule d^bsurdiles el d’accusations gratuiies. 


( 83 ) 


Le mode do s’approcher ct de sc recoil- 
naitre maconniquemenL; Faccucil amical quo 
nous aimons a faire a loul F. - . lieureux ou in- 
JorLunc ; les voeux que nous formons pour la 
prosperity de tout mac.*, quels que soient sou 
etat et sa position; le baiser fraternel dont 
nous couronnons souvent nos travaux ; enlin 
l’obligation que nous pretons au pied de Fau- 
tel, sous la foi du serment, de nous aider, de 
nous secourir en tout temps, en tous lieux; 
ces caracteres liabituels tjui composent l’es- 
sence de nos devoirs , ne dymontrent-ils pas 
que la inaconnerie, dans son institut comme 
dans sonaccroissement, a ete marquee dusceau 
de l’ainitie qui forme sa base inebranlable? 

CAIGNART DE MAILLY. ( Annales maconniques , 
1. v, 5&08.) 


LeF.*. Roettiersde Montaleau rendit les ser- 
vices les plus signales anotre ordre, auquel, a 
Fepoque luneste de Fanarcliie, il etait attache 
depuis plus de vingt-cinq ans. Il sauva les ar- 
chives du G.*. 0.*.; il ouvrit un nouveau 
temple auxMaf.*. disperses; il les reunit dans 


( 84 ) 

unc logo qui depuis a si bien juslilie son lieu- 
reuse denomination du centre das Amis. Co 
lut liV qu il deposa le leu sacre do noire insti- 
tution, sous la sauve-garde dcs verLus et dcs 
talens. 

L. CAILLC. (Homieurs J’uncbres reiulus « hi memoire 
tlu V.*. F. . Itocuiers dc Moninlcau , In-8,' 5808.) 


Je vais essayer, en ce jour solennel (cclui 
de la fete de Fordre J, d’appeler votre atten- 
tion sur une de vos premieres obligations, mes 
FF.v, la bienfaisance. Mon but n’est pas de 
sollicker de vous plus de soins, plus d’ardeur, 
plusd exactitude dans Fcxercicede cette Vertu; 
jai sans cesse ete temoin que nos FF.-. dans 
ladversite onttoujours Lrouve en vous appui, 
assistance, devouement et consolation; mais 
seulement de vous soumettre, en principe, un 
piojet que j ai medite sur les moyens de re- 
gulariser la distribution des secoursanosFF.*. 
malheureux, a leur en accorder de plus abon- 
dans , de plus proportionnes a leurs besoins ; 
pro jet tendant a aller plutot au devant de la 
vertu froissee paries evenemens de la vie, que 
d attendre que ses accens plaintifs parvien- 
nent jusqu’a nous; mais a ecarter les Mac.-. 


( 85 ) 

ou pretendus Mac.*, qui se scraient rendus in- 
digncs dc nos bicnfaits par Finconduite oupar 
Fas luce; la main bienvcillante du M.’.devant 
ton jours elre accompagnee de la prudence cldc 
Fcntierc conviction du malhcur non meritc. 

CAILLOT. ( Annalcs macunniqucs, 580 9.) 


Jcncpuis me trouver dans cette enceinte, 
( lc G.*. 0.'. de France ) sans eprouver cette 
emotion douce qu’un vrai macon trouve au mi- 
lieu de ses FF./ . r . 

Le prince CAWBACLRES. (Fele du G.*. 0.-. de France , 
le 27 e j.*. du 10 e m. . 5805, jour de Pinstallalion du le r 
grand M.‘. adj.\ ) 

(l) Dans la seance du I3e j.-. du 10 e m.\ 5805 , fele de 
Tordre , le prince Cambace'res , premier G.\ M.\ adjoint 
avail dit : « Que depuis iong-temps , initie dans les divers 
« grades de la maconnerie, il avait toujours conserve pour 

* elle le plus vif atiachemenl $ qu'il y retrouvail des sou- 
. venirs agreables , que la dignite' qui lui est offerle par 
« le G.\ 0.*. , et qu’il acceple voloniiers , lui est d’auiani 
■ pl us precieuse , qu’elle le met a porle'e de lui donner 
® souvent des marques de cet ancien atiachemenl pour scs 
1 FF. *. , et pour un ordre que le chef supreme de l’em- 
0 P* re liouore assez de sa protection pour avoir approuve 

* que l un des princes de son sang acceplat la dignite de 

- 1 queleG.-. 0.*. lui a defere'e - qu’il peut re'- 

* pondre des intentions bienveiliantes que S. A. I. le 

8 


Comme les anciens peuples, les iliac.-, sd 
glorificnt cFiinc antique origine. 

Ge n’est pas seulcmcntla comiaissaucc des 
mem es form ul es, ni la pratique cles memes ver- 
lus qui constituent 1'ordre de la mnconncrie, 
mais bienl’union intimc qui nous rapproche* 
sans nous detacher de 1’afFection que nous de- 
vonsa la grande famiile. 

La maconnerie en efFet a celade particular, 
que loin de nous faire abjurer nos parens, nos 
epouses, nos enfans, nos amis, die ne nous 
croit digues d’entrer dans le temple que lorsque 
nous possedons toules les vertus inspirees par 
la nature et cheries de la societe. 

CHALLAN. (Etat du G. -. 0.*. de France, 5804, ler vol. de 
la reprise, 3c parlie, p. 21 — 22, ) 


Comme nous desirous honorer ces actions 
vertueuses (celles des francs-macons) que les 
lots du royaume ne prosCriven t pas et qui 
ne sonl que trop rarement presentees a l* es _ 


. prince Joseph Ini a temoignd pour I’ordre , et que le 
1 G *** °*'- P eut compler que ce Seren.*. et T.- Ill ■ F • 

• Iui en portera Iui-meme 1’assurance an premie’r jour en 

« venant presidcr ses trav,-. ■ 7 


( «7 ) 

time publique , nous n’avons pu nous empe- 
cher d'dtendrc notre bienvcillanceparticuliere 
sur une estimable societo suedoisc que nous 
avons administree etpresidee,dont nous avons 
cultive et propage les dogmes et institutions, 
dont nous avons ete le chef pendant si long- 
temps , avec laquelle enfin nous avons inva- 
riablement conserve des liaisons, qui assurenL 
de la part des membres ( maintenant nos su- 
jets), a nous et a nos successeurs au trdne 
suedois, tout ce que Ja religion, la fidelite et 
lattachement aux souverains peuvent imposer 
aux mortels. 

Pour donner a cette societe une preuve de 
nos sentimens gracieux a son egard , nous vou- 
lons etordonnons que les premiers dignitaires, 
dans le nombre que nous fixerons, soient a 
l’avenir decores de la marque la plus intime 
de notre confiance , laquelle sera pour eux le 
signe distinctif de la plus haute dignite; de- 
clarons que ceuxqui en sei;ont revetus forme- 
ront a Tavenir un corps de chevaliers sous le 
nom de Charles xiii dont nous-memes se- 
rons le Grand -Mailre. 

Comrae notre intention est, en fondant cet 
ordre, non-seulement d’exciter nos sujets a la 
pratique de la bienfaisance, et de perpetuer 
le souvenir du devouement de cet ordre pour 


( 88 ) 

noire personne lorsqu’il elait sous notre di- 
rection , mais encore de donncr des preuvcs 
de notre bicnveillancc royalc a ceux que nous 
avons pendant si long-teinps cmbrasscs ctcheris 
sous lenoindeFF.*., nous avons clioisi pour ins- 
tiluer cet ordre , le jour ou notre bis clieri et 
successeur, le prince ChARees-Jean a pris a 
cote denous la direction generate de la societe 
susdite. 

CHARLES. (Preambule de restitution fondec cn 181 1 de 
Tordre de Charles XIII, voy. Acta Latomorum , vol. 2, 

p. 61 — 62.) 


R^unis par les liens d’uneamitie fraternelle, 
eclaires par une lumiere pure etbrillante, les 
macons s’avancent vers la sagesse, en foulant 
aux pieds les prejuges de l’ignorance et les 
viles passions du vulgaire. 

Benoiston-de-CHATEAUNEUF. (Planche de laseance ^in- 
stallation delaL.-.Ec.-. de Ste-Caroline, in-8, 5 80 5, p. 21.) 


Travailler au bonlieur de l’espece humaine, 
tel futtoujours l’objet dela maconnerie. Dans 
les premiers temps , elle eclaira les hommes. 

(1) Fils adoptif du voi Charles XIII : voy. dans ce rc- 
cueil, Behnadotte. 


( ) 

Bientot apres die leur donna le courage de 
fjbuflrir, de n raver les persecutions; dans des 
temps plus modernes , clle leur apprit a se 
conn a lire ct a s’estimer. Que lui. reste-t-il a 
faire dans ce siecle de lumieres? dans cette 
France que tant de gloire environnc? Elle doit 
se montrcr line institution essentiellement na- 
tional e ; ses at.-, elre commeautant de foyers 
de tout ce qui peut emouvoir , de tout ce qul 
peut agrand'ir Fame... 

Pbyhk i>b CHA.TFAUNEUF. (Planclie delaseance d 'installa- 
tion du prince Cambaceres comme Ven.\ d’lion.-. de la 
L. r . Ec.*. de Sainte-Caroline , in-8 , 1806, p. 10. ) 


Le F.*. Georges Washington est mort... 

Une seule institution rapprochaitles hommes 
sous le niveau de Fegalite , il voulut la con- 
naitre etlui appartenir; il s’cnflamma du pieux 
sentiment de la charite, et j’ai Forgueil de 
croire que le premier pas quil fit dans le 
temple de la verite , a influe sur lesort de cet 
empire, et sur les innovations dans le systeme 
des autres gouvernemens qui en sont la con- 
sequence. 

Simon CKAUDRON. ( Oraison funebre duF.-. Georges 
Washington, prononcee le 1 janvier 1800, dans laL.\ 
de F Amitie, 0.\ de Philadelphia, voy. Annates ma- 
conniques , 5807, t. IV, p. l8l a 213, ) 


La franclie-maconnerie est en tout, pour le 
iond comme pour la forme, un excellent mo- 
dule de cc que la soci($te devrait ctre pour le 
honheur de tous ctde cliacun. Elle reunit sur- 
tout an premier degre lcs deux caracteres 
qui, suivant Pytliagore , rapproclient le plus 
les mortels de la divinite , savoir : le culte 
de la verite et la pratique de la bienfaisance ; 
V eritatem sequi ben (face re aliis. D’ou l’on 
peut cnnclure, toujours d’apres ce pliilosoplie, 
qu elle est l’association la mieux concue, la 
plus lieureuse qui existe surle globe, etqu’elle 
est en quelque sorte divine : His enim duolms 
mortales Deoprope similes fieri. 

CHEMIN - DUPONTES. ( Encyclopedie maeonnique 
vol.2, 1821, p. 38.) 


Ecole dela sagesse, la maconnerie se nour- 
rit d^exemples; lien sacre parmi leshommes, 
elle meconnait les demarcations qui separent 
les peoples, et ne forme plus qu’une seule fa- 
mille du genre liumain. Toute vertu est de son 
domaine ; toute action noble et genereuse 
trouve un echo dans ses temples, et quel que 
soit le lieu qu’ait vu nailre un mortel donfit 


Phonneur cL la gloirc se sont partage la vie , 
tics que la mort l’a frappe , au nom de Plmma- 
nitc tout cntierc qui plcure le defenscur dc 
ses droits, elle vicntdcposer sur la lombe du 
grand liomme le tribut de ses regrets, et l'liom- 
mage de sa reconnaissance. 

De CIIENIER. (Discours sur la perte irreparable du T. 

C.*. F.\ le general Foy , Paris, in-8, 1825. ) 


De toutes les associations connues. civiles, 
religieuses ou railitaires, il n’en est aucune 
qui reunis.se ces trois qualites plus eminem- 
ment que la societe maconnique. Cette insti- 
tution a pour base les lois de la nature : ces 
lois servent de boussole a celles de l’etat. La 
maconnerie fait son etude speciale des unes 
et des autres; elle tend done au perfection- 
nement de la legislation, des sciences et des 
arts, dont elle embrasse d’ailleurs toutes les 
parties. Sous ce rapport, elle merite le pre- 
mier rang parmi les soeietes civiles : les loges 
sont des temples consacres principalement a 
la bienfaisance. 

A. G, CIIEREAU. (Explication de la Croix Philosophi- 
se, in-8 , 58o6. ) 


La maconnerie , mal connue, nial inter- 
pretec , perseculee mome dans clivers pays , 
cst cepcndant indestructible ; car die est lon- 
dce sur les bases les plus sol ides : le respect 
des lois et V amour de la vertu. 

Due do CIIOISEUL. (Brochure in-8, de 27 p., 5826.) 


Les philosophes hermetiques, les grands 
theosopbes , les francs-macons vraiment ins- 
truits sont possesseurs de la science des sym- 
boles , qu’ils ne communiquent qu’avec tant 
de circonspection et de retenue qu’a peine sc 
doute-t-on dans le monde savant que la con- 
naissance des symboles soit une science. 

Cu. DECOURCELLE. (Traiie des Symboles, in*12, 
1806, page 7. ) 


II n’y a personne qui, se faisant agreger a 
la societe maconnique , ne s’entende dire que 
tout ce qu’on lui presente en loge est emble-*- 
malique;.on Televe de grade en grade , tou- 
jours enlui presentantde nouveaux emblemes n 
qui n'eclaircissent pas pour lui les premiers ; 


( !P ) 

enfin, si par u n effort dc penetration , il de- 
vient deposilaire dc la Grande Lumierc , qui 
n’est autre chose epic la connaissancc des sym- 
bolcs , c’esl sous la discretion la plus invio- 
lable que cette Luiniere lui cst Iransmisc et 
coulinnee 1 . 

Lb mkmf.. ( Ouvrage cite, p. 2i. ) 


L’amour dc la vertu fait de tous les macons 
rdpandus sur le globe un peuple de freres; 
e’est lui qui nous reunit ; e’est lui qui,.suppri- 
mant parmi nous toutes distinctions, nous 
donne a tous le meme desir , celui de nous 
plaire et de nous aimer. 

DELAHA.YE. (Annales maconniques, 5807, vol. u.) 

Nous n’exigeons d’autres conditions pour 
etre admis parmi nous, que la probite et le 
savoir; nous recevons tout homme honnete 
et instruit, quels que soient sa croyance, sou 
pays et ses lois. 

(t) Cet ouvrago, fruit de longues et sayanles recherches, 
resume* pre'eieux de ce que les anciens ont ecrit sur les 
syslemes alle'gorique et materiel du monde , devrait faire 
partie de la bibliotheque de tout macon studieux. 


( 94) 

Notre inaconnerie laisse cn paix les opi- 
nions et les consciences : nous n admettons 
dans nos assemblies aucune controverse rcli- 
gieuse , aucune discussion politique. 

La nil la dispute politique ou religieuse 
commence, noire inaconnerie cesse. 

DESET... (Discours prononce dans la Confederation des 
Cinq conseils des G *. C1I.\ El.*. K.vH.*. , 5821 , 
in-8 , p. 13.) 


Malgre les schismes et les prijuges qui di- 
visent les difl'erentes sectes de cethcmisphere, 
nul ne revoque en doute l 1 immortal ite de 
Tame ; tous , par des sentiers divers , cber- 
chent les portes du ciel , et tous croient a 
l’eternite s’ils sont vertueux : respectons done 
toutes les religions puisqu’elles concouient 
au bien social, mais employons tous nos 
efforts pour eclairerl’incredulequi la meprise; 
e’est un frere que nous devons rendre a lui- 
meme et au bonheur. t 

DESLAURIERS. (Pompe funebre du F.\ Baudrier, 
brochure in-8, 1818. ) 


Les societes maconniques ne se maintien- 


( 95 ) 

ncnt quc par les monies principcs qui conser- 
vent les associations poliliques. Gelles-ciont 
des loitf generalcs ; nous avons les nolrcs ; on 
n 7 cst bon citoyen qu’alors qu’on remplit la 
taclie quc le G.-. A.-, dc l’Univ.*. departit a 
cliacnn ; on n’est Lon mac.*, qu’alors qu’on 
remplit relalivemenl a soi , relativement a ses 
FF.’. , la tacliC maconniquc quc lc G.*. A.*, 
de TUnivers departit aussi aux successeurs 
des ouvriers quc Salomon rassembla pour la 
construction du temple... 

DESYEUX. (Travaux d’inslallation de la L. - . de Saint- 
Eugene * in-8 de 44 pages , 5805. ) 


Que I’univers sache et que nos actions pro- 
cl ament que les questions religieuses et pob- 
tiquessont bannies de nos assemblies; que nos 
reglemens interdisent les controverses theo- 
iQgiques^ommeles discussions diplomatiques; 
qu’il n’est dans nos temples qu’un langagc, ce- 
lui de la bienfaisance ; qu’il sacbe enfin que, 
laissant aux chefs des nations, a leurs magis- 
trats supremes,lesoin penible de gouverner les 
etats , nous ne nous occupons que de la pra- 
tique plutot que de la tlieorie de la morale. 

DOISY. (Planches , discours et cantiques pour la fete de 
la Paix, celehree au G.-. 0.*. de France le 90 germi- 
nal an 9 — 1801. in-8, p. 18 . ) 


( ) 


Les macons n out point dc secrets, disent les 
profanes; plaignous-lcs dc leur ignorance; ils 
n’ont point commc nous Ic secret d’etablir ties 
stations heurcuscs sur la grande route de la 
vie, et tristes jouets de la defiance et de Pin- 
credulite, ils achevent peuiblementleur voyage 
sans avoir rencontre les soins d’un ami ou les 
voeux du pauvre ; ces liardis penseurs qui con- 
naissent tout , meccnnaissent le plus doux 
cliarmc de la vie; elrangers a Pessencc du se- 
cret, ils nient Putilite du secret, et refusent 
unculte a la verite voilce, commc si leurpro- 
pre existence , commc si tout cc qui respire, 
commc si la nature enliere netaifc pas tin mys- 
tere ! 

DRFA'S. ( Installation cl travaux de la L.-. des Disciples 
de Salomon, in- 12, dellOp., 5811.) 


C’est piquer la curiosite et ne point la sa- 
lisfaire, quedeparler d’une institution extraor- 
dinaire sans en devoiler Porigine. Celle de la 
franclie-maconnerie est inconnue aux macons 
les plus instants. Ils ne Pont consideree qu e 
dans Pisolement, et ne se sont pas apercu 


( 97 ) 

qu’ellc se raitachc a d’anliques institutions 
(jui lui ressem b Ion l, sirion par le fond- des 
clioses , an moiiis par lcs formes. Cette res- 
sernblaiice de formes on indique la source 1 . 
(p. 77.) Les logos oiit favorise les arts , la lite- 
rature, soulage les mallieureirx, el repandu les 
a uniones : ce soiit les merites de rinslitution. 
Mais ces logos n’ont jamais pu se garantir des 
illusions de l’orgueil ni renoncer a Icur gout 
pour les mensonges imposans , mensonges 
(jue lours membres ne croient pas, et qu’ ils 
icignent de croire. Leur origine, qu’ils font 
remonter au-delades bornes trop circonscrites 
He riiistoirc et qu’ils placcnt dans les temps 
labuleux et lieroiques; les liLres pompeux, 
magnifiques et etrangers qu’ils se prodiguent a 
eux-memes ; les decorations, les rubaiis dont 
ils s’afFublent; l’air grave et serieux qu’ils 
gardent dans de vaines pratiques,, rappellent 
celui que mettent les enfans en jouant a la 
cliapelle. C’est la le ridicule de leurs associa- 
tions. Envisagees sous la face la pi us avanta- 

(1) L’abbe Robin, que cile M. Dulaure, et vingt auteurs 
marons parmi lesquels on veut bien nous compter pom 
notre Manuel du franc-macon , ont fait , long-temps avant 
1 estimable auteur de Vllistoii'e civile de Paris , ce qu J il pre- 
tend un pen legcrement qu’on n'a pas fait. 11 reconnaitra 
lui-meme son erreur a cet egard. 

y 


( 9 8 ) 

sense, ccs logos tendent it rdunir les lio, nines, 
hies faire mieux conuattre, a se tolerer, so 
secourir, sc corrigcr rdciproquemeul; olios 
out dans cos dormers temps sent, lc bosom de 
faire disparaitre lour inutilltd , on prochant cl 
praliquantla bicnfaisanco. Lorsque lcsfrancs- 
macons rcnonccront k lours litres et decora- 
tions feodales , a lour pompeuse vanite , a la 
cliimerc do lour vaste el pretenduc domina- 
tion, a lours discours mensongers et a leuis 
pratiques pueriles et sans objet utile, et qu us 
s’occuperont du perfectionnement do la mo- 
rale publique, du progres des lumieieset de 
la recherche do toutes les vdrites encore me- 

connuos, do la destruction d’erreurs encore 

accreditees, ils acquerront des droits mcon- 
testables a la reconnaissance des contempo- 
rains et de la posterity ■ (p. 1 19— 171 )- 

DULAURE. (Histoire civile , physique el morale de Pa- 

ris;lS25,t. VIII. ) 

/A Nous avons cite avec une grande exactitude le bien 
et le mat que M. Dulaure dil de nous comme soc.ele, comme 
francs-macons de lout grade. Depuis plus de qumze ans 
nous nous sommes, nous individuellement, prononce contra 
les hauls grades que nous n’avons consent, a recevo.r qu 
depuis deux aunees, par egard pour les At,, qu, nous out 
honore de leur direction , notre opinion n a pas ehange 
mais M. Dulaure exagere le ridicule des grades super, eurs, 


( 99 ) 


Parminous,riiomme vient chcrcherFhomme. 
Laissant en dehors les opinions et lescroyan- 
ccs , les macons ne demandcnt a leurs FF. *. 
que desvertus, Fliumanite, la hienlaisance, 
lafidelite 5 tenir sa parole ct ses sermens. 
Chez nous regnent essenliellement l’egalite , 
la tolerance , premiers garans de la liberty 
de Fliomme, symboles augustes de sa dignile 
originelle. 

Yoila ce que s’attendent a trouver parmi 
les Mac.*, tous ceux qui demandent a con- 
nail ra* la vraie lumiere. 

DUPIN aine. ( Brochure in-8 de 46 pag. , 5827. ) 


Nous n’avons point de ricliesses arepandre, 
point de pouvoir a donner ; ce n’est point ici 
qu’on trouvera ces recompenses qui flattent 
Farabition du commun deshommes et que re- 

et se trompe sur beaucoup de choses, qui, si elles e'taient 
re'elles, feraient autant de tori a la franche-maconnerie , 
qu’il irouve avec juste raison excellente , qu’aux francs- 
macons eux-memes, considered comme simples individus, 
dont Passociation ne peut re'pondre qu’autanWpi’ils suivent 
sa morale. Nous en appelons de M. DnlaureJ'historien cri- 
tique, a M. Dulaure , historien impartial. 


( 100 ) 

chcrchc le monde proianc. Notre ostimc , 
noire reconnaissance sont les seuls tribuls 
quo nous ayons a offrir a nos FF.-. ; nous ne 
pouvons les honorcr qu’en celebrant leurs 
verlus, en redisanl leurs services, cn les si- 
gnalant coinme nos modules el nos maiLrcs, 
cn les chargcant de la direction de nos mo- 
destes atcl.*. et les coustiluant les grands pre- 
ires de nos lemples. 

DUPINjeune. (Brochure in-8 de 27 pag., 5826. ) 

Profondementpenetrede la saintetede notre 
institution, notre III.-. F.*. neregardaitpas , 
lui, comine de pompeuses mais vaines ex- 
pressions, les mots sacrcs de bienlaisance , 
de justice, d'amour de la pa trie ; toutes lesver- 
tus dont un homme est capable, il les prati- 
quait comrne de simples devoirs d’un mac.-., 
et sans aucun effort, parce qu 7 il mctlait ses 
devoirs aunombre de ses plaisirs. Rappelez- 
vous, mes FF.-., son assiduite a nos trav.-., 
la sagesse de ses opinions , son respect pour 
'celle de ses FF.*., mais aussi son inflexible se- 
verite de principes... 

IIeshi DUVAL (Elogc funehre de II. N. Belleieste, secre- 
laire-inlerprete du gouv. pour les langues orientales, 
memhrejdp Plnslilut d J Egypte, in-8 de 8 pag. 58o8. ) 


( ) 


Lgi'ii’ii 1 i clic -in aeon n e vi e est une society sainte 
etpieusc d’liommes amis, qui a pour fondc- 
ment Ja discretion, pour but le service do 
DiOu/ la fid elite a son prince, et la cliarite 
envers son procliain ; et pour lecon d'elevcr 
un bailment all egorique aux vertus qu’elle en- 
sergne, avec des sigues certains pourse recon- 
naitrc. G’est une societe et des plus ancieunes, 
et des plus universelles, puisqu’il ny a point 
d’etat, point de ville dans lunivers ou il n’y 
ait quantile de francs-inacons. 

1 ENOCH. (Lc vrai Franc-Macon, 1 vol. in«12, 1773 
p. 19.) 


Indulgence , qualite si douce, vous qui con- 
eourez au bonlieur des homines ; vous, sans 
qui il ri’est pas d’ainitie durable; vous que 
tons les liommes reclament et que tous les 
homines refused, quand le monde vous exile 
fie ses reunions, que les notres vous accueil- 
lent, ct puisque le profane vous dedaigne , 
que le mac.-, en vous honorant, prouve que 

C 1 ) Nom cmprunlc. 


0 


nos temples sunt VasJet l’ecole de la plus 
tlouce des vcrtus- 

D'EniEMESNIIi- (IiislaUal'ou de la L. ■ Ec. . Jo Saint 
Joseph, in*B Je 54 pag., 58 ° 8 * ) 


Les mvslercs dc la maeonncne soul les 
, neiues stir tonic la tone quant aux Irois pre- 
mier* Ages des MM.-.; its soul encore les 
memos sur toule la terre pour ce qm est des 

l, a „ls grades, a l’exccption seulementde ceux 
connus en France, el communiques ou donnes 
inr le G.-. O.-. depuis l’annde 1780- 
1 A cette epoque, un mallieureux systeme 
d’une economic mal entendue, prevalul dan 
le G.-. O.-. de France : on y fut d accord que 
les PTH.-. GG.’. connus et professes jusqua- 

lors, etaient d’une ramification trop grande ... 

F.SCOFFIEU. (Rapport a la L.-. ties Sieves 

0.*. de Paris, brochure m-8 dc 3a page , •) 

(1) Les questions dogmaliques souleyees ici pounaieni 
faire enlanter des volumes et mettre en feu 1 umver di, 

oimique Oui 1 les lr0IS P remiers S ratJes suffisaien a 

-loire del’ordte et au bonheur de ses membres ; ds eta,« 

^eeteoeoreanlversels:^^^^ 

fails VEcossisme pour les tltl. . w. - 
la reverie aulanl que le manteau de ram °“^° pre ; 
des gens qui ne peuvent re'peier un bon mol . sans 


C i°3 ) 


Tout e«l sacre dans la maconnene, loul y 
esl en quelque sorle divinise , du moment ou, 
constitute legalemenl, et taissant dc cole 
mate impulsion etcangece, clle cedevmnl eue- 
meme, la maconnerie primitive, telle quelle 

fairc une sollise. 11 y a dcs gens qni , 

contentcnt pas d’alimens simples cl sains , il 

tables surcharges de mats somptueux , comma a in 

de maitre , il lour r hut dc. * £ ^Tv’erLbU nr- 

t! ^ 10 “;^ Remans .un do 

ses confreres , lui dil : . Ne pouvani la fame belle ,tul as 
. faito riche. . On mac.', du 3" dgo peut dire 
aumac.'. du 7c ou du 33o degrc . *■ pouvani ic fa.re 

remarquer parmi les mtutres, lu l es fail P r,nce ' , G q ._ 
Le G 1 O' avait raison de simplifier le H ■ ■ 

Kcoss.n Vil eul mieux fail de les repousscr. Mats en les re- 
duisanl de 25 ou 33 a 7 , il derail, des i l’ or, P“' ^ ^ 

admissihles parlout, en les faisant phdosoph.que . S «e 

lion lui est reside, cl left.'. C.'. n’est pas meme admis dans 

tous les pays ehreliens. i 

Depuis nombre dWes lc G.'. O.'. a accepte e donnc 

les 33 degres du rile licoss.'. concurremmenl 

sa creation ou de son adoption. Bouse. rapport la faiblesse 

generaleexcusesaproprcfaiblcsse...LesHH. 

ront, les 3Gr.\ symboliques seront eternels. 


( ) 

nous a etc transmise depuis tant de siecles, 
tel]c que nous sommes Hers de la transmettre 
a nos arriere-neveux. Sa source est sainte* et 
ses adeptes, pour conserve!’ cette precieuse 
institution, doivent puiser toujours a cctte 
source premiere j voila ce qui nous constilue 
tons FI 1 ,*,, dequelque pays, de quelque rang 
que nous soyons; ce qui fait quayant tons la 
in cm e origine, que derivant tous du nieme 
point, que tcudant tous au nieme but, nous 
ne formons sur ce vaste hemisphere qu’une 
seule et nieme famille; ce qui fait que les dil- 
icrens ressorts de la politique des gouvcrne- 
mens du monde, que le contact divers d’idees 
religieuses, que la devastation et les liorreurs 
des guerres, quel que soit leur motif; que ces 
differentes causes lie sauraient attiedir ja- 
mais eu nous les sentimens les plus tendres 
d’une union et d’une fra ternite sans homes, 
qui Iaissant de cote tous les litres , tous les 
hoinmages qui dans le monde profane sont 
donnes au rang , ne forment dans nos tem- 
ples aucune difference entre le roi et le berger. 

Alexandre d’ESTOURMEL. (Planche dc la sc'ancc d’ins- 
tallation dc la L.\ Ec. ■. dc Saintc-Carolinc , in-8 , 
5805, p. 15 — 1G.) 


( io5 ) 

La maconnerie est un port neutre oil sont 
admis les vaisseaux dc toutes les nations; le 
caline y regne alors memequeles plus furieux 
orages boulcverscnt la incr sur laquelle il cst 
situe ; la relaclie y est permise a tons. Aussi- 
tot que le signal de delresse est enLcndu, le 
secours cst porte , quelles que soicntles cou- 
leurs c[ue porte le navire qui a donne le si- 
gnal ; j’y trouvc Tcnnemi que j’ai blesse, 
qui a voulu m'arraclier la vie ! jc le presse 
contre mon sein , je soulage ses douleurs et 
deviens pour lui le bienfaisaut Samaritain ; 
quelle est done la puissance, 6 charite ma- 
connique? Quels que soient les moyens de 
celui que tu embrasses, rien ne peut te resis- 
ter : La puissance est le levier qui peut soule- 
ver le monde ; u'ne seule semence confiee a 
la terre par tes mains bienfaisantes peut pro- 
duire devaste.s forets; tapuissance m’explique 
et me faitcomprendre enfin les miracles evan- 
geliques;les coeurs les plus durs s'amollissent 
ataclialeur; ta lumiere dissipe comme des 
nuages lous les reves de la vanite ; les clii- 
meres des distinctions , aulres que celles que 
donnent les vertus et les talens, ne sont point 
encensees pres de nos autels , et, comme aux 
anciens mysteres , les criminels de lese-hu- 
manite n’ont jamais le droit dc les embrasser; 


( I° 6 ) 

nous n insci ivons sur nos colonnes que les 
noms des bienfhitcurs dc l’luunanite. 

Baron FAUCHET. ( G. ■. O.-. tic France, Sainl-Jcan 
iVe'lti , 5827 , in-8. ) 


[ci , un monarque sage et juste; lolcre la 
societe des fra ncs-ma cons ; la des Barruel , 
des Robison et des critiques de sermons peu 
eclaires vociferent contrc elle! Quel parti est 
le meilleur, lequel lem porte sur la balance 
dc la justice et d’une sage politique? Sans 
contredit le premier; car, a ce parti appar- , 
tiennentaussi Frederic- Auguste III , Guslave- 
Adolphe III , Georges 7/7, et plusieurs princes 
eclaires de l’Allemagne. 

i FESSLER ( Fragment de critique , Miroirde la verite , 
5802 , 3* vol. , p. 57. ) 


L’esprit maconnique , aussi ancien qu^ le 
monde,fnl con stamment l’ame de ces grandes 
societes qui , sous differentes denominations, 
se formerent successivement dans toutes les 

(l) Le docteur eL professeur Fessler etait grand-maitre 
de la L.\ de Royale-Yorcjt de PAmitie, 0.-. de Berlin. Voy. 
dans ce recueil, Fredeiuc-Guillaume. 


( I0 7 ) 

parties de 1’univers, C’est en Egypte qu’il pa- 
rut dans lout son <5clat. 

De FONDEVIOLLE. ( Trav.-. dc la L.\ Ec.*. dc la 
TripIc-IJnile , Paris T 1810 , in-8 de 72 p. ) 


Votre Orateur a parfailement exprime l’es- 
prit qui animait toutes vos operations. Une 
societe qui ne travail le qu’u fa ire germer et 
fructifier touLes les yertus dans mes £lats , 
peut lou jours compter sur ma. protection ; 
c’est la glorieuse lache de tout souverain ; je 
ne discontinued jamais de la remplir. 

FREDERIC. ( Retire du roi de Prusse, Fre'de'ric II , a 
la L. de Royale-Yorck de 1'Amitie , du 15 fevrier 
1777. Voy. Annales maconniques , 5 807, t. iv.) 


Je vous remercie, mes FF. 1 ., des choses 
(latteuses que vous venez de me dire; je les 
agree, je les crois sinceres ; tels je vous ai 
laisses , tels je vous retrouve. Eloign e de 
vous , j’ai souvent pense a vous. Si les macons 
des autres pays se conduisaicnt comme vous, 
FF. 1 . mac.’, beiges, jamais ils ne seraient 


( 108 ) 

■eh butte aux soupcous nia la defiance. Jc vou^ 
rends les lion.*, clu glaive 

PRl'.DllUC, j>rinco d’Orangc. ( Voy. Almnnach du li 
Mae.*, Symb.\ Beige, Bruxelles, 5827, p, 123 -124.) 


Les resultals que presente l’ouvragc que 
vous m’avcz adressc le 5 de ce niois 3 au nom 
de la Logedc Royalc-Yorck, me sontprincipa- 
lement agrcablcs parcc qu its lonl voirqu’une 
societc qui travaiile avec autant de franchise 
ctdc publieite, doit avoir le senliment inlime 
d’un but et de mo yens nobles ; elle prouve 
par la qu’ellc mcrite la confiance publique et 
la protection du gouverncment. Je ne doutc 
pas qu’clle ne sache continuer a xn^riter par 
la suite cctte bonne opinion; je soubaite le 
meilleur succes a ses efforts bienfaisans. 

FRED ERIC- GUILLAUME. ( Actx Latomorum , vol. u, 
p. 72.) 

(1) S. A. R. presidait la L.\ de I’Esperance, O.-. de 
Bruxelles, en qualile de Yen.*.. Le Prince est grand-mailre 
national de la mac.*, beige. 

(2) Celle lettre est du 9 mars 1798, et adrcssec au pro- 
fesseurEesslcr, grand-maitre de la loge de Royale-Yorck de 
1’ Amide, 0.*. de Berlin. Elle commence ainsi : I)octe y cher 
et fidblc sujsl ! et est lerminee par ces mots ; voire, gra - 
cieuxjoi. 


( l °9 ) 


Nos venera b les m’orit dit : «allez, M.-. F.*. y 
« au sein de Pandemic Gaule ; la vous trou- 
(fvcrczd.es FF.-. a qui vous rcmcLtrez nos 
« baiscrs de paix ; Us sauront bientot qu’Ha'iti 
( ( n’esl pas in cliffy retire aux progrcs de la ma- 
ce connerie et de la civilisation. Dites-leur 
(( que cet art royal a eu ici , com me dans Les 
« autres pays, scs momens de persecution , 
« mais qu’il parait main tenant avee loute sa 
« majeste : noire chef en est le grand pro- 
« tecteuH. » 

Le colonel FRFMONT , depute du G.\ 0.-. dllahi. 
(G.’.O.-. de France , Saint-Jean d’hiver , 5JJ25 , 
in-4, p. 20. ) 

Ce nest point pour complaire aux idees 
d’une frivol e galanterie , ce n est point poiu 
cmbellir par votre presence el vos ebannes 
des fetes inutiles et des plaisirs sans objet , 
que Tordre nous engage a vous reclierclier et 
a partager avec vous les douceurs d’une union 
fraternelle , e’est bien plutot pour nous en- 
courager a la pratique des vertus qu il nous 
rc commando et pour nous faciliter la route 


de Ja sagesse, qn’il a voulii que les graces, de- 
venues compagnes du voyage, se chnrgeassent 
du soin d’embcllir le cheinin , tl’oii aplanir 
les obstacles et de tresser les couronnes qui 
nous attendent au bout de la carriere . 

FUKTEAE. ( Logo d’udoption du Sninlc - Caroline , 
in-8, 1807. ) 


Exisla-t-il jamais une association aussi im- 
posante de tant de peuplcs divers , que les 
memes lois gouvernent , que le meme plan 
dirige; qui se distinguent par les memes mar- 
ques, que les memes signes caracterisent ; 
qui tendant tous au meme but, travaillent ayec 
le meme effort ; qui malgre la difficulte de 
leurs differentes langues , se parlent et s’en- 
tendent aisement ; qui , sans s’etre vus , sc 
reconnaissent au premier appel , s’aiment et 
sesoutiennent? Ce tableau vraide la franche- 
maconnerie paraitra a l’homme profane im- 
possible et cbimerique. 

FRIGIERES. (Elat du G.\ 0.-. de France, 5804, 1 vol. 
de la reprise , 4<= pari. , p. 339. ) 


(ill) 

Plusieurs projets, cnf'antes par le dcsir du 
bien el par la plus douce philantropie , furent 
sounds a votreexamen • vousavezdu accueillir 
celui qui vous promettait, avec dcs sacrifices 
plus grands a la vcritd , des jouissances plus 
abondantcs et plus durables , et Pidee de 
placer des Lowtonsdans Pecole imperial e des 
arts et md tiers a Chalons-sur-Marne , obLint 
la preference. Les jeunes Mercadier, Poussin, 
Mauriac et Fessin, furent presentes par vous 
a S. Ex. le ministre de Pinterieur et agrees 
par S. M. avec la reduction d’une partie de 
leurs pensions. 

FUSTIER. ( Rapporl au G. - . O t \ de France , broeh.. 
in-8 de 32 pag. , 58ll. ) 


bn macon doit avoir toutes les vertus. Une 
loge doit etre leur sanctuaire ; mais.elle peut 
en affectionnerunepar-dessus les autres. G’est 
sous les drapeaux de la Candeur 1 que nous 
allons marcher, mes FF.*. ; deja nous por- 

(l) Inslallation de la Loge de la Candeur, en 57 75, par 
le Ser.\ G.\ M.\ due de Chartres, assisle du R.*. F.\ due 
de Luxembourg , ndminislraleur general de 1’ordre. 


( II? - ) 

tons ses couleurs ; mais il ftut que notrc con- 
duite, quc nos moinclres actions y respondent. 

Rigides avec tolerance , 

Et vertueux sans vanite ; 

Nous nous permeltons la gaite , 

Soumise aux lois de la decence... 

La candour formera nos plus tcndres desirs ; 
L’honnetcte nos caractercs ; 

Voir, aimer, obliger nos freres , 

Seront nos devoirs , nos plaisirs. 

Coinle de GOUY. (L’Oraleur franc-jnacon , etc. Paris , 
1 vol. in-8 , 1823, p. 11 12.) 


Marques dim sceau iridelebile , tons les 
macons appartiennent ala grande famille des 
qu’ils sont eclaires , honnetes et vertueux. 
Comte de GRASSE-TILLY.(Broch. in-8, 1818, p.13-14.) 


Un hoimne ( Court de Gebelin ) a con- 

sacre sa vie a la recherche du vrai ep. lout 
genre ■, il s’est surtout occupe de l’etude des 
langues, des lois et desinceurs des nations les 
plus anciennes dont on ait garde la meinoire 


(,i3) 

livres, medailles, inscriptions, il a tout con 
suite. Parvenu an milieu de sa carriere, il se 
laisse admettre , enlralne par ses amis , dans 
une societe ( celle des francs-macons ) dont il 
entcndait parlar depuis long-temps sans y 
attach cr aucune importance. Est-i unc sui 
prise comparable a la sienne , lorsqu it voi 
se realiser les scenes du Monde pnnuUf ou 
des Le tires sur VJtlantide, lorsqu il decouvre 
encore subsistans les restes d’un monument 
anterieur ii.tout ce qu’il connalt , et d autanl 
plus precieux et irrecusable , que, semblable 
aux edifices de Palmyre, son ongine est te 
suietdemille fables absurdes pourceux memes 
quibabitent ses rubies'. Il retrouve ce temple 
immateriel eleve il l’Etre des etres par les 
sages de lous les climats , et dont les colonnes, 
svmbole de force, sont couronnees des gre- 
nades de l’amitie. Il reconnalt le feu sacre de 
Zoroastre et des autels de Vesta , le Chande- 
lier aux sept branches , l’Arche d'alliance , le 
silence et les figures pytbagoriciennes.il voit 
r^unis devant ses yeuxle rameau d’Ecbatane, 
de Memphis et d’Eleusis , le pelican du INil , 
le sphinx de Thebes , l’aigle de Balbek , le 
phenix d ’Heliopolis Dans le juste enthou- 


siusme dont il esl saisi , il oublic un moment 
et son pays et son siecle 

G... dk D... ( La Maconnerie, poeme en 3 chanls, 1 vol. 
in-8. Paris , 1820 , noles , pag. 209. 


Je vous remercietle cethommage que j’agrce 
et qui me fait grand plaisir 1 * * . Il me prouve que 
votre ordre est Loujours dans de bons prin- 
cipes ; je le connais assez pour savoir qu’il 
merite d'etre protege Lant qujil ne s’en ccarte 
pas, et j’espere que telle sera toujours sa cou- 
duite sous la direction et les conseils de mon 
fils Frederic. 

GUILLAUM.E-FREDERIC. (Reponse du roi des Pays-Bas 
ala deputation de la Gr.\ L.\ , voy. Almanack de la 
Mac.-, sjmb.-. Beige , Bruxelles ; 5827 , p. l5l. ) 


Les francs-macons qui sont sous notre pro- 
tection immediate sontseuls exceptcs de notre 
ordonnance relative auxsocietes secretes etde 

(l) C’est line medaille d 7 or frappe'e par ordre de la 

Gr.% L.\ du Word, a Poccasion du mariage du G.-. M.\ de 

l'ordre, S. A. R. le prince Frederic. 


( 115 ) 

l’inspection des gouverneurs de nos^. pro- 
vince s'. 

GUSTAVE. ( Acta Latomorum , vol. II, p. 00. ) 

Iln’est aucunMac.*. instruil qui ne s’empres- 
sera dc se reunir sous le maillel d’tm tel mai- 
tre (leF.-. comte de Lacepede); et alors nous 
verrons se renouveler cet antique areopage 
de pliilosoplies assembles pour travailler, sous 
divers emblemes, au bonheur de I’bumanite 
et a la pratique des vertus , et ou nous vien- 
dronspuiser les lumieres precieuses de laphi- 
losoplne, et les principes de la saine morale. 

HACQUET. ( Planche de rjnstallalion du 1’.*. de Lace- 
pede comme Ven.\ de la L.\ de Saint-Napoleon, in-8 
de <16 p. , 5805.) 

Dans cette tenue , nous solennisons lous 
les ans la fete de saint Jean, l’un des patrons 
de notre ordre; de cetje corporation dont J’o- 
ligine se perd dans la nuit des temps; qui, 
toujours debout au milieu des orages, a lutte 

(l) C’est par ces mots que se lermine 1’ordonnance du 
roi de Suede , Gustave IV, sur les socieles secretes qui s’e- 
lablissaienl dans le royaumc ; elle cst du 9 mars 1803. Voy. 
dans ce recueil, Charles et 13ernadotte. 


( u(i ) 

con ire ks teinppWs ; 


qiu , 


conuc to “”1^; yietorieuse de tou.es 

icsrfvoin.ions q«B £» ;,migMc globe ; d uu. 
S i cnliu dont les Pnncpes hu -1 
procure celte stabilitc qui fait son elogc. 

JURGEIt ^ ae ro,dvc de .a V- - *~ 

lncorruplib.es, 5S05,in-4. ) 

Au milieu dcs revolutions ct du bouleyerse- 
1.1 soul dtablisstment, la ma- 
" ,C U V ,eulc ’" rc-sisti au torrent dcs ages. 
Environnee de tenebres, attaquee par toutes 
^ pasTons destructives, ellc a tnomphe de 
nut elle a force les passions au sdenee, elle 
a forcd ses ennemis a ^’admiration et au res- 

^eilab.e^jem.dmrtle^ 
ses'ramea'ux vlgoureux sur tonte la surface du 

globe. . 

HEN... OSP... (Etaldu G,. O,. de Frcnce, UJt. 
jer v oL, 4' panic, p. 64. ) 

„ , „t urande l'institution qui tire 

USE n— » P ublic 4»»" >“ «■» 


( 1J 7 ) 

ordinaires! lei lc fort touche la limite de sa 
puissance , fei le faiblc voit ses moyens sc de- 
cuple r ; la grandeur memo ne nous donne que 
des freres aines. La chaine qui unities mains 
estelcclrique, lout ce qui la touche recoil on 
communique l’elincelle brillante du genie, 
ou le leu sacre de la vertu. 

HOD El,. (G. ■. O.-. de France, Sainl Jean d’eie, 5809.) 


Qu’ils soient accables duplus grand mepns, 
ces vils delracteurs de notr.e ordre ; que le in's 
ecrits et eux soient en butte ala derision; us 
la meritent. C’est par line conduite difFerente, 
e’est par des sentimens bien opposes que nous 
savons nous distinguer des liommes oidi- 
naires : que toutes nos actions leur fassent 
voir que l’esprit qui nous anime est un esprit 
d’liumanite et de bienfaisance , que l’dgalite 
qui forme la base de notre ordre , eu nous ele- 
vant au-dessus des prejuges de la naissance 
et des rangs , nous instruit a regarder tous 
les hommes comme nos freres , a nous atten- 
drir sur les maux dont ils sont les victimes , 
a leur prodiguer des seeours que la commise- 
ration et la pitie reclament; et que c’est dans 
l’exercice de ces devoirs que nous faisons con- 


( “ 8 ) 

sister le plaisir qui nous rassemble. C’estainsi 
que nous rendrons la maconnerie respectable, 
ot que nous ieions envier le bonbeur de notre 
union a ces homines que le fanatisme cl line 
avcugle prevention eloigneut encore de nos 
at. *. 

IIOUSSEMENT. ( Miroir dela veritc, 5801, 2 C vol. pag. 
.220 — 221 . ) 


Selon Platon, Pinegalite parmi les homnies 
excite l’agitation et le trouble ; Pegalite pro- 
duit la paix et le repos. Sice principe estvrai, 
ou peut-il exister un repos plus parfait, une 
paix plus profonde , un calme plus constant 
qu’au milieu d’hommes qui selrailant du doux 
nom de f’reres, sont tous et se regardenl tous. 
comme egaux entre eux? parmi les quels il 
n’exisle ni premier ni dernier? Chez lesquels 
les grades necessaires au maintien du bon 
ordre, ne donnent aucune superiority qui ne 
puisse devenir commune a tous, qui ne soil 
avouee de tous? Ou chacun apres la geslion 
limitee des plus haules dignites, rentre dans 
les rangs ordinaires de Passociation? Ou le 
ton des discussions ne respire que l’hon- 
netete et les egards? Ou enfin Ton s’honore 
d’une soumission entiere aux decisions de la 


( IU J ) 

mnjorite? C J csl done pour noire fraternite, 
aula nl de moyens de conservation, qui acquie- 
rcnl d’aulanL plus de force qu’ils reposent sur 
les maximes do la phis pure morale, sur la 
bienfaisance , vertu capilale du Macon; sur 
im parfail desinldressement ; sur une louable 
rival ile qui 1c porte a Texercice d’une douce 
phiiantrople. 

IIUMRERT (Discours prononce ii la tele tie TOrtlre de 
la loge des Cccurs-Unis, le 27 janvier 1820, in-8 de 
1G pag., 1820. ) 


Quelle est cetle institution mysterieuse, 
adoptee dans toute TEurope , et qui , sans de- 
pend re d’aucune forme de go uvernement, a con- 
serve la purete de sa fondation au milieu des 
convulsions politiques, de la chute des em- 
pires et des guerres religieuses? Quelle est 
cette association immense, dont forigine sc 
perd dans la plus haute anliquite, el dont les 
ramifications plus etendues que celles du com- 
merce, des alliances etde tous les interets so- 
ciaux , etablissent des rapports intimes entre 
les hommes de tous les pays, malgre les dif- 
ferences de climats, de langues, de croyances 
etde moeurs? Quel est le butde cetLe institu- 
tion? Que signifient ses rites, ses usages, ses 


( »20 ) 

emblemes! Quels serviccs-a-tellc Hindus a l lu.- 
mamte? Telle est i pen pres la sene ties 
questions quc sc fait LouL homme fatsonnahle 
ad mis aux premiers mysteres de la iranc-ma- 
connnerie. llien n’esl plus cuneux , plus 
interessant que l’hisloire de ccL ordre... 
Aet.de- JANVIER. ( PUnche presentee a la l6ge de 
PUnion , Paris, in-8 do lC pages, 1818. 


MesSS.-., mes FF.-., nous avons Lous la 
meme pensee : nous sommes dans un temple 
consacre a la justice et a la biemaisance; 
leurs images vivanles rempbssent nos amts. 
La verile, d’accord avec la plus respectueuse 
affection, publie que si les vertus rehaussea 
l’eclal meme destrones., aucun trone ne bulla 
jamais d’un plus grand eclat. Pour expr.mer 
nos seutimens, un mot soffit : Eva cst none 
embleme ; pour nous Eva est we Josephine . 

J ALBERT. (Loge impe'riale des Francs-Choval.ers, in-8 
de 24 pag., 1805. ) 

(ULa lo»e d'adoplion desFrancs-Chevalters fut preside' 
par S. M. l’imperatricc Josepu.se. Madame de Camsj, 
dame d'honneur de l’imperatrice, etait l’une des rec.p.en- 
daires Les 111.-. FF.-.Challan et J aubert remplissatenl, an 
les reactions de Ven. -. , et l’autre cellos fortran ce de- 
nier cn P absence momentanee du F.-. Talleyrand. 


( 121 ) 


S’il cstun spectacle vraimenldigncd intei Lt, 
C VSL satis doute celui d’unc reunion d’liommcs 

dontlebutcstdc seperfcctiuiinereL denial cl lei 

de concerl dans les voies S 3 trees de la justice. 
Eleves au-dessus des illusions qui cnvclop- 
pent la vie profane, et sedu.sent le vjga.ie, 
vous realisez dans la pratique cc tte grande llieo- 
rie d’ordre, de paix et de fralero.te trans- 
mise jusqu’a nous d’Sge en age, et dont les 
bienfaits sent promts aux nombreuses gene- 
rations qui dorment encore dans le sera 1 
co nd de l*i nature 

A. JAY. ( Encyclopedic maconnique, 1821, 2»vol., p. 

800 . ) 

1-Ieureuse mille fois Institution qui , sortie 
victorieuse de tant de combats que lmlivrerent 
les prejuges et les erreurs vulgaires, assise 
enfin stir ses immuables bases, et a lombie 
de l’autorite qui la protege , a moms besom 
desormais des efforts du geme que des con- 
seils de la sagesse, pour etendre son influence 
et multiplier ses adeptes. 

De JOLY. ( G.'. 0.‘. de France, Saim-Jean d’liWer , 

5306. ) 


( 1 *2 ) 


Qu’on puisse dire de chacun tie nous et ck* 
tons les membres qui Liennent a l'i ns Li LuLion 
niaconnique : le pauvre est sur de leur sou- 
venir, V in fortune de lours secours, le faiblo 
de leur appui , le riche de leursbons exemplcs, 
le gouvernement de leur somnission, Yauto- 
ritc de leur obeissance, la probite de leur es- 
tiine, la vertu de leurs hominages, la religion 
de leur respect, rEternel de leur adoration 1 ! 

JOLY. ( Bibliotheque niaconnique , etc., 1 8 1 8 , lom 1 , 
pag. 58. ) 

La Franche-Maconnerie s’est telieiiienl re- 
pandue dans nos etats qkil iky a presque au- 
cune petite ville de province ou Pon ne trouve 
des loges. Je ne connais pas les mys teres 
des francs-macons ; il ine suffit de savoir que 
la franche-maconnerie fait toujours quelque 
bien , qkelle soutient les pauvres, et cultive 

(l) Nous donnons ce paragraphe du driscours d’un ma- 
con lillerateur comme un modcle de sentiment et non de 
style ^ cependanl nous devons remarquer que lorsqu’on a 
l’honneur d’etre maconet homine de lellres , il faul lacher 
de re'unir aux bons sentimens Texaclilude des mots, sui- 
lout dans une phrase a effel. 


( 123 ) 

ct encourage les lettres, pour faire pour elle 
quelque cliose de plus que dans tout autre 
pays. Mais comme la raison d’etat et Ie bon 
ordre demand ent de ne pas Iaisscr ces .per- 
sonnes emierement a elles-memes et sans une 
inspection particuliere, je consens a les pren- 
dre sous ma protection, et a leur accorder 
ma grace speciale s’ils se conduisent bien 1 .... 

JOSEPH. ( Acta Latomorum , -vol. 11, p. 86.) 


La Maconnene est dangereuse, disent les 
uns : d’autres cherchent son utilile. Elle ne 
peut etre dangereuse parce quelle est utile ; 
voila ce que je decouvre dans ses ceremonies 
et dans son but, dans l’eloignement de son 
origine et dans sa duree , dans tous ses rap- 
ports avec les mysteres des peuples de Fanti- 
quite, qui, comme elle, fur ent institues pour 
le perfectionnement humain. 

JUGE. ( Disc, prononce a la L.\ de Themis, broch. de 
8 p. , 5805. ) 

(l) Cetle instruction, dont nous rapportons le pre'am- 
bule, est adresse'e sous la date du l«r de'cembrc 1785 par 
l’empereur Joseph II aux gouverneurs des provinces dq 
Pempire. 


( i*4 ) 


Employez, TT.-.'CC.-. FF.’., vos momens 
a propager nos principes, soyez utiles a 11m- 
manite, bannissez tout esprit de parti : que 1 u- 
nion la plus parfaite soil la base de Pddificc 
dans lequel le moment le plus lieureux de ma 
viemereunilavous! QuWamitie sincere soit 
le sceau du serment que nous contractors lous 
en presence duG.*. A. 1 . delUniv. . 

Marechal KELLERMANN. ( Travaux de la Inge de la 
Concorde, 0.\ de Strasbourg, in-8 de 22 pag. Stras- 
bourg , 5805 , an XIII dela Uopub. ) 


En resumant tout ce que les FF.’. lesrmeux 
in straits ont dit ou ecrit, iusqu’ici, surlait 
royal, le tout se reduit a ce que , dans les an- 
ciens temps, la maconnerie etaitl’unique foyei 
■ ou se concentraient tous les rapports des lu- 
mieres. Comme les lumieres entre les mains 
d’un homme immoral sont line arme dange- 
reuse , les anciens macons faisaient passer 
i’aspirant par des epreuves longues, dares et 
penibles, tant pour le corps que pourl’esprit, 
pour s’assurerde sa faconde penser, avant de 
l’admettre a l’initiation. Depuis quelque temps 
on a fail, a l’exemple de la France, presque 


( .25 ) 

dans tons les pays, des 6tablissemcns d’in- 
slruction publique pour lout ce qui conccrnc 
les arts et les sciences : mais il a plu an G.-. 
A.*, de i’Univ.*. d'abandonncr aux seuls M.*. 
ce qu’il y a dc plus noble pour line amc digue 
d’approclier de la divinile; c’est la culture 
des inceurs, Fcxtcnsiondc la bienfaisance 1 . 

Le general KOMAR ZJ1WSK1. (Fete d’ordre el inaugu- 
ralion d’un nouveau temple par la L.\ de Saini- 
Louis de la Martinique ; Paris, in-4, 58o5 , an XIII , 
pag. 8. ) 


Vosvertus, vos talens (di tl’Ill.'. F.*. comte 
de Lacepede au Yen.-. F.*, Harger pere, qui 
lui presentaitle premier maillet comme Yen.-, 
d’honneur), ainsi que la veneration que j’ai 
pour vous, tout me dit qu’il sera mieux entre 
vos mains; je vous pric de le conserver. Je 
regrette de n’avoir pu encore partager vos tra- 
vaux , a cause des occupations multiplies 

(l) Lieutenant-general polonais qui avail adople' la 
France pour sa seconde pa trie , et ouil mourut en 1809. 
II e'lail Yen. de la L. *. de St.-Louis de la Martinique , et 
Off.*, du G.’. 0.'. C’e'tait un homme ires savant et de la 
socie'te' la plus aimable. On lui doit plusieurs ouvrages , 
entre autres un Coup d’wil rapide sur les causes de la deca- 
dence de la Pologne, 1 vol. in-8°. 


( 126 ) 

dont jc suis charge; mais j’esperc m’cn d&lom- 
mager par la suite ; soyez persuade que jc 
nVmblierai jamais les marques dc bienvcil- 
lance dont vous in’lionorez aujourd'lnii. 

Dk LACEPEDE. (Exlrait tics Trav. *. dc la L.\ dc 
SainlP-Thcresc , dcs Amij de Ja constance, felc dc 
l'ordrc, 5808, in-12 dc 36 pages.) 


Dans nos conversations particulieres, Aze- 
ma 1 rn’entretenait des beaules de votre insti- 
tution. A travers le voile impenetrable dont 
il se coavrait, je demelais neanmoins sur 
sa pliysionomie le ravissement de son coeur, 
et j’en tirais la consequence qu’une belle ame 
ne peut etre flattee que par de beaux traits. 
L’artde la maconnerie, me disais-je,renferme 
done sous ses emblemes quelque chose de 
surnaturel ? La curiosite, je vous l’avoue, ou 
plutot le desir d’appartenir a une societe res- 
pectable, ne me laissa plus de repos, et me fit 
concevoir Je projet de me faire recevoir... Ce 
fut le venerable Azema qui me presen ta a l’i- 
nitiation. De lui j’eus la faveur de voir la lu- 
miere qui eclairait ses vertus et les votres. 

LAFON. (Notice sur 1c V.*. Paul-Eparchc Azc'ma, Pa- 
ris, in-4, 5803.) 

(l) Pharmacicn en chef dc l'hopital dc la barrifcre de 
Sevres. 




( ,2 7 ) 


Orner Faulel de la sagesse des fruits impe- 
rissables du genie ; entrelaccr les lauriers du 
J’inde aux rameaux du mystericux Acacia ; 
cmbellir la douce bienfaisance de lout ce que 
les arts out in.vente pour plaire, vous le savez, 
mes FF.*., telles furent les lois que vous re- 
cutes de vos fondateurs; et ces lois furent- 
elles plus religieusement observees ! Vous 
montrates-vous jamais plus digues du litre d’a- 
deptes de la sagesse, et de favoris des immor- 
telles soeurs ?... 

De LAGRANGE. (Discours comme oraleur de laL,\ des 
Neuf-Saeurs. Voy. Annates magonniques , 5808, i. v, 
p. 94.) 


La morale de la maconnerie est douce, car 
elle a pour base la morale evangelique ; son 
but est le bonheur dont l^omme est suscep- 
tible sur la terre, la pratique des verLus so- 
ciales, surtout d’une bienveillance active etle 
devouemententier ala pa trie, sontles moyens 
qu’elle present pour arriver a ce but. Les 
sciences, les arts liberaux et mecaniques , 
comme tendant a perfectionner les connais- 


( 128 ) 

sances humaines, soul egalemcnt de son rcs- 
sort. 

I.UIAUSSE. ( Annales maconniques, 5807, l. iv, p. 11 3- 
114.) 


La societe ou l’ordre des francs-niacons, 
est la reunion d’honiraes clioisis, qui se lient 
entrc eux par une obligation de s’aimcr tons 
comme frercs , de s’aider dans le besoin , dc 
s’animer aux verlus, surtout a la bienfaisance, 
et de garder un secret inviolable sur tout ce 
qui caracterise leur ordre i. 

Jer6me de LALANDE. ( Elat du G.'. 0.\ de France, 
1777, c prem. vol., dcuxieme panie, p. 82.)] 


Ce qui n’arrive pas tou jours dans le monde 
profane , a lieu sans efforts dans la societe 
inaconnique ; cette societe n’offre a ses raera- 
bres rien qui soit propre a les ecarter de leur 
route. Que Favare, que Fambitieux, que l’a- 
raant exclusif de la gloire, que l’ego'iste, enfin, 

(l) Tel esl le debul du Mcmoire liistorique sur la ma~ 
connerie; par le T.\ V.-. F.\ de Lalande , de l’academie 
royale des sciences. Off.*. Hon.-, du G.\ O.*. ei Ve'n.-. de 
la L.\ des Neut-Sceurs. Cel 111.-. F.\ esL auteur del ’ar- 
ticle sur la franche-maconnerie, dans VEncyclopedie. 


( I2 9 ) 

sous quelquc denomination qu’il puissc cLre, 
aapproche point de nos temples : dupes do 
leur propre illusion, ils s'en eloigneraient 
bientdt d’eux-n'i ernes. Nous n’avons a leur pre- 
senter ni 1’or, ni la grandeur, ni rien de ce qui 
pcut pi air e aux liommcs profanes ; nous tra- 
vaillons sans cesse , mais sans autrcs hono- 
raires que ragrement. Nos reunions sont pour 
nous des fetes , mais nous y avons chacun 
notre emploi qui demande un certain soin, qui 
serait meme une peine, s’il n’etait gratuit. 
Hors de l’enceinte sacree, nous n’avons que le 
souvenir de 1’estime que nos FF.*. nous ont 
inspiree ou qu’ils nous ont marquee. Nos fa- 
milies et nous, nous n’en sommes ni plus ri- 
ches ni plus honores. Quelques malheureux 
ont pu etre soulages, un peu de bien a ete fait, 
c’est assez : il nous reste le desirde retourner 
avec nos FF.*. 

LANDRY. (G.‘. O.*. de France, Saint-Jean d’ete, in-4, 
5821, p. 12—13.) 


Pourraient-ils etre insensibles a riionneur, 
les Mac.*, dont le nom seul estl’amour de la 
franchise et de la loyaute... ? Leur seule am- 
bition est de parvenir au plus haul point de 


( i3° ) 

sagesse que puisse attcindrc la faiblcssc bu- 
maine, et tons lcs devoirs que leur presenlc 
leur regie cherie, ont d te dictes par 1 honneuv 
meme... 

LANGLACE. (Hermes, IS 1 8 , 1 vol., p. 255 — 256.) 


De tels At.-., de tels FF.-. doivent compter 
sur la speciale protection dn G.-.O. - .; ils 
commandent le respect aux profanes, et leur 
inspirentle desir d’etre admis dans unesocietc 
d’honimes qui ajoutent aux titres de conside- 
ration qu’ils ont dans la societe, celui de la 
pratique de toutes les vertus maconniques. 

J. de la TOURETTE. (Planclie de la seance d’inslal- 
lation de la de Sainte-Caroline , in-8 , 5805 , 

P . 31.) 

L’on sait qu’il n’existe pas une affinile di- 
recte entre la verite et les hommes, et que ce 
n’est ordinairement que par des voies souvent 
obliques , qu’elle se fraye un acces aupres 
d’eux.. Les fondateurs de l’institution macon- 
nique ont senti qu’il ne fallait pas presenter 
la verite tout a coup et sans precaution. Ils ont 
trouve l’expedient d’en projeter les rayons lu- 


( i3i ) 

mineux pcu a peu eL avec beaucoup de mena- 
trcmcnL, parcc quils ont voulu eclairer et non 
eblouir. 

J. .l! LAURENS. (Essai Imiorique et critique sur la 
franche-maconneric, 1 vol. in-8, Paris, 1805.) 


Quels que soientles avanlages que le coeur 
puisse relirer d’nne excellcnte education, et 
que resprit puisse acquerir par l’etude opi- 
niatrc des connaissances liumaines , il n’esl 
point d’homme a qui l’exemple ne soit neces- 
saire, et c’est surtout dans la maconnerie, ou 
la marche generale des individus tend sans 
cesse ala perfection, que ce besoin se fait plus 
imperieusement sentir. 

Joseph LAVALLEE.^Commandeurs du Temple duMonl- 
Thabor,. Paris, 5809, in-8, p. 16.) 


Le premier et le plus sacre de tous Jes ser- 
mens ? est celui d’aimer nos FF.'. et de les se- 
courir dans le besoin. 

LE BLANC DE MARCONNAY. ( Brochure in-12, de 23 
pag. , 5826.) 


( '32 ) 

« J’observc que le premier des droits de 
« l’homnie, en societe, est la libertd ; que lit 
« liberte consiste a fairc ce qui no nuit pas ;i 
« aulrui, et que cc n’est pas defendu par 
« la loi nc peut pas elre cmpeche. 

« II resulte de ccs principes , consignee 
« daus les art. i, 2 et 7 de la declaration des 
« droits de l’homme , que les societds des 
« francs-macons , qui d’ailleurs n'ont etc pro- 
« bibees par aucuue loi, pen vent se reunir 
cc librement, pourvu , neanmoins, qu’elles ne 
« degenerent pas dans des associations con- 
« traires al’ordre public, tcllesque celles pre- 
« vues par Part. 36o de Pacte constitution- 

« nel D’aprcs ces explications, je vous 

« autorise a tolerer les logos des francs-ma- 
« cons T . » 

LE CA.RLIER. (Miroir de la Verile, 5800, vol. 1, p. 29.) 


Par la veritable maconnerie, la justice a de 
l’activite , Tinnocence de l’appui, l’indigence 
des secours, la vertn des panegyrises , le zele 

(t) Fragment d’une lellre adressee , sous la dale du 
7 vende'miaire an 7, au commissaire du Direcloire execu- 
lil , pres du department du Nord, par M. Lecarlier, mi- 
nislrc de la police. 


( .33 ) 

dcs admiratcnrs, la pietd tics disciples, ct le 
royaunic de Cesar des citoyens respectueux el 
recon naissa ns. 

LEFEBVUE D 'ADM ALE. (G. - . O. - . deFrance, Saim- 
Jean d'e'td, 5824, in-4°, pag. 19.) 


Vous forinercz, FI?.*, nouvellement ini ties, 
le voei.t philanlhropique (dans la belle accep- 
lion de ce mot) que le genre liuinain rede- 
vienne une faniille de FF.*. uniquement occu- 
pies a beni r le G.*. A.*. de PUniv.*., a Phono- 
rer par leurs vertus et le cnlte de leur amour. 
Alors vous sentirez tout le prix de Paimable 
v or lu a la quelle ce temple est particulierement 
consacre; vous saurez pourquoi nos trav.-., 
nos plaisirs sont des fetes pour les pauvres 1 
qui sont les precieux convies a nos banquets , 
les premiers a sc rejouir de toutes nos reu- 
nions. You s comprendrez alors Pat trait qui ne 
peut encore que vous etonner, Pattrait irresis- 
tible , qui appelle dans nos loges le sceptre et 

(l) Le discours , dont uous cilons a regret un si court 
fragment , fut prononce lors de Inauguration de la L. \ de 
l 1 Harmonie , 0.\ de Saint-Pierre (lie Martinique). La col- 
lecte pour les Mac. - , malheureux qui termina la seance 
produisit une somme de 1518 fr. 


‘1 


( *34 ) 

la houlettc, pour les y reunir sous le niveau 
d’une verlueuse egalitc. 

LE FESSIEU-GRAINDPREY. (Elat du G.\ 0.\ tic 
France, 5804, l cr - vol. de la reprise, 4«. panic, 
p. 288-289.) 


Fortemenl attaches aux principes de Fan- 
ciennc doctrine, conscrvons-les, mes FF.*., 
dans toute leur purete ; ne permettons pas 
que des mains etrangeres ebranlent les co- 
lonnes de cet edifice ; montrons-nous tou jours 
ti es scrupuleux sur le choix des Candida ts ; 
que le plus rigide examen preside a nos ini- 
tiations; qu’uue union indissoluble fasse de- 
sormais notre force... et nous jouirons alors 
de ce parfaitbonheur auquel nous devons tons 
aspirer. 

LEGER DE BRESSE. (Trav.-. de la L.\ Ec.\ de la 
THple-Unite. Paris, 1810, in-8 de72 p.) 


Le macon adore Dieu , l’admire dans ses 
oeuvres, et s’ecrie, avec le prophete-roi : Cali 
enarrant gloriam Dei . Les Cieux annoncent 
la grandeur de Dieu. II estresigne aux ordres 
de sa supreme volonte, il respecte le gouver- 


(. 35 ) 

nemenL sous lequel il vit, ct lui cst soumis ; 
onfin , il fait a ses semblables tout le bien 
quYl pcut lour fa ire. 

LEL1EVRE-VILLETTE. ( Admirateurs de Vunivers. Pa- 
ris, in-8, 58o9,p. 29.) 


Depuis long-temps j’avais concu le dgesir 
d’appartenir, a une association dontje m’etais 
fait la plus haute idee, soit d’apres mon ima- 
gination, soit d’apres quelques rapports va- 
gues, recueillis dans le monde profane; tour- 
mente des tenebres de ce monde qui se croit 
eclaire, fatigue, quoique jeune, desespompes 
vaines et de ses vertus factices, je cherchais 
partout les lumieres veritables, celles qui ont 
une application directe au bien commun; j’ai 
cru les trouver parmi vous, mon attente a ete 
pleinement remplie. 

HirroLTTE LEMONNIEEt. (L’Orateur franc-macon, etc. 

Paris, 1 vol. in-8, 1823, p. 400.) 


Je ne repondrai pas a ceux qui nous accu- 
sent de nous livrer, dans nos loges , a des. 
pratiques superstiticuses et de vouloir faire 
revivre les institutions pa’iennes. G’est preci- 


( «36 ) 

s emenl par la simplicile , que noll e mile sc 
distingue de Ions les a litres ; il csl lout on mo- 
rale. Mais ces ennemis de la maeonnerie iguo- 
reul que son but est derendre au Tres-1 faul le 
culle le plus pur, le seul qui puissc lui elix* 
agreable , puisqu’il porte les homines a s’ai- 
merles unsles auLres,a excrccr incessammenl 
la tolerance et la cliarite envers lous leu rs 
serffblables, sans exception, et par consequent 
a se procurer le bonbeur, en devenanl meil- 
leurs... Qu’ils apprennent done, ces profanes 
ignoraus, que nos loges sonl le yrai tabernacle 
du Seigneur, dans lequel le feu sacre de la 
morale , de la vertu el de la verile se perpe- 
tue d’age en age sans souillure ni alteration. 

LEROUGE. (L'Oraleur franc-macon, clc. Paris, 1 vol, 
in-8, 1823, p. 327 — 328.) 

Nous ne pouvons etre macons sans elreamis 
des hommes ; en en fuyant les vices , nous 
devons nous altendrir sur leur misere , et 
nous occuper des moyens de la soulager. 

LEROY. (Elat da G.\ O. \ de Erancc , 1777 , l w v.o!., 
Ire parlie , p. 27. ) 


( S. * * * * * * * * * l5 7 ) 

Notre zcle s’cndamniura ;ui souvenir de la 
lulte conslanLe cL Lrop souvenl. peri House quo 
les niaeons, rcpandus stir LouLe la Lorre , out 
sou lent io con Ire J.es 1 an Lours de rignorancc. 
Nous nous applaudi rons de vivrc dans tin 
siecle cL dans nil pays, oil nos eflorLs pour la 
propagation des lumicres pcuvenL elre et 
plus heureux ct plus surs. Mais nous ne per- 
(Irons jamais dc vue ce qui doit eLre la devise 
du vrai macon ; creel' l’avenir eL non 1’aL- 
tendre. 

Le chevalier LEROY. ( Bibliolhequc maconniquu , elc. 

1B18 , tool. 1 , p. 181.) 


S. M. a cii L : « qu’elle garderait Loujours au- 
« pres J’clle uuc medaille qui lui rappel le 

a d’aussi heureux et d’aussi doux souvenirs. » i 

LOUIS. ( Bibliotheque maconnique , 1 8 1 8 , lome 1 , 

p. 39. ) 

(l) La medaille volee par la grande loge ecossaise, a etq 

presentee a S. M. Louis XYIIIpar S. Ex. le comle Decazes, 
minislre de la police generate, le % decembre 1818. 

a S. M. qui apprecie loujours avec l’heureuse sagacile qui 

a la distingue la manifestation des senlimens francais, a 

j daigne sourire a Ta-propos tie celle medaille: el le en a 

* agree Thommage avec sensibilite^* La medaille porle cn 

style lapidaire , iTun cote, les mots : A LOUIS XVIU , Ro( 


12 


( .58 ) 

JL/amour de Thumanite , la bienfaisance , la 
justice , la modestie , ces verlus simples qui 
Torment le cccur du macon , s’accordent mer- 
veilleusement avec l’innocence de votre age. 
Elies doivent entrer dans votre coeur avec 
affluence , ou plulot , j'espere qu’elles n’ont 
qu’a s’y developper. J’espere qu’aucun vice , 
aucun prejuge funeste ne leur on conteste le 
terrain. CTest pour cela que j’ai souliait^ si 
ardemment que vos yeux fussent ouverts a 
Tart royal avant que la corruption du sieclc 
ne les eut scandalises 1 . 

de LUCENAY. ( Travaux de la J?.\ L.\ de l* Amide 
200 e assemblee , in-8, 1787. ) 

de France, VEcossisme francais reconnaissant ; de Paulrc 
cole': COMTE DECA.ZES, elu ires Puiss.'. Souv.\ Gr.\ 
Commandeur tilulaire ; temple inaugure. grande loge ins- 
tallee. etrangers retires. Oclobrc 1 8 1 8 . ( Ouvrage cile' , 
p. 38 — 39 el 51). 

(1) Ce fragment d’un discours plein de noblesse el de 
sensibilile esl adresse par le F.*. de Lucenay, ex-Ven.\ de 
la L.\ de V Amide , a son fils , age de 1G ans , el qui fut 
recu A.pp.\ par IeF.\ Roelliers de Mnnlaleau, Ve'n.\ lilu- 
laire, ei depuis grand -venerable de l’ordre maconnique en 
France. Le pre'cepieur du jeune Loweion , Pabbe de 
Quenlz , avail e'te inilie quelques inslans anparavanl. Dans 
une lelire de remerciemens adressee a la L.\ el imprimee 
a la suite du proccs-vcrbal , laS. de Lucenay s’exprime 


( '59 ) 


Ln franclic-macguneric est line institution 
respectable parses deux bases premieres, 
l’egalite et la cliarite. Elle a tour a tour essuye 
des proscriptions , et Tappui le plus decide ; 
elle a lou jours etc 1’objet du respect de la mul- 
titude , de rindiflerence du sage * et de la to- 
lerance des gouvernemens raisonnables. Rien 
ne peut exisier sans les formes. Vraisembla- 
blement le secret des francs-macons n’est au- 
tre chose que les formes 2 qui donnent nn 

ainsi : « Je ne doule pas que celle grace precoce ne 

i serve a former la raison de mon fils, et j’espere que par 
sa conduile il en sera digne ; etc. » 

(1) Le marquis de Luchel se trompe : le sage n’est pas 
indifferent. L’indifferenee est le masque del^goisme, et le 
sage ne peut avoir un defaut qui detruirait sa belle qua- 
lite. Le sage voit avec interet tout ce qui tend au bonheur 
de ses semblables. II meprise dans son coeur les fausses 
vertus* mais il ne reste pas insensible, indifferent devant 
une societe qui se signale par la pratique des vertus, 13a- 
mour des lumieres , et qui tend a la perfection de l’esp'ece 
humaine. S’il refuse de se lier a cetie societe, il la respecte 
et ne la condamne pas par son indifference. 

(2) Le secret des francs-macons dans des formes I Non ; 
il est dans le fond, e'est-a-dire dans les choses i principes, 
doctrines et leur application. Mais comment les disciples de 
la 'Vi 1 . Lum.\ arrivcnt-ils a ce noble but? Les profanes 


( 4 ° ) 

corps a cello association , dnnt L’huuinnile 
jusqifa nos jours n’a rcciieiHique des ln'c n tails. 

I.c marquis dc LUC11ET. ( Fssai sur les Illumines Pa- 
ris , iu-8 , 1 789. ) 

« Je prie le G.-. 0.*. (Tagrecrincs voeux et 
« ines souhaits pour 1’imion , la paix , le bon- 
ce. heur et la prosperity des inacons que ces 
cc nouveaux reglemens 1 doivent preparer. » 

Marechal MACDONALD. ( G.\ 0.\ tie France , Saint 
Jean d'ctc , 5826, in-4, p. G. ) 

La macounerie est l’elude des sciences et 
la pratique de toutes les vertus s Un macon est 
un homme libre , fidele aux lois, le freredes 
liommes, l’anii des moeurs. Un macon a le 
desir de l’estimc publique , la passion de la 
vraie gloire, les senlimens genereux de l’hon- 
neur. La sincerity , la droiture , la bonne loi, 
la sensibilite , la tolerance, l affabilite, Paver- 
sion pour la raillerie , la medisance , l’amere 

Fignorcnt, et mallieureusement il y a des Mac.*, qui l’igno- 
rent aussi , et qui pourraient le savoir s’ils le voulaient 
bien reellement. Si en morale les qualiles supc'rieurcs' ne 
sont pas innees clieztous les individus , dies peuvent s’ac- 
que'rir: aide-toi , je t’aidcrai , n'esl pas un axiome unique- 
menl religieux. 

(l) Slatuts generaux dc Purdre franc-maconnique cn 
France , 5826. 


( ' 1 ‘ ) 

criLique : voila les qualities precieuses qui ca- 
laelerisenL le vrai mucon. 

Pr*-UC MAUStiUY. ( Miroir de la Petite , 58ol , vol. 2, 
]). 213. ) 


O Padinirable inslilulion que celle dans 
laquelle on met cn aclion eL le preceple du 
paLron de l’ordre : aimez-vous comme des 
J'reres ; cl la devise des nouvea ux croiscs , la 
raison Le veut , ( celle des anciens e Lai L Diex 
le volt ) ; et le mot si doux de Pythagore : 
dans mon ami , je presse un autre moi-meme. 

Et quelle? reunions peuvent etre compa- 
rees a celles oil l’on apprend a parler a son 
tour, a discourir avec sagesse , a remonlrer 
avec amenile, a ceder avec complaisance , a 
commander sans aprete , a flechir sans bas- 
sesse, et dans laquelle 1’eLranger trouve un 
frerc, l’indigenL un ami eL les vaincus des 
sauveurs. 

Db MANGOljRLT. (Commandeurs du Temple du Monl- 
Thabor , Paris , in-8 , 5809, p. 54, 55. ) 


Dans Lous les grades on n’y recoit que les 
lecons de la morale la plus pure ; on v ap- 
prend a vaincrc ses passions , afuir les vices 


( * 4 2 ) _ 

cL a pratiquer la vertu : la foi , Pespernnce et 
la cliarite sont celles qui distingucnt lcs vrais 
mac.*-. On abhorre clans nos logos lahaine, 
Tenvie Pintrigue et toutes les petitcs passions 
des aines viles ; et dans nos banquets , la d<£- 
cence et la temperance en font le principal 
ornement... Le premier magistral de la repu- 
blique sait par lui-meme que la religion el 
les empires n’ont qu’a se glorifier devoir dans 
leur seindes hommes telsqueles vrais macons. 

MA.RESCHA.L. (Rapporifait a la L.\ de VUnion-Philan- i 
thropique de TO.*, de Lamballe , svir Touvrage de | 
l’abbe Barruel , in-8 de 16 pages, Saint-Brieuc , ! 

j803 , an xn. ) 

J1 appartenait a la plus sublime des con- 
ceptions humaines, a V institution Maconnique , 
cette fille du del , de redresser ce que notre 
faiblesse nous fait apercevoir comme une la- 
cune dans Pharmonie universelle , dans le 
chefi-d’oeuvre qui ne pouvait emaner que d’une 
intelligence supreme , au-dessus de la defini- 
tion exacte, et de la conception entierede 
Pesprit humain. La maconnerie appuyee sur 
la philosophic etPhumanite, tenant en main un 
niveau, est venue, avec la superiority des lu- 
mieres , combi er la ligne de demarcation que 


( .43 ) 

la nature cl quo les interets prives el generaux 
avaicnl placce entrc les peoples. 

Baron de MARGUERITTES. ( Brochure in-8 de 39 
5819 — 1810. ) 

Les adeptes virent une socieLe ou Ton n’e- 
tait admisqu’apres avoir iait preuve dediscre- 
tion et de courage, ou les distinctions etaient 
fondees sur les grandeurs reelles, ou l’on ve. 
nait oublier durant quelques lieu res cette me- 
galith politique, qui,par Une bizarrerie qui tient 
a la nature de rhomme , est etablie pour lo 
bien de tous, et cependant fatigue encore plus 
les uns qu’elle n’litimilie les autres ; une asso- 
ciation qui a pour base la vertu, pour objetla 
bienfaisance , pour lien la charite , qui eta- 
blissait enlre tous ses membres, quelle que 
soit leur croyance religieuse ou leur patrie , 
des rapports de fraternite tels , que sans s’e- 
tre jamais vus, lTndien et l’lrlandais deve- 
naientamis des qu’ils s’etaient donne la main; 
line association enfin ou tout ietait decent et 
mesure, jusqu’aux elans de la joie, ou les 
douces etreintes de Lamitie semblaient ofFrir 
Timage de la volupte de l’homme restitue a sa 
premiere innocence , et cette decouverte a du 
procurer a la maconnerie le plus grand succes. 

MAUGERET. ( Rose de laVallefi, in-t8, t808. ) 


( 1 44 ) 

La MiU’oinicriu u’est pomt 1 raneaise , olio 
n’ost point allemundo , olio n’est ni anghiise 
ni ocossaisc ; ellc est univcrsdlc, olio 11’a 
qn'un soul centre d’unite ; et si olio perdait co 
caraclcre d’unite et d’umvcrsalTtd , die cessc- 
rail d'etre la maconncrie. Je sais bion que 
dans cliaque ctal doit existcr neccssniremcnl, 
indispensablement, tine logo centrale , parcc 
que nullcsocidtc secrete h’a le droit de se lor- 
mcr, encore moins d'eii inslituer dauties, 
sans Fassentiment au moins tacite del autorite 
civile et politique. Notre association surtout 
tient par dcs liens secrets au droit public , et 
il n’est pas perm is,’ meme^dc faire le bien, 
contre la volonte du prince. Mais ces loges 
centrales n’ont que le droit de police etnulle- 
ment celui de doctrine : car autrement il y 
auraitautant de doctrines, par consequent au- 
tant de ma conneries qu’il y aura it de societes 
politiques. Elies n’ont pas celui de constituer, 
ni celui de clianger les formes constitutives , 
a moins qu’elles ne tiennent ce droit d’une au- 
torile superieure et legale dans la hierarchic 
maco unique r . 

Le MtME. (Ouvrage cile, pag. 57, 77. ) 

( 1 ) Ces reflexions tl'un niaeon syslemalique , mau 
}i omme de merile , qui aurail votonliers sacrilie lous tes 


( 145 ] 

Sous les ycux de PElrc superieur qui pour 
li one a le ciel , el pour empire tout , se de- 
ploicnt, dans un seul point, le passe, le pre- 
sent cl Tavenir: perdu dans rimmensiLc des 
clioses, noire drapeau ( celui de la L.*. de la 
Triple- Unite) n’esl pas memo le grain de sable 
qui git sur le rivage du vasle ocean, cl cepen- 
dant nous osons nous flatter que le grand Eire 
a jele sur lui quelques regards de bonte; Ten- 
cens pur que nous faisons fumer tons les 
jours sur nos autels, nous en est le garant. 

MA.UGUIN. ( Planche d’installation duI'V. de Lacepcde 
com rue Van. de la L.*. de Saint-Napoleon, in-8 de 4G 
pag, 5 8 05. ) 


Noire inslilulion esl eta blits sur la bien- 
faisance et Pequite... quelle autre oserait en- 
Irer en parallele avec elle? Loin d J ici ces 
dissimilitudes de conditions, ces distinctions 

grades a Vapprentissage, au compagnonage et an R.‘. C,\, 
les seuls qu’il jugeait admissibles, ne seraient peut-elre pas 
mal placees sous les yeux de la commission du G.*. 0.\ 
charge'e de reviser les grades, suriout si l’un de ses mem- 
bres etaitnn aulre Mac.*, syslematique, qui ayant beaucoup 
ecrit sur la maconnerie, pourrait se trouver charge de pre'- 
parer le travail et de faire le rapport. Esperons touteiois 
que les grades ne subiront pos le lit de Procruste. 


( *46 ) 

frivol os ; loin do nous lcs homines qui var- 
iant p river dcs droits communs de hi society, 
ceux qui lie partagenl point leurs sen Li mens 
sur la man i ere d’adorer 1 Elernel : il ne legne 
ici quo la plus parfailc egalile; icion nctrouyy 
que dosFF.*., des amis; quo dos conseils sa- 
lutaires, des avis utiles; que protection, ge- 
nerosity, bienfaisance... On pourrait-on ren- 
conlrer un plus bel assemblage des perfections 
humaines? 

Simon M.WKR. ( Planche , discours et c antiques a V av- 
ersion de rinslallalion de la loge des Amis Indivisibles, 
in-8 de C-l pages, Paris, an X de la repub* ) 


On proscrit dans la maconnerie une asso- 
ciation politique : et pourtant 1 essence de la 
maconnerie , e’est tie res lev elrangere a la po- 
litique, a ses bames inlatigables, a ses affec- 
tions d’un jour. La politique exerce ses medi- 
tations dans l’etroite sphere des interets d’un 
moment et d’une societe organisee ; mais la 
maconnerie n 1 envisage que le bien de l’liuma- 
nit6 loute enliere. Que lui font les querelles 
du trone et du temple, l’orgueil des grands, 
la turbulence des petits? PoUrquoi prendrail- 
elle parti pour la balance des pouvoirs et 


( ‘47 ) 

pour la gloire des conqmh’ans qui suuL 1'oflVoi 
d\m jour ctpalissenL le lcndemain? 

Taut quo la maconnerie ncmauquera pas 
d’in fortunes a sou lager, elle accomplira sa 
mission : coniine lc Saniarilain de l’Ecrilure, 
sans demander au niallieureux quelle est son 
opinion, elle lui demande quelle est sa souf- 
france. el verse du baume sur sa blessurc 
quelle que soil la main qui bait faile. 

Comment la maconnerie pourrail-elle s’as- 
servir a changer sans cesse de culte et de lan- 
gage? Elle perdrail alors ses plus nobles at- 
tributs , l’universalite de son action et la 
perpeluilede sa bienfaisance. 

MERILHOU. (Discours a I’oecasion tie la Saint-Jean 
d’hiver, in-8 tie 14 pag., 5821.) 


La maconnerie est une societe universellc 
donl le but est surtouL d’unir ses membres par 
le lien etroit d’une bienveillance et d’une as- 
sistance mutuelles, solennellement jurees sans 
egard aux prejuges du siecle, aux haines na- 
tionales , a l’esprit de secte et a la variete 
qu’apportent dans ses riles secrets, le genie et 
les lumieres des peuples divers chez lesquels 
elle est etablie. 

MILLET. (Brochure in-12, tie 29 pag., 5826.) 


( 48 ) 


Si qtielque chose doitajouter a labienveil- 
lance publiquc dont jouissent nos reunions, 
et nous dedommager de Fexistencc civile quo 
les lois no nous accordcnt pas , c’esl sans 
doute de voir le plus haul pcrsonnage dc 1 <5- 
tat 1 a pres lc cliel' supreme, deposer raoinen- 
lanemenl touL l eclat dc ses dignites social es 
pour venir parmi nous recue ill ir les lionneurs 
ma conn iques et gouter lc plaisir d'une recep- 
tion lraternelle. Cette laveur nous devient 
encore plus cliere , lorsqu’elle est pour nous 
une preuve non douteuse de la tolerance, di- 
sons mieux, de la protection du gouvernement. 

Casiuir de MOftTLlVAULT. ( Planclie de la seance 
J’inslallaiion des Off.*. Dig.*, de la L.*. Kc.*. de 
Sainte-Caroline, in-3, l8o8, pag. 10.) 


Les Mac.*, ne firent jamais le vueu d’igno- 
j'ance; et servir ses FF.*. par des ecrits lu- 
mineux , par de profondes reclierches dans 
les sciences, par des conseils utiles a I’exer- 

(l) Le prince arclii-cliancelier de Lempira , depuis 
due Cambace'res. 


( *49 ) 

cice des bcaux-arts, cc n’est pas etre indigne 
du beau nom de Mac.*. ; c’cst faire servir au 
contraire les bienfaits du G.*. Arch.*, au 
bonheur ct a la gloirc de ses FF.*. 

MOllEAU-SAINT-MUllY. (Annates maconniqucs , t. v, 
5808 .) 


Ouoique je sois persuade que les societes 
secretes sont dangereuses, je n’hesile pas a 
soutenir que les francs-macons nont pas eu la 
plus legere influence sur la revolution. On a 
dit que l’dgalitd professee dans les loges avail 
pu contribuer a la destruction de l’ancien gou- 
verneincnt : mais cctte egalite n’est point re- 
lative a l’ordre civil. La lranche-maconnerie 
ne condamne pas les ricliesses et les dignites : 
mais elle ne considere les hommes de Lous les 
rangs, que sous les rapports qui les bent 
comme membres d’une association fraternelle. 
Ce genre' d’egalite,bien loin d’etre iun este, est 
une des vertus les plus recommandees par la 
religion et par la morale. Des institutions qui 
afFaibliraient Forgueil, sans detruire la- su- 
bordination , et qui rappelleraient les riches 
et les magistrals a des sentimens d egalite na- 
turelle, sans nuire a la puissance legale de ces 

1 3 *- 


( »5o ) 

de rnicrs, el au respect qu’on doit a leurs fonc- 
lions, seraient du plus grand avantage ]>our la 
moralite et pourlc bonheur' general ; ot dans 
ce sens, Lessing a pensc que les societes de 
irancs-macons etaient utiles... 

Et comment des chreticns , s’ils n’ont pas 
dans leurs principes la plus absurdc inconse- 
quence, si lour religion no se borne pas a dc 
vains discours, pourraient-ils blamer i’egalile 
des francs-macons ? Ils devraient savoir que 
la doctrine evangelique en ordounant de res- 
pecter l’autorite civile, ordonne, en memc 
leinps, de traiter tous les homines comme des 
freres. 

Je ne crois pas que dans les loges on parlat 
jamais de liberte. Si ce mot etait prononce 
quelquefois, c’elait comme celui d’egalite dans 
uu sens etranger a la politique ct purcment 
moral. 

' J. MOUlSiER. (De Tinfluence alliibuee aux philo* 
sophes, aux irancs-macons et aux illumines sur la re- 
volution francaise, 1 vol in-8, Tubingen, l80l, 
pag. 159—160.) 

Ce qui atteste la purete et la perfection de 
Ford re maconnique, c'cst le triomplie qu’il a 
remporte sur tousles evcnemens. En effet, ni 


( i5i ) 

les catastrophes, ni les orages politiques, ni 
lcs clamours clu fanatisme, ni la calomnie , 
cette rouille caustique qui s’altache aux plus 
belles institutions , rien n’a pu ebranler ses 
londemens ! La maconnerie est imperissable 
coTpme sa gloire ! Semblable au cedre dont la 
cime verdoyantc et majestucuse s’eleve jus- 
qu’au firmament, elle porte en lout lieu sa fd- 
condi Id et couvre les deux hemispheres de ses 
branches immortelles* 

Philibert MOUTON. (Exiraii des Trav.*. de la L.\ de 
Sainte-Therese des Amis de la Constance^ lula d’ordre 
dc 5808, in-12 de 36 pag.) 


Detracteurs de la maconnerie, vous qui ne 
yoyez enelle qu’une institution puerile et fri- 
vol e, approcliez et yenez recevoir au milieu 
de nous, la grave et utile lecon du neant de 
la vie, de l’instabilite des choses humaines, 
de ces vicissitudes coniinuelles d’lieur et de 
malheur, qui partagent, agitent, tourmentent, 
j’ai presque dit composent Pexistence, et dites 
encore, si vous Tosez, que nos reunions n’ont 
ancun objet serieux, aucun but moral ! 

Eh! quel but plus moral , quel objet plus 
serieux , quel sujel destruction plus fecond , 


( i5a ) 

que de reimir dam la memo pcnsee, de celd- 
brer dans la meme solennitd, de conlondre 
dans le meme hommage, rhoinme vivant 1 , 
dont la Fi ance s’honore , l’liomme faort que 
la France doit pleurer*? 

Comte MIJRAIRE. (Brocliuie in-8, de 2“ pag., 5826.) 


0 profane insense ! loi qui b la sph etnas lant 
de fois nos mysteres, toi qui, du iond des te- 
nures, oses lever les yeux sur nous, et jeter 
sur nos enceintes sacrees des regards que nos 
routes repoussent, que ne pouvous-nous, sans 
violer les sermens que nous avons faits, tin- 
troduire un instant ici Place au centre de 
ce nouveau paradis terrestrc, que taut de fleurs 
decorent un moment, vers laquelle, dis-moi, 
oserais-tu porter la main profane? File serait 
repoussee soudain; mais Fair pur qu’on res- 
pire en ce lieu de delices, l’image du bonhcur 
Jiu’on y goute, agirait sur ton coeur endurci ; 
eile y ferait entrer le repentlr et le desir vil 
et sincere de connaitie la lum. •• 

1 e cliev. NAZON. (Bihliolheque maconnique , elc,, l8l8, 

lome l cr , p* 175 176.) 

(1) F.\ due de Choiseul. 

([2) LMII.'. F-*. corale de Lacep’edc. 

^3) Loge d'adoption de 1 idle et Bonne. 


( -53 ) 


Lancienne et honorable institution macon- 
nique cst nde du principe eternel la bienveil- 
lance, la bienfaisance et la charite. La con- 
servation des liommes par Funion de leurs 
sentimens etde leurs pouvoirs, voila son mo- 
tif ; leur bien-etre par leur devouement et 
leurs secours reciproques, voila ses formes; 
Fegalite de leurs droits, 1’ unite de leurs de- 
sirs, la sagesse de leurs passions, voila ses 
moeurs. Elle ne pent done cesser d’exister qtFa 
Fextinction entiere de notre race : tant qu’il 
y aura deux hommes son principe agira , et 
elle subsistera par Faction de son principe : 
c’fest done sur elle que s’applique le precepte 
de la sagesse , regenerer plutot que detruire 
et creer . 

J. A. NEYEU. ( Developpement de la proposition d\ine 
caisse commune de bienfaisance maconnique, in-S de 
64 pag., 1821.) 


La franche-maconnerie a-t-elle ete utile ou 
nuisible au genre humain? C'est uu probleme 
que j^abandonne a ceux qui peuvent se vanter 
de connattre egalement bien et ce que, font 
les francs-macons , et ce qui est avantageux 


_ ( >54 ) 

au\ homines. II me revient dans ce moment 
1111c fable que j’ai lue quelijfue part, et quo l’a- 
propos m’inv'ite a mettre ici. 

Un homme ayant trouve line cxccllentc 
etofFe, en fit un grand manteau qui repondait 
parfaiteinent a son but, qui etait de se melei 
a la f’oule el d'y passer incognito, bien con- 
vert et bien muni contre le mauvais temps. 
Cel homme etait reconnu pour un sage: voila 
done tous les sots qui se mirent a Fimiter. 
Mais comment s’y prirent-ils! Ils copierent la 
coupe et la couleur du vetement sans fa ire at- 
tention a FetofFe; et quoique la pluie et le vent 
y penetrassent partout , ils ne s en mettaient 
guere en peine, parce qu’au contraire de 1 in- 
venteur qui avait fait le manteau pour etie 
couvert , eux l’avaient fait pour qu on les re- 
marquat. Si quelqu’un de ces messieurs gre- 
lottaitde froid, sa vanite le consolait lorsqu il 
entendait un homme du peuple secncr : 
((Yovezcomme ce sage est chaudement dans 
t( son manteau ! » A la fin tout cela fit naitre 
force quiproquo ; cm le peuple s’etant avise 
d’exainmer la chose de pres, on Irouvait tan- 
tot la bonne facon avec une mauvaise etotfe , 
quelquefois tout le contraire , et rarement le 
vrai sage sous la draperie. On remarqua ce- 
pendant que, lorsqu’on trouvait V homme, on. 


( .55 ) _ 

avnit en meme temps eL l’cLoffc et la fa con ; 
bref, le man tea u memo 1 . 

IS I CO LA I. (Fragment sur VOrigine de la sociele de.t 
francs-macons , traduil dc Tallemand dc M. NicolaV, 
par H. Beyerle. Voy. Aeta Latomontm,v ol. 2, lBl5, 
pag. 239 — 274.) 


Scours nouvellcmcntinltiees, le tableau que 
j’ai trace des vertus sociales et des vertus pa- 
triotiques, ne vous laisse rien a desirer sur le 
fond de notre morale. Quant au technique, 
qui consiste dans la science des mots et dans 
la connaissance des signes, il est necessaire ; 
mais ce n’est rien qu’une enveloppe. 

Felix NOG ABET, ( Le retonr a la Sagesse, etc., in-1 8, 
1807. ) 

Les devoirs d’un franc-macon sont ho no ra- 
bies : abnegation de tout amour personnel, de- 
sinteressement, discretion, prudence, savoir, 

(l) Nous avouons en loule humilite* que nous n’fivons 
pu comprendrc la moralile de celte fable. D’autres seront 
plus heureux sans doute ; mais nous dirons ici que nous 
tenons beaucoup a celte \ieille idee, que le premier merite 
d’un ecrivain est d’a'voir une pensee nelte et de la metlre 
a portee de toules les intelligences. 


( 1 56 ) 

obeissance ; ll laut qu il soil un cxcmple d e- 
dification pour ses Imres ; il Taut quo ic pro- 
lane le voie avec des yeux d’^touncmeut , ct 
mcrae, si j’osc m’cxprimer ainsi, aycc les yeux 
de la jalousie ; il Taut que la douceur des vcrtus 
maconniques alLirc dclle-mcme, sans aucuue 
provocation etrangere et com me par cnchan- 
tement, des proselytes a sa corporation. 

NOUZOU. (Discours prononce a la L.'. ties Tri hula ires 
tl 1 , Hiram , 5812 , in-8 dc l6.pag.) 


D'apres les declarations des ecrivains de 
l’ordre le plus eleve de Finslitul maconnique, 
nous voyons que la maconnerie, sans le de- 
clarer publiquement, oseraitpretendre aquel- 
que communication de la part du crcateur 
transmise d’une maniere diderente et sans nul 
rapport avec le livre que les chretiens a p- 
pellent la bible; etleresultatnaturel de toules 
ces insinuations est que la maconnerie derive 
de quelque ancienne, et tres ancienne reli- 
gion, entierement independante de la bible, 
et sans aucune liaison avec ce livre-la. 

Pour arriver au point principal, la macon- 
nerie est derivee et n’est que les debris de la 
religion des anciens Druides , qni, semblables 


( l5 7 ) 

aux mages de la Perse , aux pretres d’Helio- 
polis en Egypte, dtaient pretres du soleil. Ils 
rcndaient un culte a ce grand luminaire , 
coming an grand agent visible d'une grande 
cause invisible, qu’ils appelaient le temps 
sans limit es... 

Thomas PAINE, f De Torigine de la franche-maconne- 
He, ouvrage poslhume in-8, 1812.) 


Disciples dela sagesse, francs-macons , fe- 
licitons-nous de la f'aveur que nous obtenons 
en ce jour. Nos temples s’etaient rouverts ; 
nous jouissions des douceurs de Pamitie; nous 
nous excitions mutuellement a la pratique des 
verLus qui font le bonheur des societes , c’e- 
tait beaucoup , sans doute; mais cen’etaitpas 
assez. Nos travaux etant inconnus au conn- 
mun des hommes, nos principes pouvaient 
eLre calomnies. Des imputations absurdes 
d’ambition coupable , d’intrigues secretes , 
mises en avant par des hommes pervers, re- 
cueillies etpropagees par des etresirreflechis, 
repandaient sur nos. associations des nuages 
fucestes; nous n’avons plus rien a craindre 
de semblable. La protection du gouvernement 
se signale dune maniere eclatante. Napoleon- 

4 


( i58 ) 

le-Grand a permis quc nous eussions pour 
chefs supremes deux membresde son auguste 
famille , et avee le prince illustre qu’il a mis a 
la Lete de ses conseils , la maconneric est veil- 
gee, oil du moms une justice solennclle lui est 
rendue. Une association presidee par Irois 
princes, dtfnt deux tiennent de si pres a la 
personue de sa majeste imperiale, et dont 
l’autre est honore de sa plus haute conliance; 
par le president du premier corps de l’empire ; 
par celui des conseils de S . M. et par son pre- 
mier lieutenant aux champs de mars ; une telle 
association est assurement une societe d amis 
de l’ordre et des lois ; le but de ses travaux 
ne peut qu’etre honorable et utile ; ils tendeut 
incontestablement au bien de 1 humanite. 

PAJOT jenne.(Fele de Tordre, celebree au G.\ O.-. dc 
France, 5805.) 


f 


La franclie-maconnerie presente la plus 
noble et la plus illustre carriere a celui qui, 
jalonx de s’instruire, veut penetrer dans la 
profondeur des temps po'ur en connaitre l’ori- 
gine. De toutes les institutions qui ont ele 
formees pour le bonheur des humains , il n en 
est point qui soit plus propre a les conduire a 
la perfection. Les hommes lui doivent leiu* 


( iV ) 

civilisation, lcurs connaissances , leurs vertus 
ct le bonlieur de la vie sociale. 

PELLETIER -VO LMERANGES. (Fete de la pais, cele- 
Lreo dans la L.*. de l’Union-Parfaite de la Perseve- 
rance , in-8, 1807. ) 


Le plus court etait de rue faire recevoir 
franc-macon ; mais le sennent que vous exi- 
gez m’a toujours fait de la peine. II a done 
fall a clierclier a me satis faire par quel que au- 
tre voie. J’ai tout employe pour cela, et j’ai 
enfin Irouve un de vos membres indignes (car 
il y en a parmi vous comine dans toutes les a Li- 
tres societes),que j’ai su engager par mes bien- 
faits a me reveler vos mysteres. D’abord je me 
suis essaye sur quelques-uns de vos freres, 
que j’ai tous fait donner dans le panneau. En- 
Iiardi par ce succes, j’ai eu l’audace de m’in- 
troduire dans vos loges; et depuis dix ans que 
je les frequente, j eme suis sibien mis au fait de 
toutce qui cone erne votre ordre . que j eme sens 
en etat de preter le collet au plus profond de 
vos docteurs... Mon libraire pretend avoir 
pour amis des francs-macons tres respecta- 
bles a tous egards; et je me rends d’autant 
plus volon tiers a cette raison , que j’en ai moi- 


( 160 ) 

m£me de tels parmi vous. Oui , messieurs , jc 
reconnais avec toute la smcerile d’un lionnfite 
liomme , qu’il y a dans votre ordre un grand 
n ombre de gens de Lous eLats, tres eslimables 
par leur vertu et par leurs qualites person- 
nelles , et qui meritent bien, qu’en leur fa- 
veur on fasse grace a un tas de laquins qui 
vous deslionorent 

L’abbe PLRAAJ. (L’ordre des francs-macons trahis y 
1 vol. in-12 , i 758. ) 


Jouissons, mes FF.*., du bonlieur d’etre 
reunis a cette societe, ou l’estime et l’amitie 
font naiLre la Concorde. Tout respire dans 
cette enceinte auguste la morale la plus su- 
blime ; tout y inspire Tamour. du bien , la bien- 
faisance envers nos FF.'., tout, enfin ? doit 

(l.) Tel esLlerole quejoue et qu’avoueun ecclesiastique, 
P auteur anonynie de .cet.ouvrage , M. 1 abbe Perau. II ne 
veut point preter un serment qui lui fait de la peine , mais 
il seduit un malheureux par ses bienfaits , il trompe des 
FF.". , il s’introduit deloyalement dans une L.\ , s’y fait 
des amis , et trahit ses amis et la societe qu’il frequence 
pendant dix ans... La conduite de cet honnete komme n’a 
pas besoin de coiumentaire.. 


( 16 > ) 

nous engager a y resserrer les noeuds dc fa- 
mitid qui unit lous les macons. 

POLAK aiue. (Planche, discours cl caniiqucs a Poc- 
casion de Pinslallation de la loge des Amis indivisibles, 
in-8° de G1 pages , Paris , an X de la re pub Pique. ) 


Le premier devoir d’un rnacon est de vafri- 
cre ses passions; nous en avons tous fail le 
serment dans ce jour heureux ou, pour la pre- 
miere fois, nous avons vu la him.-.. C’est dans 
ce temple augusle, dans ce temple, foyer 
inextinguible de toutes les lumieres , dans ce 
temple , d’ou la main invisible de la vertu re- 
pousse non-seulement tout profane, mais 
meme tout macon qui oserait s’en ecarter ; 
e’est en presence du G.*. A.*. deTUmv.*. que 
ce serment va etre renouvele: d’etre fideles a 
1/ordre, de secourir les malheureux, particu-. 
lierement les macons , de ne nourrir dans nos 
cceurs que l’amour des vertus , et enfin , de 
nous rappeler sans cesse cct axiome reconnu 
par toutes les nations : Ne pas faire a autrui 
ce que nous ne voudrions pas qui nous fut fait . 

Daniel POLAK. (Planche , discours et cantiques a Poc- 
casionde Pinslallation de la loge des Amis indivisibles , 
in*8° de 64 pages , Paris , an X de la republique.) 


( lfi2 ) 


Les associations de bienfaisance, et par con- 
sequent la maconneric , qui en est la princi- 
pale , puisque i’aire lc bien, otre utile & ses 
Ire res , les consoler dans le malheur, sont les 
plus cheres de ses attributions , avaient seules 
le droit de lui ddrober une partie de son 
temps 1 . 

PONCE. (Hermes, 5818, l er vol. , p. 382.) 


Chercher & rendre Thomme meilleur, lui 
faire aimer la vertu , ajouter de nouveaux 
liens et dc nouvelles obligations aux senti- 
mens et aux devoirs qui le portent ales pra- 
tiquer, tel est l’esprit et le but de la macon- 
nerie. 

POEJOL. ( Ex trail des travaux du S. -. Chap.-, melro- 
politain, in-12, de 30 pages, 5809.) 


Une secte conspiratrice ne cessait, depuis 

fl) Moreau-Sl.-Mery , ancien conseiller d'etat, aneieu. 
Ve'n.-. de laL.‘. des Neuf-Sceurs, Off. 1 *’. d’Hon,*. du G,\ 
0. -. de France. 


( ‘65 ) 

la rdgence. de s’avancer sourdcmcnt... Le 
chevalier de Folard, cedant a la voix du re~ 
inords , et, de disciple zele de la franclie-ma- 
connerie , devenu son denonciateur coura- 
gcux , signalait cette peste ... Dans des jours 
plus religieux , le gouvernement n’eut pas ne- 
glige l’avis que lui donnait l’Eglise romaine, 
par les prudens anathemes de deux.pontifes 
contre la franche-maconnerie , Clement XII 
et Benoit XIV... En 1760, cette secte eman- 
cipee parut tout a coup transformee en une 
corporation imp os ante , et a laquelle il fut 
telleinent honorable d’appartenir , que des 
princes du sang ne dedaignerent pas d 7 en de- 
venir les protecteurs et les grands-maitres. 
Quoique sous le rapport de- religion et de 
mceurs , l’abbe , prince de Clermont, et le 
prince de Conti , ne fussent rien moins que 
des modeles et des autorites , leurs no ms ne 
laisserent pas de consacrer^ pour ainsi dire , 
la franche-maconnerie. Elle se recruta bien- 
tot a la cour, parmi la noblesse et la haute 
finance , au point que ses loges ne sufKsant 
plus a ses proselytes, il s’en eleva de nou- 
velles dans tons les quarters de la capitale , 
pt, par imitation ensuite, dans toutes les villcs 
^lu royaume .. . On voyait un grand nombre de 
piagistratsfrancs-macons, une foule de francs- 


( 1 64 ) 

macons litterateurs , avocats, nego cians et 
jusqu'a des moines francs-macons. Mais V epi- 
demic ne (it nulle part d’aussi rapides progres 
que dans les armees. On tenaitloge dans tou- 
tes les garnisons : presque tout le corps du gd- 
uie etait franc-macon... Tout franc-macon 
devait protester en toule rencontre et enveis 
tous , que la franche-maconnerie ne renfer- 
mait rien qui put alanner l’aulorite ni offen- 
ser la religion d’aucun pays. II eut au moms 
fallu, quant a la religion , en excepter Vinto - 
levant ccitholicisme : car, certdnement, ils oj- 
fensera toujours de ce que le franc-macon, 
‘sous pretexte Tembrasser l’humamle toute 
entiere, fraternise egalement avec toutes les 
sectes; aussi dispose a judaisei’ avec le juit 
qu’a professer le christianisme a Paris, etl al- 
coran a la Mecque. C’est qu’au fond, \a- 
theisme est le dogme supreme du vrai iranc- 
macon, comme le seul qui puisse le conduire 
a la conquete de sa monstrueuse liberte...Ses 
prodigieux succes , en France, ne pouvaient 
manquer de rendre la franche-maconnerie de 
plus en plus recommandable a tous les peo- 
ples de V Europe. Ellc n’avait pas besom d a- 
potres en Angleterre. Mais , moms comme en 
Adlemagne et en Italic, die y pnt tavern 
alors: elle s’etendit dans la Polognc, et coa- 


( *65 ) 

Yiit de ses loges tous les royaumes du north 
Elle devint, sans contredit, par Yetendue de 
ses relations , la fjualite de ses membres , et 
Yatrocite de ses moyens , la plus formidable 
de toutes lessectesqui aient jamais menace Vor- 
dre social. .. Deux cent qua tre-vingt -deux 
■villes de France avaient leurs loges. Paris 
comptait 81 loges ddpendantes du G.;. O.-.,, 
ct a peu pres un dgal nombre de loges batar- 
des ; Lyon en avait 16, Toulouse 10, Mont- 
pellier autant , Bordeaux 7, Marseille 6 et les 
autres villes proportionnellement 

1/abbe PROYART. ( Louis XVI detrone avant d’etre 
roi, Paris, 1 vob in-8, an XI, 1 8 03 , pag. 108 — 119.) 

(l). Voila ce qu’un prelre, dont la renlree entrance 
■eiait un acte de tolerance de la part de Tautarite’ , e'crivait , 
/aisait imprimer et vendre. publiquement el librement a 
Paris, sousle gouvernement consulaire , el a Pepoque oil 
les loges avaient loule Pe'nergie de leur renaissance : car 
elles avaient ete demolies par le pouvoir ultra-revolution- 
naire. Le gouvernement se lut , Pabbe Proyart jouit paisi- 
blement des fruits de son oeuvre, et les francs-macons con- 
tinuerent leurs paisibles travaus. En verite, ce Bonaparte 
si absolu, ces macons si ennemis du trone et de Pautel se 
montrerent alors et se montrent encore aujnurd J hui comme 
ils se mantreront loujours , de bien terribles ennemis de 
la liberie* des opinions ! 


Venez souvent parnii nous ; une etude plus 
approfondie de nos my s teres vous expliquera 
nos paraboles et nos hieroglyphes : vous y ie- 
connaitrez surtoutle cullc Ie plus pur dela le- 
ligion divine et naturelle, un attaclicment sans 
bornes a notre patrie, a ses chefs , a ses lois; 
le respect le plus pro fond pour les auteurs de 
nos jours ; 1’ a mi tie la plus lendre , la plus li- 
dele , pour tout ce qui nous touche, et l’indul- 
gence la plus grande pour ceux qui nous de- 
chirent. 

Aimer, fairele bien etpardonner sont, pour 
les macons, les trois premiers besoins de la 
vi$ Mac.* . 

PYRON. (Discours comme Orat.-. de laL.*. de Saint- 
Napoleon , id*6 , 5804.) 

La maconnerie est une source intarissable 
de sujets pour les orateuvs de loges. II n’y a 
point un de ses mille symboles , une de ses 
mille ceremonies, qui ne puisse servir de texte 
a quelque discours interessant. II n’y a pas 
non plus un seul des litres ou epithetes en 
usage dans l’ordre , qui ne soit susceptible 


( 167 ) 

d’inspirer quclques pages a celui qui en sent 
la valeur. Le doux nom de F.*. dont nous 
nous appelons, suilirait seul'po.pr enfanler des 
vers sublimes ou des colonnes entieres d’une 
prose noble et touchante. 

QUANTA, ( Encyclopedic maconnique , 1 toI. in-12 
1823 , pag. 254 .) 


J'ai dit que la morale de la maconnerie etait 
toute religieuse , et effectivement, la charite 
la plus etendue en etait la base essen- 
tielle ; le respect le plus pro fond pour la reli- 
gion , une des principals lois ; la pratique de 
toutes les vertus specialemcnt recommandee 
aux inities dans tous les grades, enfin l’obeis- 
sance aveugle a tous les goiivernemens exis- 
tans, le fondement de sa doctrine 1 . 

RAIMOND. (Miroir de la Verile. 5802, 3e T ol.,p. 172 .) 

(1) Le F.-. Raimond, inspecleur des postes a Besancon, 
adresse, sous la date du 28 decembre 1802, a l’abbe Bar- 
ruel, auteur des Memoires pour servir a Vhistoire du Jacobi - 
nisme , une letlre pleine de sagesse et de mesure , ou il 
re'fule les pretend us fails generaux et particulars que sign ale 
conlre les francs-macons ce ministre d’un dieti de paix et de 
verite, Sur le fait avance par l'abbe Barruel , que le F. -. 
Raimond aurait inlroduit Cagliostro en loge, il dit: * La 
“ P resen ce de Caglioslro , amene en loge par moi , esl une 


( -68 ) 


La noble ardeur /pie vous avez montree, 
mes FF.*., pour cntrer dans le tres noble et 
tres illustre ordre des francs-macons, cst une 
preuve certaine que vous possediez d’avance 
toutes les qualites necessaires pour en deve- 
nir les inembres ; c’est-a-dire l’humanilc, la 
morale pure, le secret inviolable et le gout 
dcs beaux-arts. 

1 RAMSAY. (Hermes ou Archives maconniques, 58 18. 
l cr vol., pag. 339 — 340.) 

« fable que voire imaginalion ou de faux rapports, crus 
« irop legeremeni , ont pu seuls vous dieter. Caglioslro 
„ ful Pobjel du mepris de l’assemblee dans laquelle il de- 
« mandail lui-meme par e'cril, cl de la maniere la plus ri- 
« dicule, a se presenter, el Peniree lui en Put constamment 
« inlerdite. II est ires vrai que jVi e'te voir, une fois, cet 
« homme extraordinaire, accompagne de deux membres 
a du couvenl maconnique de Paris, en 1784 \ mais il est 
< vrai aussi que le complc ires succinct que j’en rendis a 
« celte assembler le fit completemenl oublier. a (Meme 
lellre el meme ouvrage , pag. 173-174. Voyez aussi Acta 
Latomorum, vol. n. ) 

(1) Vers l’annee 17 40, un Eeossais nomine Ramsay jeta 
a Londres les fondemens d’une nouvelle maconnerie qu’il 
fit descendre des Croisades, et dent il atlribuait la fonda- 
lion a Godefroy de Bouillon - d’ofi naquit, par suite, laL.'« 


( iG y ) 


Pronver qu'im macon , proprcmehi dil, est 
mni de la veritc ; ciLoyen probe et Lrantjlnlle, 
pere Lend re, dpoux fidelc, magisLrat inLegre ; 
qn’il rospcctc les m ecu rs puhliques, pnree que 
les siennes sont sans ladies ct parce qudl sait 
se respecter lui-memc; que la raison, plus que 
Hiabilude ou la necessite, le portent a la sou- 
mission aux lois de sa paLrieet a l’obeissance 
envers le gouvernement qui y esL elabli ; qu’en 

de Saint-Andre a Edimbourg , capilale de FEcosse. I] eon- 
l'erait trois grades , Y ecossais t le novice et le chevalier. II 
fit des proselytes; mais la grande loge de Londres ne voulut 
jamais admettre les trois nouveaux grades. Plusieurs loges 
allemandes et francaises se laisserent entrainer. Comme le 
G.\ 0.\ d’Angleterre , le G.-. 0.\ de France reforma les 
grades de Ramsay. Des loges neanmoins reslerent fideles au 
regime ecossais dit rectifies et s’attachcrent au directoire 
ecossais. 

Le baron de Tschoudy, auteUr de VEtoile Jlamboyante , 
renouvela l’opinion de Ramsay, lui donna des formes nou- 
velles et attribua la fondation de la franche-maconnerie au 
fameux Pierre -Vkermite qui prechales croisades. M. Plane, 
dans son Apologie des Templiers et des francs-macons , re- 
produit Popinion de Ramsay et du baron de Tschoudy. 
Voyez ces ouvrages et YEssai sur la franche-maconnerie , 
de M. Laurens; \oyez aussile Discours du F.‘. A. Boileau, 
dont nous rapportons un fragment dans ce recueiL 

1 5 


( ' 7 ° ) 

un mot et sa fortune et sa Vie sont dcvouecs 
au bonheur general tel est le but que jo me 
propose d’aLteindre. 

RAOUL, (that du G.\ 0.*. de France, 5804, vol. 
de La reprise, 2 e pari., pag. 253.) 


Sous vos auspices, Seiv. G.*. M.’., Tanli- 
que famille des Mac.*, a repris eu Europe sa 
place sociale : le lien prolecleur de Lous les 
cnlans de la V.*., dontle premier anneau csl 
soude au pied du trone oil vous etes assis, 
s’clend sur Louies les parties de TEurope, se 
ratlachc a Lous les empires, tfe subdivise entre 
tonles les cites. 

II offre par tout un appui lutelaire, un se- 
cours bienfaiteur au voyageur errant, au nau^ 
irage sans res source, au pauvre sans consola- 
teur, a l’infortune sans support. 

Mais ce n’est point assez pour la gloire de 
la maeonnerie... Un envoye d’un auguste ct 
puissant monarque de l’Asie 1 , a ete admis a nos 
my s teres. 11 lui a etc donne de voir briller ces 
rayons consolaleurs cjui ont traverse l’immen- 
site des espaces et des temps, pour venir du 

(l) Lc prince Askeri-khan , ambassadeur de Perse. 


( / 7 1 ) 

loncldc POrient eclairer, les homines justes et 
bicrdaisans. Par lui celle pure lumiere re ton r- 
nera vers son antique berceau ; l’Asie recou- 
vrera Ja pieuse et utile insLiLuLion clout elle 
a enriclii nos climats. 

Un nouveau lien unira les homines, une 
clarte morale commune eclaire'ra leurs ames, 
comine un soleil unique eclaire leurs yeux. 

L’acacia refleurira sur les rivages de l’Eu- 
plirate , non loin des lieux ou surgirent ses 
premiers rameaux. 

Ses rejetons, transplants surleur terre na- 
tive, preteront leurabri, ses cultivateurs neo- 
phytes ofFriront leurs secours au voyageur 
Europeen , au sein de la Perse immense, dans 
ses cites celebres, dans ses villages ignores, 
dans ses peuplades lointaines et jusque dans 
ses deserts. 

Conue REGNAtJLTDE SAINT-JEAIN D’ANGELY. (G.\ 
0.\ de France, Saint-Jeau d’hiver, 5808.) 

Les prejuges qui existaient conlre la raa- 
connerie etant presque generalementdetruits, 
meme parmi le vulgaire, il en resulte qu’etant 
plus repandue, elle exerce une influence sa- 
lulaire sur toutes les classes de la societe, en 


( * 7 * ) 

rapprochant les homines par la bicnvoillance, 
et ses membres enlro cux par les liens de la 
iVaternite el le cliarme de ses reunions mys- 
ierieuses. 11 1‘aut done pour obtenir cel heu- 
reux resullal, quo, d’accord. Ionics les yo- 
lonies se reunissent dans nn centre common, 
d’ou partenl a la fois l’expression de celte vo- 
lonte, et la puissance n^cessaircpour rexercer 
dans l’interet de Pinstitution. C est d apres ce 
principe que dans tous les pays ou la maconne- 
rie est protegee ou seulcinent toleree, il exisle 
des G.*. O.*. ou de G.*. L.*. nationales re- 
vetues de la puissance supreme , Pexercant 
dans Pinleret general , et qui sont alors non- 
seulement responsables envers leurs FF.v, 
niais aussi envers Paulorite publique, qui doit 
surveiller toutes les institutions quelle tolere 
ou protege. II est done necessaire que tous 
les Mac.*, sans restriction , soient sounds a 
cette puissance unique et seule legitime, sans 
laquelle il ne peut exister d’unite pour l’or- 
dre , ni d’union pour les FF.*.; tout Mac.-, 
qui refuse de s 7 y soumettre, ne doit plus pre- 
tendre a la protection donnee a Pordre. 

RICHARD. (G. . O ', tie France, Sajnl-Jean iVcle, 
58 22 , in-4, pag. 11.) 


( > 7 5 ) 


C'csl In qu’ cclale 1 ’empire de ccltc douce 
fratcrnite qui unit tous les Mac.-, entre cux. 
Loin de nous ces vices qui trop. sou vent des- 
honorent la socielc ! Jamais, paiUH nous; l’en- 
vie ne desire le bien d’autrui, jamais l’avance 
ne garde pour elle seule ce qui pent etre utile 
a Lous. 

R1CHOMMK. ( Ij- *■ de Themis.^ Paris, 5813, m-8 de 
48 pag.) 


La ma conn eric est une institution pbiloso- 
pliique par laquelle ses sectalcurs cherchent 
i metli e la morale en pratique ; e’est dans son 
sein que 1’horame de bien, eclaire par la rai- 
son et 1’ experience, instruit son. semblable qui 
n’a pas acquis sa perfection: les symboles, 
les mysteres , les signes liieroglypbiques, la 
consecration des mots, attestent 1 anciennele 
de la maconnerie, connue chez, les peoples de 
l’EiiropeVous celte denomination. 

EUFFE DE CMBIUY. (Miroir de la venle, 5800. 
l c > vol., pag. 171.) 


Pour le macon est-il une lenc lointairie qiu 

i ^ 


( *74 ) 

lie Ini presente nne pa trie? Dans quelque 
conlree, sur quelque plage qu’il soil jete, il 
n’est jamais un et ranger., rnais un simple 
voyageur; il frappe a la porte du temple ct 
Ion ouvrc. Semblable a l’hote auquel dans les 
temps anciens, lc palriarche donnait le repas 
de rbospitalite , le macon est adinis au ban- 
quet fra tern el : il est secouru; on fait alliance 
avec lui; on n’dleve pas la pkrre du tdmoi- 
gnage , mais sur son diplome, on consigne 
Ja preuve que des amis se sont rencontres 
dans le chemin de la vie et se sont traites en 
lreres . 

HOBELOT. (Mere-Loge Ecc. \ de France, 2 e fete de 
l’ordre. Paris, in-8 de 30 pag., 5808.) 


Quoique actuellement (1779) , infinimen t 
eloignee de sa primitive institution; quoiqu’en 
apparence frivole , la societe des francs-ma- 
cons peut encore etre utile aux jirogres des 
sciences, des lettres et des arts , en rappro- 
cbant les bommes de differentes classes , en 
mettant les voyageurs a meme de connaitre et 
de se lier avec ce qdil y a de plus celebre 
chez les nations qu’ils parcourent, Si j’ai cher- 


( J 7 5 ) 

che a connaltrc sa veritable origine, ca etc 
pour mieux faire connattre a ses membres 
1 esprit de son institution, ct pour dissiper 
les images quo 1/ ignorance et la superstition 
avaient tente d’elever con tre elle. 

L al)be ItOIJIN. (Ileclterchcssur les initiations ancicnnes 
et motlernes. Amsterdam et Paris, 1 vol. in-12, 1779.) 


A yant pris quelque part dans mu jeunesse 
aux tiavaux ^ oscrai-je me servir de cette ex- 
pression?) de la fhmche-maconnerie, et ayant 
principal ement frequente les loges du conti- 
nent, j’avais eu connaissance de plusieurs 
doctrines ct ceremonies absolument ignorecs 
dans le systeme simple des francs-macons de 
notre pays ( Introduction , pag. 2 ); a“ Liege, 
j avais ete admis dans une loge magnifique 
dontle prince-eveque, ses trefonciers et la prin- 
cipale noblesse du pays etaient membres. Je 
visitai les loges Irancaises a Valenciennes,- a 
Bruxelles, a Aix-la-Chapelle , a Berlin et a 
Koenigsberg. A Saint -Petersbourg je me fis 
affilieii a la loge anglaise et je visitai, dans 
plusieurs occasions, les loges allemandes. ct 
Busses. Jc f’us roeu avec up respect tout par- 


( *7<> ) 

liculicr comme macon dcossu.s el commc fine 
dc la loge de la Partake Intelligence , dc 
Licee. Je fus importing par des persor.ncs 
du premier rang pour pousser ma carr.erc ma- 
,onnique el prendre diffirens grades mconnn, 
dans cepays-ci- Jo demeura. dans la loge 
anelaise m’en tenant au grade dc rnaUre ecos- 
sais quo l’on m’avait, en quelque sorte, Ion 
d’accepter dans ime loge lranca.se. Cette di- 
gniten clantpoi.it connue dans la loge an- 
elaise, je fus a ce litre adffi.s a une ; a f s «"^ leL 
de la loge des femmes, de la Fidelite, i . _ ■ 

quelle tout le ceremonial fut observe no ' 
maniere la plus elegante, ay ant so. n de cm - 
server en tout point le respect du a nos cl.ai- 
mantes sceurs. Je ne pense pas que le. qua- 
rante-cinc, grades de la ™S°^.e .pan- 
si e'nne eussent pu me procurer plus d.g 
ment. J’v avais cte si b.en accueillt que Ion 
me fit l’lionneur de me nominee frere orateu. 
de la loge (In trod. pag. 3-5)... Je trouva. 
que les loges , parliculierement en Fiance , 

Lent devem.es lc theatre des declamations 
d’intrigans, degens a projets et de fanat.qi.es, 
soil dans les sciences, la religion ou la poli- 
tique ; qui se prevalant de la h eite quo” \ 
avail dc l'aire des discours, et abusanl 


( ‘77 ) 

Orel (jui clail mainlcnu dans cus assemblies, 
y preehaienl leurs doctrines asluoieuses on 
lours reveries parlicuherej ? , ce q,ui les aurait 
exposes a la censure, ou lout au moins all ri- 
dieule , si leurs opinions avaienl cle publiees 
dans le monde. Us enlrcprirenl de se faii’e un 
reinparl des momeries de la, maconnerie, qui 
conyipjul veri tablemen l aux la lens elaux go tils 
dps. Francais, peuple vain et ardent ... C’est 
ainsi que e j’ai vu se former une association 
« ayanl pour but unique de delruire, jusques 
a dans leurs fondemens, tons les elablissemens 
« religieux ct de renverser tous les gouverne- 
« mens exislans en Europe (Introd, p. 12- 
i 5 ). Et que les principes des fondaleurs el 
des chefs de cetle associalion, qu’ils annon- 
caient. coniine un moyen efficace et puissant, 
de rendre les homines a la vertu el au bon- 
heur, no produisaient aucun efffet sur eux- 
memes, et qu’ils etaienl presqne tous des 
homines avilis et des scelerals. ( Introd . 
pag. 17). Je me suis alors decide a ofTrir an 
public up ex Ira it des informations que j‘ai 
prises sur cetle, maliere. II sera fort abregc t 
mais j’espere qu’il prouvera sufRsammenl et 
d’uue nianierc victorieuse que « cetle deles- 
« table sociele exisle el que ses enjissaires 


( 7 s 1 

« travailleiit sans cesse parmi nous.n ( Intro cl. 

P a S- »9-) 

1 John ROBISON. (/Veuves de conspirations contra 
tautcs les religions ct tous les gouverncmcns da VEuropc 
ourdies par les illumines et les francs-macons, trad, dc 
Panglais, 2 vol, in-8. Rondrcs, 1798.) 

(l) M. Robison esl pour les Barrucl, les Proyarl el 
autres , nous ne dirons pas lionorables antagonists de la 
fmncbe-maconnerie, Pennemi-modele des manons. Ils Pont 
e'ludie, comment, re’pete’, fortifie’ de diatribes, \irulenccs, 
impostures de loule espece; mais Robison n’a pas la prio- 
rile du scandale : l’abbe Per.au a eld pour lui le colom- 
niateur-seve. Nous opposerons a ces bommes de lacbeteset 
d’infamies (c’esl Popinion de quieonque a eu le courage de 
les lire), les abbes Robin , Baron (voy. ces noms) el une 
foule d’autres eccle'siastiques qui oni pense pour la pluparl, 
que leur assiduiie el leur Constance a suivre les Iravaux ma- 
conniques, yalaienl mieux que touts les apologies e'criles... 
Nous avons cite longuement et exaclemenl M. Robison. II 
se fait Mac. - . , il recoit des grades , il visile les loges , il 
s’affilie a des ateliers etrangers, il devient orateur... puis il 
aposlasie, el nous voila un ennemi aebarne* qui confond a 
dessein les francs-macons avec les illumines el les societes 
de lecture, parce que tout esl bon au calomniateur comtne 
toule armo au meuririer... line simple note ne peul etre un 
commentaire ; on refute d’ailleurs les raisons et non los 
turpitudes ; el abandonnanl les Robison de France el les 
Barruel et Proyarl d’Angleierre, nous opposerons a dix ou 
douzejihellistes de touts professions, des milliers d’apolo- 
gistes, a quelques centaines de medians ou faux macons , 


( *79 ) 


La maconncrie en France n’dprouvera ja- 
mais la plus legerc atteinte d’anarchie; le 
patriotisme de nos FF.* . des departemens 
ne causera jamais la destruction des temples 
qu’ils se sont plu a elever a la vertu, et qu’ils 
ont si souvent rendus accessibles au cri de 
1 human! te souffrante j leur civisme mdritera 
a jamais toute la reconnaissance et Testing 
du G.*. 0.*., et ils^s’empresseront toujours 
de concilier les devoirs de nictcotz avec ccux 
de citoyen. 

ROETTIERS DE MONTALEAU pere. ( Miroir de U 
Ve'iite , 5800 , I - vol. p. 26. ) 


Comment trouver des expressions qui puis- 
sent vous peindre Tetendue de ma reconnais- 
sance pour 1’honneur que vous faites a la 
memoire de mon respectable pere, en dai- 
gnant me conferee cette grande dignite qui 
lui etait acquise par tant de vertus et de tra- 
vaux? que de sujets de meditation pour son 

des millions de bons freres ; a quelques diatribes morl-nees 
la vie , la propagation el le iriomphe a peu pres universal 
de noire ordre. 


( 180 ) 

His ! II recoil tics les premieres annees tie sa 
niarche dans la carriers maeonnique , la re- 
compense de Lrente ans d’etude et d’un de- 
vouement extraordinaire pour ses FF.‘. Four- 
cpioi fortune es-ln venue si tot me combler de 
tes fay e urs aux depens de Inexistence de nion 
meilleur ami ? Pourquoine m’avoir pas laisse, 
pendant de longues annees , me fortifier sous 
son egide? N’est-il pas mille ibis plus douv 
d’obeiraun pere cheri que de lui succeder?.. 
Que je serais heureux , si je pouvais me dire, 
en imitantmon pererj’ai merite denies FF.*.; 
j’aijustifie le ehoix du grand-maiire. 

ROETTIKRS DE MONTA LEAE fils.(G . O.-.de France, 
installation tlu V.‘. l’V. tie Monlaleau tils , 5S07. ) 


II a exprime une belle idee , celui qui le 
premier a dit : la Lumiere nait du choc des 
opinions ! Prod tons de celle verile , mesFF.*. 
faisons-en la base de nos travaux ; que clia- 
cun de nous traite des questions cle morale , 
qu’il preche la vertu, qu’il fasse des recher- 
ches sur la maconnerie, trop peu connue , 
Irop peu cultivee jusqu’a present. Laissons 
penelrer les sciences dans noire temple : 
Sceurs des Verlus , dies ne doivent point 


( lfil ) 

nous «Hre etrangercs. Que noire societe de- 
vieime une ecole de la vraie philosophic ou 
tous les maeons de la terre viennent apporler 
cl puiser de veri tables Lumieres. 

J.-X r . ROGERS (Commandeurs da temple du Moni-Tlm* 
bor , Paris , 5800 , in-8, p, 28-2‘J. ) 

Un vrai franc-macon f sl le minislre de la 
verite, de la raison et de la nature. Que le 
beau , le glorieux nom de franc-rnacou soit 
toujours associe implicitement a celui d’arai 
eclaire de son pays , de la raison et de 1’hu- 
inanite ! 

Amis eclaires de la loyaute, de I’ordre et 
d’une juste et utile subordination; instruits 
a ne separer jamais le precepte de l’exemple- 
accoutumes a considerer la .pratique comme 
une partie iatdgrante de la vertu , les francs- 
macons out toujours regarde la soumission 
auxlots , 1'attachement respectueux , la fide- 
lite inviolable a ceux qui gouvernent , pro- 
tegent etdefendent la grande famille de 1’etat, 
comme undes plus importans resultats du grand 
pnncipe qu’ils professent, et ils s’en .sont 
lait une douce habitude. 

SABONADlljRE, ( Beat du G.-. O... de France , 5804, 
ltr vo *’ ' a rc P r ' se i 3e parlie, p. 130-131. ) 

lli 


( ««■* ) 

Xci le zele macon rctrouvera avec plaisir 
cette priere a la divinite ; le baplfime, cette 
purification , origine de la premiere epreuve 
du catechisme des apprentis ; ceLLe pierre 
brute et tous les autres embiemes; il reconnai- 
tra en fin les epreuves , les receptions ^ les 
tenebres, la lumiere eL le vrai but de la mneon- 
nerie , qui nest autre chose que la connais- 
sance d’un Dieu supreme et fassemblage des 
sciences et des vertus. 

SAINT-VICTOR. ( Origine do la maconnerie adoliira- 
miic, Heliopolis , 1787, in«18. ) 


Yousconnaissez, mes FF.-., l’histoire abre- 
gee de la maconnerie , de cette societe qui 
compte dans son sein, des rois , des princes, 
des grands , des pliilosophes , une foule 
d’bommes eclaires et vertueux , aniines de 
l’amour de la patrie, pleins de respect pour 
les lois et le gouvernement , sous l’erapire des- 
quels la Providence les a places , qui soula- 
gent en secret rhumanite souffrante , et eten- 
dent leur bienfaisance jusques sur ceux qm 
les calomnient; de cette society pour qui la 
vertu est tout , la naissance n’est rien : ou 


( ) 

1 ’houime , rendu a la nature, ccoulc sa voix, 
suit ses prin cipes eL v it sans remords ; qui , 
dans les sieclos les pins corrompus, a tou- 
jonrs servi d’asilc a la verlu delaissie ; qni 
inalgrd les persecutions qu’elle a cprouvees , 
ne cesse tie donner cles exemples do patrio- 
tisine a ses concitoyens, de cliarite an riclie , 
de verlu a l’lioniine pieux , do discretion ct 
de prudence au pro lane qui s’en venge par 
des sarcasmes. 

SALIVJ5T. ( Plandte a tracer tie la ceremonie tie l’inau- 
guration tie la L.\ tie la Reunion des Elrdngers , in-8 
de 8G pages , 5785 , p. 21. ) 


Nous vo us ofFrirons dans no tie temple , se- 
renissiine grand -maitre 1 , les plaisirs de 1 ega- 
lite dont vous vous trouvez sans cesse eloi- 
gne par le rang ou la nature etles lois vous on t 
place, mais dont vos qualites personnelles 
vous rendentdigne a tant de titres aussibien 
que des grandeurs. Cette egalite a ses plaisirs, 
etnous connaissons votre coeur : nous savons 
trop a quel degre il possedc la connaissance 

(l) Voy. la note au has du noin du comic de Gouj\ 


( ‘84 ) 

de riiommc , pour n’etre pas persuades que 
vous savcz les pouter. 

Marquis tie SAISSEVAL. ( UOrdtmv Franc- Macon , etc. 
I’aris , nn vul. in- 8 , 18Q3 , p. 17-18.) 


L’nutoi’ite du nom dc Voltaire ne manque 
}ias i rillustralion de la franche-maconncrie, 
bile de rancicnnc Egypt e ; depositaire des 
secrets de ses pretres ; initiee a tous les mys- 
teres dc la Grece ; plus tard, compagne de la 
chevalerie a laquelle elle a emprupte ses de- 
vises, ses emblemes, son glaive et les deco- 
rations dont elle est paree ; il fallait , pour 
completer sa gloire, qu’elle fut avouee par 
la raison du i8 e siecle, et certes ce fut un 
beau jour pour elle , que celui ou le plus 
eloquent interprete de la philosophic de cette 
Opoque , courbe sous lepoids de quatre-vingts 
ans de gloire et de travaux , vint frapper a la 
porle de son temple , et a la veille de des- 
cends dans la tombe , lui demander de le 
consacrer par ses riles , qu’une longue suite 
de siecles lui out transmis. 

SAULNIEPi fils. ( BibUotheque maconnique , eu:. , l8l8, 
tome 1 , p. 1 89-1 90. ) 


( i«5 ) 


Prendre le lowton orplielui au berceau ; 1 e- 
lever , l’inslruire et lui donner une educa- 
tion convenable a la carriers qu il doiL par 
courir 1 ; pousserle bienfaitplus loin : eniaire 
un mac.-.; abdiquer la paternelle sprite 
d’un tuteur pour le recevoir comine un F.-. , et 
lui montrer que toute la reconnaissance qu on 
exige de lui est de remplir l’obligation qu il a 
contract^ par son serment, non-seulement 
de ne pas faire a autrui ce qu’il ne voudrait 
pas qu’on lui fit a lui-meme , mais encore de 
faire pour son scmblable ce qu’on a fait pout 
lui; secourir la veuve , preter un appui ala 

vieillesse , la mettre a l’abri du besom , lui 
donner un asile ; procurer de l’ouvrage a ceux 
qui ont un etat, des places a ceux qui n eii 
ont pas ; k l’aide de capilaux rilunis preter ge- 
ntireusement k un F.-. qui se trouverait dans 
une gdne momenlan^e ; donner aux indigens 
des secours en nature;, avoir des lits dans un 
hospice, des cartes de dispensaire , etc., etc. 
Je ne finirais pas, mes FF.-., si je voulais vous 

(l) 11 y a longues anne'es que le-G.*. 0.‘. a mis un sem- 
lil able projet a execution. 


( i8G ) 

delaillei tons les avantages de cet etablisse- 
iiient de bienfaisance 1 . 

SETIEK. (Brochure iu-8 tie 8 pages, 5827.) 


Loin de nous cot homine dont Tame froide 
nc sait pas compatir aux maiix de scs sembla- 
blcs ; loin de nous celuidont l’oeil aride nc se 
mouilla jamais des larines de la sensibilite 
c’est la le veritable profane, le temple est a 
jamais ferine pour lui. Malheureux aveugle ! 
le flambeau maconnique brillcrail vainementa 
ses jeux, il ne le verrait pas. 

Lawrence SHELDON. (Hymnc maeonnique gallois (lit 

XVIe siecle , traduit par A. B Annales macon- 

niques , t. V, 58o8. ) 


La franclie-maconnerie est une institution 
beaucoup plus serieuse en Ecosse et en Alleina- 
gne qu’en France. Elle a exisLe dans tousles 
pajs;inaisilparaitcependaut quec’estdel’Alle- 
inagne surtout qu'est venue cette association , 
transportee ensuite en Angleterre par les An- 

(1) Ce projet, dont l’execulion suivra sans doute , est 
partieilement execute par Jos differenles L.\ du royaume i. 
a 1 e'lranger les elTets mac.-, sont les memes et peut-^tre 
plus grands encore. 


( *«7 ) 

glo-Saxons, et renouvelee a la mort de Char- 
les l* 1 ', paries partisans de la restaurution qui 
se rass enable rent pres de lfeglise de Saint-Paul 
pour rappeler Charles II sur le trdnc... Les- 
sing a ecritsur la franche-maconnerie un dia- 
logue ou son genie lumineux se fait emiriem- 
inent rernarquer. II afllrme que cette associa- 
tion a pour but de reunir les homines malgre 
les barneres etablies par la societe j car si , 
sous quelques rapports, l^at social forme un 
lien entre les homines, en les soumettant a 
f empire des lois , il les separe par les diffe- 
rences de rangs et de gouvernement : cette 
Ira term tt l , veritable image de lage d’or , a 
<6te melee dans la franche-maconnerie a beau- 
coup dauties idees qui sonl aussi bonnes et 
morales. On ne saurait se dissimuler cepen- 
danL, qu’il est dans la nature des associa- 
tions secretes de porter les esprits vers lmde- 
pendance ; mais ces associations sont tres 
lavorables au developpement des lumiferes • 
ear tout ce que les hommes font par eux-m&nes 
et spontanement, donne £ leur jugementplus 
de force et d etendue 1 . " 1 


Madgme de STAEL-IIOLSTEIN. ( De J'Allem, 
1818, tome IV, p. 3G 3 — 364, ) 


agnc. j 


(0 II o.l impossible de juger j, franche-ms.-ennerie 


( ) 


Le profane ne connncucerit it avoir d’idee 
Mine etrecllc .1.. bicn et du niftl , ‘ « vlcc et 
Oc la vertu , « bicn counaltrc les d.ilcrculL. 

nuanccsdcnionnetctccUleladecciiccqiiap.es 

avoir freqncnte ccs assemblies dc paix c a u- 
nion, dontla lin cst dc rembe un cube pai- 
ticulier a la vcrlu ; oil l’on apprend la |P ens « 
avant de purler, ou toutrappellc que tous i 
homn.es sout tons \ies egaux ; ct quo le p u. 

riche commele plus puissant n a d auue si - 

periorite sur le moins nchc ct le moms i pu 
sant que celle de pouvoir soulagcr plus effi 

l'fcoU de. meson. ,»'on 

l’encreic du sentiment , le nieute d 

fe-sance et de l’humanite ; e’est a cette ecole 
e puree et perfcclionnec par la pratique « 
Lies les vertus , que le macon apprend 
negligcr ses propres mterets , a s ou 
lui-mcmc, pour nc s’occuper que du bien-eti 
ct du bonheur dc ses lreres. 

SUE. (Discours sur la Maconnerie, in-8 <le 30 pages. 
1784.) 

«Pune maniere plus philosophique , el d'espnmer une opi- 
nion avec plus de sagesse el de godl. Les francs-magonsje 
tous les pays doivenl elre iiers d'avo.r conquis madame 
siael 1 jamais la plus belle des institutions ne pouva.l fa. 
yne plus belle conquele 1 


( «8 tt ) 


Pour elre v entablement mac.*., il ne soffit 
pas d’etre seulement vertueux; chacundenous 
doit etre une sentinelle vigilante, pour em- 
pecherqu’on nevienne souiller nos enceintes, 
et qu’on n’apporte dans nos sejours de paix, 
tie concorde et de candeur , le trouble, la dis- 
sention et le vice. 

TAVtRNIER. ( Annales maconiques, t. IV, 5807. ) 


Tout estdit , et on en parlera toujour si G’est 
ainsi que s’exprimait, en Orient, un philoso^ 
phe de l’antiquite, en parlant de la nature et 
de la verite. Je ne saurais mieux definirTordre 
maconnique, qu’en lub a^pliquant cette su- 
blime sentence. 

THEOLOGEE. ( Discours prononce a la loge du Monl- 
Tabor, in- 8 de 16 p., 5823.) 


Les vertus maconniques consistent dans l’as- 
siduite et l’exactitude au travail, la charite , 
1’amour de ses FF.-. , la soumission a l’ordre 


( '9° ) 

ctaux regies de bieiiseance et d’homielele pu- 
blique. 

TIIFYEINIIN. ( t’roues-verhal de la leiu Tunc lire donnee 
par Its FF.\ reunis lie Themis et de TUniou, in-8 dc 
28 pages, 5809.) 


Quoiqu'en disent nos detracteurs, il cst at- 
tached notre institution un avantage que iiullc 
autre n’a conserve aussi long-temps, qui la 
rend inaccessible aux revolutions des siecles 
etdes empires; une united’esprit telle, que, s’il 
n’y avail que deuxmacous aux deux extremites 
de la terre, chaque pole devieudi ait un centre 
comniun de la verite cl de la lumiere. 

THOMASSIN. ( Annales maconniqucs, &807, vol. ill. ) 


Dans le sein meme des confederations so- 
ciales et politiques , la maconnerie formaune 
confederation d’hommes, qti’elle ne consi- 
dera que coninie des homines , n’envisageant 
queleurs simples facultes naturelles et l’orga- 
nisatiou qui les constitue... EUe adopta la 
sagesse des gouvernemens politiques, pour 
lesquels elle recommauda Tobeissauce et le 
respect; livra de concert avec la raison, au 


( ' 9 1 ) 

mcpris et a l’indignation , Pintolerance, la su- 
perstition ctle fanatisme. 

Elle est elle-meme la vcrtu de toutes les re- 
ligions; sa morale est pure commc leur doc- 
Irine; dans son tabernacle auguste resident la 
cliarite, qui plaint et qui soulage ; l’oublides 
injures, qui se met au-dessus d’elles et lespar- 
donne; la cordiallte, qui cntretient l’equilibre 
dcs opinions ; l’indulgence, qui previent l’a- 
mo ur-propre et le ini tig e ; l’amitid, present 
celeste, doux et tendre epanchementdu cceur, 
fait pour adoucir les amertumes de cctte vie 
passagere : l’amitie plane au-dessus de ses 
soeursimmortelles , les embrasseet les y cou- 
ronne ; l’egalite sourit a son ouvrage; les 
vaines decorations qu’inventa l’orgueil des 
litres sont a ses pieds , et si elle jette un re- 
gard surleur etalage fastueux, c’est pour Pap- 
precier a sa juste valeur. 

THORON. ( ELat du G.'. O.-. tie France, 5804, l 6 * vol. 

de la reprise, 3« parlie, page 96 — 98. ) 


La noblesse de Part royal et les Trav.*. 
Seb.-. de notre ordre semblent des sujets 
cQnsacres a la solennite de ce jour... Saint- 
Mexandre d’Ecosse , fier de son antique exis- 


( *&>■ ) 

tence, plus fier encore de ses ouvriers nou- 
veaux, se releve avec orgueil et coinpte panii't 
ses membres, lesFF.*. de Valence, de Lacc- 
pede, Caleppio, Rcynier, Serruricr, Mares- 
chalchi, Carion de Nisas, Godeiroy de Latour 
d’Auvergne, enfin., tout ce qiCil j a de grand 
dans VEtat , et de vertueux pen 'mi Les citoyens 
paisiblcs , amis de l' ai t et de Vhumanite ... 
Vous n’avez pas oublie que la bienjaisance 
est la principale vertu des macons; que le but 
de notre reunion cst de secourir les homines 
et de laclier de les rendre meilleurs en les 
dirigeant dans le sender de la vertu. 

THORY. (Planche ties Trav.*. tie la R.\ M.\ L.\ Ee.\ 
de Saint-Alexandre d\Ecosse, in-4 de 30 pag., 5805.) 


Nous voulons reunir tous les bommes d’un 
esprit eclaire,demoeursdouceseLd’une humeur 
agreable, non-seulement pour l’amour des 
beaux-arts, niais encore plus par les grands 
principes de vertu , de science et de religion, 
ou l’interet de la confraternite devient celui 
du genre humain entier, ou toutes les nations 
peuvent puiser des connaissances solides et 
ou les sujels de lous les royaumes peuvent 


'( * 9 5 ) 

apprendre a sc cherir mutuellemenl sans re- 
noncer a leur palrie. 

LA. TIERCE. ( Ilistoire, obligation’! etstatuis de la T.\ V . \ 
confrerie des francs-maoons, in-12, 1742.) 


Propageons nos principes pour le bonheur 
de nos semblables; communiquons-leur cet 
esprit de Concorde, de bienveillance qui nous 
caracterise ; communiquons-leur surtout le 
sentiment d’indulgence qui nous fait pardon- 
nerdanslesautres les fai bl esses humainesaux- 
quelles nous sommes exposes nous-memes ; 
disons aux uns, oubliez les rnaux que vous 
avez eus ; disons aux autres, oubliez les maux 
que vous avez faits ; disons-leur a tous, vivez 
enjreres et alors vous serez veritablement 
-i egaux et libres . 

TROCILLE. (Eilraitdu proees-verbal de Tinslallalion 
dels L.*. de POcean fraricais, in-8, 5798, pag. 21.) 


II s’agit ici d’une societe clandestine , d’un 
corps particulier qui s’accroit journellement, 
qui subsiste depuis long-temps, que Ton soup- 
conne toujours, que Ton tourmente quelque- 
lois: une societe qui, dans le fond, a tout 

l l 


( *94 )• 

pour clle, lout contrc elle tlans la forme, dans 
laquelle on trouyerait peut-ctre le germe de 
toutes les autres ; dont les pratiques sonl ex- 
cellentes, les vues lionnStes, la doctrine juste, 
etqui semble destinde depuis plusieurs siecles 
a passer les liommes au crible des epreuves, 
pour choisir entre eux et partoutles bons ci- 
toyens , les plus fiddles sujets, les meilicurs 
pores, les epoux teudres, les amis vrais, les 
homines vertueux : Franche-maconnerie voila 
son nom 1 . 

Baron de TSCIIOUDY. ( Eloile flamboyanle, pag. 7 dn 
l er vol.) 

(l) Cet e'loge de la maconnerie est sans restriction, cl 
son auteur, le baron do Tschoudy, e’lail un Mar.*, des plus 
honorables ; mais , homme d’esprit , il voulul elre reforma- 
teur; el pour lui les « vrais macons n (p. 29) som les Ecos- 
sais de Saint- Andre d’Ecosse , el les Chevaliers de la Pales- 
tine , les « Ancelres, Peres, Auleurs des Macons i (p. 24). 
II allaque done avec les armes de la raison melees & celles 
de la satire, loutes les origines de la Mac.-, qui ne som 
point en harmonie avec celle qu’il cre’e ou adopie. Son ou- 
trage ( VEtoile jlamboyante 2 vol. plusieurs fois re’impri- 
mes), est boq a consuller, mais on ne doit en adopter les 
ide'es qu J avec une sage reserve, parce qu’il esl des esprils 
qui ont la maladie de loul desenchanter ce qu’ils ne font 
pas valoir. La maconnerie ne doil pas elre, son but moral 
exccple', reduite aux rigoureuses propositions malhdmali- 
ques.Une socie'le myslerieuse de.quelqucs milliers de siecles- 


( {'f}§ ) 


La maconnerie cst une societe d’hommes 
de tout age, de toute condition et de tout 
pays, qui sontassez amateurs de la vertu pour 
la clierclier toujours, assez courageux pour ne 
la trahir jamais, et assez lieureux pour la voir 
conslamment pratiquee par leurs veri tables 
freres. 

Maitres de vivre dans la religion ou ils sont 

ou dc quelquos centaines d’anne'es n’a point d’annales 
ccriles; etl’hisloire des peuples anciena, plus imporiante 
que celle des associations parliculicres, n’a ele e’crile que 
d’apres des monumens et des traditions plus ou moins con- 
leslahles. Comparez les dogmes et las usages de la macon- 
nerie avec les mysteres, dogmes ou e’preuves des anciens, 
etlaissez ensuile aux imaginations tout le champ qu’il leur 
plaira de parcourir. Vous aurez, il est vrai, des systemes 
extravagans , mais vous en aurez aussi d’ingenieux ; alors 
vous choisirez ou vous. coordonnerez. Si on a fahrique 
vingl histoires de la maconnerie, on a fabrique cent bis- 
toires des peuples du vieux temps. D’Hozier et ses prede- 
cesseurs sont les fabricaleurs de cent mille illustrations qui 
passent pour bonne noblesse. A.u surplus , le baron de 
Tscboudy se met en contradiction avec lui-meme en disant 
(page 29) , comme pour contirmer ce qui vient d’etre dil : 
a La maconnerie est une belle derivation ; elle offre un 
a systeme simple, ingenicux, que Ton peul suivre, qu’il faul 
o suivre ct pcrfectionner. d 


( >9 6 ) 

nes, obliges d’etre fideles a lcur pa trie, les en- 
gagemens qifils prennent cn se faisant ma- 
cons , ne les dispensent point des serinens 
qu ils out fails a lcur dieu et a leur souverain. 

GRIOT. (Lc Secret des francs-macons mis en evidence 
in-8 de 40 pag. Franclort, 1744.) 


Quelque anciennes que soient les institu^ 
tions philanthropiques, le temps se fait un de- 
voir de les respecter toutes les fois qu elles ont 
pour bases une morale epuree , une bienfai- 
sance inepuisable et une cliarite sans bornes ; 
telles sont les trois colonnes indestructibles 
sur lesquelles repose la maconnerie. 

VA.SSAZ. (G*.\ 0.*. de France, Saint-Jean d’ele , in-4, 
5823, pag. 3 — 4.) 


Les macons s’interdisent de s’occuper en 
loge de tout ce qui a rapport a la religion, et 
e’est autant par rapport a elle que par amour 
de la tranquillite. Ils comptent parmi eux des 
tlieologiens , mais tous les FF.*. ne le sont 
pas, et ils savent trop bien que e’est afeglise 
et aux assemblies de ses docteurs, qu’il ap-* 


( '97 ) 

parties l de traiter ces malieres ; que c’est a des 
missionnuires ardens pour Ics conversions, 
qu’il convient d’en entreprcndre. Pour eux, 
lidelement attaches a lour religion , dans leur 
logc iJs ne la prechent pas ; hors dc la loge 
ils tachent de ^observer. 

VERNIIES. (Apologia dcs Macons , etc., in-8 de 56 pag. 
Montpellier, 1821.) 


Ceux de vos FF.*. dont vous venez de re- 
compenser le zele en les admettant aux grades 
Aleves de la hierarchic maconuique, conside- 
rent cette nouvclle faveur comme un accrois- 
sement de devoirs, et ils s'efforceront de les 
remplir en contribuant de tous leurs moyens 
a la propagation d’un ordre qui n’a d’ennemis 
queceux de la raison etde la morale. 

VIENNET. (Brochure in-8 de 27 pag. , 5826.) 


Dans un morceau d’architecture improvi- 
se , le R.*. F.*. Yillaret-Joyeuse \ fait senlir 
«que Pimportance de ses functions l’avait 


(1) Ancien Ven. . de la L. •. de V Union, 0. *. de Lorienl ; 
.vice-amiral, capitaine-geDe'rahdc la Martinique. 


( ) 

« fail doutcr, pendant quelques instans , tie 
« pouvoir se rendre en cet O.*.; que i’enne- 
ic mi etant aux portes , il lui importc plus qu’a 
« aucun autre, pour le bonheur public , d’en 
« surveiller les mouvemens ; il invoque les 
« graces du G.’.A.*. de TUniv.’. pour la gloire 
« de l'ordre et de la loge.*., la prospdritd de 
« l’6tat et de la colonie ; il rend hommage a la 
<c valeur, ala sagesse, etaux vuesbienfaisantes 
« du h&'osqui gouverne la France; ilranime, il 
« rechauffe le zele des FF.*. qu’il invite a le 
« seconder dans les importantes fonctions de 
« sa charge; il leur recommande avec ^nergie 
« l’entretien du feu sacr£, l’amour de la pa- 
te trie; il leur rappelle que le mac.’. £difie, 
« la truelle d’une main et l’dpde de l’autre ; et 
ccrendant justice a leurs sentimens et aux 
« motifs qui les ont dirig^s dans 1’^tablisse- 
« ment de leur temple , il les compare a une 
tf phalange sacr^e, placee au poste avanc£ dc 
t< l’honneur, toujours prete a se montrer pour 
k le salut de l’empire et celui de File. » 

Yice-amiral VILLARET - JOYEUSE. (Elat du G.\ O.’. 
de France, 5804, ler vol. de la reprise, 4° parlie, 
p. 382 — 383.) 


( l W ) 


Nous formons, 111. - . Soeurs, la L.'. Belle 
et Bonne : le premier Li Ire vous appartient 
exclusivement ; je desire partager avec vous le 
second : nous le justifierons en nous occupant 
ensemble du soulagement defi* jeunes prison- 
nieres ; nous ferons pnrticiper aux bienfaits de 
Fenseignement mutuel de jeunes infortunees; 
nous ne verrons enfin qu’un seul but dans no- 
ire association, la bienfaisance et Finstruc- 
tion de la classe indigente. 

Madame la marquise de VILLETTE, (Bibliotheque ma- 
connique , etc. 1 8 1 8 , Lome 1, p.473 — 474.) 


Puisque vous voulez que ces gants 1 soient 

(1) Dans lea commencemens de l’exercice de la macon- 
nerie en France, on ne recevait pas de dames en logej mais 
alin de leur preuver le respect el le souvenir des F. ■. M, \ , 
on remettait a chaque nouvel initie line paire de gants blancs 
pour la femme qu’il estimait le plus c’titait ordinairement 
sa mere , sa femme ou sa sceur. Cct usage s'est conserve 
meme depuis retablissemcnt desloges d’adoption, institutes 
pn Thonneur des dames, 


( 200 ) 

le gngc d’une affection pure et fondee sur l'cs* 
time, je les donne a belle et bonne 1 . 

VOLTAIRE. ( Yoy. Ia Maconnerie , poeme , notfcs 
p. 223 ; et Ia Bibliotheque maconnique , t. 1. ) 


C’est'en vain.que les prejuges , monstrueux 
enfans de la stupide ignorance , ont essaye 
de renverser la maconnerie ; les portes de 
Venfer ne prdvaudront jamais contre elle. 
Marchant toujours d’un pas egal et ferme, 
cette belle institution a su resister a toutes les 
attaques , et aux persecutions memes ; elle 
a survecu au bouleversement des empires; 
rien n’a pu retarder ses progres. II est de son 
essence de durer tant qu’il y aura des socie- 
tes d’hommes , et c’est lui predire une duree 
egale a celle du monde ; elle subsistera tou- 
jours, parce qu’elle tend a conserver les lu- 
mieres ; quelle excite a l’etude des arts, a 
celle de la saine philosophic , et a la pratique 
de toutes les vertus sociales. 

VUILLAUME (L’OrateurFrunc-Macon , e\. c. , Paris, uu 
vol. in-8, 1823, p. 465.) 

(l) Sa niece, madame la marquise de Villelie. 


( 201 ) 


Notre ordre a eu ses detracteurs. Quelle est 
l’institution humaine qui.n’en a pas cu? Mais 
qu’il est facile de repondre aux attaques qu’on 
nous porte par un Jait simple et avoue meme 
par nos ennemis! Notre existence, si notre 
institution etait dangereuse pour la societe, 
pour les moeurs, pour la religion, existerait- 
elle depuis tant de siecles? Non, DieU ne 
punit pas ainsi l’humanite ; quelquefois i] 
permet que des fleaux nous fassent implorer 
sa bonte paternelle , mais ils ne sont que pas- 
sages: la certitude de leur peu de duree fait 
que nous les supportons avec courage .,. 1 Vous 
qui osez vous elever contre une societe ver- 

(1) Ce langage d’un Maf.-. etranger est remarquable. 
11 prouve la parfaite harmonie qui existe entre tous les 
FF.'. a quelque nation quails appartiennent. On a souvent 
accuse les Francais de porter, dans Vexercice de la maron- 
nene , seuls ou en societe avec leurs FF.\ de pays difie- 
rens, la legerete , la frivolite qu’ils metteut dans leurs af- 
ftires publiques ou privees, et dans leurs plaisirs. Si le fait 
etait vrai les Mac.-, etrangers ne se plairaient pas avec eux. 
et il est certain qu’une foulc de FF.-. de divers climats ont 
londe des At.-, a Paris, ou se sont afGlies aux Joges de la 
capitale. La loge de la Reunion des Etrangers , par la dis- 
persion de ses membres, p cesse ses Tray.-. depuis la 


( 202 ) 

Lueuse, devencz nos FF.*.; vous avcz sans 
doule vu verscr les larnies do malheur el do 
Pindigence : c’est dans nos LL.*., c’esl choz 
les mac.*, que vons dechirez , quo vous ver- 
rez verse r cello du bonlieur el de la recon- 
naissance. 

WALTRRSTORFF. (Plunclio a tracer tie Pinatiguration 
do la logo do la Jicunion des Etrangcrs, in-8 de 86 p., 
5785, p. 31 — 32.) 

• 

restanralion du gouvernemenl royal, en 1814, Si on ce 
moment les elrangers n’onL pas de loges speciales a Paris , 
il y a des loges qu’ils affectionnenl parliculicrement , et 
nous citcrons enlre autros , pour les Anglais , celle des 
Bmules d’Harpocratc. 


( 205 ) 


AUTEURS 

FRANCS-MAgONS. 

POETES. 


Minerve me voit et m’appelle : 

Prends cc code offert a tes vceux ; 

En le suivant , dit l’immortelle , 

Tu connailras Part d’&tre heureux 

J’ouvre etlis : Ordre maconniqtje! 

Remontant des peuples aux rois , 

La base de cetordre antique 
Repose sur celle des Iois. 

G’est la que par goftt , par system e , 

On suit de la raison supreme 
Les principes universels ; 

Des mceurs on y donne l’exemple ; 

Enfin , chaque loge est un temple , 

Ou les vertus ont des autels. 

ALISSAN DE CHAZET. (Fragment d’ode. Hermes, 
5819 , vol. 2 , p. 89-90. -) 


( 2o4 ) 


Uni par les noeuds Ies plus doux , 
Hcureux qui fut pendant sa vie 
Le compagnon d’unc epouse cherie , 
Ma^on bien pur , bon pere et bon epoux 
II voit a son heure dernierc 
Gouler Ies pleurs du sentiment ; 

Le bonheur Iuit , m6me au fatal moment , 
Quand on a connu la lumier v. 

ANTIGNAC. ( Lyre maconnique , 5809. ) 


Jean est le patron des masons i 
De plus il en est le modele ; 

En suivant toutes ses lemons , 

Ses traces , ses vertus , son zele , 

Nous irons au sejour divin , 

Tout en chantaut dans le chemin : 

Fetons , fetons Jean , puisqu’enfin il nous appelle. 

D’ARMANCOURT. ( Reunion des deux G.*. 0.*. de 
France , in-8 de 100 p. , an 7 , 1799. ) 


Pour rencontrer de bonnes gens , 
Ne donnant que de bons exemples , 




( 2 o5 ) 

Accucillnn t tous les indigens , 

Si I’on ne vient pas dans vos temples . 
Parmi les humains confondus , 

On ne fait plus 
Qnc pas perdus. 

ARMAND-GOl'FFE. ( Lyre maconnique , 5809. ) 


A tout macon donnons Pexemple 
Par notre travail assidu ; 

Que les bases de noire temple 
Soient le travail el la vertu : 

Du malheureux , par des soins salutaires , 
TAclions d’adoucir le deslin ; 

Sans cesse enfin iravaillons tous , mes freres , 
Pour le bonheur du genre humain. 

ARMAND-SKVILLE. ( Lyre mac.*., 5813-5814. ) 


Les premiers pas qu’il fit dans noire temple 
Enflammerent sa noble ardeur ; 

Aux compagnons sans doute il eut servi d’exemple. 
Trop vain espoir! De sinistres destins 
L’emportent sur des bords loin tains : 

La mort 1 aliendait au rivagc. 
lei que Parbre mysterieux 

i 8 


( aoG ) 

Dont un vent cnnemi , de sa tige cnvieux, 

Vient desst'cher le seduisant ombrage ; 

**** Voit ses jours se fletrir : 

II meurt , et son ame attendrie , 

Rappclle encor dans son dernier soupir 
Et sa famille ct sa patrie. 

D’ARNAUD-BACCULAUD. ( Fragment d'elegie , Miroir 
de la Verite , 5801 , 2c vol. , p. 344-34 5. ) 


Le profane dans sa carrie re , 

Au tcrme court aveuglement. 

L’homme qui recoit la lumiere 
S’avance au but tranquillement. 

Du destin bravant ia colere , 

Si le malheur vient I’assailiir, 

Pour le defendre et 1’accueillir 
A chaque pas il trouve un frerc. 

Hectoh d’ADNAY. ( Planche de la seance d’mslallalion 
des offi.*. dig.*, de la L.\ de Sainte-Caroline, in-8, 

1818, p. 18.) 

Profanes , qui de nos mys teres 
Ignorez les regies aus teres , 
fetes-vous medians ou jaloux ? 

£loignez-vous ! 


( ' lo l ) 

Mais vous pour qui la bienfaisancc 
Est la premiere jouissance , 

Merae en secourant des ingrats 
Ne vou6 eloignez pas ! 

AZE. ( Chansonnicr maf.*. et prof.*. , in-18, 1822. ) 


Di sovrumana luce , 

Qual limpido lorrente 
Investe EOriente 
Di nitido fulgor ! 

Dal ciel ver noi discende , 

Cinto di bel splendore , 

L’eccelso prolettore 
De 1 franchi m ura tor I 

O fortunato giorno ! 

Di gioja inonda il cor. 

Quel eclatant torrent d’une Iumiere divine a rem- 
pli POrientde sa resplendissante clarte ! 

Le puissant protecteur des masons ( Saint- Jean ) 
descend du ciel vers nous , environne d’une splen- 
deur radieuse. 

0 jour fortune! tu inondesnos cceursd’allegresse ! 

Paroles du F.\ UALOCCUl , musique du F.*. Pelle- 
giuki. (G.\ 0.*. dc France, Saim-Jean d’hiver y 
in-4, 5819 , p. 27. ) 


( '-w 8 ) 


Sole la Is fra nra us , I naves guerriers , 

Soycz maeons dans voire ronde ; 

Aux camps , sur la lerre cl sur Ponde, 

Pa r lou l creezdes aleliers : 

Le nombre des bons ouvriers 
Peul amener la paix du monde. 

BALZAC, ( Precis hislorique de la line doimee an 
prince Cambaceres en qualije de Q.\ M.\ du rile 
Ec.\ philosophique , in-8 de 40 p. , 1807. ) 


Le nombre cinq est en ces lieux 
Le nombre qu’on prefere ; 

Oui , mes soeurs , il offre a mes yeux 
Une Iecon bien chere : 

II dil en ce temple divin , 

Ou c^indeur nous rassemble : 
Comme les cinq doigls de la main 
Soyons unis ensemble. 

BARRL. ( Lyre maconnique , 5809. ) 


Je me suis relire plein d’espoir el d’ivresse 
A TOrientdes francs-macons. 


( 20 9 ) 

Lnj’ai trouve Findependanee , 

Le vrai merite , les talens ; 

De la liberie sans licence , 

De la lierle sans insolence 
Des esprils eclaires el des coeurs excellens. 

La , j’ai vu , sous le litre d’homme , 

Unis , enlaces , confondus , 

Le ministre puissant , le heros qu’on renomme , 

Et l’obscur ciloyen qui n’a que des verlus ! 

Enfin , la, j’ai trouve la douce tolerance , 

Et cette aimable insouciance 
Qui sans jamais envier les grandeurs , 

Resserre les liens et porte dans les coeurs 
Ce saint amour du vrai , ces bienfaisanles flammes , 
Ce noble elan des grandes ames , 

Et prouve que chez les Frangais , 

Malgrc les sots jaloux , ne s’eteindront jamais 
L’amitic , la philosophie , 

Le devoument fidele au prince, a la patrie , 

Et cette inalterable et brillante gaite, 

Compagne de la liberie 
Et soeur de la magonnerie , 

Qui de refrains joyeux ornant la verite , 

Altache les grelots de Paimable lolie 
Au niveau de l’egalite. 

HOUILLY. ( G. 1 . O.-. tic Prance, 5aiiil-Jcan- cTcle % 
5824 , in-4 , p. 32-33. ) 


( 210 ) 


Chez nous I’equerre a la main 
Tout liomme a I’homme cat semblablc , 

Le sujet , Ie souvcrain 
Chantent a In memo table. 

Par cinq fois melons nos voix , 

Par cinq fois trinquons ensemble , 

Et soyons heureux cinq fois 
Du plaisir qui nous rassemble. 

Frederic BOURGUIGNON. ( Lyre maconnique , 5811.) 


Je vais couter la memorable fete , 

Ce jour brillant , ce jour digne des dieux, 

Ou de Venus accomplissant Ies vceux , 

Les francs -masons en firent la conquete. 

Je vais narrer , comment dans ce grand jour , 

Une deesse, objet de notre amour , 

Mit dans ses mains Ie compas et I’equerre » 

Du tablier decora ses appas , 

Et par trois fois nous pressa dans ses bras , 

Quand ses beaux yeux re^urent la lumifrre. 

J. L. BRAD. ( Les Macons a Cylhere’, poeme in*i8 . 
1813. ) 

(l) Petit ouvrage agre'able , asscz souvent inge'nieux , 
mais a la Dorat , a la Demoustier : de Fespril, de la fadeur, 
le sentiment quintessence, lous les usages mac.', rimes et 
delayes dans un volume de 216 pages 1 Quelle in trepidile 1. 


( 211 ) 


S’il faut seulement fairc un pas 
Pour obligor dans cctte ville , 

Bien des gens ne Ie feraient pas ; 
Mais quand il s’agit d’etre utile , 
Pour courir par -vaux et par monts , 
N’y a qu’Ies magons. 

BRAZIER. ( Lyre maconnique , 58 1 1. ) 


Que d’autres c&ebrentBellone , 

Qu’ils cliantent TAmour ou Plutus ^ 
Franc-Magon , j ’off re la oouronne 
Aux coeurs bienfaisans , aux vertus. 

Douce et noble pliilantliropie , 

Reveille ma lyre assoupie , 

Inspire-moi des sons touclians : 

Une juste reconnaissance 
Les consacre & Iabienfaisance > 

Tu dois moduler ses accens. 

BURGAUD. ( Annales maconniques , 5807 , vol. ti. ) 


Pour obtenir un grand secret 
Dans notre temple , cliaque frere 
Fait Ie sermenl dAtre discret : 
Souvenl ce serment coute & faire l 


( 2.2 ) 

Sceurs trop aimables dilcs-nous , 

Le seciet de toujours \ous plaire , 

Et dans l’instant , a vos genoux , 

Nous allons jurer de nous taire. 

C. L. CADET-GASSICOURT. (Lyre macomiique, 1 809.) 


Sans craintc descends cliez les morls ; 

Dans le sein de la paix ton ame pure et fiere , 

Doit, comme dans nos coeurs, trouverson sanctuairc. . 
Adieu... Le front serein , approclie de Caron , 

De ce guide cruel... qui doit 6tre le n6tre ! 

Dis-lui lout Las : je suismagon... 

Tu passeras plutot qu’un autre !. . . 

CAPELLE. (Proces-verbal de la lele funebre donnea 
par les LL.‘. de Themis el de ITJnion reunies en me- 
moiie d» F/. Sagnier, avocal. Off.'. duG.'. 0,\ de 
France, in-3 de 28 pages, 58o9.) 


Amis , c’est ici le sejour 
De la paix et de la eoncorde , 
Cliez les profanes chaque jour 
Nous \oyons regner la discorde. 
Jusque dans leurs repas 
Avec cux siege, helas ! 

La mordante critique. 


( ) 

Oh ! c’esl qu’ils ne connaissent pas 
Le pave mosai'que. 

ilELion CHAUSSIER. (Lyre man.*., 5 911.) 


J’ai vu des liommes respectables, 

Vertueux sans.austerite , 

A l’infortune secourablrs, 

Aimant , chercliant la verite. 

Vers eux , leurs manieres affables 
M’attiraient comme un talisman ; 

Amis, ces mortds estimables 
Sont les disciples de Sainl-Jean. 

CHEVALIER-SAIN F-AMAIND. (Commandcurs du Tem- 
ple du Monl-Thabor. Paris, in-8, 58o9, pag. 97.) 


Fortune , tu peux m’oublier ; 

Que me font tes largesses ? 

Je prefere mon tablier 
A toutes tes ricbesses. 

Garde tes faveurs ; 

Souvent tes grandeurs - 
Empoisonnent la vie. 

Amis, sous les cieux 
Rien ne rend heureux 
Que la maconnerie. 

CONDORCET. {Lyre mar.onnique^ 5809. Cpuplci d’une 
chanson aurilmce a ) 


( a *4 ) 


Par nos lois , d’un antique usage , 

L’avare devient bienfaisant ; 

L’indiscret change , devient sage 
Et ne traliit plus son serment. 

Sur riionneur tout ma^on se fonde, 

Lui seul preside a nos leqons : 

Combien de gens dans ce bas monde 
Qui devraient se faire maqons. 

COUPART. (Annales maconniques. 5807, vol. icr.) 


Bieu crea les liommes egaux , 

Sujets aux biens , sujets aux maux ; 

Le sort qui veut que je prospere 
Accable mon frere , 

Je plains sa misere , 

Ceque j’ai nous le partageons : 

V’la 1’secret des fra ncs-m aeons. 

Lecliev. COUPE DE SAINT-DON AT. (lyre macon, 
nique , 1811. ) 

Partout le maqon trouve un frere , 

To u jours pr£t a le soul age x. 

Est-il un seul coin de la terre 
Ou le maqon soit etranger? 


( *.5 ) 

Des bords du couchattt a Paurore , 

Dc la ligne aux plus froids cl i mats , 

Sur POrenoque et le Bosphore , 

Amitie, tu lui lends les bras. 

CROUZET. (ftlereL.*. Ecogs.*. de France, 2e fete de 
Pordre. Paris, 5803, in-8 da 3o pag.) 


Pour jouir d’une paix eternelle et profonde , 
L’Orient de Paris devrait rogir le monde. 

Nous detestons la guerre et nous aimons les rois , 
Qui sont soumis eux-meme a Pempire des lois. 
Salomon, notre pere , en a donnd Pexemple, 

Et nous Pimiterons , nous sommes dans son temple. 
Profanes , ecoulez nos sublimes lemons , 

Nous sommes vertueux , car nous sommes maqons. 

Le cheT. de CUBIERES. ( Pompe funebre, etc., in-8. 
Imprimerie de Breton , 1809, pag. 45.) 

Comme on voit le matin la diligente abeille , 

Quand par son doux eclat Paurore la reveille , 

Pour composer son miel voler de fleurs en fleurs 
Et des dons du printemps recueillir les douceurs , 
Faire un utile choix de ceux que la nature 
Entretient par les sues d’une substance pure , 

Qu’on ne la voit jamais s’abuser follemenl , 

Et sur les aconits voler imprudemment ; 


Ainsi lc frano-macon , A la raison docile 
Doit connaitre le bien solidement utile , 

Fuir sagement le faux ou l'appelle Terreur, 

Et des fleurs qu’il pr<*sente £viter la vapour' . 

DELISLE. (Fragment de ppome, Miroir d? It r Vrrih- , 
5801 , pag. 144.) 


Le profane rit ici-bas 
De la ma^onnerie : 

Hire de ce qu’on ne sait pas 
C’est signe d’Ancrie ; 

En vrai ma^on de ces Midas 
Souffrez done qnc je rie : 
Persifflons les cen sours , 

Les rieurs 
De la maconnerie. 

DELORME, ( Lyre maconnique, 5809.) 


Petite maison bien pleine 
D’un petit norabre d^lus , 
£(ait le joyeux domaine 
Que Socrate aimait le plus; 
Et cet excellent usage 
Qu’il faisait de sa maison , 

(l) Iilde heurcuse 5 mais vers negliges. 


( ' 2I 7 ) • 

Nous prouve que ce sage 
Futjadis franc-ma^on. 

PliSAUGlERS. ( Lyre maeonnique , 5811.) 


Faire le bien cst notre ioi constante ; 
C’est le seul but de notre doux lien ; 

Or cliaque fois qu’a votre ame indulgente 
L’occasion , clieres sceurs , se presente , 
Faites le bien [bis). 

Le mewe. (Lyre maronnique , 5812.) 


Mes freres , ouvrez vos oreilles , 

Je m’en vais vous faire un sermon ; 
II passera les sept merveilles : 

II est tire de Salomon. 

Le moment parait favorable : 

A. le choisir je suis expert ; 

Car tout liomme qui pr&die a table , 
Ne prdche pas dans le desert. 

DESGRANGES. ( Lyre maconnique, 5809.) 


Plus hardi • je franchis Pespace , 
J’aper^ois Pimmortelle main , 


( - MS ) 

Qui tlu chaos rompanl la masse, 

Kn Tail jaillir le genre liumain. 

Or, d’apres noire loi premiere, 

Dien. cr&inl le premier rayon , 

A vu 1c premier la lumiere... 

11 csl done le premier maeon. 

D1EULA.FOY. (Elat du G.\ 0.\ tic France, 58o-l 
ier vnl. tie la reprise, 3e panic, pag. 149 — 1 5o.) 


0 tie l’egalile mystique sancluaire 
Ou viennenl expirer les grandeurs de la lerre , 

Sainls parvis, couvrez-vous des cmblemes du deuil; 
Eclipsez vos lueurs , eclainnles eloiles; 

Tenebres, etendez vos pacifiques voiles ; 

Parlums religieux , brulez sur tin cercueil. . . 

Adok Hiram n’est plus ; de son immense cliaine 
L’arl royal a perdu son plus puissant aniieau ; 

Des Ills de Salomon, 6 noble el sainle reine, 

II n J esl plus le pasleurde ton nombreux Iroupeau , 
Le plus illuslre appui de noire republique ! 

Ab ! du moins revelons son zele el ses bien fails , 
D’un fralerncl amour, in faillibles errels... 

nO> T OFV-DFFRE. (G.\ O.*. tic France, pompe funi- 
Prc tlu mareohal IieurnonvHta , l er G.\ M.\ Atlj. 1 
de l’orilrfi mac. ^ iu- 4 . 1821, pag- 24. ) 


( '^) )~ 

De t’es beaux licux, scours Irop rharmaules , 
Qui de vo us obliendra le prix ? 

Au memo degrc sod ui sanies , 

Vous cnehamez Foci I indecis ! ’ 

Esprit, gahc, graces , dccencc., 

Dans quel cmbarras nous voila ! 

A I trails par— d , charmes par-la 
Tiennent lous nos occurs en balance ; 

Fiore est ici , Venus esl la ; 

Ma foi choisisse qui pourra. 

DOR AT. (Lyre maconnique, 5 8 i 3 — 6HM.) 


Astro du jour, prive-nous de tes feux; 

Zephyrs, interrompez vos jeux ; 

Gessez de parler a la rose 
Le doux Iangage des plaisirs ; 

A nos pleurs melez vos soupirs, 

D’un sommeil ctcrnel sccur Adele repose 1 . 

M mc DUFRES1NOY. ( Hermes, lc r vol. , 5 8 1 8 , p. G9. ) 


Qu’un profane nous critique 
Et blame nos doux travaux , 

Adelaide Girousl nee d’Elmillat , grande liospi- 
laliere-auinoniere du Chap.'S des commandeurs du Monl- 
Thabor . val. *. de Paris. 


( 220 ) 

Eh le narguant, je mastique 
Et meprise ses propos. 

S’il cherche a percer nos voiles , 
Je veux, Famenant ici , 

Lui faire voir des etoiles 
Quoiqu’on soit en plein midi. 

1) UMARS AN. (Lyro maconnique , 5811.) 


Dans nos banquets , clier venerable , 
Je sais qu’un toast est de rigueur j 
Je boirai done au cercle aimable 
Qui charme ici Feed et le cceur. 

Puis, peignant mes veeux et le v6tro , 
Par cet autre toast je finis : 

Puissent bient6td’un p61e a Fautre , 
Comme nous les cceurs etre unis ! 

DUMOLARD. (Aonales maconniques, 58 10.) 


Aussit6t Fon ouvrit et VHarmonie entra 
Maillet battant , comme reine du temple , 

On la recoit; elle conlemple , 

Des le premier abord , ce doux nceud d’amitie 
Par lequel tout macon a son frere est lie. 

(l) I'Harmonie , conle ma^opnique. 


( T21 h 

Sur sou voisin , la, nul neeherche a mordie ; 

Point d’orgueil , point d’envie : on y voit le tableau 
Le plus parfait de la paix , du bon ordre ; 

On s’y croirait enfin dans un monde nouveau. 

Emmanuel DUPATY. ( Hermes, ale. , 5818 , l er vol., 
pag. 132.) 

Des feux de l’Orienl l’eclalante lumiere 
Yient frapper mes regards , sans eblouir mes yeux. 
Les rayons lemperes dont l’Occident s eclaire, 
Embleme d’un beau jour qui finit sa carriere, 

Offrent a mes esprits ce moment precieux 
Ou l’li om me , depouillant sa penible existence , 

Dans le sein de son Dieu cherche sa recompense , 

Et meurt , en vrai macon , tranquille et vertueux. 

DUSAJUSOIR. (Etat du G.‘. O.*. de France, 1777, 
ler vol,, 3 B partie , pag. 61.) 

Mais parmi nous quel eclat brille! 

Quel changement dans ces climats ! 

Les graces sont de la famille, 

Et les plaisirs suivent nos pas. 

Yoyez combien sous cet ombrage 
Le jardin reunit de soeurs , 
fimaille d’aussi belles fleurs , 

Peut-il etre orne davantage ? 

ETIENNE et DESCHAMPS. (Loge imperiale des Francs- 
Chevaliers, in-8 de 24 pag., 1805. ) 

■ b 


( ^ ) 


.Honneur a In maconneric ! 

Aux cceurs bien nes scs nctudssoiH cliers ; 
Par elle une mdmc pa trie 
Reuni i vingt peuples divers. 

Gomme une etincelle electriquc, 

Ghaque jour le feu maconnique, 

Ge feu que nous entrclciions 
Depuis les rives de la Seine 


Jusqu’a la terre americaine, 

I arcouri la chaine des macons. 

H. FLACON-ROCIIELLE. ( Lyre maconnique, 5809. 
strophe d’une ode. ) 


G est a I’ordre des francs -macons, 

Que, dans sa sagesse profonde, 

Le ciel adressa ses lemons 
Pour assurer la paix du monde. 

Du flambeau de la verite 
Eel a irons les deux hemispheres j 
De I’amour de la liberie 
Embrasous le coeur de nos freres. 

FORES HER. (Le banquet mac.-., in-18, 1820. ) 


( ’XU ) 


Dans cct agrcable reduit, 

Doin des profanes et du bruit, 

L’uniitic nous rassemble,* >? 

Sans g6ne, chagrin ni souci, 

Mes freres, livrons-nous id 
An bonheur d’etre ensemble ; 

Et dans noire commun transport, 

Dour signe d’un parfail accord , 

Faisons lous feu, 

Faisons tous bon. feu 
Le vrai feu maconnique. 

A V oltaire pour sa reception. 

Comblc d’honneurs elde renom, 

Voltaire , le plus beau fleuron 
Manquait a ta couronnc. 

Tu voulus te rendre macon, 

Et relevant par ce beau noni 
L’eclat qui t’environne, 

Malgre ton age el tes censeurs 
Gouter les plaisirs enchanteursj 
De faire feu, etc. 

GARN1ER. ( Elat du G, •. 0. ■. de France, 1 77i).*2e r ■ < 
tie ) pag. 72-75. ) 


( aa -l ) 


On dispute a la ronde , 

Chez les masons qu’on fronde 
Rien no trouble jamais 
La paix. 

S’aimer sur cette terre , 

Sur cette terre ou nous passons, 

Voila, voila, j’espere, 

Ce que font les maqons. 

Une triste victime 
Que le destin opprimc, 

A-t-elle a nos secours 
Recours-j 
Offrira sa misere 
Son coeur, sa bourse et sa maison , 
Voila, voila , j’espere, 

Ce que font les maqons. 
p. GENTIL. (Le Banquet mac.-., in-1 8, 1820.) 


Pourquoi jadis Catulle, Horace, 

L’un si gai, l’autre si gaillard; 

A leur exemple et sur leur trace , 
Pourquoi Chaulieu, pourquoi Panard 
Nommaient- ils ce jus le nectar ? 

C’est qu’il enflamme le genie , 


FI '■cliit les rigaeurs d’une amie ; 

Que du sommet tie P1I el icon ; ■ 

Jusqu’au boudoir d’une Delie , 

II fait d’un bon et gai macon 
Le successeur d’Anacreon. 

GLA.NDAZ . (Logo de Themis, Paris, 5813, in-8 dc 43 
pages.) 


Pour uous former a la vertu 
La mdmc loge nous rassemble, 

De nous Porgueil est inconnu ; 

Partout nous travaillons ensemble : 

Gliacun Pun a Pautre est lie ; 

Aussi dans ce vaste hemisphere , 

Le sentiment de Pamitie 
Garacterise cliaque frere. 

GRENIER'. ( Code re'creaiif des francs-macons, 1 xol. 
in-18, 5807. ) 

0 toi, fdle du temps et de Pailegorie, 

Reine de Punivers , sage Maconnerie, 

Qui, debout, au milieu des hommes vertueux , 

Fixes sur Jeliova ton oeil respectueux, 

Fais passer dans mes vers le precepte et Pimage 
Des eternelles lois a qui tu rends liommage. 

Viens, que PenLliousiasme et ses transports pressans 


( 2 * 6 ') 

Lum d uu globe de lange egarent mes accent; 

^ icns, tenant dans la main, conmio im noble Lrophee, 
La harpc de Moisc ct la lyre d’Orphee. 

Si % irgilc aulrelois, admis a tes secrets , 

Osa les iaire entendre en ses vers indiscrets , 

Si, prenanl tout a coup une route inconmic, 

De cygne il devinl aigle, el plana sur la nue , 

Loisque sa voix altiere inslruisant les humains , 
Appclaitsous tes Iois les farouclies Remains, 
i ermets que ton elevc imite son audace, 

Ll 1c suive de loin en adorant sa trace! 

Souffrequ un seul rayon de ton flambeau vainqueur 
Du profane surpris aillc eclaircr lc cccur. 

Tes dogmes, sans sorlir de la nuit du my store, 
Laisseront cnlrevoir leur effet salutaire, 

Et ton nocud mieux connu, tes sublimes Iccons , 
Feront au monde entier respecter les Macons. 

de D... ( La Maconnerie, poeme en 3 chants, 1 \. 
in-8, 1820. ier c hanl. ) 


Sortez profane. — Quoi? chasse, 
Prenez garde a ce que vous faites , 
C’esL I’Amourque vous renvoyez. 

— Ailleurs nous tombons a vos pieds ; 
Mais dans ces auguslcs retraites 
Nous n’adorons que votre socur : 

Cest ici son unique asile. 


Sorlez... de son rugne I rn nrjuille 
Vos I'eux. troubleraienl la douceur 
— ; -fniliez-moi, je vousjure * 

De respecter vos sages lots. 

— L 5 Amour esl aisemenl parjure. 

— Je suis sans a lie, sans carquois. 

— Vous u’en etes pas plus sincere ; 

PuyCz done, el de noire pari, 

Donnez ces ganls 4 voire mere.' 

Cel hommagevtenl un peu lard; 

Mais n’imporle, je vous pardonne 
Vous eles sages el prudens 
Cl la maconnerie esl bonne 
Puisque Venus en a lesganls. 

GldCHAbD - ( Fragment de L 1 Amour macon , conic. ) 


u L’amour a recu la lumiere. 

« Je prelends aussi , dil Bacchus , 

« Des francs-macons elre le frere : 
it Je vaux bien le fils de Venus! 

« L’Amo.ur inspire la trisiesse ; 

« Le vin nous rends gais el conlens. 
ct On n’aime que dans la jeunesse ; 

(c On peut boire dans lous les temps. » 

Couplet dun<* autre chanson. 

Ales secure, en die reliant a vous plaire, 
Peul-elre Tauleur vous deplail; 


( 228 ) 

Mais dc grace encore un couplet 
Pour notre recipiendaire. 

Qui merite mieux dans ce jour 
Les hommages de chaque frere ? 

Les yeux voiles , c’ctait P Amour ; 

Sans bandeau {bis.), c’est sa mere. 

J. A. JACQLJELIN. ( Le chansonnier franc-macon 1, 
in-8, 5816. 


Un censeur atrabilaire 
Se decliaine contre nous ; 

S’il recevait la lumiere 
II partagerait nos gouts. 

11 ne faut a ce maussade , 

Pour le guerir de son spleen , 

Qu’un tour de promenade 
Dans le jardin d 'Eden. 

Etienne JOLJRDAN. (Lyre maconnique , 5811. ) 


A ces noms 3 le marbre s’anime, 

Du feu du genie enllamme ; 

(1) De bonnes et spiriluelles chansons, mais en petit 
nombre, dans un volume de si* feuillcs d’imprcssion. 

(2) Belle rt Bonne. Vo y. les noms Volinii'c el rillette . 


( 5 - 2 9 ) 

De Voltaire Tombre sublime * 

Revolt ce qu’il a tant aime. 

Hon , sa cendre n’est point eteinte , 

II respire dans celtc enceinte ,■ 

Voltaire est present en ces lieux ; 

Et fideles a sa memoire , 

L’amour, la liberte , la gloire , 

Le montrent vivant a nos yeux. 

JOUY. ( Biblotheque m aco unique , etc., 1818, lomc 
p. 1 9 5.) 

Hon, ce n’est point d’un feu sterile 
Que bride le cceur du ma^on ; 

Et dans cet art pour etre habile 
He suffit-il pas d’etre bon ? 

La justice , la bienfaisance , 

L’ amour , l’amitie , 1’ indulgence , 

Voila nos lois , voila nos dieux. 

Profane , vois ton injustice : 

Des masons tudeviens complice 
Si tu sais faire des heureux. 

LABILE, (Installalion de la L.*. du Centre 
Amis , in-8 de 30 p. , 1797.) 


Au seul nom de l’illustre frerc, 
Tout ma^on triomphe aujourd’hui ; 


( J.30 ) 

II recoil do nous la Iumierc; 

Lc monde la re<;oiL de lui. 

I A DIXMERIE. ( Impromptu faiL pendant In reception 
tie Voltaire Jans la L.\ tics NeufSccurs.) 


Au meme centre reunis , 

Tarlageant l’eclat dont il brille, 

Les macons de Lous les pays 
Ne font qu’une seule famille. 

Le baron LAGARDE. ( G.*. O.*. de France, Saint, 
Jean d’hiver , 580 7. ) 


Nous ornons d’une fleur nouvelle 
Epicure ainsi que Zenon , 

Et Jes graces ont leur chapelle 
Bans le temple de la raison. 

Mais tout en jouant sur leurs traces 
Nous savons craindre les abus ; 

Et nous ne caressons les graces 
Que sur les genoux des vertus. 

PniLirroN de LX MADELEINE. ( Lyre mac.* , 
58n. ) 


( - 3 . ) 


Fre res et compagnons 
De la maconnerie, 

Sans chagrin jouissons 
Des plaisirs de la vie : 

.Munis d’un rouge-bord 
Que par trois fois le signal de nos verres , 

Soit une preuve que d’accord , 

Nous buvons & nos freres. 

Joignons-nous main en main , 

Tenons-nous ferme ensemble ; 

Rendons grace au destin 
Du nceud qui nous rassemble ; 

Etsoyons assures 

Qu’il ne se boit sur les deux hemispheres , 

Point de plus illustres sanies 
Que les santes des freres. 

De LA1NSA. ( Couplets du cantique des Arr.*. , adopte 
ge'ne'ralement par les loges. ) 


Ses freres vertueux sur le peuple macon 
Vont repandre un torrent de la pure lumiere 
Qu’ils tirent des foyers de 1’antique Hcrodom , 
Pour eclairer nos pas dans la noble carriere > 


( 25 * ) 

Ou , sous l’oeil bicnfaisanl de la divinile , 

Brillent force , sagesse et tendre charite : 

le ciel secondant nos efforts I eg dunes ; 

Nous saurons y construire en pleine liberte, 

Des temples aux verlus et des cachols aux crimes. 

Lg general LASALLE. (Fragment. L.-. Ec.\ de Saint- 
Napoleon , brocli. de 47 pag., 5805.) 


Helas l quelle regie severe I 
Quoi! chasser un dieu si charmanl' I 
Prendre les noms de sceu?', de/rn-e, 

Au lieu de maitresse et d’amant! 

II faut pourtant y satisfaire : 

Mon coeur resiste a s’y prater; 

All l la volupte m’est si chere 
Que j’ai grand’peine a la quitter. 

LALS DE BOISSY. (Lyre mac.*., £>813 — 5814.) 


La sainte Palestine 
Volt Jean dans ses deserts 
Montrer a I’univers 
La clemence divine. 

Sur les erreurs du genre humain 

(l) L’Amour. 


( '-^3 ) 

11 epanclie l’cau du Jourdain ; 

Que sous ce voile auguste , 

D’Age en Age honore , 

L’injuste soit du juste 
A jamais separe. 

LE BLOND. (Chevaliers de la Croix , fete dc Tordre. 
Paris, in-8, 1810, pag. 44.) 

Dans nos banquets il est , dit-on , 

Des santes que prescrit l’usage ; 

Je veux chanter ce pur hommage 
Qu’a Pamitie rend un macon. 

O ma patrie ! a toi ce premier verre , 

A ta grandeur, a la felicite : 

Est-il de plus douce sante 
Que celle de sa mere ? 

LEP1TRE. (Lyre maconnique , 58H-) 

Vous qui comptez sur mon visage 
Pres de quatre-vingt-douze hivers , 

Daignez agreer mon hommage , 

Ma reconnaissance et mes vers. 

Enfans de la grande famille , 

Combien de fois j’ai repete : 

La maconnerie est la fide , 

La mere de Phumanite! 

5IERCA.DIER. (G.\ O.-. de France,, Sainl-Jean d’eld , 
5825 , in-4 , pag. 30.) 


20 


On nous dit que le premier homme 
Emu par un charme divin , 

Pour avoir convoite la pom me 
Fut autrefois chasse d’Eden. 

Loin de deplorer sa faiblesse , 

Vrais masons , dans ce jour d’ivrcsse , 
Puisque nous voyons reunis 
Esprit , grace , beaute , jeunesse , 
Nous pouvons dire , mes amis , 

Nous retrouvons Ie paradis. 

MERLE. (Lyre maconnique , 5813 — 58 i4.> 


Peut-on godter des biens parfaits , 

Si Ton n’a point vu la lumiere? 

Le monde Iui doit ses attraits ; 

Chan tons , celeb rons ses bienfaits. 

A qui voit de si doux objets , 

Elle doit surtout elre che re. 

Peut-on god ter des biens parfaits , 

Si l’on n’a point vu la lumiere ? 

DeMIRAMOND. (ter Couplet d’un cantique d’adopiion, 
Lyre maconnique , 5809.) 


( *76 ) 


Tandis quc l’hommosolilaire 
En attendant 1’etcrnite \ 

Se voit prive sur ccttc terre , 

Do la douce fralernite , 

Enfans de la ma^onneric , 

Unis par le memo scrment , 

Nous descendons bien plus gaimcnt 
Le fleuve de la vie. 

MOREAU. (Lyre maccmnique, 5812.) 


Ici se'plaisent confondus , 

Les talens , la douce indulgence , 

L’eclat des noms ct la puissance , 

Et les grandeurs el les vertus. 

De PARNY. (Fragment tie canlate. Voy. Annahs ni«- 
conniques, 5 808 , t. v, pag. 123.) 


Meprisons done d’un profane vujgaire 
Les vains discours et les sots prejuges ; 

Si , penetre d’un desir salulaire, 

II approchait de notre sanctuairc, 

Parson respect nous serions Irop venges. 


( '-* 3 () ) -- 1 

De notre etat, executons sans cesse 
Tous Ics devoirs , pratiquons ses leeons j 
A les remplir ?(ue notre ardgur paralsse 
Que le profane , en un mot , reconnaisse 
A nos vertus , que nous sommes macons. 

Travaillons tous , chacun selon notre Age; 

Que le niveau , la regie et le com pas , 

Soient par nos mains toujours mis en usage ; 

Que 1 union dirige notre ouvrage , 

Et que 1 equerre , en tout , guide nos pas. 

L’abbe PEPIN. (Lyre maconn. 1766 , p. 392-393.) 


Religion J philosophic ! 

Et maconnique charite. 1 
C’est a vous que le ciel confie 
Le repos de l’humanite. 

INotre grand-maitre 
Tient du grand Etre 
Un mot d’ordre et des pouvoirs tels , 

Qu’en sa presence 
Toute la France 
Vous offre a. la fois trois autels. 

De P1IS. ( Precis hislorique de la fete donne'e eu prince 
Cambace'res le3o mars 1807, Paris, in -8 de iO pag . ) 


( ' i; >7 ) 


Profanes teineraires , 

Savez-vous distinguer le mal d’avec le Lien 
Quoi ! vous osez blasphemer nos mysteres, 

El Bourbon 1 daignc en etrc le soutien ! 

.PINGRK, (EiatduG.-. O- ■- de France, 17 77, l cr vt)I. , 
4c parlie, p- 40-4 1 ■ ) 

• 

La paix a toujours un asile 
Entre Pequerre etle compas ; 

Le macon aimanl et tranquille 
Fuit ladiscorde etles combats. 

En ce jour cher a la patrie , 

Si radieux pour les Francais , 

De Fame et du cosur , il s’ecrie : 

Chantons la paix , cliantons la paix. 

PONCET-DELPECH. (Miroir de la Verite, 5801,2 c v. : 
pag. 120. ) 

Noble maconnerie , amitie que j’invoque ! 

Des rives de l’lndus aux bords de FOrenoque, 
Depuis les monts glaces de l’affreux Greenland , 
Jusqu’au de trail loin tain fraye par Magellan, 

De nos relations, preparant la carriere , 

Vous portez aux humains la paix el la lumiere. 

(1) S. A. S. le due de Chartres , G.’. M.\ de l'ordre. 


( 258 ) 

Votre empire est si doux et si'juste a la fois 
Vie i an inemc niveau, les sujets et les rois 
Sous VOS paisibles mains egalisenl Ieurs teles. 

, " r ' ho T ,e cncor sauva ge etendan t vos conquetes , 
pense, tl sail aimer dds que vous l’instruisez ; 

Les peoples sent par vous va incus, civilises; 

„ 1 °" , olt volr u » joui' voire union feconde, 
our le bonlieur de tous regenerer le monde! 

Evcisr « PRADEL. ( Le Macon voyageur , Paris 
m-8 } 1823.) b * ' * 


§ ens de noire ordre toujours 
Gagnent a se fnire connaitre , 

Et je pretends par mes discours 
Jnspirer le desir d’en etre. 

Qu’est-ce qu’un franc-macon ? en voici le portrait 
est ua bon ettoyen, un sujetplein de zele , 

A son prince, diktat fiddle, 

Et de plus un ami parfait. 

PROCOPE. ( Cette chanson, dom un seul couplet est cite 
■c. , est impnmec dans I’ouvrage intitule: POrdre des 
rancs-Macons irahis, 1 vol. in-12, 1758-) 


La celeste heaute de I’ordrc ma$onnique 
Se caclie au regard des mcchans 
Lotn de nousl’hommcvil, I’orgueilleux, l’empirique, 


( 'A > ) 

Les csprits faux , intoldrans. 

En vrais enfans tie la lumiere 
Par Lout respectons Jehova , 

El sur Tun ou Pautre hemisphere , 
Faisons fleurir Pacacia. 
lVAYEAU. ( Lyre maeonnique, 5 8 1 1 - ) 


Jamais tie vengeance 
N’avoir un projet, 

En reconnaissance 
Payer un bienfait; 

Du mal qu 7 on lui fait 
Ne pas conserver souvenance, 

Mais se bien garder 
D’oubl ier qui voulut Paider ; 

Aimer, rire et boire 
En toutes saisons , 

Fut toujours Pbristoire 
Des vrais francs-macons. 

Maxime de REDON. (Loge de Themis, Paris, 581 3, in- 
de 48 pag. ) 

Pour le public un franc-macon 
Sera toujours un vrai probleme, 

Qu’il ne saurait resoudre a fond 
Qu’en devenant macon lui-meme. 

RlCAUT. (Apologie pour t’ordre des francs-macons 
in-12, 5 745, et autres recueiis.) 


( ’4<j ) 


S’il cxisle un parfait bonheur, 

II est dans la maconneric , 

Oui , c’cstpar noire art enchanteur 
Que Pon peut jouir de la vie. 

Chez nous tout est delicieux, 

Nos plaisirs sont purs et sinceres ; 

Et chacun de nous est heureux 
Des qu’il se trouve avec ses freres. 

RIZA.U COURT. (Miroir de la Verne , 5800 . 
p. 321.) 


Mais en sortant de table 
Un frere, quel qu’il soit, 

Est toujours condamnable 
S’ilcesse d’aller droit : 

II doit un jour de fete 
Avoir , pour fuir Pecueil , 
L’equerre dans la tele 
Et Ie compas dans Poeil. 

X. ROMAGNESI. (Lyre mac.-. , 5812. ) 


Vous dont Ie coeur noble et bon 
Pratique la bienfaisance. 


ler yol. . 


(40 

lit dans an secret pro fornl 
Gaelic Hnc bonne action , 

Bon , bon, arrivezdonc! 

Nous obligeons en silence , 

Bon , bon , arrivez done ! 

Fail’s-vous magon. 

De RODGEMONT. ( Lyre maconnique , 5813—5814.) 


Bicu parle , unissons-nous , Agens incoiTuplibles 
Be ce Bieu qui remplit yos demeures paisibles ! 

II rn’a fait votre Frere , et s’il parait jaloux 
G’est de me rendre heureux et sage comme vous ; 
G’est de justifier ma sublime origine , 

G’est d’ouvrir le tresor de sa source divine , 

Pour que nous allions tous recueillir tour a tour , 

Les fruits de la science et ceux de son amour. 

De SAINT-MARTIN. ( Elat du G. ■. 0.\ de France, 5804 , 
ler vol. de la reprise , 2e parlie , p. 367. ) 


Pour trouver to uj ours des appas 
Au sentiment qui nous inspire , 

Mes chers amis, plains la lyre 
Entre Tequerre et le compas. 

SERVIERE. ( Fragment d’un des couplets chanies par 
ce F.\ a la L.\ des Ncuf-Soeurs. ) 

2 l 


( > k>- ) 


Lcpacifiquc Salomon 

Avait de son temps I’avantage 

D £tre des hommcs le plus sage , 

Et le plus excellent matron : 
tl erigea de Dieu le temple, 

Qui fut le chef-d’ceuvre des arts ; 

Et tous les rois, a son exemple, 

Furent masons de toutes parts. 

La TIERCE. ( Chanson des Surv. : differens recudils, j 


Aux clameurs du vice odieux 
Opposant les effets heureux 
D’une douce harmonie , 

On sait qu’aux vertus , aux talens 
Nous offrons le plus pur encens ; 
C’est bien le mot, 

Oui , le fin mot , 

De la maconnerie. 

» VATINELLE. ( Lyre maconnique , 5812. ) 


Freres , je connais tout le prix 
De votrc cceur , de voire zele , 


( 245 ) 

A mes sermens , & mes amis 
Jejurc de rester lidele. 

Accourcz chcz moi tour & tour , 
Visiter mon humble chaumiere , 

Et je vous offre des ce jour 
Le pain , le vin et la lumiere. 

V. VILLIERS. ( Lyre maconnique , 5811. ) 


TJN. 


TABLE 

DES MATIERES. 


Preface. page *. 

Discours preliminairo. ) i 

Observations sur la distribution des malieres 
decerecueil. 51 

MORALE 

DE LA FRANCHE-MACOSNEIUE. 

Riluel francais , G.-. Symb.\ 55 

Riiud-ecossais , G.'. Symb.-. 57- 

Rituelde la mac.-, des Dames. 58. 

Rituel des H. ■. G.\ franc.-. 39 

Riluel des H. '. G.\ ecossais. 40 

Staluts generaux deFancienneG. ■ .L. ■ . (l77l)40-4 1 
Slaluls et reglemens des Chap.-. deR.-.G.-. 

(1785). 42 

Staluts generaux de Fordre (5800). 45 

Slaluls generaux de Ford re (580&). 44 

Slaluls generaux de Fordre (582&). 45 

Reglemens de loges. 40. 


( ' J 4<> ) 
noms 


MS ***>*, et pno mEs , 

I’ar ordre al,,],al,^i Ijllc , 

Abbaham , proprietaire. 

Acbiw , proprietaire. J agc 

AlGREFEUILLE I n’l . 5 1 

a - • i ■'M D J, ancicn magistral , . , 

Ales d’Anduze f nM — „ _ • L ‘ 

— ' 

Anonyme. 

— Apologie des Francs-Macons. 

—•Denonciationauxcours rovales. 

Ffouveau Miroir de la Vcrite 
Antigwac, litterateur 
Abmakcoukt ( d’), proprietaire. 

-Armand (touffe , litterateur. 

Armakd Seville , litterateur. 
ARFAU D -BACULAB D(D - ))iitfeteur 
Askeri-Khan. (leprince) 

Aunay ( Hector o’ J. 

Auvergke. ( le prince de la Tour d’ 1 
Aviolat , ex-officier de cavalerie. 

Aze , capiiaine decore. 


64 

ibid. 
a if 

50 
5 7 

204 
ibid. 

205 
ibid. 

200 
t> 8 

20b 

59 

CO 

207 


( *47 ) 

B. 


Bacon de la Chevalerie. ( le general)^ 00 

Bail leu l , imprimeur. 0i 

Bailly , ancieri inspecteur general ties linanecs. 02 

Balocchi , poete italien. 20 7 

Balzac, litterateur. 208 

Baron. ( l’abbe) 63 

Barre , litterateur. 208 

Barhuel. (Fabbe) 04 

Basset, ancien avocat. 60 

Bazot , litterateur. 00 , 67 , os 

Beaumont-Bouillon. ( le chevalier de } 09 

Beauhepaire. (Chacherede) ibid . 

Begue-Clavel, employe. 70 

Beguillet, membre de Fancienne Academie 
Royale des Sciences. 7I 

Bergeyron-Madier , avocat. 72 

Bernadotte , roi de Suede. ibid . 

Bertin , prefet colonial. 7 3 

Berville , avocat. ibid . 

Besuchet , negociant. 7i 

Beurnonville. ( le marechal ) 73 

Beyerle, litterateur. (bid. 

Billy ( de ) , proprietaire. 76 

Blad, ex-legislateur. 77 

Boileau (A. ), litterateur. 7s 

Borie , avocat. ^id. 


( , 4 « ) 

Boubee , litterateur. 70 

Bouilly , litterateur. 200 

Bodfflebs. (le chevalier (le ) 7 9 

Boulage , professeur a la Facuile do Droit, 80 

Boijlle , chef de division au tresor royal. ibid. 
Bourguignon (Frederic), litterateur. 210 

Brag , litterateur. ibid. 

Brazier , litterateur. 2 1 1 

Brunet , direcleur de la caisse de Poissy. 8 1 

Burgaud , litterateur. 2 1 1 

c. 

Cauet-Gassicourt , pliarmacien de Pempereur. 

82 , 2 12 

Gaignart de Mailly , avocat. 85 

Caille , avocat. 84 

Caillot, imprimeur-libraire. 85 

Cambaceres. ( le prince) ibid. 

Capelle , libraire et homme de lettres. 2 1 2 

Challak , officier de la legion-d’honneur. 80 

Charles XIII , roi de Suede. 88 

Chateaukeuf. ( Benoiston de ) ibid. 

Chateaunedf. (Peyrede) 89 

Chaudron. ibid. 

Ghaussier (Hector ) , litterateur. 215 

Chemik-Dupontes , professeur de belles-lettres. 90 
Chenier. ( de ) 9* 

Chereau , peintre. ibid. 


( “iy ) 

Chevalier Saint-Amand , litterateur. 21 

Ciioisell. ( due dc ) 9 ? 

Con Done et. ( marquis dc ) 2 15 

CouPAnT , litterateur. 2 14 

Coupe de Saint-Don at. ( le chevalier ) ibid. 

CounT de Gebelin t voy . G. . . de D. . . 1 ** 

CnouzET, proviscur du Prylanee de Sainl-Cyr. 2 1 5 
CuBiinES. ( le chevalier de ) ibid. 

D. 

DECOuncELLE ( Ch. ) , litterateur. 92-03 

Delahaye , avocat. 93 

Delisle. ’ 216 

Delorme , litterateur. ibid. 

Desaugiers , litterateur. 217 

Deschamfs , secretaire des commandemens de 
l’imperatrice , voyez Etienne. 22 l 

Deset... , liomme de lettres. 94 

Desgranges , professeur et homme de letlres. 3 1 7 
DESLAuniEns , ancien capitaine. 94 

Desveux, imprimeur. 95 

Dieulafoy } litterateur. 2 1 8 

Doisy. , 95 

DoNDEY-DupnE , imprimeur. 2 1 8 

Dorat. 219 

DnEYS, sous-chef de bureau. 96 

Dufrenoy. (madame) 219 

DuLAunE , ex-legislateur, historien. 98 


( 25(1 ) 

DusiEnsAN , litterateur. 

DuaotAHD, litterateur. 

Bupaty ( Emmanuel ) , litterateur, 
Dupim aiae , avocal. 

Dup ™ jeune , avocal. 

Dusaijsoir , litterateur. 

Duval ( Henri), litterateur. 


220 
ibid. 
22 1 
99 
100 
22 1 
100 


E. 

Enoch ( nom emprunle). 

Epremesnil ( d j ) , juge. 

Escoffier. 

Estourrel. { Alexandre i)’ ) 

Etiekke , litterateur , de l’ancien Institut. 


101 
I 02 

ibid. 

104 
22 4 


F. 


Fauchet. ( le Laron) 

Fessler , litterateur prussien. 
t LACON— i^OCHELLE . 

FWviolle ( DE) , proprielaire. 

Forestier. 

Frederic II , roi de Prusse. 

^kederic, prince d’Orange. 
Frederic-Guulaome , roi de Prusse. 
Fremont ( l e colonel ) , envoye d’Hai'ii. 
Freteau , magistral. 

Frigieres. 


4 06 
ibid . 
222 
407 
222 
4 07 
4 OS 

ibid. 
4 09 
4 10 

ibid. 


( ) 

Fustier , iiegpciant. ^ , t 

(r. 

Garnier. ( comie ) 025 

Gent it (P.) , litterateur, 224 

Glandaz, avocat. 225 

Gouy. ( comte de ) 41 o 

0 rasse-T illy. ( com Le de ) 

Grenier , avocat. 225 

G.... de D... , litterateur. 1 14-220 

Guichard , litterateur. 227 

Guillaume-Frederic, roi des Pays-]3as. 114 

Gustave 1Y, roi de Suede. . ! 1 5 

H. 

Hacquet, proprietaire. ibid. 

Harger pere , negociant. 

Herr, . . de Pen. . . . magistral ibfd. 

Houel, chef de division au ministere de la 
guerre. 117 

Houssesient , negociant- fabricant. ■ j t s 

Humbert, professeuraucollegeLouis-le-Grand. 1 19 

J. 


.1 acquelin (le chevalier ) , litterateur. 22s 

Janvier ( Amide), mecanicien-aslronome. 120 


( ,5a ) 

Jaubf.rt. 

Jay (A. ), Uonimcdc lettrcs. 

Joly ( de ) , avocat. 

Joly , litterateur. 

Joseph II , empereur d’Allcmagnc. 
Jouroar ( Etienne), litterateur. 
Jouy, dcTAcademie franca is e. 
Juce , avocat. 

K. 

Kellermarn. ( marechal ) 
Komarovski. ( le general) 

L. 


120 
12 1 
ibid. 

j 22 

125 

228 


125 


1 2 -1 
125 


Lablee , litterateur. 

Lacepede. ( comte de) 

La Dixmerie. 

Lafor , medecin. 

Lagarde. (le baron) 

Lagrarge ( be ) , avocat. 

Lahausse. 

Lalande. ( Jerome de ) 

LaMadeleire (Philippon de ) , litterateur. 
Lardry , ancien professeur de mathematiques. 
Larglace , notaire. 

Lars A. ( de) 

LaSalle. ( le general) 


220 


250 

120 

250 

127 

128 
ibid. 

250 
129 
150 

251 


252 


( a53 ) 

IiA Tourette. ( J. de ) 1 30 

Laurens ( J.-J. ) , litterateur. * 3 1 

Laus de Botssy , homme de leltres. - 3 2 

Lavallee ( Joseph de ) , litterateur. l % i 

Le Blanc de Marconay , avocat. ibid , 

Le Blond , ancien maitre de mathematiques des 
enfans de France. 233 

Le Carrier , ministre de la police. 1 32 

Le Febvre d’Aumale , avocat. 135 

Le Fessier-Grandprey , grand juge a la Mar- 
tinique. 134 

Leger de Bresse, ancien capitalize de dragons, ibid . 
Le Lievre-Villette , sous-chef de bureau. loti 
Lemonnier (Hypolite) , avocat. * bid . 

Lepitre , chef ^’institution. 233 

Lerouge , employe au Ministere des finances, i 50 
Leroy, avocat au parlement. ibid . 

Leroy. ( le chev. ) 137 

Louis XVIII , roi de France. ibid . 

Lucenay. (de) 138 

Luchet. ( marquis de) 140 

M. 

Macdonald. ( marechal ) ibid . 

Mainguy , professeur de bibliographie. m 

Mangourit (de), ancien resident de France en 
Valais. Mid - 

Mareschal. 

Marguerites, (lebaronde) 


( 254 ) 

Maugeret , avocal. 

Mauguin , avocat. 

Mayer , ancien agenl de subsistances. 

Mercadieu, medecin. 

Merilhou , avocat. 

Merle, litterateur. 

Millet, employ^. 

Miramond (de) , litterateur. 

Montlivault. ( Casimir de ) 

Moreau , litterateur. 

Moreau Saint-Mery , conseiller d’etat. 

Mounier , membre de 1’assemblee constituanle. 1 50 
Mouton ( Ph. ) , cbirurgien-major de la garde 


imperiale. 

151 

MuRAinE. ( comte ) 

4 52 

N. ' 

Nazon. (Ie chev. ) 

ibid . 

Neveu , employe a la marine. 

133 

Nicolai , savant allemand. 

155 

Nogaret ( Felix ) , litterateur. 

ibid. 

Nouzou , imprirneur. 

156 

P. 

Paine. ( Thomas ) 

157 

Pajot, jeune. 

158 

Parny. ( Ie chev. de ) 

235 

Pelletier-Volmeranges , litterateur. 

159 


143-144 

145 

146 

233 

147 

234 

147 
234 

148 
233 

149 


( 9.55 ) 

P£rau. (l’abbd) 160 

Pepin. ( Pabbd ) 236 

Pits. ( de ) ibid. 

Pingiie , del’Academie royal£ des sciences. 257 
Polar aind , negociant. * 6 1 

Polar ( Daniel), negociant^ ML 

Ponce , graveur. 162 

Poncet-Delpech , president de tribunal. 257 

Poujol , litterateur. 16*2 

Pradel ( Eugene de) , litterateur. 238 

Procofe , mddecin. Ml. 

Proyart. ( Pabbe ) 165 

Pyron , proprietaire. I tJ 6 

Q- 

Quantin , negociant. . 167 

R. 

Raimond. ibid. 

Ramsay , baronnet ecossais. 168 

Raoul , avocat. 170 

Rayeau , architecte. , 239 

Regnault de Saint- Jean d’Angely. ( comte ) 1 7 1 

Redon ( Maxime de ) , litterateur. 239 

Ricaut. ibid. 

Richard , chef ^institution, 1 72 

Rtchomme , avocat. i r 3 


( q56 ) 


Bute de Catjrray , avocat. 

175 

Rizaticocrt. 

340 

Robelot. 

174 

Robin. ( l’abbe ) 

175 

Robison. ( Jolin ) 

178 

Roettiers de Montale au , pere. 

179 

Roettiers de Montaleau , fils. 

ISO 

Roger , avocat. 

181 

Rom agnesi. ( A. ) 

240 

Rodgemont ( de ) , litterateur. 

241 

S. 

Sabonadiere , pasteur de l’eglise reforraee. 

181 

Saint-Martin , foudateur de la sectedes ma- 

cons-martinistes. 

241 

Saint- Victor. ( de ) 

182 

Salivet , avocat au parlement. 

185 

Saisseval. (marquis de) 

184 

Saulnier fils , ancien prefet. 

ibid. 

Serviere , litterateur. 

241 

Setier , imprimeur. 

186 

Sheldon. ( Laurence ) 

ibid. 

Stael-Holstein. ( madame de ) 

1ST 

Sue , medecin. 

188 

T. 

Tavernier. 

189 

Theologue, ancien diplomale. 

ibid. 

Thevenin , avocat. 

190 


( 257 ) 


Tuomassin. 

Thoron. 

Thoiu , adjoint d’un dcs maires de Paris. 
Tierce. ( la ) 

Trouille , ex-leg isla tear. 

Tschotjdy. (baron de) 


190 

191 

192 
193 - 2-42 

193 

194 


u. 


Uriot. 


V. 


196 


Vassal , medecin. 

Vatinelle, 

Vernhes , homme de lettres. 

Viennet , litterateur. 
Villaret-Joyeuse. ( l’amiral ) 
Villette. ( madame la marquise de ) 
Villiers ( P. ) , capitaine de dragons. 
Voltaire. 

Vuillatjme , proprietaire. 

w. 


ibid . 

2 42 

197 

ibid. 

198 

199 
243 

200 
ibid. 


Walt erst orff , chambellan , puis general et 
ambassadeur du roi de Danemarck. 
Washington , voy . Chaldron. 


FIN DE LA TABLE.